Déjà près de 200 milles de retard pour Le Cam-Garcia (Président) et Pavant-Audigane (Groupe Bel) ! Et plus de 340 milles pour le dernier, Verbraak-Meiklejohn (Hugo Boss)... La Méditerranée, toujours aussi cruelle par vents erratiques, a joué à la loterie avec les 14 concurrents partis le 31 décembre de Barcelone. Leader au passage de Gibraltar, le tandem Dick/Peyron (Virbac-Paprec 3) possédait déjà cinq heures d'avance sur le troisième, le couple Wavre-Paret (Mirabaud), et moitié moins sur les deuxièmes, Desjoyeaux-Gabart (Foncia). En moins d'une semaine, les écarts sont déjà conséquents. Et ils pourraient encore augmenter dans les prochains jours avec le passage d'un front dépressionnaire puis d'une dorsale anticyclonique aux Canaries.
Note :
Les écarts sont déjà importants à l'entame de l'Atlantique Nord.
Photo © Barcelona World Race
Classement du 06 janvier 2011 à 20h (J+6) :
1. Jean-Pierre Dick/Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) à 23 655 milles de l'arrivée
2. Michel Desjoyeaux/François Gabart (Foncia) à 26,1 milles du leader
3. Dominique Wavre/Michèle Paret (Mirabaud) à 69,5 milles du leader
Dimanche après-midi, à l'entrée de la mer d'Alboran, la flotte est encore très serrée. Plus pour longtemps...
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La loterie d'Alboran
Ils n'ont pas fait la fête pour le réveillon du nouvel an. Pourtant, un sacré mal de crâne s'est répandu dans les têtes des 28 marins de la Barcelona World Race dès le 1er janvier. Partir dans des vents faibles, c'est bien pour s'amariner. Beaucoup moins agréable lorsque ça se passe en Méditerranée, dont la réputation d'imprévisibilité n'est plus à faire.
Par où passer ? La question est d'autant plus douloureuse lorsque le bateau se traîne à moins de deux noeuds. Et qu'il est donc impossible de changer d'option en cours de route. A l'entrée de la mer d'Alboran (entre Espagne et Maroc), la flotte encore groupée s'est scindée en deux. Pavant/Audigane, alors 3e à 1,1 mille du premier, ainsi que Le Cam/Garcia et les champions olympiques espagnols
Lundi soir, Virbac-Paprec 3 franchit le détroit de Gibraltar avec plus de 80 milles d'avance sur le trio du nord (Président, Bel et Mapfre) toujours empétolé...
Photo © Barcelona World Race
Martinez/Fernandez (Mapfre) ont choisi la voie du Nord. Dick/Peyron, Desjoyeaux/Gabart et Wavre/Paret, notamment, celle du Sud.
En trois jours, les écarts entre les leaders au Sud et les trois malchanceux du Nord sont passés de 2 milles dimanche à 75 lundi, puis 150 mardi et 200 milles de retard mercredi... Dick et Peyron ont ainsi franchi le détroit de Gibraltar lundi soir à 19h55. Le trio du Nord n'est sorti avec soulagement de Méditerranée que mardi soir, 26 heures plus tard ! Soit plus d'une journée de débours après seulement quatre jours de course ! Et ce matin, les deux derniers, Marin/Aglaor (FMC) et Verbraak/Meiklejohn (Hugo Boss) n'avaient toujours pas franchi le célèbre détroit... Partir pour un tour du monde avec déjà un tel handicap est contraignant psychologiquement.
Premiers émois
Remplaçant de dernière minute du Britannique Alex Thomson, opéré de l'appendicite 48h avant le départ, le Néerlandais Wouter Verbraak vit un apprentissage difficile des courses Imoca. Même si le plan Kouyoumdjian, lourd et puissant, n'est pas à l'aise dans les petits airs, cela ne suffit pas à expliquer les 340 milles de retard et la dernière position d'Hugo Boss. A sa décharge, il n'est pas évident d'imaginer l'émotion de partir du jour au lendemain pour une course dont on ne sait pas si elle va durer dix jours ou trois mois ! Car le jury a autorisé Thomson à revenir à bord dans les dix jours suivant le départ. Ce qui pourrait se réaliser au niveau du Cap-Vert. Mais si tel n'était pas le cas, Verbraak aurait embarqué pour le tour du monde...
Pour le couple - en mer comme à la ville - Dominique Wavre/Michèle Paret (Mirabaud), l'émotion est arrivée du Maroc lundi soir. Une escouade de douaniers a abordé le monocoque suisse pour une fouille en règle d'une demi-heure. Passé le moment d'effarement, l'équipage mixte a repris sa course et pointe toujours en troisième position, à une centaine de milles du premier.
Place à l'Atlantique
10 noeuds de vent au près. En Atlantique Nord, la plupart des concurrents ont l'impression de retourner dans leur jardin. Les 60 pieds Imoca ont enfin accéléré et passé la barre des 10 noeuds de vitesse. Mais pour les premiers, un nouveau casse-tête commence.
Objectif ? Toucher en premier les alizés, pour allonger la foulée avant les autres. Mais pour cela, il faut traverser aujourd'hui au près un front dépressionnaire puis négocier vendredi au portant, dans du vent faible, le passage d'une dorsale anticyclonique. Le tout avec l'archipel des Canaries et ses nombreux pièges en plein sur la route...
La carte du conservatisme devrait pousser les deux premiers, Virbac-Paprec 3 et Foncia, à passer à l'ouest des Canaries. Pour leurs poursuivants, toutes les options sont encore possibles. Parmi eux se trouve le premier équipage espagnol Estrella Damm. Pointés en 4e position, Alex Pella et Pepe Ribes réalisent un beau début de course sur l'ancien Paprec-Virbac 2.
Derrière eux, un groupe cinq bateaux est regroupé en une vingtaine de milles. Pour ceux-là, il faut rapidement digérer la déception méditerranéenne pour se remettre dans le match sur l'Atlantique. Mais pas sûr qu'ils puissent revenir prochainement sur les leaders. Car les premiers dans l'alizé pourront filer au portant à 15-20 noeuds sur la route directe, pendant que leurs poursuivants batailleront dans des vents mollissant pour traverser une dorsale de plus en plus large. Si les écarts se réduisent légèrement dans les prochaines 48 heures, ils risquent d'augmenter de façon plus conséquente par la suite...
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04/01/2011 - 19:17
14 duos autour du monde
Le départ de la seconde édition de la Barcelona World Race a été donné vendredi 31 décembre à 13 heures sous une bruine presque bretonne, avec 5 nœuds de vent du nord. 14 IMOCA 60, dont nombre de favoris étaient présents pour cette course autour du monde en double sans escale et sans assistance, soit 5 de plus que lors de la dernière édition en 2007. Devant eux, environ 25 000 milles et 3 mois de mer… Le point en vidéo sur une course très prometteuse.
31/12/2010 - 14:19
Un départ mouillé-serré !
Vu le pedigree des skippers, on pouvait s’attendre à un départ de Figaro – ce fut le cas ! A Barcelone, à 13 heures, par faible vent d’Ouest faible et fin crachin, Groupe Bel et Foncia ont mené les premiers passages de bouée avant que les 14 IMOCA attaquent les 25 500 milles de leur tour du monde.