article
Questions à Yves Le Blevec, skipper du trimaran 50’ Actual
«Quand les nouveaux bateaux vont naviguer, ça va en énerver plein !»
En voilà un qui vit ses rêves ! Révélé par la classe mini, Yves Le Blevec a rapidement vu sa carrière s’emballer, du Figaro au Trophée Jules Verne. Alors qu’il s’apprête à mettre à l’eau son trimaran Actual, conçu pour la Route de Rhum, le skipper nous explique son choix pour le 50 pieds et prédit «un buzz énorme…»
- Par Flavien Bascoul
- Note des internautes :
- 0 commentaires
- consultations
- Publié le : 28/06/2009 08:30
Au multi-pôle voile de Saint-Philibert, le plan Verdier prend forme. La coque centrale a été construite par JPS Production à La Trinité, les bras par Thierry Eluère, les flotteurs viennent de FR Nautisme à Lorient, le mât de chez Technicarbone dans les Vosges... Qui a parlé d’un casse-tête ?Photo © Thierry Martinez (Sea&Co)
Yves Le Blevec : Je me suis découvert une compétence pour monter des projets, en m’impliquant sur toutes leurs facettes. C'est cette démarche dans sa globalité qui me passionne et me permet de bien m’exprimer. Après la victoire de la Transat 6,50, en 2007, mon sponsor a décidé de me suivre et m’a demandé de lui proposer quelque chose de plus ambitieux. Nous avons discuté de plusieurs options et nous nous sommes fixés sur la construction d’un multicoque de 50 pieds en vue de la Route du Rhum 2010.
Y.L.B. : J’ai pensé au Class40, mais il est trop difficile à vendre aux médias. Sur les transats comme le Rhum ou la Jacques Vabre, ces bateaux arrivent plusieurs jours après les premiers et les gens ont forcément du mal à s’y intéresser. Il y avait ensuite le concept SolOceane. Mais là, c’était trop de monotypie. Sur ce genre de package clef en main où tout doit passer par l’organisateur, je ressens un réel manque de liberté.
Les multicoques vont vite, ils font rêver les gens et c’est pour cela qu’ils s’attireront toujours une bonne couverture médiatique. Le 50 pieds s’est donc imposé comme la meilleure option pour bâtir un projet gagnant qui corresponde à l’enveloppe budgétaire de mon partenaire.
Y.L.B. : Un budget de Mini, c’est 100 à 150 000 euros, un budget de Vendée Globe, 2 à 3 millions. Il fallait se placer entre les deux. Construire un trimaran de 50 pied coûte entre 1,2 million et 1,6 million.
Y.L.B. : Si je ne me donnais pas de limite, je me projetterais volontiers sur un Vendée Globe ou sur un gros multi de record. J’ai beaucoup navigué sur ces bateaux-là et ils continuent de me faire rêver. Mais il faut faire avec le budget que l’on a. J’aurais pu acheter un 60 pieds d’occasion, mettre deux trois autocollants dessus et partir sur le dernier Vendée. Ça n’aurait eu strictement aucun intérêt. Encore une fois, il vaut mieux choisir quelque chose de plus modeste, plutôt que de tirer la langue tout le long. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai l’impression de faire un projet modeste !
Y.L.B. : En mini, il y avait peut-être 90 concurrents au départ, mais au bout de quatre heures de course, nous n’étions plus que quatre ou cinq. En 50 pieds, on sait qu’on ne se retrouvera qu’à trois ou quatre, mais ce n’est pas un problème. La quantité ne fait pas la qualité. On devrait être entre 10 et 15 au départ de la Route de Rhum. Ce qui compte, c’est l’avenir.
Y.L.B. : On sait ce qui a tué l’ORMA. Donner le pouvoir au tout sportif et doubler les budgets pour gagner 3% de vitesse, ça n’a pas de sens pour le public. Pour faire rêver les gens, il ne faut pas limiter la course au large à la simple dimension sportive. Nous ne commettrons pas les mêmes erreurs. Aujourd’hui, je m’investis à fond dans le 50 pieds parce que j’ai l’intime conviction que c’est la classe qui est la mieux placée pour se développer. Vous verrez, quand les nouveaux bateaux vont naviguer, ça va faire un buzz énorme. Ça va en énerver plein ! Je suis donc optimiste mais je sais rester réaliste. Personne ne peut maîtriser la façon dont les choses vont évoluer. Si, après le Rhum, on ne reste qu’à trois bateaux, c’est qu’il sera peut-être temps de penser à autre chose...
Y.L.B. : Oui c’est marrant, je n’ai jamais été aussi régatier qu’aujourd’hui. Depuis que j’ai un peu de notoriété, j’ai d’avantage d’opportunités de m’exprimer et je progresse beaucoup. J’ai commencé par la course au large avant la régate. L’inverse de ce que les gens font en général. C’est vrai que j’ai finalement un parcours un peu atypique. Mais pas complètement dénué de bon sens...
Suivez la construction du trimaran Actual sur le blog de Loïc Le Bras.
Les articles également consultés
05/07/2009 - 10:00 Course régate
G-Class-records
Banque Populaire V à Manhattan

05/07/2009 - 08:38 Littoral et environnement
Filière nautique Caen la mer
Norlanda, pépinière et paradis pour entrepreneurs de la plaisance

05/07/2009 - 08:29 Course régate
Figaro
Douguet au taquet

04/07/2009 - 08:03 Course régate
Banque Pop, Sodeb’O et Groupama 3 à New York
Une rencontre au sommet

04/07/2009 - 08:00 Culture voile
Sur l’incroyable histoire de Donald Crowhurst
Le premier roman d’Isabelle Autissier

Les articles du mème auteur
07/08/2010 - 00:01 Equipement
Nouvelle technologie
Les bracelets Power Balance peuvent-il vous faire gagner des régates ?

04/04/2010 - 09:13 Culture voile
Ecrans et littérature maritime
La longue route du livre numérique

02/04/2010 - 08:33 Course régate
45e SNIM
Pâques... à Marseille, pour changer !






















Ajoutez votre commentaire
Cette zone de commentaire est limitée à 1500 caractères