Actualité à la Hune

Assemblée générale de la Classe IMOCA

3 questions à Dominique Wavre

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  • Publié le : 13/04/2009 - 11:32

Dominique Wavre Dominique Wavre, 54 ans, skipper de course au large et actuel président de la classe IMOCA. Photo © Vincent Curutchet (DPPI) Jeudi et vendredi prochains, l'assemblée générale de la Classe IMOCA se tiendra à Barcelone où seront rendues les conclusions découlant du débriefing du Vendée Globe. Evolution de jauge, avenir des courses...
L'IMOCA n'a pas l'intention de s'encroûter, comme nous l'explique Dominique Wavre, l'actuel président de classe par intérim. Avant-goût de séance.

v&v.com : Quels vont être les grands thèmes abordés durant cette assemblée générale de la classe IMOCA ?
DW :
Après le Vendée Globe, nous nous sommes réunis pour un débriefing. De nombreuses questions ont été posées ; les mésaventures de Yann Eliès et de Jean Le Cam nous ont bien sûr poussés à nous interroger sur la sécurité, sur le fonctionnement de la communication lors des opérations de sauvetage, avec les secours et entre les coureurs, sur le matériel de sécurité à embarquer, etc... Suite aux différents problèmes de quilles, de mâts et de safrans que nous avons rencontrés, l'évolution de la jauge des bateaux a également retenu notre attention. Le fait que les avaries aient survenu un peu partout est plutôt rassurant, cela signifie qu'il n'y a pas de gros points faibles. Par contre, il se pourrait qu'en nous adressant à des architectes comme Farr, qui travaille surtout sur des formats courts de type transat, on n'ait pas fait le bon choix ; pour faire un tour du monde, c'est un autre genre de bateau qu'il faut ! La question financière nous préoccupe également... Aujourd'hui, nous avons recensé 20 bateaux performants - la future jauge ne doit pas les mettre sur la touche, mais les protéger, sinon nous risquons le syndrome ORMA. Nous devons faire attention à maîtriser nos coûts et à proposer une jauge suffisamment intelligente pour que les architectes n'aient par ailleurs pas la possibilité de la contourner... Finalement, nous avions défini trois séminaires chargés de réfléchir chacun sur l'un de ces points : la fiabilité des bateaux, la sécurité et la jauge. Le 16, à Barcelone, leurs réflexions et leurs conclusions vont être exposées. Le 17, nous procéderons aux votes entérinant nos choix. Cela ira vite : nous devons aussi aborder la question de notre calendrier de classe et élire un nouveau président, puisque je n'ai assuré que l'intérim - mais pour l'instant, je crois que personne ne s'est encore porté candidat... C'est déjà difficile quand on est coureur, comme moi, alors en ce moment, avec les débats qui animent notre classe...

v&v.com : Les 30 bateaux - un nombre d'inscriptions record - au départ du Vendée Globe ont pu faire craindre le pire, qui n'est heureusement pas arrivé. Pensez-vous néanmoins revoir le système de qualification par souci de sécurité ?

Dominique Wavre. Suisse de 54 ans. Une victoire sur la Withbread en 1986. Deux places de second sur la Solitaire du Figaro. Deux Vendée Globe (4e et 5e) et un troisième, cette année, qu'il doit abandonner, sa quille l'ayant lâché - il nous transmettra alors l'une des vidéos les plus poignantes de cette édition. Un coureur de course au large émérite, avant tout.

DW : C'est toujours difficile de trouver un bon système de qualification ! Au sein de l'IMOCA, nous souhaiterions que le nôtre évolue, mais pas pour des raisons de sécurité, parce qu'aucun des skippers engagés en novembre n'avait pas le niveau de compétences requis ! Par contre, il faudrait que dans certains cas, la qualification ne soit pas nécessaire... Le système n'est pertinent que s'il fait barrage à des personnes qui n'auraient pas le niveau pour s'en sortir en mer. Mais des skippers comme Josse, Jourdain, Riou qui ont déjà fait des tours du monde en course, ils ne vont pas désapprendre ! N'empêche que pour ce Vendée Globe, le dernier qualifié a été Riou ! Parce qu'il a subi deux démâtages et une collision avec un cétacé... Son niveau de pratique n'avait rien à voir là-dedans. Il est temps que l'IMOCA soit reconnu comme une classe de skippers professionnels.

v&v.com : Comment se porte la class IMOCA dans la tourmente de la crise économique ?
DW :
Étonnement, elle ne va pas si mal ! Nous avons connu un tel pic de popularité pendant le Vendée Globe que nous nous retrouvons un peu à l'abri. Certes, beaucoup d'équipes réduisent leur train de vie et leur planning, mais peu arrêtent car nos sponsors ont tous été satisfaits de leur opération de communication. Bien sûr, mettre sa marque sur des voiles qui font un tour du monde garde quelque chose de magique. Mais encore une fois, nous devons vraiment prendre en compte les sponsors dans notre démarche : nous devons rester séduisants, revenir vers les véritables valeurs qui font le succès populaire des courses au large. Après le départ du Vendée, qui s'est soucié de savoir qui avait des outriggers et qui n'en avait pas ? Même si tous les skippers adorent la recherche technologique, on ne peut décemment plus réclamer des milliers d'euros aux sponsors pour usiner une pièce en titane alors que le public ne s'intéresse pas à la technologie ! Il faut absolument limiter les complications qui risquent de bloquer les bateaux au port ! Enfin, il faut aussi augmenter notre coefficient de sécurité dans le but de rassurer non seulement les sponsors, mais aussi les assurances, sinon elles vont renâcler à nous supporter... Dire qu'il n'y a qu'un bateau sur deux à l'arrivée, comme c'était le cas avant, ça va... Mais un seul sur trois, ce n'est pas tenable !

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