Actualité à la Hune

Barcelona World Race 2010-11

Rien ne va plus !

Diable, non ! La Barcelona World Race n'est pas terminée, son suspens n'est pas tué ! L'arrêt "surprise" des leaders, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), à Wellington en Nouvelle-Zélande, pour 48 heures, change sérieusement la donne. Même s'il n'est pas exclu que d'autres équipages soient contraint à des arrêts techniques, Mapfre, Estrella Damm et Groupe Bel se retrouvent maintenant à leurs basques.

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  • Publié le : 19/02/2011 - 00:02

Corde à linge L'arrêt technique est clairement réglementé par les instructions de course de la BWR : réparations, pleins de gasoil et de nourriture, séchage des fringues, nuit à l'hôtel et douche sont autorisés. Les remplacements de voiles et/ou d'équipiers sont en revanche plus délicats. Photo © Chris Cameron (BWR / DPPI) Classement du vendredi 19 février, à 05h00 UTC
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), à 11 406 milles de l'arrivée.
2. Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre), à 140,2 milles des premiers.
3. Alex Pella et Pepe Ribes (Estrella Damm) à 323,4 milles des premiers.

Rayon de soleil... fait fondre l'avance de Dick et Peyron Instant de grâce dans le détroit de Cook que Dick et Peyron, en tête de la BWR, remontent enfin au louvoyage... Instant de courte durée : quelques heures plus tard, la rupture de deux chariots de lattes de GV les poussera à faire escale à Wellingon. Photo © Chris Cameron (BWR / DPPI) 128 milles.
C'est tout ce qu'il restait hier après-midi, de l'avance de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) sur les Espagnols.

Les champions olympiques Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) naviguent idéalement - ils sont des "Bleus" de l'IMOCA -, scotchant le public de la Barcelona World Race, mais ce retour fantastique sur les leaders de la course n'est pas le seul fait de leurs qualités.

Il est aussi question de deux chariots de lattes de grand voile - pièces qui relient la GV au mât et maitiennent les lattes -, cassés à l'entrée du détroit de Cook, mardi soir, par les leaders.

A ce moment de la course, Dick et Peyron gèrent toujours leur crédit de 500 milles d'avance et s'apprêtent à plonger dans le Pacifique... Mais alors qu'ils prennent un ris, les chariots sont arrachés. La même avarie était déjà survenue dans la descente de l'Atlantique, mais il reste à l'équipage deux chariots de rechange qu'il utilise en remplacement.
Techniquement, les Français peuvent donc continuer. Ils en décident autrement. Dick : <Nous n'avons plus de spare (pièces de rechange, ndlr) pour terminer la course et n'avons plus confiance en elles. [...] Sans elles, on ne peut pas naviguer. Continuer est prendre un risque important. S'arrêter est la meilleure solution, même si c'est une décision difficile à prendre, car on prend 48h de pénalité.>

En effet, le règlement de la BWR n'interdit pas les arrêts techniques, ni ne les limite en nombre (Virbac-Paprec 3 a déjà fait escale au Brésil), mais au-delà de la longitude 140° Est, le bateau doit rester minimum 48 heures à quai.
Or Wellington se situe au-delà de cette longitude ; néanmoins, comme la ville est dans le détroit de Cook, passage obligé de la course, l'escale ne nécessite pas de faire un gros détour.

Dick et Peyron décident donc de faire stop pour récupérer des chariots de rechange, remplacer l'une des deux bulles du cockpit, réparer un pilote, vérifier le bateau et se pencher sur quelques autres bricoles... Compte tenu de la soudaineté de cette avarie, l'équipe technique de Dick n'a pas pu se rendre sur place. Virbac-Paprec 3 n'accoste pas en pays inconnu pour autant, le 60 pieds ayant été construit à quelques encablures de là.

BWR : relevé du 18 février, 15h00 UTC. Après 48 heures d'arrêt technique à Wellington, Virbac-Paprec 3 repart, toujours en tête devant les Espagnols de Mapfre. Groupe Bel est momentanément passé devant Estrella Damm. Photo © D.R. (Barcelona World Race) Les leaders s'amarrent donc au quai néo-zélandais à 11h11, heure française, mercredi. A 11h11 hier, les amarres filent à l'eau et l'équipage repart. En 48 heures, l'opération a été bouclée... Et s'avère plutôt intéressante.

Douloureux dilemme Après avoir fait la liste des pépins plus ou moins importants des bateaux, reste aux équipages à décider d'un arrêt ou non à Wellington. Quarante-huit heures de pénalité sont en jeu... Contre un demi tour du monde restant à boucler. Or Mapfre est revenu à une grosse centaine de milles des leaders. Photo © D.R. (Barcelona World Race / Mapfre) Toute la flotte est inévitablement revenue sur eux, mais ils ont gardé la tête de la course. Les deuxièmes sont encore à 128 milles derrière et n'ont pas encore attaqué le détroit.
Surtout, Dick et Peyron repartent pour le demi tour du monde restant avec un bateau révisé de fond en comble, de surcroit dans une fenêtre météo satisfaisante. S'il leur faudra quelques heures pour s'éloigner des côtes, ils devraient pouvoir se glisser le long de l'anticyclone situé à l'Est de la Nouvelle-Zélande, sans trop de difficultés.

A la vacation, Dick n'est pas mécontent de son coup. <Il faut gagner cette course. Nous allons tout faire pour conserver la tête de course et continuer la belle course que nous avons commencée. Nous avons eu un peu de réussite. Nous savions en nous arrêtant que nous avions une bonne fenêtre avec nous.>

La situation paraît même tellement bonne que certains s'interrogent. Dick et Peyron auraient-ils fait escale s'ils avaient eu moins d'avance ? Avaient-ils prévu cet arrêt à Wellington de toute façon ?
Dick s'en défend fermement : <Nous n'avions rien prémédité du tout. Quelques auraient été les conditions météo, nous nous serions arrêtés, car il faut naviguer en bon marin et continuer sans pièces de rechange n'aurait pas été très intelligent.>

De fait, le point 2.3.1. des instructions de course exclut totalement l'hypothèse d'un arrêt organisé avant le départ... La nuance n'est pas sans importance, car elle sous-tend la logique de la Barcelona World Race. La voile est un sport mécanique, soumis aux problèmes de casse... Or dans son règlement, la BWR accepte les arrêts techniques pour réparation. Donc, quand les coureurs subissent la casse, ils ont le droit de s'arrêter. Rien d'autre à ajouter.

Wellington devrait voir débarquer d'autres équipages : Groupe Bel a prévu d'y régler son problème de voiles et Mapfre, Estrella Damm, Renault, Hugo Boss et Mirabaud ont déjà annoncé envisager sérieusement cette solution...

La question reste : qui le fera vraiment ? Les spéculations vont bon train.
La venue sur place d'Alex Thomson semblait indiquer que Wouter Verbraak et Andy Meiklejohn comptaient bien s'y résoudre... (Que Thomson en profite pour embarquer semble par contre illusoire - le même point 2.3.1. des instructions de course évoqué plus haut spécifie qu'un remplacement d'équipier lors d'une escale technique ne peut se faire qu'en cas de nécessité médicale.) Et puis, un bord emmenant Hugo Boss très près des terres de Tasmanie fait penser qu'ils ont peut-être tenté de réparer en mer. Quant à Martinez et Fernandez, ils devaient se décider vendredi matin ; en fin d'après-midi, hier, ils n'avaient toujours rien confirmé, ce qui laisse supposer qu'ils préfèrent sans doute saisir leur chance de revenir sur les leaders. Plus que 118 milles à 20h hier soir, pensez !

En attente de vitesse De leur côté, Kito de Pavant et Sébastien Audigane ont pris leur décision depuis longtemps : ils font stop à Wellington, pour s'occuper de leurs voiles. Photo © D.R. (Barcelona World Race / Groupe Bel) Dans un email, Pavant met bien ces choix en perspective. <Reste à savoir [...] dans quel état réel se trouvent les bateaux qui ne s'arrêteront pas et qu'elle sera la météo après la Nouvelle-Zélande pendant les sept jours qui viennent, afin de voir comment l'accordéon va se déformer.>

En attendant, la semaine a malgré tout offert quelques certitudes. Mapfre a donc largué ses deux poursuivants pour se rapprocher considérablement des leaders. Groupe Bel a dépassé Estrella Damm, collé dans l'anticyclone, et a repris le podium au moins pour quelques heures. Hugo Boss a fini par doubler Gaes et Neutrogena, Mirabaud...
Autant dire que la course est effectivement loin d'être finie. Et Pavant d'en conclure : <Bref, il reste un demi-tour du monde à parcourir, du jeu à tous les étages et tout reste à faire pour tous les concurrents, mais avant tout, il convient d'arriver à Barcelone, ce qui n'est pas gagné d'avance...>

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Vos commentaires

    • On reste bien dans le coup avec un article aussi bien renseigné .Félicitations à Manon .

      Ajouté par celou3pa le 19/02/2011 - 08:31

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