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Questions à Franck-Yves Escoffier, skipper du nouveau Crêpes Whaou 3
«Trois bateaux neufs, c’est génial !»
Triple vainqueur de la Route du Rhum, double vainqueur de la Transat Jacques Vabre et de la Transat Québec/Saint-Malo, Franck-Yves Escoffier est certainement le plus grand spécialiste actuel des multicoques 50 pieds. Patron-pêcheur à Saint-Malo, il a mis à l’eau mercredi 12 août à Port-La Forêt son troisième trimaran de 50 pieds, une nouvelle fois signé VPLP. Dans la famille Escoffier, voici Franck-Yves… Le frère de Bob, l’oncle de Servane et le père de Loïc et Kévin.
- Par Loïc Le Bras
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- Publié le : 18/08/2009 08:23
Franck-Yves Escoffier : Je pense surtout à ceux qui ont construit le bateau. C’est un peu leur bébé. On part d’une planche à dessins et sept ou huit mois après on met un bateau à l’eau. J’admire beaucoup leur travail. Construire un bateau, c’est toujours très fort, qu’il soit en alu, en verre ou en carbone. Moi, j’en suis incapable, donc ça m’impressionne toujours. Maintenant, il va falloir vite le mettre au point pour être au rendez-vous du Trophée Malo la semaine prochaine. Ensuite, on montera crescendo avec Erwan Leroux pour se préparer pour la Jacques Vabre. Il faut qu’on apprenne vite à le connaître pour qu’on se présente au départ du Havre dans de bonnes conditions.
F-Y.E : Il est un peu plus large puisqu’il est au maximum de la jauge (c’est-à-dire 50 pieds, ndlr). Il est beaucoup plus léger, plus de 10% du poids du précédent en moins (sous la grue, Whaou 3 pesait 2,8 tonnes et son mât 355 kg, ndlr). C’est énorme. Il est aussi plus toilé, surtout au près. Il devrait être plus nerveux au portant aussi. La question est toujours de savoir si on a mis le curseur au bon endroit. Quand les conditions sont bonnes, un bateau va toujours vite. Maintenant, il faut prévoir qu’on peut subir 50, 60 ou 70 nœuds de vent sur une Transat. Et il faut que le bateau passe quand même dans ces conditions-là. On a encore une marge de sécurité normalement importante, mais c’est l’avenir qui nous le dira.
F-Y.E : C’est vrai que sur Crêpes Whaou 2, les appendices étaient ceux de bateaux existants. Le moule du safran central était celui du monocoque PRB, le moule des safrans de flotteur était celui d’un Formule 40 et la dérive celle du trimaran Géant. Le mât était un filamentaire beaucoup plus lourd que celui-ci. Les architectes et le partenaire ont pris la décision de réaliser des appendices spécifiques pour la carène de ce bateau-là. Ça glissera mieux, c’est inévitable.
F-Y.E : J’ai demandé un bateau plus léger, qui soit esthétique. J’aime bien qu’il soit beau à regarder.
F-Y.E : Oui, parce qu’on a du monde qui va venir à bord. On fait des sorties partenaires. On participe aux Trophées. Même si ce n’est pas l’importance première de gagner les Trophées. Et pour moi, un grand cockpit, c’est aussi intéressant en transat en solitaire, en double sur une Jacques Vabre ou en équipage sur Québec/Saint-Malo.
F-Y.E : Oui, bien sûr, je suis hyper heureux. Mais il ne faut pas crier victoire. Trois bateaux neufs, c’est une chose, c’est génial, mais j’aimerais que demain, pourquoi pas, un ou deux Figaristes annoncent la construction de nouveaux bateaux. Faut pas s’arrêter là.
F-Y.E : Si je disais que je ne pousserai pas le bateau plus qu’avant, ce serait mentir. On faisait déjà des bonnes moyennes avec le Crêpes Whaou 2. Pratiquement, il ne faudrait pas penser à la concurrence quand on est en régate, mais c’est humain et inévitable. Donc c’est vrai qu’on prendra de toute façon un tout petit peu plus de risques.
F-Y.E : Ce qui est intéressant c’est qu’il y a trois bateaux neufs de trois architectes différents, avec trois skippers différents également de 40, 50 et 60 ans. J’ai vu le trimaran d’Hervé Cléris qui sera un superbe bateau avec beaucoup plus de volume dans les flotteurs. C’est même surprenant. Ça risque de bien passer dans le gros temps. Il a aussi beaucoup plus de volume sur l’arrière. J’ai hâte de les voir tous les trois le long d’un même quai à Fécamp pour les comparer réellement.
F-Y.E : 1,450 millions d’euros. Le mât coûte plus cher et le prix tous les matériaux a augmenté depuis quatre ans. Cela reste encore des budgets raisonnables pour des entreprises comme Crêpes Whaou. C’est un budget cohérent.
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