Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
Note :
Desjoyeaux et Jourdain toujours, et toujours avec le même écart. Le Cam est maintenant à 450 milles, Riou et Le Cléac'h à plus de 700. Plus loin, Jonny Malbon, suite au grave délaminage de sa GV, progresse le plus lentement de la flotte pour la deuxième journée consécutive - et perd une place.
Photo © D.R.
<Si tout va bien, c'est pour dans quelques heures...>
Petit phrase, grand moment pour Michel Desjoyeaux. Car voici le cap. Le cap plus Sud, le plus inhospitalier, le plus sombre, le plus meurtrier, le plus myhtique. Il a vu des Indiens nus - Yaghans, Yamanas, Alakalufs - y naviguer pendant des millénaires dans des canots creux. Il a vu couler des navires et sombrer des âmes, il a vu des trois-mâts tenter pendant des semaines de passer d'Atlantique en Pacifique avant de renoncer et de faire le tour de la planète dans l'autre sens. Aujourd'hui, le cap Horn aperçoit d'étranges luges légères glisser à ses pieds. Ou, du moins, tenter d'arriver jusqu'à lui. Sur les trente prétendants du Vendée Globe, quinze d'entre eux ont dû renoncer à ce qui reste le point culminant de ces 25 000 milles. Et les quinze autres vont se présenter devant le cap Dur, le cap des Tempêtes, le Sphinx du Grand Sud, avec un bateau, un corps et un mental soumis à rude épreuve.
03/01 à 11 h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cam : fuchsia. 4.Riou : orange. 5.Le Cléac'h : beige.
Photo © D.R.
<Incroyable ! s'exclame Michel Desjoyeaux. J'avais déjà vu des algues pousser sur les tableaux arrière des bateaux, où de l'eau peut stagner en mer. Mais là, c'est le summum : des algues poussent dans mon cockpit, à même le plancher ! Pour le moment, je ne sais dire l'espèce. Ça montre qu'on vit dans la flotte en permanence, que jamais ça sèche, ici ! Bon, ben si c'est ça, je vais appeler un chirurgien, qu'il me pose des branchies, je vois que ça pour être efficace, eu égard aux circonstances !>
Des branchies ou des ailes... <Il y a des vents soutenus en permanence, expliquait Jean Le Cam (VM Matériaux), hier, plutôt las. L'écume est à la limite de décoller . (...) C'est usant. Il n'y a vraiment pas de répit, c'est coup de vent sur coup de vent. La mer n'est vraiment pas très conviviale... Le problème, c'est que dans ces mers-là, tu ne peux pas aller trop vite. Je vois que devant Roland Jourdain a empanné, tandis que Michel Desjoyeaux n'a pas une aussi bonne mer non plus.> Et le cap Horn ? <Je ne peux pas être très précis, car ça va dépendre de l'état de la mer.>
Michel Desjoyeaux, lui, a déjà prévu de saluer le Cap à sa façon : en affalant sa trinquette <spécial Sud> et en regréant la première, <spécial Atlantique> : <Sur un 60 pieds, on a trois voiles à poste sur enrouleur. Le plus souvent génois/solent/trinquette ; sur Foncia, solent/trinquette/foc. J'ai fait faire deux trinquettes - que tu portes dans 28-30 noeuds au portant et que tu gardes jusqu'à 50 noeuds -, dont une un peu particulière. Elle est en Cuben Fiber, un tissu très solide, mais qui se déforme avec le temps. J'ai gréé cette voile-là à la sortie de Sainte-Hélène et j'ai rangé l'autre bien à l'abri. Et, plutôt que de flinguer mon unique trinquette dans le Sud - ou au contraire de vouloir la préserver en la roulant et, du coup, naviguer sous-toilé -, j'avais une voile que je pouvais exploiter à 100 %, sans états d'âme.>
Mich'Desj' avait fait le même choix voici huit ans, lors de son Vendée Globe victorieux. <Un bon choix, car j'ai beaucoup navigué sous trinquette dans le Sud. Là, je vais ressortir celle qui m'a servi à la descente de l'Atlantique, et qui est nickel. Pour la remontée, il est important d'avoir une voile bien plate et solide>.
03/01 à 20h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cam : fuchsia. 4.Riou : orange. 5.Le Cléac'h : beige.
Photo © D.R.
En attendant, le skipper de Foncia maintient un écart stable avec Roland Jourdain, son dauphin depuis bientôt trois semaines. Desjoyeaux s'est recalé hier après-midi dans le Sud de Veolia Environnement, en route directe vers le Horn, qu'il pourrait atteindre dès ce soir - et <Bilou> quatre heures après lui si les choses restaient en l'état ! Autant dire que leur bagarre est loin d'être terminée : il reste 7 000 milles, soit environ un mois de mer ou un tiers du parcours, pour les départager !
Ou pour voir surgir un autre concurrent. Tous ont fait allusion, ces derniers jours, aux deux dernières éditions du Vendée Globe. Elles ont été évoquées ici même, mais on peut les rappeler brièvement : en 2000-01, au cap Horn, Michel Desjoyeaux avait plus de 600 milles d'avance sur Ellen MacArthur - et à peine 60 à la sortie de Sainte-Hélène ; en 2004, Le Cam avait plus de 250 milles d'avance sur Golding et Riou - et s'est fait finalement battre par ce dernier.
Le Roi Jean aimerait donc que cette fois, les choses tournent autrement. Il est vrai qu'être en embuscade derrière un concurrent lors de la remontée Atlantique peut parfois permettre de contourner un piège dans lequel le leader s'est englué...
04/01 à 05 heures. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cam : fuchsia.
Photo © D.R.
Reste que ces derniers milles en Pacifique ne sont pas évidents pour la tête de course. Avec la dépression qui a sévi ce week-end à l'Ouest du Chili, il est plus confortable de naviguer dans le sens de la mer, donc bâbord amures, mais ceci risque d'emmener les solitaires - et notamment Roland Jourdain - un peu trop près de la côte chilienne, où la remontée brutale du plateau continental et des facteurs de retour de houle peuvent créer des mers terribles.
Plus en arrière, Vincent Riou ne connaît pour l'instant pas ce problème - au contraire. Car s'il continue son <bateau à bateau> avec Armel le Cléac'h et le devance d'une vingtaine de milles au pointage de ce matin, il apprécie surtout les conditions rencontrées en bordure de dépression : <Il fait beau, la mer est un peu agitée. J'ai 30 noeuds de vent depuis 24 heures. La nuit est belle, l'air est sec et on voit même les étoiles. Ça fait deux à trois jours que ça commence à être sympa. Je vais bientôt quitter le Pacifique. La dernière fois que j'ai passé le cap Horn, c'était extraordinaire, je l'ai approché par les îles. En tout cas, je ne sais pas encore comment je vais naviguer après, car les modèles météo évoluent.>
L'après Horn. Ils ont tous ça en tête. D'abord par lassitude du Sud. Ensuite, et surtout, pour l'ouverture du jeu que cela représente. <Je n'ai que 36 heures de retard, affirme le skipper de PRB. On peut regarder la tête de flotte partir comme on peut très bien revenir pour recoller.>
S'il y en a une autre qui garde un moral à tout épreuve, c'est bien Sam Davies. Sixième, elle continue de débouler à fond de train, plus rapide que les premiers. <Ça va ce matin sur Roxy, confirmait-elle à la vacation d'hier. Il y a quelques heures, le bateau était à 21 noeuds, mais c'est surtout qu'il ne descendait pas en dessous des 20 noeuds. J'avais promis à "Jojo" (Sébastien Josse, ndlr) que je n'irai pas au-dessus de 17. Tant pis ! Maintenant je vais me calmer, car mon but reste d'arriver aux Sables>. Se calmer ? Pas vraiment : quelques heures plus tard, au pointage de 20 heures, Sam était à nouveau la plus rapide de la flotte et battait son record personnel avec 414 milles parcourus à plus de 17 noeuds ! <J'attends le cap Horn avec impatience, mais je suis aussi un peu triste de quitter le Sud car j'ai eu une bonne navigation !>
Quitter le Sud... A l'arrière de la flotte, pour l'instant, il n'est question que de quitter l'Indien pour le Pacifique. Un océan d'écart - et quel océan ! Pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), qui ferme la marche à près de 6 000 milles de Foncia, et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), 100 milles devant lui, la route est encore longue. Et leur arrivée, pour l'instant estimée à plus d'un mois après les premiers...
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Distance : 1 160 milles de plus
Les portes des glaces du Pacifique ayant été remontées vers le Nord pour des raisons de sécurité, la distance totale - et définitive - de ce sixième Vendée Globe est de 24 840 milles, soit 1 160 milles de plus que l'édition précédente.
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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures n'est pas toujours le premier !
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Suivi des avaries
En course
Jonny Malbon (Artemis) connaît toujours des problèmes de grand-voile : celle-ci se délamine et se déchire malgré les réparations effectuées (adhésif).
Dee Caffari (Aviva) connaît les mêmes problèmes avec sa GV : elle est contrainte de bricoler sa voile avec de la résine et du Sikaflex !
Hors course
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), qui a explosé son safran bâbord le 31 décembre, fait lentement route vers la Nouvelle-Zélande, avec son seul safran tribord, lui aussi endommagé le 15 décembre par un OFNI.
Seb Josse (BT), qui a abandonné la course le 29 décembre au matin, approche lentement de la Nouvelle-Zélande (sans doute Auckland), safran bâbord irréparable.
Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), qui a abandonné le 29 décembre, après avoir cassé ses deux barres de flèche bâbord dans un chavirage survenu le 28, a rejoint Hobart (Tasmanie) hier, samedi 3 janvier.
Unaï Basurko (Pakea Bizkaia) a rallié Cascais (Portugal) hier, samedi 3 janvier.
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03/01/2009 - 09:23
La poursuite infernale
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02/01/2009 - 20:42
Paprec-Virbac 2 : honnis soient les OFNIS
Périlleux retour que celui qu’a entrepris Jean-Pierre Dick depuis que son safran bâbord a été arraché par un OFNI. Plus de 1 800 milles à courir jusqu’en Nouvelle-Zélande avec une seule pelle – abîmée par un autre choc, mi-décembre –, est un exercice délicat, surtout dans les latitudes Sud.
02/01/2009 - 09:52
On plante le bâton, flexion, extension !
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01/01/2009 - 18:07
Desjoyeaux toujours brillant !
Oui, il est au grand portant – il suffit de regarder l’angle de l’espar, le choqué des écoutes, la direction du souffle du vent sur l’eau. Oui, il y a de la brise. Oui, il y a de la mer. Oui, il allume. Encore et toujours. Desjoyeaux brillant. Reste à négocier cette folle descente vers le Horn.
01/01/2009 - 12:29
Vœux 2009 : Sam va comme ça !
Elle n’est pas au 36e dessous, mais au 46e Sud ! Heureuse. Sixième depuis le retrait de Jean-Pierre Dick, hier, Sam Davies continue son très beau tour du monde. Dotée d’un sens de l’humour inébranlable et d’un sourire aussi large que le sillage de Roxy, Sam fonce et montre d’un solide sens marin.