Actualité à la Hune

Barcelona World Race 2010-2011

Dick et Peyron sont-ils intouchables ?

Au large de Rio après 70 jours de course, l'infatigable duo Jean-Pierre Dick / Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) vient d'asséner un coup de massue à leur premier poursuivant espagnol au passage de Sainte-Hélène. En deux jours, leur avance a quadruplé, passant de 134 à 527 milles. Derrière, Kito de Pavant et Sébastien Audigane (Groupe Bel) sont arrivés mercredi soir à Ushuaïa et ont signalé leur abandon hier soir sur avarie de quille. Derrière les tandems Verbraak / Meiklejohn (Hugo Boss) et Caffari / Corbella (Gaes) qui ont passé le cap Horn vendredi soir en 8e et 9e positions, ils ne sont plus que trois duos dans le Pacifique Sud, dont un (Central Lechera Asturiana) toujours en escale à Wellington suite à son démâtage en mer de Tasmanie.

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  • Publié le : 12/03/2011 - 00:26

Les beaux jours arrivent En quelques jours, après les frimas des 50es, les marins ayant franchi le cap Horn vont retrouver la douceur des tropiques, comme ici à bord du leader Virbac-Paprec 3. Photo © Loïck Peyron (Barcelona World Race)

Classement du dimanche 13 mars, à 10h
1. Jean-Pierre Dick / Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) à 3 974 milles de l'arrivée
2. Iker Martinez / Xabi Fernandez (Mapfre) à 360 milles des premiers
3. Pachi Rivero / Antonio Piris (Renault Z.E.) à 1 493 milles des premiers

Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron sont-ils intouchables sur cette Barcelona World Race ? La question se pose. Les escales n'y font rien. Tout juste permettent-elles de relancer un tantinet le suspense. Leurs adversaires en profitent pour réduire leur retard, revenir même à une poignée de milles, comme au milieu du Pacifique, mais inlassablement, les deux compères de Virbac-Paprec 3 reprennent la poudre d'escampette. Il faut dire qu'ils ne commettent pas la moindre erreur. Toujours au bon endroit. Leur contournement par l'Est de l'anticyclone de Sainte-Hélène, cette semaine, était un modèle du genre. La trajectoire parfaite ! Ni trop près (pas de vent), ni trop loin (trop de route) du centre anticyclonique.

Trop joueurs ou impatients, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) ont tenté de couper le fromage et se sont plantés dans les calmes anticycloniques. Sanction immédiate. Leur retard a été multiplié par quatre en 48 heures ! Désormais, leur débours correspond à plus de 12% de la distance encore à parcourir. Ça commence à compter ! D'un point de vue sportif, il n'y a plus de suspense. Dick et Peyron survolent cette course depuis le départ. Et l'abandon du tandem Desjoyeaux / Gabart (Foncia) les a privés de leur plus sérieux concurrents. La seule incertitude d'ici l'arrivée fin mars ou début avril se limite à une possible avarie que personne ne leur souhaite.


Tea time Rituel sacré de la pause thé à bord de Virbac-Paprec 3. Une photo prise à l'entraînement et publiée dans le numéro de janvier de V&V dans un article intitulé "Les Gentlemen Sailors". Photo © Yvan Zedda (Sea&Co) Le secret de Virbac-Paprec 3
Mais comment font-ils pour être aussi forts ? Le talent, bien sûr. L'expérience, évidemment. Leur nouveau bateau, sans nul doute. Leur complémentarité aussi.
Mais il y a un dernier point très important. La connivence entre les deux hommes. Les décisions sont prises en commun, après analyses des deux fichiers météo quotidiens, à 7h et 19h.
Et puis, il y a le moment sacré de la journée, comme le racontait jeudi Jean-Pierre Dick à la vacation. <Avec Loïck, nous essayons de conserver notre rituel quotidien : vers 17h, c'est "tea time" à bord de Virbac-Paprec 3. Thé au miel, et galettes St-Michel (partenaire du bateau, faut-il le préciser, ndlr) ! Nous nous mettons chacun d'un côté de la descente pour papoter, un peu comme une discussion au coin du feu. Un moment convivial sacré !> Voilà certainement le point de détail qui rend une recette exceptionnelle. La connivence qui règne à bord leur permet certainement de surmonter les aléas de la vie en promiscuité pendant une aussi longue période...


Ushuaïa, terminus Groupe Bel, au mouillage dans le port d'Ushuaïa, ne repartira qu'en cargo. Photo © Kito De Pavant (Groupe Bel) Abandon de Groupe Bel
Belote et rebelote ! Kito de Pavant (Groupe Bel) a abandonné la Route du Rhum sur avarie de vérin de quille. Vendredi soir, après 70 jours de course, c'est cette fois-ci l'axe de quille (liaison entre le voile et le fond de coque) qui le contraint à jeter l'éponge à Ushuaïa avec Sébastien Audigane après 70 jours de course. Terriblement cruel !
Mais dans leur malheur, les deux hommes s'estiment probablement heureux d'avoir réussi à ramener leur monture à bon port. Pendant 24 heures, avec le délicat passage du cap Horn à négocier, les deux marins ont navigué la peur au ventre et l'épée de Damoclès au-dessus de la tête. <La quille faisait des mouvements longitudinaux de plus d'un mètre d'amplitude, a raconté Kito en arrivant dans le port argentin. Nous avions l'impression de talonner à chaque vague tellement le bruit était fort.>
Le mince espoir de repartir s'est vite évanoui après inspection du fond de la coque. Groupe Bel rentrera en cargo. Un nouveau coup du sort pour Kito de Pavant, décidément bien malchanceux, et qui s'était fixé comme objectif n°1 de terminer son premier tour du monde. L'équipage de Neutrogena (Hermann / Breymaier) a également signalé un problème de quille, mais bien moins grave, semble-t-il.

Le cap de la délivrance Le mythique cap Horn fait toujours autant rêver les marins. Sûrement parce qu'il est toujours aussi méritoire de le franchir. Photo © Neutrogena (Barcelona World Race) Plus qu'un bateau à Wellington
Au moment où Groupe Bel accostait à Ushuaïa mercredi soir, We Are Water du duo espagnol Jaume Mumbru / Cali Sanmarti repartait de Wellington, de l'autre côté du Pacifique Sud.
Après plus de 48 heures d'escale, les deux hommes ont réussi à réparer l'électronique du bord, endommagée par une vague qui a pénétré à l'intérieur du bateau.
Ils laissent derrière eux deux autres espagnols, Juan Merediz et Fran Palacio (Central Lechera Asturiana), en escale depuis maintenant dix jours pour tenter de réparer leur mât brisé en deux en mer de Tasmanie.


Michèle Paret va mieux
La femme et coéquipière de Dominique Wavre (Mirabaud) a envoyé vendredi un message plein d'humour et rassurant sur son état de santé. <Je me sens prête à affronter quelques sollicitations physiques sans m'écrouler comme une loque dans le cockpit. C'est donc avec l'autorisation de mon infirmier personnel, et de moi-même, que je me lance dans la manoeuvre avec pour devise : "ça doit passer, mais pas casser !">

Mise à jour du 13/03 : Mirabaud a démâté samedi, en fin d'après midi. Les deux skippers Dominique Wavre et Michèle Paret vont bien.


La course continue
Le retour en mode double de l'équipage de Mirabaud relance la régate au sein de la flotte. Ils sont trois concurrents en moins de 100 milles au Nord-Est des Malouines. Le duo Hermann / Breymaier (Neutrogena) mène ce trio devant Wavre / Paret et les Espagnols Pella / Ribes (Estrella Damm). Au cap Horn dans la nuit de vendredi à samedi, deux autres équipages régatent à courte distance. Verbraak / Meiklejohn (Hugo Boss) devance d'une quarantaine de milles les filles de Gaes, Caffari / Corbella.

2011, l'odyssée du cap Horn Ambiance science-fiction dans les mers du sud où les marins se protègent au maximum pour résister aux conditions météo infernales. Photo © Estrella Damm (Barcelona World Race)

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