Actualité à la Hune

Barcelona World Race 2010-11

Chasseurs sanguinaires

Finie la domination outrageuse de Dick et Peyron (Virbac-Paprec 3). Les avaries des uns et le choix de s'arrêter à Wellington ou non des autres ont fait qu'après un demi tour du monde, c'est une poignée de milles qui séparent maintenant les Français de leurs poursuivants espagnols. Les premiers s'appuient sur une incommensurable expérience du large pour tenir leur rang. Quant à Martinez et Fernandez (Mapfre), élevés à l'âpreté de l'olympisme, ils savent sans nul doute et mettre la pression et tenir la cadence... La Barcelona World Race offre un nouveau combat électrique.

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  • Publié le : 26/02/2011 - 00:59

Deux lascars (très) durs au mal Xabi Fernandez (à gauche) et Iker Martinez (Mapfre) sont en train de mettre une grosse pression sur Dick et Peyron. Certes, ils ne sont pas les mêmes lascars de la course au large que les Français, mais, formés à l'olympisme, pourraient s'avérer (très) durs au mal. Photo © Chris Cameron (BWR / DPPI) Classement du samedi 26 février, à 05h00 UTC
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) à 9 192 milles de l'arrivée.
2. Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre), à 14,5 milles des premiers.
3. Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) à 1 198,8 milles des premiers.

Changement de tête Neuf des douze équipages en course ont franchi le détroit de Cook et filent dans le Pacifique, désormais menés par deux duos : Virbac-Paprec 3 et Mapfre. Photo © D.R. (Barcelona World Race) <On n'est plus tout seuls perdus au milieu de l'océan. On est deux, perdus au milieu de l'océan Pacifique>, résume Loïck Peyron, le co-skipper de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) dans cette Barcelona World Race.

Les deux Français mènent certes la course depuis le 23 janvier dernier - plus d'un mois, donc -, mais les 500 milles d'avance qu'ils avaient ménagés jusque là ont été investis dans une escale technique à Wellington décidée in extremis.
Après 48 heures (minimum obligatoire) d'arrêt, l'équipage repartait en tête... Avec une avance réduite à 128 milles.

Alors, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) ne sont pas tout à fait entrés dans le détroit de Cook et la rumeur court que ce retour sur les leaders n'est qu'une illusion, car les Espagnols pourraient eux aussi s'arrêter en Nouvelle-Zélande... Mais ils n'en feront rien.
Martinez et Fernandez ont décidé de jouer leur carte et de se lancer à la poursuite de Dick et Peyron. Ils plongent Sud-Est, comme leurs prédécesseurs, et, passée la porte Ouest Pacifique, la météo est pour eux. Pour faire route entre les portes, Dick et Peyron ne peuvent éviter de traverser un anticyclone. A mesure qu'ils s'en rapprochent, ils ralentissent et les Espagnols les reprennent inexorablement. En 48 heures à peine, leur avance fond. L'écart entre les deux bateaux est maintenant de l'ordre d'une vingtaine de milles.

Fenêtre sur Pacifique Le Pacifique est une morne plaine, pour Dick et Peyron comme pour Fernandez et Martinez... Mais ces derniers semblent à ce sujet encore séduits, au point de le prendre en photo... Photo © D.R. (Barcelona World Race / Mapfre) <Je ne les connaissais pas bien avant le départ, mais depuis j'ai appris à les observer, dit Peyron de ses adversaires ibériques. Ils ne sont pas les seuls, pour le coup, m'enfin ils font partie des meilleurs. Ils ont un bagage et une équivalence commune et complémentaire. Ce sont des clients très sérieux, sur un bateau non moins sérieux d'ailleurs. On ne les a jamais pris à la légère et ils ne sont pas loin derrière.>

La voix de Peyron est bien moins enjouée qu'à son habitude. Il décrit des journées mornes, passées dans un Pacifique où le vent est irrégulier, <pas agréable>, ne convenant pas au pilote automatique et contraignant les équipiers à barrer sans relâche. La lune est pale, la visibilité mauvaise, la houle, ramenée par les dépressions du Sud, longue...
On pourrait entendre chez Peyron les accents de la lassitude ou ceux de la fatigue. Qui sait ? Bien qu'il se réjouisse d'enfin trouver une concurrence directe, la période n'est peut-être pas la meilleure pour lui. La longue course, tantôt plonge les marins dans le marasme, tantôt les pousse à l'exaltation...

Justement, pour rattraper les Français, Martinez et Fernandez ont probablement forcé. On pourrait penser qu'ils le paieront plus tard, leur expérience de ce type de course au large étant moins grande que celle de leurs aînés. Mais ne serait-ce pas négligé le passé olympique des deux lascars ? Tenir la cadence, supporter la pression et gérer leurs émotions comme leur état de fatigue est leur métier depuis 20 ans. Aux vacations, Martinez et Fernandez parlent toujours d'un ton égal, coloré de l'humilité qui va bien à leur statut de "bizuths" et du bonheur d'être là où ils sont.

Les quatre hommes sont à quelques milles de la porte mi-Pacifique ; ensuite, ils plongeront vers le Horn, via la porte du Pacifique Est, en roulant sur le dos d'une dépression "confortable". Les prévisions sont bonnes. Et il n'y aura pas grand chose pour faire la différence. <Cela va se travailler en placements et en vitesse pure>, souffle Peyron.


Grand sourire ! Boris Herrmann et Ryan Breymaier (Neutrogena) ont profité un max de l'arrêt au stand de Groupe Bel et Estrella Damm : repassés 4e, ils pourraient même bientôt monter sur le podium. Photo © D.R. (Barcelona World Race / Neutrogena)
Cyclone Atu
Le peloton est à plus de 1 100 milles de là, depuis que Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel), comme Alex Pella et Pepe Ribes (Estrella Damm) se sont arrêtés 48 heures à Wellington, laissant leurs places à leurs poursuivants.

La menace d'Atu Le cyclone Atu, formé au Nord-Est de la Nouvelle-Zélande, perd de la force en descendant Sud, mais menace malgré tout Groupe Bel et Estrella Damm, dans la journée de vendredi. Photo © D.R. (www.geovoile.com) Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) sont donc à la troisième place provisoire, embarrassés par un problème de safran et menacés par Boris Herrmann et Ryan Breymaier (Neutrogena). Dominique Wavre et Michèle Paret (Mirabaud) se sont aussi glissés dans la faille et pourraient rapidement revenir et jouer ce podium...

Le temps que Groupe Bel et Estrella Damm se refassent. Repartis ensemble de Wellington mercredi, ils devraient s'entraîner dans une émulation réciproque. Et leurs bateaux, jugés plus performants, devraient leur permettre de recoller facilement. Sauf que pour l'heure, ils naviguent autour du 40° Sud, bien plus au Nord que le reste du peloton : le cyclone Atu, descendu du Nord-Est de la Nouvelle-Zélande les a cueillis sans qu'ils aient d'autres options pour limiter la casse. Pavant ne cache pas sa crainte de ces très forts vent que ne devraient pas subir ni Hugo Boss ni Gaes.

Forum Maritim Catala, Central Lechera Asturiari et We Are Water courent quant à eux encore dans l'Indien.

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Vos commentaires

    • Très bons renseignements .Cela se corse et,ç'est tant mieux.Félicitations pour l'analyse de la situation(places,météo,valeurs des équipes ,etc....).

      Ajouté par celou3pa le 26/02/2011 - 09:22

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