Actualité à la Hune

Barcelona World Race 2010-11

Dick-Peyron : le cap Horn en tête

Passage du cap Horn jeudi pour les deux premiers, Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron) et Mapfre (Martinez-Fernandez), démâtage de Central Lechera Asturiana mardi, souci de santé pour Michèle Paret, inondation à bord We Are Water.. Les rebondissements n'ont pas manqué ces derniers jours sur la Barcelona World Race !

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  • Publié le : 05/03/2011 - 00:07

Passage en tête Loïck Peyron et Jean-Pierre Dick peuvent poser fièrement devant le cap Horn qu'ils ont franchi en tête de la Barcelona World Race après 62 jours de course. Photo © Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec)

Classement du samedi 5 mars, à 20h
1. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), à 6072 milles de l'arrivée
2. Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre), à 202 milles des premiers.
3. Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E), à 1597 milles des premiers.
Les écarts entre Virbac-Paprec 3 et ses poursuivants tendent à s'amenuiser, essentiellement parce que Dick et Peyron, depuis samedi matin, se sont décalés vers l'Est pour tenter d'accrocher un petit flux de Sud-Ouest. A suivre !

Deux jours et quatre heures de plus ! C'est le temps supplémentaire mis par Jean-Pierre Dick entre ses deux passages du cap Horn sur la Barcelona World Race. En 2007, avec Damian Foxall, Dick avait mis 59 jours 18h20' pour atteindre le célèbre rocher depuis Barcelone. Jeudi, avec Loïck Peyron, c'est après 61 jours 22h20' qu'il quitte avec soulagement le Pacifique pour entamer le long sprint final à travers l'Atlantique. Pour un tandem qui s'est arrêté pendant 63 heures lors de ses deux escales, au Brésil et en Nouvelle-Zélande, et sur un parcours rallongé de plus de 600 milles en trois ans à cause des glaces, ces cinquante-deux heures d'écart prouvent finalement que le nouveau Virbac-Paprec 3 (plan Verdier-VPLP) aura été plus rapide que l'ancien Paprec-Virbac 2 (plan Farr) en vitesse pure sur ce même trajet Barcelone - cap Horn.

Les leaders après le Horn Le gros de la flotte navigue encore au milieu du Pacifique quand les deux premiers ont déjà franchi le cap Horn. Photo © D.R. (Barcelona World Race) A chacun son Horn
< C'est un jour magique forcément ! jubilait Jean-Pierre Dick en franchissant à l'aube le cap Horn pour la troisième fois de sa carrière, comme Peyron. Le cap Horn se mérite toujours, et en plus, nous sommes à la première place. C'est génial ! Que du bonheur... > < C'est un soulagement de laisser les mers du sud derrière nous, ajoutait Loïck Peyron. Mais la tension de la course est toujours présente. Il y a encore des écueils sur le parcours, et nous avons à peine 77 milles d'avance. > Peyron ne sait pas encore que son avance sera multipliée par quatre en moins de 24h. La raison ? Un arrêt technique de quelques heures de leurs poursuivants espagnols juste après le Horn franchi. Pour réparer un problème de drisses, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) sont allés s'abriter sous le vent de l'Isla Nueva, à l'entrée du canal de Beagle qui mène à Ushuaïa. Surtout pas une escale dans un port qui les aurait immobilisés 48h. Mais la sanction n'est pas négligeable quand même. De 77 milles jeudi, le retard atteint 271 milles vendredi midi. De quoi contourner les Malouines et préparer la remontée vers l'anticyclone de Sainte-Hélène plus sereinement pour les premiers qui mènent la flotte depuis le 23 janvier... Les deux prochains bateaux, menés par les duos Rivero/Piris (Renault Z.E.) et Hermann/Breymaier (Neutrogena), ne sont pas attendus au cap Horn avant le milieu de semaine prochaine. Soit près de huit jours derrière les leaders.

Michèle Paret alitée
Mercredi, en plein milieu du Pacifique, Dominique Wavre (Mirabaud) révélait des soucis de santé pour sa compagne et coéquipière Michèle Paret qui souffre d'anémie depuis près d'un mois. < La journée d'hier a été difficile, nous nous sommes retrouvés dans une zone avec des grains à plus de 40 noeuds, a relaté Dominique Wavre. Dans la soirée, en pleine manoeuvre, Michèle est lourdement tombée dans le cockpit. Elle s'est évanouie pendant que j'étais sur le pont avant. Elle a réussi à regagner l'intérieur du bateau puis, à force de courage, elle est ressortie quelques instants pour m'aider à finir la manoeuvre. > Depuis cet incident, Michèle Paret est hors quart pour se reposer. Dominique Wavre, sept tours du monde dans le sillage, retrouve par conséquent le rythme de solitaire du Vendée Globe qu'il connaît bien.

FMC à Wellington Sous gréement de fortune, Gerard Marin et Ludovic Aglaor (FMC) arrivent dans le port de Wellington. Photo © D.R. (Barcelona World Race) Démâtage et inondation...
Pour les deux derniers concurrents, la mer de Tasmanie s'est révélée intraitable. Avant-derniers sur Central Lechera Asturiana (l'ex- Ecover 2 de Mike Golding), Juan Merediz et Fran Palacio étaient victimes mardi d'un démâtage par seulement 22-25 noeuds de vent, mais dans une mer très croisée, à 290 milles de Wellington. Sous gréement de fortune, les deux malheureux ont rejoint la capitale néo-zélandaise jeudi soir avec l'espoir ténu de pouvoir repartir. Les deux hommes avaient déjà connu pareil mésaventure un mois avant le départ de Barcelone. Fin janvier, ils avaient fait escale au Cap, en Afrique du Sud, pour réparer leur système hydraulique de quille. Pas sûr qu'il trouve en Nouvelle-Zélande un espar de secours pour terminer en course ce tour du monde homérique.
En queue de flotte, toujours en mer de Tasmanie, un autre duo espagnol n'est pas à la fête non plus. Jaume Mumbru et Cali Sanmarti (We Are Water) ont transformé l'intérieur de leur vieux plan Rolland (l'ex-Cheminées Poujoulat) en jacuzzi. Submergée par une vague énorme sur le pont du bateau, la bâche protégeant la descente a cédé sous la force de l'eau, laissant entrer des centaines de litres d'eau à l'intérieur. Résultat : l'électronique est hors d'usage. Hier, l'équipage bataillait dans des calmes aux abords du cap Farewell, tandis qu'une dépression les attend dans les prochaines heures dans le détroit de Cook. L'arrivée à Wellington ce week-end sera une vraie libération...

Carte postale Dans le Pacifique Sud, certains levés de soleil peuvent faire oublier quelques instants la rudesse des éléments, comme ici à bord de Neutrogena. Photo © D.R. (Barcelona World Race) Le peloton au milieu de nulle part
Quatrième équipe à faire escale à Wellington, pour réparer des problèmes de désalinisateur et de drisse de grand-voile, Gerard Marin et Ludovic Aglaor (Forum Maritim Catala) sont repartis jeudi à l'assaut du Pacifique. Le duo franco-espagnol comptait exactement un océan d'écart avec les leaders qui franchissaient au même moment le mythique cap Horn. Entre les deux, le peloton a réussi à éviter le gros de la tempête Atu. En 6e et 7e position, Groupe Bel (Kito de Pavant / Sébastien Audigane) et Estrella Damm (Alex Pella / Pepe Ribes) grignotent leur retard sur Mirabaud. Derrière eux, le tandem Verbraak/Meiklejohn (Hugo Boss) est poursuivi par les filles de Gaes (Dee Caffari / Anna Corbella) qui traversent le Pacifique bien au-dessus des portes de sécurité.

Jour et nuit au bureau Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron se relaient sans cesse à la barre de Virbac-Paprec 3 pour rester en tête de cette Barcelona World Race. Photo © Loïck Peyron (Barcelona World Race)

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