vendredi 03 septembre 2010

article

Questions à Yves Le Blevec, skipper du trimaran 50’ Actual

«Quand les nouveaux bateaux vont naviguer, ça va en énerver plein !»

En voilà un qui vit ses rêves ! Révélé par la classe mini, Yves Le Blevec a rapidement vu sa carrière s’emballer, du Figaro au Trophée Jules Verne. Alors qu’il s’apprête à mettre à l’eau son trimaran Actual, conçu pour la Route de Rhum, le skipper nous explique son choix pour le 50 pieds et prédit «un buzz énorme…»

  • Par Flavien Bascoul
  • Note des internautes :
  •  
  • 0 commentaires
  •  consultations
  • Publié le : 28/06/2009 08:30
À 43 ans, Yves Le Blevec est devenu un des skippers les plus éclectiques. Depuis 2001, il a couru trois saisons en Mini, une saison en Figaro, deux Trophées Jules Verne et participé à de multiples régates sur 50 pieds ou sur VO 70… À 43 ans, Yves Le Blevec est devenu un des skippers les plus éclectiques. Depuis 2001, il a couru trois saisons en Mini, une saison en Figaro, deux Trophées Jules Verne et participé à de multiples régates sur 50 pieds ou sur VO 70…
Photo © Eric Rousseau (VELOX IMAGES)
Aussi à l’aise sur un mini 6,50 qu’un maxi-multicoque chasseur de record, Yves Le Blevec est de ces navigateurs qui semblent s'acclimater par magie à tout ce qu'ils touchent. Et pourtant, ce n'était gagné d'avance pour le garçon originaire de Palaiseau (Essonne). Sa réussite, il ne l'a doit qu'à lui-même. Lui et son intarissable passion pour la navigation. Depuis l'adolescence, il n'a jamais fait le difficile. Du moment que quelque chose pouvait le rapprocher de la mer, quoi que ce soit, il était partant. Une obstination qui l'a conduit jusqu'à son rêve, le haut-niveau.
Au multi-pôle voile de Saint-Philibert, le plan Verdier prend forme. La coque centrale a été construite par JPS Production à La Trinité, les bras par Thierry Eluère, les flotteurs viennent de FR Nautisme à Lorient, le mât de chez Technicarbone dans les Vosges... Qui a parlé d’un casse-tête ? Au multi-pôle voile de Saint-Philibert, le plan Verdier prend forme. La coque centrale a été construite par JPS Production à La Trinité, les bras par Thierry Eluère, les flotteurs viennent de FR Nautisme à Lorient, le mât de chez Technicarbone dans les Vosges... Qui a parlé d’un casse-tête ?
Photo © Thierry Martinez (Sea&Co)
Le tournant, c'est sa première saison de Mini, en 2001. Remarqué par Bruno Peyron, il embarque dans la foulée sur Orange pour un Trophée Jules Verne en 64 jours et récidive sur Orange 2, avec le record des 50 jours 16 heures et 20 minutes. En 2007, il veut revenir sur la Transat 6,50 pour gagner. A trop vouloir bien faire, il en profite pour signer le record de l'épreuve.
À 43 ans, Yves Le Blevec suit méticuleusement la construction de son trimaran de 50 pieds qui devrait courir la Jacques Vabre à l'automne et le Rhum l'année prochaine (voir notre «photo à la hune»). Lorsqu'il présente son projet à voilesetvoiliers.com, il joue le marin pragmatique, mais son regard trahit une vraie sensibilité. Du mini au maxi, "les fondamentaux restent les mêmes" vous dira-t-il. La vérité, c'est que quoi qu'il fasse, il s'accroche à fond et il y met tout son cœur. On le sait bien, ses yeux ne cessent de briller.
 
v&v.com : Comment est né votre projet de 50 pieds ?
Yves Le Blevec : Je me suis découvert une compétence pour monter des projets, en m’impliquant sur toutes leurs facettes. C'est cette démarche dans sa globalité qui me passionne et me permet de bien m’exprimer. Après la victoire de la Transat 6,50, en 2007, mon sponsor a décidé de me suivre et m’a demandé de lui proposer quelque chose de plus ambitieux. Nous avons discuté de plusieurs options et nous nous sommes fixés sur la construction d’un multicoque de 50 pieds en vue de la Route du Rhum 2010.
v&v.com : Quels autres choix aviez-vous étudiés ?
Y.L.B. : J’ai pensé au Class40, mais il est trop difficile à vendre aux médias. Sur les transats comme le Rhum ou la Jacques Vabre, ces bateaux arrivent plusieurs jours après les premiers et les gens ont forcément du mal à s’y intéresser. Il y avait ensuite le concept SolOceane. Mais là, c’était trop de monotypie. Sur ce genre de package clef en main où tout doit passer par l’organisateur, je ressens un réel manque de liberté.
Les multicoques vont vite, ils font rêver les gens et c’est pour cela qu’ils s’attireront toujours une bonne couverture médiatique. Le 50 pieds s’est donc imposé comme la meilleure option pour bâtir un projet gagnant qui corresponde à l’enveloppe budgétaire de mon partenaire.
v&v.com : Il y avait combien dans cette enveloppe ?
Y.L.B. : Un budget de Mini, c’est 100 à 150 000 euros, un budget de Vendée Globe, 2 à 3 millions. Il fallait se placer entre les deux. Construire un trimaran de 50 pied coûte entre 1,2 million et 1,6 million.
v&v.com : Et si vous n’aviez aucune contrainte financière ?
Y.L.B. :
Si je ne me donnais pas de limite, je me projetterais volontiers sur un Vendée Globe ou sur un gros multi de record. J’ai beaucoup navigué sur ces bateaux-là et ils continuent de me faire rêver. Mais il faut faire avec le budget que l’on a. J’aurais pu acheter un 60 pieds d’occasion, mettre deux trois autocollants dessus et partir sur le dernier Vendée. Ça n’aurait eu strictement aucun intérêt. Encore une fois, il vaut mieux choisir quelque chose de plus modeste, plutôt que de tirer la langue tout le long. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai l’impression de faire un projet modeste !
v&v.com : Vous avez l’habitude de courir en Mini contre une flotte très nombreuse. N’avez-vous pas peur de rejoindre un circuit qui se limite à une poignée de bateaux ?
Y.L.B. : En mini, il y avait peut-être 90 concurrents au départ, mais au bout de quatre heures de course, nous n’étions plus que quatre ou cinq. En 50 pieds, on sait qu’on ne se retrouvera qu’à trois ou quatre, mais ce n’est pas un problème. La quantité ne fait pas la qualité. On devrait être entre 10 et 15 au départ de la Route de Rhum. Ce qui compte, c’est l’avenir.
Fasciné par la technique, Yves Le Blevec se passionne pour la mise au point de sa future monture et a dessiné lui-même le plan de pont. Cette maquette du cockpit à l’échelle 1, lui permet d’en optimiser la conception. Fasciné par la technique, Yves Le Blevec se passionne pour la mise au point de sa future monture et a dessiné lui-même le plan de pont. Cette maquette du cockpit à l’échelle 1, lui permet d’en optimiser la conception.
Photo © Yves Le Blevec
v&v.com : Vous êtes optimiste ?

Y.L.B. : On sait ce qui a tué l’ORMA. Donner le pouvoir au tout sportif et doubler les budgets pour gagner 3% de vitesse, ça n’a pas de sens pour le public. Pour faire rêver les gens, il ne faut pas limiter la course au large à la simple dimension sportive. Nous ne commettrons pas les mêmes erreurs. Aujourd’hui, je m’investis à fond dans le 50 pieds parce que j’ai l’intime conviction que c’est la classe qui est la mieux placée pour se développer. Vous verrez, quand les nouveaux bateaux vont naviguer, ça va faire un buzz énorme. Ça va en énerver plein ! Je suis donc optimiste mais je sais rester réaliste. Personne ne peut maîtriser la façon dont les choses vont évoluer. Si, après le Rhum, on ne reste qu’à trois bateaux, c’est qu’il sera peut-être temps de penser à autre chose...
v&v.com : En attendant, on vous voit dominer les régates en Class 6.5…
Y.L.B. : Oui c’est marrant, je n’ai jamais été aussi régatier qu’aujourd’hui. Depuis que j’ai un peu de notoriété, j’ai d’avantage d’opportunités de m’exprimer et je progresse beaucoup. J’ai commencé par la course au large avant la régate. L’inverse de ce que les gens font en général. C’est vrai que j’ai finalement un parcours un peu atypique. Mais pas complètement dénué de bon sens...
...........
Suivez la construction du trimaran Actual sur
le blog de Loïc Le Bras.
La coque centrale permet de se faire une première idée du bateau. Le 50 pieds dessiné par Guillaume Verdier a été entièrement construit en fibre de verre, conformément à la jauge de la classe qui préconise la simplicité pour la maîtrise des coûts. La coque centrale permet de se faire une première idée du bateau. Le 50 pieds dessiné par Guillaume Verdier a été entièrement construit en fibre de verre, conformément à la jauge de la classe qui préconise la simplicité pour la maîtrise des coûts.
Photo © Thierry Martinez (Sea&Co)
F.B.

Les tags de cet article

En complément

Les Photos
associées

Les articles également consultés

Les articles du mème auteur

Ajoutez votre commentaire

Cette zone de commentaire est limitée à 1500 caractères

Aller plus loin

Les Photos à la hune

> Publicité

Les Vidéos à la hune

> Publicité

Les Indispensables

Océanis 54 (Bénéteau/Berret-Racoupeau)

Classic 38 (David Réard)

Liens Sponsorisés

 

Les Vidéos

La Boutique

Les Petites Annonces

First 26

19 500 €


First 28 GTE

19 000 €


Gib'Sea 522

155 000 €


Bavaria 38 Cruiser

109 500 €


Maramu

145 000 €

Ruchaud

Les Nouveautés Produits

 

Les Promotions des Loueurs