En quelques mois, il a raflé tous les événements de la Class40 auxquels il a participé. Thomas Ruyant, le p'tit gars du Nord, a plutôt bien réussi sa reconversion depuis le Mini ! Dès demain, il disputera son premier championnat du monde en équipage de la classe, à Gij
Note :
En 2008, pour le premier championnat du monde en équipage historique des Class40, c'était un Français qui avait inauguré la série : Tanguy de Lamotte. Un bon augure, à la veille de la 3e édition qui se court de demain jusqu'à dimanche, à Gijón (Espagne) ? Une bonne moitié des équipages inscrits et autant de talents sont en tout cas des tricolores... plutôt habitués au large.
Le calendrier des Class40 mêle la plupart des formats de régate : championnat du monde (notre photo), transats, parcours côtiers et bientôt un tour du monde. C'est l'une des richesses qui font le succès de la classe.
Photo © D.R. (Class40)
Or le championnat du monde de la classe est à l'image de la philosophie Class40, rapprochant des univers et des pratiques très différents : parcours banane, côtiers et offshore coefficientés compteront pour le titre.
Les longues étapes rapportent plus, mais parmi les 15 skippers inscrits, on en retrouve proportionnellement peu qui seront au départ du Rhum. Si aucune qualification n'est exigée, le format varié du mondial n'est en effet pas forcément adapté à une préparation à la transat.
Les skippers férus de "régates pures", rompus à l'exercice du sprint entre deux bouées, sont en revanche sortis du bois, particulièrement parmi les équipages étrangers, et quelques mercenaires de la voile olympique ont facilement été embauchés... L'Anglais Ned-Collier Wakefield, tenant du titre, compte ainsi parmi les favoris. Mais notre Thomas Ruyant, vainqueur cette année de la Chrono, du Record SNSM, de la Normandy Channel Race, du Grand Prix de Douarnenez... pourrait bien être un adversaire sévère. Et faire en sorte que le titre revienne en France.
A 29 ans, Ruyant aspire à courir en solitaire au large, mais ne dénigre pas l'équipage. Sur le mondial, il embarque nombre de ses habituels acolytes : Tanguy Leglatin, Yann Riou, Nicolas Doré et Rémi Beauvais.
Photo © Laurent Vidal (www.photomer.fr / Communauté urbaine de Dunkerque)
v&v.com : Quelle place ce mondial occupe-t-il dans la saison des Class40 ?
Thomas Ruyant : Sur le début de saison, on n'a eu que des courses côtières ou offshore. Le format du mondial qui compte avec ces deux types de parcours et en plus des bananes est assez nouveau... Certains bateaux, comme celui du champion du monde en titre, sont spécifiquement préparés pour, alors que le mien est typé côtier et large. Les jeux de voiles en particulier ne sont pas les mêmes : un jeu dédié à ce championnat est probablement plus plat, plus efficace et les grammages, notamment pour le spi, sont plus lourds pour le large. Dès le prologue, on pourra mesurer les différences de ces deux préparations, mais je pense que les Anglais de Collier-Wakefield sont bien prêts. Le reste de la flotte se prépare plutôt pour le Rhum... La transat reste l'objectif principal de ma saison. Mais, même si le format du mondial est très différent, cela sera toujours intéressant de voir comment ces adversaires se comportent, comment on se situe par rapport à eux. Naviguer, c'est toujours intéressant. Par ailleurs, certaines choses se testent aussi bien à plusieurs, comme les réglages à valider. En solo, on reste très centré sur le bateau. En équipage, c'est plus simple et plus rapide. De toute façon, moi j'aime bien naviguer en équipage*. C'est ce qui est plaisant dans la saison des Class40, il y a du solo, du double et de l'équipage...
Quatre épreuves courues, quatre épreuves remportées : débarqué en Class40 fin janvier, Ruyant n'a pas perdu son temps. Le format du mondial lui conviendra-t-il autant ?
Photo © Laurent Vidal (www.photomer.fr / Communauté urbaine de Dunkerque)
v&v.com : Ce début de saison, tu l'as d'ailleurs attaqué sur les chapeaux de roues et tu te retrouves un peu parmi les favoris de ce mondial. Quels vont être tes principaux adversaires ?
T.R. : Pas mal d'adversaires vont compter ! L'Anglais Collier-Wakefield, tenant du titre, avec son Concise. Le Pogo S2 de Criquioche, avec à son bord Bruno Jourdren qui peut être redoutable sur les phases de départ et sur de la régate au contact. Sam Manuard (deuxième de la Giraglia cette année, ndr), qui a je crois fait venir Camille Lecointre à la barre, l'une des meilleures barreuses française de 470. Thierry Bouchard, aussi. (Le Marseillais est cette année vainqueur des épreuves sudistes, Giraglia, Roma Per Due, Snim, ndr.) Peter Harding, bien sûr, qui navigue avec Halvard Mabire... D'autant qu'ils ont l'un des deux meilleurs bateaux de près du circuit, ce qui peut s'avérer très utile sur des bananes. Quant à moi, je ne suis pas sûr de mériter mon statut de favori sur ce genre de course. Aujourd'hui, je suis vraiment à l'aise au large, mais ce mondial se joue sur des régates à la journée... Certes, j'ai gagné les premières courses de la saison et cela attire forcément l'oeil, mais je crois que c'est Collier-Wakefield, le grand favori.
Fin 2009, Thomas Ruyant a remporté la prestigieuse transat 6,50 (La Rochelle-Bahia), reléguant son adversaire à une paire d'heures et attribuant sa victoire à sa stratégie dans le Pot au noir. A peine deux mois plus tard, il attaquait en Class40.
Photo © Thierry Martinez (Sea and Co)
v&v.com : Tu es l'un des premiers Ministes couronnés à faire un peu l'impasse sur le Figaro pour te lancer directement dans le Class40 où tu as d'entrée de jeu beaucoup gagné. Penses-tu que d'autres pourraient suivre ta démarche ? Comment as-tu fait la différence ?
T.R. : Ma démarche n'était pas d'éviter la classe Figaro ! Peut-être que l'année prochaine, je tournerai sur ce circuit d'ailleurs... Ce qui est certain, c'est que 2010 est une "année Route du Rhum" et que c'était l'occasion de se lancer dans le Class40. Cette transat n'a lieu que tous les quatre ans, ce n'est pas si fréquent que ça. C'est vraiment ce qui a motivé mon choix. Le passage en Figaro n'est peut-être pas obligatoire, mais... (Il se reprend.)
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15 équipages inscrits |
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Mathias Blumencron (Red, OCD 40, plan Owen Clarke Design) - ALL |
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* Thomas Ruyant embarque sur le mondial avec Tanguy Leglatin, Yann Riou, Nicolas Doré et Rémi Beauvais.
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Et aussi
L'article <Class 40 : Pas de crise de la quarantaine>, focus sur cette classe ambitieuse et originale.
Le site de la Class 40, ici.
Le site du mondial 2010, ici.
Le site de Thomas Ruyant, ici.
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13/05/2010 - 07:45
Ruyant : attention, client méchant !
Thomas Ruyant, c’est, à 29 ans, un palmarès déjà souriant : Transat 6,50 2009, Spi Ouest-France et Tour de France à la voile 2009… Voici le Nordiste à la barre d’un Class 40 Verdier, Destination Dunkerque. Et, au Grand Prix Douarnenez, Ruyant a déjà montré qu’il était un méchant client pour le Rhum.
13/04/2010 - 15:13
Thomas Ruyant prend un nouveau départ sur Class 40 !
Thomas Ruyant, vainqueur l’année dernière de la Transat 6,50, s’attaque à présent à la Route du Rhum. Il prendra le départ de cette course mythique le 31 octobre 2010 sur un Class 40.
08/11/2009 - 16:02
Ruyant et Lobato racontent leur parcours sans détour !
Le 22 octobre dernier, à Salvador de Bahia, Thomas Ruyant (proto Faber France) gagnait - à 28 ans et devant 84 concurrents - la 17e Transat 6,50. De son côté, Francisco Lobato (Pogo 2, Roff-TMN) a marqué la course de son empreinte. Sa victoire en série restera liée à cette première étape d'anthologie qu'il termine deuxième au scratch en ne laissant devant lui qu'un seul proto ! Tous deux, à Bahia, se sont confiés sans détour.
22/10/2009 - 19:34
Thomas Ruyant vainqueur devant Delesne et Schipman : chapeau !
C’est un Thomas Ruyant fatigué, mais heureux, et même ému aux larmes, qui a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de la seconde étape de la Transat 6,50, ce jeudi 22 octobre à à 9h18 UTC. A 28 ans, le Dunkerquois signe avec 6,92 nœuds une superbe moyenne sur les 3100 milles de ce parcours entre Funchal et Bahia et s’empare de la 1ère place en proto, devant Bertrand Delesne et Henri-Paul Schipman.