Actualité à la Hune

Circuit IMOCA

Safran 2, nouveau maître étalon !

  • Publié le : 06/03/2015 - 00:02

Safran-Mise à l"eau« La nouvelle jauge, qui impose à tous les bateaux d’avoir les même quilles et les mêmes mâts (aile ou classique mais standardisés, ndlr), n’a finalement pas été une contrainte, mais sans doute un moyen d’innover encore… Pour ma part, j’ai particulièrement travaillé sur le cockpit. Les deux transats à bord du premier Safran m’ont servi d’expérience. » Morgan LagravièrePhoto @ Jean-Marie Liot

 

Premier bateau de la nouvelle génération, Safran 2 sera baptisé samedi à Lorient. Avec la nouvelle jauge, les architectes ont encore réussi à innover, notamment avec l’ajout de foils très attendus… Le jeune Morgan Lagravière sera le skipper de ce premier 60 pieds aux couleurs fun. Une nouvelle génération débarque !

 

Morgan Lagravière, nouveau skipper SafranLe nouveau skipper de Safran se prête facilement au jeu des photos décalées... suspendu sous le bout-dehors de son bateau !Photo @ Loïc Le BrasQuelle erreur ! Quelle occasion ratée ! Avec la monotypie, la classe IMOCA aurait pu suivre les traces des autres grandes courses comme la Volvo Ocean Race. Mettre tous les projecteurs sur ces héros des temps modernes. Ces gladiateurs des mers. Ressortir les citations de Socrate ou d’Aristote. Et en faire des tartines sur ses hommes (et femmes) hors du commun qui bravent à mains nues les pires océans de la planète… Et bien oui : les bateaux étant tous identiques, ils deviennent accessoires. Voire sans intérêt. Et même emmerdant en-dessous de 25 nœuds comme ces gros camions de VO65 !
 

 

On plaisante bien sûr ! L’erreur aurait été de voter cette monotypie. Cela nous aurait privé de ces fabuleuses nouvelles machines qui seront mises à l’eau cette année, à commencer par Safran 2. Des monocoques désormais équipés de foils ! Ce qui ne serait jamais arrivé avec la monotypie… Avec des formes de coque toujours plus puissantes, plus travaillées. Des étraves rondes. Des rockers inversés à l’arrière. Et des structures encore plus élaborées pour gagner du poids…

 

Safran-Mise à l"eau« Ce fut deux ans de travail intense mais tellement riche. Je pense que la conception du nouveau Safran n’aurait pas été la même si je ne m’étais pas inspiré de mes expériences. Je me souviens y avoir beaucoup réfléchis lors de la dernière Transat Jacques Vabre. Je suis très heureux d’avoir participé à ce projet… » Marc GuillemotPhoto @ Jean-Marie Liot

 

En restreignant la jauge via une monotypie partielle des mâts et quilles, la classe IMOCA a, sans le vouloir, obligé les architectes à se creuser les méninges encore plus que d’habitude pour que cette nouvelle génération soit toujours plus performante que la précédente. Une vraie gageure ! Et, par conséquent, à nous offrir une nouvelle génération de 60 pieds encore plus innovante. On a presque l’impression de revivre l’excitation de l’arrivée des quilles pivotantes dans les années 90 ! Tout un symbole !
 

Morgan au poste de barreUn futur poste de barre bien protégé mais à la vision pour l"instant... limitée !Photo @ Loïc Le BrasLe premier des cinq nouveaux monocoques de cette génération – on oublie volontairement le plan marginal de Nandor Fa – est donc le Safran 2 baptisé ce samedi à Lorient. Un plan qui, comme les quatre prochains, est signé VPLP/Verdier, le tandem architectural désormais incontournable de cette classe IMOCA. Mais il ne sera pas skippé par Marc Guillemot, le premier skipper à avoir fait appel à VPLP et Verdier pour le Safran 1 en 2007.

 

Après sept ans de bons et loyaux services, Marco, 56 ans cette année, cède la place à un petit jeune, Morgan Lagravière, qui aura 28 ans en mai. Une nouvelle génération de monocoque débarque… Une nouvelle génération de skipper embarque ! Issu de l’olympisme et après un passage éclair de trois saisons fulgurantes en Figaro, Morgan Lagravière a donc été sélectionné pour mener ce nouveau bateau autour du monde lors du prochain Vendée globe en 2016.
 

Safran-Morgan Lagravière« J’ai vécu l’année 2014 comme une année de transition où je me suis plongé dans la construction de mon bateau, tout en rêvant du moment où je pourrais entrer dans la phase d’optimisation et de compétition. Désormais je suis impatient de naviguer à bord de ce bateau, et ce moment arrive à grand pas ! » Morgan LagravièrePhoto @ Jean-Marie Liot Si le bateau sera baptisé samedi à Lorient, il faudra attendre début avril pour le voir naviguer. C’est pour l’instant une coquille vide, dépourvue d’électricité, d’électronique et autres équipements. Mais on se doute que les observateurs seront nombreux samedi pour scruter cette première unité de la nouvelle génération. Et tenter de récolter des informations sur les foils. Il faudra encore patienter jusqu’en juin pour les premières confrontations avec le nouveau Banque Populaire VIII d’Armel Le Cléac’h et le SMA (ex-Macif) de Paul Meilhat qui reste la référence en tant que meilleur bateau de l’ancienne génération.
 

 

Retrouvez la visite exclusive du chantier Safran et une interview de Morgan Lagravière dans le prochain numéro de Voiles et Voiliers à paraître la semaine prochaine…

 

 

Morgan Lagravière à l"intérieurL"intérieur n"est pas vraiment encore habitable ! Il restera un bon mois de travail après le baptême avant de pouvoir tirer les premiers bords...Photo @ Loïc Le Bras