Gibraltar ! Ça y est ! Dick et Peyron (Virbac-Paprec 3) ont franchi cette nuit le détroit et sont entrés en Méditerranée. Si une avarie peut encore survenir - les conditions de nav' au près qu'ils rencontrent en ce moment ne sont pas évidentes -, leur victoire ne s'en profile pas moins pour le début de semaine prochaine... Dernier sprint.
Note :
Ah oui ! A taper comme ça, au près, ça mouille pas mal ! Mais loin d'en être exaspérés, Dick et Peyron se délectent des effluves de la victoire qui commencent à flotter autour du bateau...
Photo © D.R. (Barcelona World Race / Virbac Paprec)
Classement du vendredi 1er avril, à 06 h
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), à 507 milles de l'arrivée.
2. Iker Martinez et Xabi fernandez (Mapfre), à 278 milles des leaders.
3. Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.), à 1 061 milles des leaders.
Voilà. Dans la nuit, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) ont franchi le détroit de Gibraltar. La Barcelona World Race ne s'arrête pas là, mais ce retour en Méditerranée des leaders - 67 jours que les Français sont devant, sur les 90 de course - indique que la fin approche.
Le régime d'Est musclé les force à tirer des bords dans une mer passable, situation qui va durer pendant quelques heures encore, avant qu'ils puissent abattre vers Barcelone et y arriver, avec un peu de chance le 3 au soir, mais plus probablement le 4 ou le 5 avril.
La victoire ne peut-elle plus leur échapper ? Qui sait ce qu'il peut arriver...
Serrer les fesses
Depuis plusieurs jours que ça castagne le long de la côte africaine et qu'ils remontent au près dans une mer courte et dure - dieu sait que les Open 60 n'affectionnent par particulièrement cette allure -, Dick et Peyron n'ont cherché qu'une chose : préserver leur bateau et jouer la sécurité. Mardi, le skipper racontait à la vacation : <On serre un peu les fesses pour passer en douceur dans ce coup de vent qui va durer presque 48 heures.> Non, c'est pas vraiment le moment de faire les marioles. Situation stressante... Qui aurait pu être pire.
Le petit côté "Oulala !" qui se dégage de cette image est assez fidèle à ce que vivent Martinez et Fernandez en ce moment...
Photo © D.R. (Barcelona World Race / Mapfre)
Sauf que leurs poursuivants, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre), ont à nouveau perdu du terrain sur eux et se font de moins en moins menaçants. Bien revenus le week-end dernier, les Espagnols ont gâché, mardi, plusieurs heures à tenter de réparer leur enrouleur de solent.
Rageant, car leur option tirée au milieu des Canaries aurait pu être payante. Les voilà 280 milles derrière, soit une bonne journée de route... Et ils ont la dalle, sévèrement rationnés en nourriture après avoir perdu une partie de leur stock.
Manifestement marqué par la fatigue, dans un français moins clair qu'à son habitude, Martinez avoue à demi que s'il est encore frais, le duo n'en arrive pas au moins au bout de sa course : <Je pense qu'on a été l'un des équipages qui a poussé le plus. Parce que je pense vraiment qu'on est là où on est, pas à cause de notre expérience, pas à cause des autres choses, mais beaucoup à cause de combien on a poussé.>
Pendant ce temps-là, Dick et Peyron tapaient un premier virement à 800 mètres à peine de la plage, avant d'enchaîner sur un louvoyage fantastique le long des côtes africaines.
Dick : <On est obligés un peu de se rapprocher de cette zone de vent parce qu'au niveau de la course, c'est un avantage certain : il va y avoir une adonnante près de terre.> Et voilà une remontée d'une pure beauté... Quelle course fantastique !
Restent maintenant 500 milles, en gros. Et tous parlent de la maison. La traversée de la Méditerranée ne devrait néanmoins pas être très facile : après le fort vent d'Est, le petit temps devrait être prenant. Les Espagnols pourraient d'ailleurs rentrer dans des conditions plus favorables que les Français.
Entre le louvoyage de Virbac-Paprec 3, le long des côtes africaines, et la cuillère de Renault, à l'Ouest, on n'est pas loin de toucher au sublime !
Photo © D.R. (www.geovoile.com)
Trois, quatre, cinq...
Bôme en carbone : cassée net, la semaine dernière. Depuis les co-skippers de We are the water ont rejoint Ushuaia sous gréement de fortune et tâchent de réparer.
Photo © D.R. (Barcelona World Race / We are water)
Le trio Renault, Estrella Damm et Neutrogena excite toujours le suspens, bien que les écarts entre les bateaux évoluent peu, en fin de compte. Mais il est question de la troisième place... Que Pachi Rivero et Antonio Piris ne risquent pas de laisser filer. En témoigne leur jolie option, très à l'Ouest, qui leur rallonge la route mais leur permet d'attraper un bon flux pour abattre au portant.
Alex Pella et Pepe Ribes leur ont d'ailleurs emboîté le pas... Ce que n'ont pas pu faire Boris Hermann et Ryan Breymaier, empêchés par leur quille endommagée, mais pas désespérés pour autant : l'idée de faire l'intérieur aux Espagnols ne leur déplait pas.
Hémisphère Sud
<Deux fois la route, trois fois le temps, quatre fois la misère et cinq fois l'ennui>, résume Ludovic Aglaor (Forum Maritim Catala) qui, avec son acolyte Gérard Marin, tire lui aussi des bords de près - mais dans la pétole et le long du Brésil. En huitième position, l'équipage est dans un système météo compliqué et se trouve un peu loin d'Hugo Boss pour espérer le recoller dans l'immédiat.
Les deux équipages suivants ne sont par ailleurs guère menaçants. Jaume Mumbru et Cali Sanmarti (We are water) se sont arrêtés mardi à Ushuaia pour réparer leur bôme, cassée la semaine précédente.
Quant à Juan Merediz et Fran Palacio (Central Lechera Asturiana), ils viennent enfin de quitter Wellington où ils réparaient leur mât depuis... 28 jours.
Enfin ! Central Lechera Asturiana quitte Wellington, mât réparé, après 28 jours d'escale. Les voilà 10 773 milles derrière les leaders.
Photo © Mike Clare (BWR / DPPI)
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29/03/2011 - 07:02
Cogito ergo (nauta) sum
Non, la remontée de l’Atlantique n’a rien d’évident, ces jours-ci, et il faut passer du temps à la table à carte ! Rivero et Piris (Renault), après avoir touché les alizés les premiers, maintiennent certes leur avance sur Estrella Damm et Neutrogena. Mais pour les leaders...
26/03/2011 - 00:12
Attrape-moi si tu peux
Ah ! Ils sont joueurs, ces garçons ! Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ont enclenché le mode furtif, dans la nuit de jeudi à vendredi ? Et bien, leurs poursuivants Iker Martinez et Xabi Fernandez en ont fait de même dans la journée ! Comme ça, l'anticyclone des Açores garde tout son mystère. Mais cela aura-t-il été suffisant pour réduire l'écart de 250 milles ? Suspens.
19/03/2011 - 00:22
Encore un peu de sel
Mauvaise passe pour Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) qui, dramatiquement englués dans un pot au noir vicieux, ont vu fondre leur avance sans pouvoir faire grand chose. Car, en attendant de tomber eux aussi dans le pot, les Espagnols Iker Martinez et Xavi Fernandez (Mapfre) marchaient près de deux fois plus vite... Si un coup d'élastique inversera bientôt la tendance, cette réduction d'écart entre les deux concurrents n'en accentue pas moins la pression sur les leaders et redonne un peu de sel à la course, à son retour dans l'hémisphère Nord.
17/03/2011 - 05:04
Sur le pont de Mirabaud, une scène pas cool
Elle sourit, mais le cœur n’y est plus vraiment. Car la Barcelona World Race de Mirabaud, le 60 IMOCA de Dominique Wavre et Michèle Paret, n’aura pas été rose. Début de course difficile, anémie de Michèle dans le Pacifique Sud – et démâtage, le 12 mars dernier, à 450 milles au Nord des Malouines…
12/03/2011 - 00:26
Dick et Peyron sont-ils intouchables ?
Au large de Rio après 70 jours de course, l'infatigable duo Jean-Pierre Dick / Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) vient d'asséner un coup de massue à leur premier poursuivant espagnol au passage de Sainte-Hélène. En deux jours, leur avance a quadruplé, passant de 134 à 527 milles. Derrière, Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel) sont arrivés mercredi soir à Ushuaïa et ont signalé leur abandon hier soir sur avarie de quille. Derrière les tandems Verbraak / Meiklejohn (Hugo Boss) et Caffari / Corbella (Gaes) qui ont passé le cap Horn vendredi soir en 8e et 9e positions, ils ne sont plus que trois duos dans le Pacifique Sud, dont un (Central Lechera Asturiana) toujours en escale à Wellington suite à son démâtage en mer de Tasmanie.
08/03/2011 - 23:35
Tous les chemins mènent au Horn
Au matin du 8 mars 2011, Thomas Coville passe le Cap Horn à bord de Sodebo. Cela fait 38 jours qu'il est parti de Brest pour tenter de prendre le record de vitesse autour du monde à Francis Joyon. Surprise : il croise à cet endroit précis le 60 pieds IMOCA Neutrogena, ex Veolia Environnement qui participe à la Barcelona World Race aux mains de l’Allemand Boris Herrmann et de l’Américain Ryan Breymair. Drôle d'endroit pour une rencontre !
Vos commentaires
Très bon article relatant bien ce moment important de la course pour ceux qui vont arriver ,sans oublier les plus malchanceux .Plus les photos :on est gâtés;