Note :
Pour l'instant deuxièmes derrière Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3), Michel Desjoyeaux et François Gabart cravachent au portant et barrent beaucoup.
Photo © Yvan Zedda (Sea & Co)
Et si ce fameux spi sur enrouleur était la nouvelle arme absolue et une de ces innovations dont il a le secret ? Quelques heures avant de quitter Barcelone pour un nouveau tour du monde, cette fois en double avec François Gabart, Michel Desjoyeaux, malgré les nombreuses sollicitations, prend le temps qu'il faut. Comme à son habitude, il adore dévoiler quelques petites surprises - un spi sur enrouleur, par exemple. Interview réalisée le 30 décembre dernier à la nuit tombante, tranquillement installés sur un sac à voile (de convoyage, rassurez-vous !) à deux pas de Foncia.
Desjoyeaux et Gabart : au revoir Barcelone... Et si François, champion de France Solitaire 2010 et choisi par Mich'Desj', en était le successeur ? Le Professeur dit lui chercher des défauts - sans les trouver pour l'instant !
Photo © Didier Ravon
voilesetvoiliers.com : Tu ne sembles pas fâché que cette année 2010 se termine. Ça a été un peu trop dense, non ?
Michel Desjoyeaux : Ah ah ah ! (il rigole franchement). On peut le dire ! On va pouvoir passer à autre chose.
v&v.com : Après la Route du Rhum et vu le peu de temps qu'il restait, as-tu quand même pu faire quelques modifications sur Foncia ?
M.D. : Oui, quelques bricoles, essentiellement à l'intérieur, mais le bateau est quasiment dans sa configuration d'origine. Les différences sont anecdotiques. Je pars d'ailleurs avec des voiles qui sont celles de la Route du Rhum.
v&v.com : Pas toutes, rassure-moi ! Tu peux nous parler un peu du jeu de voiles que vous embarquez ?
M.D. : On a opté pour un jeu de voiles un peu différent, car le programme n'est pas tout à fait le même, a fortiori en double. Déjà, depuis 2009, on est limité à neuf voiles, ce qui n'était pas le cas lors du dernier Vendée Globe, où l'on pouvait embarquer autant de voiles qu'on voulait - j'en avais 12 ou 13, je crois. Donc, il y a eu des choix un peu plus draconiens à faire.
v&v.com : Par exemple ?
M.D. : On part notamment avec un spi sur enrouleur... C'est un spi de capelage - au niveau de l'étai de trinquette - qui permet d'avoir peu de surface, mais avec une propulsion et une poussée assez vers le haut, et qui devrait mal aider le bateau dans la mer. Et puis, comme nous sommes deux, nous allons passer plus de temps sous spi qu'en solo, y compris dans du vent fort. C'est pour ça qu'on a adapté les voiles en fonction de ça.
v&v.com : C'est donc un spi pour la grosse brise ?
M.D. : Il a été conçu pour être porté dans de la forte brise en effet, entre 30 et 37 noeuds de vent. Ensuite, on est mieux sous trinquette !
Pur hasard : à Barcelone, Foncia et Virbac-Paprec 3 étaient l'un à côté de l'autre. Et après bientôt deux semaines de course, les deux plans Verdier-VPLP naviguent presque ensemble, en tout cas loin devant les autres !
Photo © Didier Ravon
v&v.com : Il paraît qu'Incidences vous a fait des spis non pas en Nylon, mais en Spectra. C'est vrai ?
M.D. : Oui, les deux grands spis sont en Cuben Fiber avec du Spectra et c'est à ma connaissance la première fois que ce type de tissu est utilisé sur des 60 pieds IMOCA. Jusque-là, seuls les monocoques de la Coupe de l'America et les VO70 de la Volvo Ocean Race avaient opté pour ce matériau. A poids égal, ça donne une voile beaucoup plus stable, plus étanche... et plus robuste ! Il est clair qu'en double, on va pousser plus loin la machine...
v&v.com : Ces spis dont tu parles, jusqu'à quelle force de vent pouvez-vous les porter ?
M.D. : Ce n'est pas tant la question de la force de vent. C'est aussi aller chercher de l'efficacité, car à poids constant, tu as une voile qui a un profil beaucoup plus stable. En force de vent, on n'ira pas beaucoup plus loin que si l'on avait des spis en Nylon : au bout d'un moment, si tu es trop toilé, c'est le bateau qui passe cul par-dessus tête ! Mais on espère que ça va nous apporter un petit plus en performance, d'autant qu'il y a toujours quelqu'un à la barre.
v&v.com : Vous allez donc beaucoup barrer ?
M.D. : Il y a des phases où le pilote fait aussi bien qu'un barreur humain, comme aux allures de vent de travers. En revanche, dès que tu descends vent arrière ou que tu montes au près, un vrai barreur est clairement meilleur. Pendant une course comme la Barcelona, je pense qu'il y a pas mal de moments - notamment la nuit ou dans du vent fort - où il vaut mieux être à surveiller le bateau et à corriger le cap du pilote plutôt qu'à barrer. Mais ça aussi, ce sont des choses que je n'appréhende pas trop, car ce n'est pas du tout le même rythme qu'en solitaire.
v&v.com : Côté quarts, comment allez-vous vous organiser ?
M.D. : On part sur des quarts de trois heures... et donc il y aura des moments où, sur la durée, un barreur sera moins performant qu'un bon pilote. Il ne faut pas avoir peur de l'enclencher - on a pris du gazole pour ça. Mais il faut aussi être capable de reprendre la barre quand il faut.
v&v.com : Combien de jours de nourriture embarquez-vous ?
M.D. : On a le même avitaillement qu'au dernier Vendée Globe, soit 90 jours, sachant qu'il y a trois ans, les vainqueurs de la première Barcelona, Jean-Pierre Dick et Damian Foxall, avaient mis 92 jours. Mais, avec les rations que nous avons à bord, si on voit que l'on traîne un peu, on pourra facilement tenir jusqu'à 95 ou 98 jours.
v&v.com : Enfin, comment se passent les choses avec François (Gabart) ?
M.D. : Au mieux ! Pour l'instant, je cherche encore ses défauts...
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11/01/2011 - 05:29
Dick-Peyron s'envolent, Le Cam-Garcia démâtent
Voilà un moment qu’ils sont en tête – plus vite, plus hauts, plus forts. Sur Virbac-Paprec 3, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron dominent le début de la Barcelona World Race, tenant à distance Foncia (Desjoyeaux-Gabart). De son côté, Président (Le Cam-Garcia) a démâté après un violent enfournement.
06/01/2011 - 05:50
Dick et Peyron ont fait le break
Déjà près de 200 milles de retard pour Le Cam-Garcia (Président) et Pavant-Audigane (Groupe Bel) ! Et plus de 340 milles pour le dernier, Verbraak-Meiklejohn (Hugo Boss)... La Méditerranée, toujours aussi cruelle par vents erratiques, a joué à la loterie avec les 14 concurrents partis le 31 décembre de Barcelone. Leader au passage de Gibraltar, le tandem Dick/Peyron (Virbac-Paprec 3) possédait déjà cinq heures d'avance sur le troisième, le couple Wavre-Paret (Mirabaud), et moitié moins sur les deuxièmes, Desjoyeaux-Gabart (Foncia). En moins d'une semaine, les écarts sont déjà conséquents. Et ils pourraient encore augmenter dans les prochains jours avec le passage d'un front dépressionnaire puis d'une dorsale anticyclonique aux Canaries.
04/01/2011 - 19:17
14 duos autour du monde
Le départ de la seconde édition de la Barcelona World Race a été donné vendredi 31 décembre à 13 heures sous une bruine presque bretonne, avec 5 nœuds de vent du nord. 14 IMOCA 60, dont nombre de favoris étaient présents pour cette course autour du monde en double sans escale et sans assistance, soit 5 de plus que lors de la dernière édition en 2007. Devant eux, environ 25 000 milles et 3 mois de mer… Le point en vidéo sur une course très prometteuse.
30/12/2010 - 10:44
Les 14 bateaux et les 28 marins au départ en diaporama
C’est donc à 13 heures que quatorze 60 pieds IMOCA ont appareillé de Catalogne pour la deuxième Barcelona World Race, tour du monde par les trois caps. Parmi les 28 marins à leur bord, 8 nationalités et 9 Français, qui s’élancent avec l’espoir de succéder à Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Revue d’effectif en diaporama. Sacrée galerie de portraits – et belle brochette de talents ! A laquelle manquera – pour un temps seulement !– l'infortuné Alex Thomson, opéré de l'appendicite mercredi et temporairement remplacé par le Néerlandais Wouter Verbraak…
30/12/2010 - 10:41
Les 14 bateaux et les 28 marins en diaporama
C’est donc vendredi 31 décembre à 13 heures que quatorze 60 pieds IMOCA (depuis le forfait du duo franco-polonais de Fruit) s’élancent de Catalogne pour la deuxième édition de la Barcelona World Race, tour du monde par les trois caps. Parmi les 28 marins à leur bord, 7 nationalités et 9 Français, qui s’élanceront avec l’espoir de succéder à Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Revue d’effectif en diaporama. Sacrée galerie de portraits – et belle brochette de talents ! A laquelle manquera peut-être l'infortuné Alex Thomson…
11/10/2010 - 05:37
«J'ai navigué à bord du nouveau Foncia de Mich'Desj'»
Michel Desjoyeaux poursuit la mise au point accélérée de son nouveau 60 pieds Foncia, construit en six mois seulement et sorti de chantier six semaines avant le départ de la Route du Rhum. Le soir de sa mise à l’eau, le plan Verdier-VPLP naviguait, puis attaquait dans la foulée, face à la concurrence, les entraînements organisés par le Pôle finistérien de course au large. Voiles et Voiliers était à bord pour la dernière séance nocturne au large de Port-La Forêt – l’occasion d’en apprendre plus sur ce bateau bourré d’astuces et de particularismes. Visite guidée.