Note :
C'est entre l'étai de trinquette et l'étai de solent que le mât de Foncia s'est cassé. Il reste 25 mètres de tube à Mich'Desj' et François Gabart, sains et saufs, pour rallier CapeTown.
Photo © Yvan Zedda (Sea & Co)
Coup de tonnerre sur la Barcelona World Race : cette nuit, un peu avant 5 heures (heure française), Michel Desjoyeaux et François Gabart ont contacté la direction de course pour l'informer de la casse de mât de Foncia, survenue vers 3 heures 40.
Positionné par 41°12,6 S et 08°59,8 Est, le 60 IMOCA - deuxième à une trentaine de milles de Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron) - marchait sous grand-voile à 1 ris et trinquette dans un vent de 30 noeuds de Sud-Ouest.
L'espar s'est cassé entre l'étai de trinquette et l'étai de solent : de ce fait, il reste environ 25 mètres de tube. Les morceaux cassés sont sur le pont, mais le bateau n'a apparemment pas d'autres dégâts. L'équipage n'est pas blessé et Foncia fait route vers Cape Town, distant de 600 milles, à une vitesse d'environ 10 noeuds.
<Pour l'instant, la mer est trop mauvaise pour essayer de grimper dans le mât pour comprendre ce qui s'est passé>, explique Desjoyeaux, évidemment très déçu...
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Voici le rapport de mer envoyé ce matin, vers 7 heures, à la direction de course :
<Le 26 janvier 2011, à 2H40 UTC (3H40 Heure française), par 41°12,6 S et 8°59,8 Est, Foncia naviguait cap au 115° à 18 noeuds de moyenne sous solent et 1 ris dans la grand-voile, à 140° du vent, qui soufflait environ à 25/30 noeuds, mer du vent, dans ces conditions, depuis 8 heures environ.
Le mât a cassé en dessous du capelage de solent, soit environ 25 mètres au dessus du pont (tube de 27,30 m). Le gréement est toujours en l'air, tenant pas les bas-haubans, les basse-bastaques, l'étai de trinquette et l'étai de foc de route. Le morceau cassé pend à 20 mètres, retenu par les drisses. Le solent, non roulé puisque en service au moment de la casse, est saucissonné le long du mât.
Le gennaker, hissé roulé, est retenu par sa drisse sur le bout de mât. La grand voile est retenue par sa drisse autour du mât, grosso-modo au 3ème ris. Tous les éléments sont à bord, rien n'a été perdu à la mer.
L'équipage, dont je vous cacherais ici la déception, est sain et sauf, j'ai juste le pouce droit un peu douloureux, il est parti avec le solent quand j'essayais de ramener le bas de la voile à bord. Nous ne demandons aucune assistance. Nous tentons de rejoindre CapeTown avec les moyens du bord, distant actuellement de 600 milles. Notre vitesse actuelle est de 11 noeuds, cap 76°.
Les prévisions de vent pour les jours à venir sont adaptées et sans risque (aujourd'hui 25/30nds Sud Ouest mollissant). Dans deux jours, passage de la dorsale de l'anticyclone (vents calmes). Si la mer veut bien être calme également, nous en profiterons peut-être pour grimper dans le mât pour récupérer les morceaux et être en mesure d'affaler la grand voile, puis vent de Sud Est 20 25 noeuds jusqu'à CapeTown.
Notre ETA est le 30 ou 31 janvier, sera affinée. Nous abandonnons la Barcelona World Race.>
Michel Desjoyeaux et François Gabart à bord de Foncia
Classement du 26 janvier 2011 à 10h00 :
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), à 18 384 milles de l'arrviée.
2. Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre), à 543 milles.
3. Alex Pella et Pepe Ribes (Estrella Damm), à 729,5 milles.
Le duel tant attendu entre Foncia et Virbac-Paprec 3 n'aura donc pas lieu. Avec plus de 500 milles d'avance sur le deuxième, <JP> et Loïck ont maintenant une voie royale... qu'il conviendra de gérer.
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Le message de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron à Foncia
<Salut les garçons, et ben dites donc, c'est pas une bonne nouvelle du tout ça. On commençait à devenir inséparables, motivés comme jamais, en se demandant tous les jours si on allait pouvoir tenir ce rythme jusqu'au bout. Ce fut un grand honneur que de vivre ensemble cette bataille.
Bon courage pour la suite et de tout coeur avec vous.>
J.P. et L.P., Virbac-Paprec 3
PS : Décidément mon ptit Michou, on arrive pas à se faire un tour complet ensemble. L.P.
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PS qui n'a rien à voir (quoique, il s'agit aussi d'un tour du monde) : en ce mercredi 26 janvier au matin, dans sa tentative de Trophée Jules Verne, le maxi-trimaran Banque Populaire V a dépassé la latitude des îles du Cap-Vert, marche à 15,4 noeuds et compte 217,5 milles d'avance sur le record de Groupama 3.
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24/01/2011 - 00:03
Virbac-Paprec démonstratif, Foncia furtif
Dick et Peyron (Virbac-Paprec 3) ont battu le record de la distance parcourue en 24 heures sur un 60 IMOCA, avec 516 milles (21,5 nœuds de moyenne) ! A l’orée des 40e, ils ont ainsi repris la tête de la Barcelona à Desjoyeaux et Gabart (Foncia), qui ont décidé dimanche de passer en mode furtif.
22/01/2011 - 00:31
Le bon tour de Foncia et Virbac-Paprec 3
En faisant le tour de l'anticyclone de Sainte-Hélène par l'ouest, les deux favoris ont mis moins d'une semaine pour reprendre les commandes de la Barcelona World Race après leur escale à Recife. A l'entrée des Quarantièmes Rugissants, le duel continue entre Desjoyeaux/Gabart d'un côté et Dick/Peyron de l'autre. Et ça ne mollit pas : Virbac-Paprec 3 vient de battre le record de la distance parcourue en 24 heures sur un 60' IMOCA avec 516 milles - soit 21,5 noeuds de moyenne !
19/01/2011 - 05:06
Trois lettres capitales pour une course majuscule
Trois lettres dans la nuit – BWR, comme Barcelona World Race. Trois lettres taggées à la lampe de poche sur le mur de l’obscurité à bord de Neutrogena (Hermann/Breymaier). Trois lettres qui illuminent le quotidien des 26 tandems en course, pour l’instant emmenés par Estrella Damm(Pella/Ribes)…
Vos commentaires
Dommage !
Très dommage ! Le beau duel est fini. Et ça ne doit pas être très drôle pour Dick et Peyron : du convoyage rapide avec la seule angoisse de ne pas casser...
Depuis sa remarquable démonstration lors du dernier Vendée Globe, Mich semble avoir perdu le manuel de vainqueur et de la modestie. Englué dans des choix tactiques contestables lors de la Jacques Vabre, il frise la cuillère en bois lors du dernier Rhum. Le voilà, pour la seconde fois durant la BWR, à quai avec un bateau rapidement (trop?) construit. Cette fortune de mer est fatale! Le renfort de François Gabart, présenté comme l'étoile montante de la course au large était-il censé (?) conjurer la mauvais sort? Fort de son talent, de son team, de son palmarès, il reste à l'immense champion breton la voie de l'humilité (perdue!) pour retrouver des lauriers mérités.
Rude constat que le vôtre... mais pas totalement faux ! Cela dit, François gabart semble bien être une étoile montante de la course au large, non ? Et il ne me paraît pas être juste destiné à conjurer le mauvais sort ! Concernant la casse du haut du mat de Foncia, n'y a-t-il pas un autre plan Verdier-VPLP tout récent qui aurait connu lui aussi des problèmes de gréement ? Cela s'était murmuré voici quelques mois...
Aaaah ? Voilà qui mériterait d'être creusé ! En tout cas, pour ne revenir à Gabart, je me souviens avoir lu sur ce site l'ancedote d e l'arrivée de Desjoyeaux, acclamé dans le chenal des Sables, lors de sa deuxième victoire au Vendée Globe. A l'étrave de Foncia, dans un Zodiac, Gabart était là. Et Desjoyeaux s'est penché vers lui en lui disant : "Regarde bien, tout ça pourra te servir un jour" ! A suivre...
Michel Desjoyaux a accueilli l'abandon du Président Jean Le Cam avec condescendance, m’a-t’il semblé, le voilà revu à des contingences identiques. Il est vrai que sa morgue envers les autres concurrents depuis le dernier Vendée Globe est désagréable pour les modestes navigateurs que nous sommes. Rappelez-vous quand il disait qu'il ne comprenait pas pourquoi les autres concurrents se trainaient, lors de ce dernier Vendée. Le seul matin à s’être rebiffé a été Marc Guillemot qui rappelait que plus jeune Michel Des joyaux était surnommé « P'ti Déj ».... et précisait que "Mich" était un grand marin, ce dont nous ne doutons pas !
"Le seul marin à s’être rebiffé a été Marc Guillemot”. Oui, vous avez raison, mais il y en a quand même un qui a réussi à le suivre jusque dans l'Atlantique Sud (maudite baleine) : Roland Jourdain. Qui reconnaissait, mi-figue, mi-raisin, mi admiratif, mi gêné, dans le dvd consacré à al victoire de Desjoyeaux : "C'est vrai qu'il est parfois abrupt, le Mich'..." "C'est sûr qu'il fera jamais de politique", renchérissait Jérémie Beyou. Dommage ?
J'espère que Michel Desjoyeaux aura solutionné son problème et qu'il fera encore une arrivée triomphale au sables en 2012 j'espère encore être là pour le voir (mais à 75 ans on est plus sur de rien). de fred face de bouc.
Oui c'est vrai que R.Jourdain va également très vite et je suis d'accord avec vous que cette pauvre baleine n'avez rien à faire là... Mais Jourdain peut aller vite être un superbe marin et rester profondément humain. P.S : savez-vous où se procurer le dvd dont vous parlez ?
Pardon, je n'avais pas vu votre question ! Ce DVD peut être commandé... sur la boutique de Voiles et Voiliers ! C'est en tout cas là que je l'avais trouvé.