Actualité à la Hune

Barcelona World Race 2010-2011

Encore un peu de sel

Mauvaise passe pour Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) qui, dramatiquement englués dans un pot au noir vicieux, ont vu fondre leur avance sans pouvoir faire grand chose. Car, en attendant de tomber eux aussi dans le pot, les Espagnols Iker Martinez et Xavi Fernandez (Mapfre) marchaient près de deux fois plus vite... Si un coup d'élastique inversera bientôt la tendance, cette réduction d'écart entre les deux concurrents n'en accentue pas moins la pression sur les leaders et redonne un peu de sel à la course, à son retour dans l'hémisphère Nord.

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  • Publié le : 19/03/2011 - 00:22

BWR : relevé du 18 mars, 08h00 UTC. Deux "petits bateaux bleus", perdus dans l'immensité de la cartographie de la BWR... Dans la réalité, Virbac Paprec 3 (le plus avancé) a souffert du pot au noir, facilitant le retour de Mapfre. Photo © D.R. (www.geovoile.com) Classement du lundi 21 mars, à 05 h
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) à 2 665 milles de l'arrivée.
2. Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) à 173 milles des premiers.
3. Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) à 870 milles des premiers.

En 78 jours de mer, des erreurs stratégiques, ils n'en ont guère fait - pour ne pas dire qu'ils sont les auteurs d'un sans-faute. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) ne s'en sont pas moins retrouvés aux prises avec un pot au noir farceur, plutôt vicieux en fait, car remonté avec eux sans qu'ils aient pu y échapper. Englués jusqu'à hier soir.
Et pendant ce temps là, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) allaient jusqu'à deux fois plus vite que les Français. Le calcul est simple. Mardi dernier, les deux leaders avaient fait gonfler leur avance sur les Espagnols jusqu'à 456 milles... Hier, il ne s'agissait plus que de 150 milles et 140 milles, ce matin.

Illusion Non, le temps n'est plus aux grandes vitesses, pour Virbac-Paprec, qui a lutté pendant plusieurs jours dans un pot au noir qui remonte avec lui. Photo © Chris Cameron (Barcelona World Race / Virbac Paprec) Où sont les nuages ? Peyron s'est usé les yeux à les chercher dans le ciel bleu vif de l'équateur... Rien, aucune trace de vent et les heures sont pénibles.
Jeudi, Dick racontait sa rencontre avec une baleine avec un certain enthousiasme... Mais Peyron avait perdu de son allant. <Non, ce n'est pas une situation favorable, il y a plus malheureux, ça va, on continue d'avancer tout doucement.>

Certes, les Espagnols vont subir un ralentissement à leur tour. Mais probablement moins important. Plus que 140 milles d'avance pour les Français, ce n'est plus la panacée. C'est moins confortable. Restent 3 000 milles à parcourir.


ETA

Sans mauvaise surprise, Virbac-Paprec 3 pourrait donc arriver à Barcelone entre le 30 mars et le 4 avril prochains. Pas très précise, comme ETA. Mais les deux co-skippers ne pourraient guère s'engager mieux, connaissant la météo aléatoire de Méditerranée.
Reste à savoir ce qu'il se passera d'ici Gibraltar, et quelle avance les leaders auront pu sauver. Car passée cette porte, tout peut arriver, alors autant être soit loin devant, soit suffisamment au contact pour se la jouer match-race.


Meute aux abois
En troisième position, Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) ne sont pas beaucoup plus à l'aise, car eux aussi patogent dans une zone de dévent. Boris Hermann et Ryan Breymaier (Neutrogena) les recollent régulièrement - plus que 140 milles d'écart -, alors qu'eux-mêmes, handicapés par une petite avarie de quille qui leur interdit certains réglages, perdent du terran sur Alex Pella et Pepe Ribes (Estrella Damm). Ces deux concurrents naviguent avec moins de 30 milles d'écart.


Adios amigos ! Gréement de fortune, ravitaillement en gasoil par la Marine argentine et au revoir au soleil couchant... Après leur démâtage, samedi dernier, Michèle Paret et Dominique Wavre (Mirabaud) sont contraints d'abandonner la course. Photo © D.R. (Barcelona World Race / Mirbaud) Abandon de Mirabaud
La course autour du monde a décidément été bien chaotique pour Dominique Wavre et Michèle Paret (Mirabaud) qui ont été contraints d'abandonner cette deuxième édition de la BWR.
Après une traversée de l'Indien compliquée, l'équipage franco-suisse a dû affronter une épreuve ardue : Paret victime d'anémie est contrainte à garder la couchette et Wavre doit mener l'Open 60 en mode solitaire. Et lorsque, enfin, sa coéquipière et compagne est rétablie pour remonter sur le pont, la terrible avarie survient : le mât de Mirabaud casse, samedi en fin d'après-midi, alors qu'ils naviguent au près dans une mer brutale.
Les dépressions qui les menacent rendent l'établissement d'un gréement de fortune difficile. L'équipage, routé par Marcel Van Triest, finit par mettre le cap sur l'Argentine au moteur - mais leur réserve de gasoil est limitée et ils sont, jeudi, ravitaillés par la Marine argentine - et à établir un gréement de fortune.


Au fond des yeux Les yeux de Cali Sanmarti (We are water), braqués sur les déferlantes qui les rattrapent, en disent long sur ce que le duo vit. Pour arriver au milieu du pacifique, ils ont tracé une route bien propre, entre les coups de tabac ! Photo © D.R. (Barcelona World Race / We are water) Hugo Boss bégaie
Wouter Verbraak et Andy Meiklejohn (Hugo Boss) ont eux aussi de quoi s'arracher les cheveux. Ils pointent à la 8e place, quelques milles derrières les filles de Gaes, Dee Caffari et Anna Corbella, quand dimanche ils mouillent dans une baie de l'archipel des Malouines, pour réparer leur rail de GV.
Comme ils ne s'amarrent pas à quai et ne demandent pas d'aide extérieure, les deux équipiers n'ont pas à subir la pénalité des 48 heures d'arrêt obligatoire... Ils n'en repartent pas moins le mardi... Pour rallier Port Stanley, plus au Nord, où leur équipe technique devrait les rejoindre. Il ne leur était en effet pas possible de réparer leurs voiles délaminées avec les seuls moyens du bord. Gaes est maintenant à plus de 1 000 milles devant, bataillant contre le vent, au Sud du Brésil.


Cap-Horniers
Enfin, Gérard Marin et Ludovic Aglaor (Forum Maritim Catala) déboulent sur le cap Horn en 8e position, alors que Jaume Mumbru et Cali Sanmarti (We are water) sont en plein milieu du Pacifique et que Juan Merediz et Fran Palacio (Central Lechera Asturiana) sont toujours arrêtés à Wellington.

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Vos commentaires

    • Le point est fait ,et bien fait . Encore un peu de suspense ,gâché par les malheurs de Mirabaud . Bel article. PS:permettez -moi une correction:patauger à la place de patoger .Clin d'oeil!

      Ajouté par celou3pa le 19/03/2011 - 11:32

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