Actualité à la Hune

Belle-Île – Marie-Galante

Morvan remporte une Transat BPE de folie !

Ils n'étaient que quatorze au départ... Mais sur leur monotype Figaro Bénéteau d'un peu plus de dix mètres, ils ont traversé l'Atlantique en moins de 20 jours, de Belle-Île à Marie-Galante ! Au bout d'une course menée au rythme d'un Figaro et d'un incroyable suspens, Gildas Morvan (Cercle Vert) s'est imposé devant Erwan Tabarly (Athema) pour 4 minutes et 40 secondes seulement... Une paille ! François Gabart, Nicolas Troussel et Gérald Véniard complètent ce joli quinté.

  • Publié le : 26/04/2009 - 13:09

Fumigènes 280 secondes ! C'est l'écart entre Morvan - ici - et Tabarly... Après 19 jours de course ! Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE) Moins de trois semaines pour aller aux Antilles à partir de la Bretagne en solo et sur un monotype de dix mètres, c'est fou, non !?
On aurait pourtant tort de minimiser la performance, pire de la trouver presque anecdotique. Petit rappel historique : à titre de comparaison, les deux premiers vainqueurs de La Route du Rhum - Mike Birch (Olympus photo) en 1978 et Marc Pajot (Elf Aquitaine) en 1982 - avaient respectivement mis quatre jours de plus sur un tri de 12 mètres et un jour de moins sur un cata de 20 mètres...

Gildas Morvan, vainqueur de la Transat BPE 2009 Encore quelques mètres et Gildas Morvan, sur Cercle Vert, va remporter sa première Transat. Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE) Bien sûr, les quatorze gaziers ont eu le vent avec eux. Ils ont hissé "la bulle" au large du Portugal et l'ont affalée sur la ligne d'arrivée. Et puis, spier dans des vents jusqu'à 40 noeuds en solitaire, s'est parfaitement banalisé ! Pourtant 40 noeuds, c'est quand même force 8 !

Regardez Eric Drouglazet (Luisina), réputé sur le circuit pour son amour immodéré de la forte brise : il a sévèrement été mis au tapis dans un grain à 45 noeuds et s'est fait très peur ! Bateau partiellement rempli d'eau, électronique noyée, sans pilote, il a dû jeter l'éponge...

Quant à Nicolas Troussel (Financo), vainqueur de la dernière édition, et finalement quatrième à l'arrivée cette année, il a reconnu quelques soucis techniques, notamment la perte de sa girouette ce qui lui a interdit de naviguer sous pilote en mode vent. <Avec mon pilote que je ne pouvais utiliser qu'en mode compas, j'ai fait un paquet de coquetiers. A tel point que j'ai maintenant la technique pour les défaire. Dès que tu entends que le bruit du spinnaker change, il faut monter sur le pont. Hop, tu empannes vite fait, tu inverses les filets d'air et le spi se déroule comme une fleur. Mais il ne faut pas traîner...> Tout semble aller toujours bien avec Troussel et vive les tissus à spi costauds !

L'année Morvan ?
L'immense gaillard de Landeda, second de la Solitaire du Figaro 2008 et champion de France en titre, vêtu quelle que soit la saison de son éternel T-shirt vert pomme, semble invincible cette année...
Déjà vainqueur du prologue à Belle-Île, puis de la Transat BPE avec un nouveau record à la clé, leader depuis la mi-parcours, Gildas Morvan a fait la course parfaite, gardé sa trajectoire médiane, contrôlé la flotte au vent et sous le vent... Avec, dixit ses adversaires, une vitesse <supersonique> au portant.

Champagne, Gildas ! Dans la douceur de la nuit antillaise, le grand Gildas Morvan peut faire gicler les bulles. Il a gagné et bien gagné ! Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE) A deux jours de l'arrivée, il a vu fondre sur lui Erwan Tabarly, revenu grâce à son option au Sud, et semblait résigné. En apparence, seulement : <C'est de plus en plus tendu et la navigation n'est vraiment pas rendue facile avec des passages de grains à négocier. Ce matin, je me suis arrêté net derrière un gros grain, j'ai été freiné pendant une heure : j'avais 2 noeuds, j'avançais à 2 noeuds. La faute à un peu de malchance, mais c'est comme ça. La fin s'annonce de plus en plus serrée et qu'on arrive de jour ou de nuit, cela ne change pas grand chose : je ferai avec les conditions que j'ai, mais j'espère que je ne vais plus essuyer de grains comme ça. Le fait de bien connaître Erwan, d'avoir déjà navigué avec lui, cela ne change rien non plus. Vous devinez bien que c'est désormais chacun pour soi. Il y a de la bagarre pour la gagne et la victoire, c'est le moins que l'on puisse dire...>

Après avoir passé la ligne d'arrivée, moins de cinq minutes avant Tabarly, dans une nuit d'encre, Morvan peut exulter.

Cette victoire, il la tient enfin : <Ça se joue beaucoup dans la tête. Quand j'ai vu que dans le Sud, ils allaient un à deux noeuds plus vite que moi, il a fallu que je me raisonne pour garder ma trajectoire, conserver mon option. J'avais emmené des bouquins, des DVD. Je ne les ai pas touchés tellement la régate était intense. Pour un coureur au large, gagner une course transatlantique, c'est quand même le summum. C'était tellement fort que j'ai parfois l'impression d'être parti, il y a deux jours...>

Des garçons contents d'eux !
Le neveu Tabarly, brillant ! Erwan Tabarly (Athema) à quelques secondes de franchir la ligne d'arrivée devant Marie-Galante. Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE) Soyons honnêtes, il l'aurait bien méritée aussi cette première victoire en Transat, Erwan Tabarly (Athema). Lucide, avec son habituelle sobriété - la griffe familiale ? - il ne lui a pas manqué grand chose : <Content et déçu... Déçu parce que je n'étais pas loin de la victoire, mais surtout content parce que c'était une très belle course ! Pendant trois semaines, j'étais vraiment bien sur l'eau. J'ai bien navigué. Je n'ai pas grand-chose à me reprocher. C'est une belle performance... J'étais vraiment content de mon option. En partant plus au Sud, je savais que je faisais plus de route, mais je pensais compenser par une vitesse supplémentaire. J'y ai vraiment cru jusqu'au bout. La preuve, ça se joue à presque rien. Nous nous sommes croisés ce matin avec Gildas. A ce moment-là, j'avais un peu d'avance sur lui. J'y croyais vraiment. On a navigué à vue toute la journée. Et puis il y a eu un grain. Nous sommes restés dans la pétole pendant près de deux heures et il est reparti juste devant moi. Sur le moment, j'ai trouvé ça franchement frustrant. Cela s'est joué à rien, mais c'est le jeu de la course. Lui aussi avait eu droit à un gros grain la nuit précédente et, cette fois-là, c'était moi qui en avais profité...>

Enfin, il y a François Gabart (Espoir Région Bretagne), arrivé troisième, frais comme un gardon. Le surdoué de la course au large apprend décidément très vite et confirme une nouvelle fois, après une remarquable première saison en Figaro 2.
Gabart : quand l'espoir devient talent François Gabart tire un ultime dernier bord et s'offre une troisième place pour sa première Transat. Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE) Avec Gabart, la régate semble tellement limpide ! <Dans l'ensemble, j'ai pris un plaisir extraordinaire. C'était ma première Transat et j'y ai trouvé exactement ce que j'étais venu chercher. Mais, même au départ, je n'étais pas inquiet, j'avais déjà constaté sur la saison 2008 que plus les courses étaient longues, plus je me sentais à l'aise. On aurait pu traverser la Mer des Caraïbes et finir au Costa Rica, cela ne m'aurait pas vraiment dérangé. Et puis, c'est magique : depuis le Portugal, on a hissé le spi et on l'a gardé jusqu'à la ligne d'arrivée...>
Celui auquel Desjoyeaux prédit un brillant avenir et le voit même comme son plus sûr successeur, a déjà tout d'un grand. Tout est dit... ou presque. Tendresse galante Les mots de Jacqueline à Erwan, le fils de Patrick et neveu d'Eric. Photo © Marcel Mochet (AFP / Transat BPE)
...........
Retrouvez le classement complet de la Transat BPE, ici.

En complément

  1. 27/04/2009 - 19:50 Duel nocturne à Marie-Galante 25 avril à 5h24 (heure de Paris) : au terme d’un incroyable suspens, Gildas Morvan remporte la transat BPE avec 4 minutes et 40 secondes d’avance sur Erwan Tabarly. François Gabart (Espoir Région Bretagne) complète le podium à 1h 02’ du vainqueur.
  2. duel de morts de faim 24/04/2009 - 08:58 Transat BPE Duel de morts de faim En 2006, Erwan Tabarly terminait 10e de la Transat Ag2r avec… Gildas Morvan ! Aujourd’hui, les deux copains sont à la lutte pour remporter leur première grande victoire en solitaire. Morvan ou Tabarly ?
  3. chabagny tire la langue 21/04/2009 - 10:58 Transat BPE 2009 Gildas Morvan mène le sprint final A environ 800 milles de l'arrivée et après 16 jours de course, Gildas Morvan tient la corde ! Mais reste sous la menace de plusieurs concurrents, dont Erwan Tabarly, incontrôlable au Sud. Les premiers solitaires pourraient atteindre Marie-Galante dès ce week-end, soit tout juste trois semaines après le départ.
  4. nicolas troussel sur financo 16/04/2009 - 09:27 Transat BPE 2009 Trois Nordistes contre trois Sudistes Après dix jours de mer, treize des quatorze concurrents au départ sont toujours en course - et aujourd'hui à mi-parcours de cette transat en solitaire sur Figaro entre Belle-Ile-en-Mer et Marie-Galante. L'actuel leader n'est autre que le dernier vainqueur de l'épreuve, Nicolas Troussel, en compagnie de deux , tous trois sous la menace de trois . Ça chauffe, d'autant que les alizés ont fait sécession et ne soufflent guère !
  5. bpe 2009, un d eacute;part mou 06/04/2009 - 17:12 5e Transat BPE Départ lénifiant Dimanche, 15 heures, le départ de la transat BPE en solitaire a été donné à Belle-Île dans un vent d'Est... quasi inexistant. Les 14 Figaristes engagés se sont ainsi traînés, luttant contre un fort courant de marée et menés par Franck Le Gal (Lenze) jusqu'à la nuit où le vent s'est lentement renforcé. Puis c'est Gildas Morvan (Cercle Vert) qui a pris la tête de la course.
  6. tous aux trousses de nicolas  05/04/2009 - 15:00 Trophée BPE 2009 Tous aux trousses de Nicolas ! Il a montré qu’il savait trousser une victoire. Il a donné son nom à un coup d’éclat culotté – «une Troussel». Il est le vainqueur du dernier Trophée BPE, Belle-Ile/Marie-Galante. Pour l’édition 2009 de cette transat, Nicolas est prévenu : son Financo sera surveillé par les 13 autres solitaires !
  7. troussel fait sa  quot;troussel quot; 04/04/2009 - 13:15 5e Transat BPE Nicolas Troussel : «Je ferais bien le doublé» La veille du départ de la 5e BPE, Belle-Île-Marie-Galante, le vainqueur en titre Nicolas Troussel nous décrit son "laboratoire à Troussel" ou comment il orchestre les coups de génie météo qui font ses victoires mythiques... et parfois ses déboires ? A 34 ans, le double vainqueur de la Solitaire du Figaro glousse et reste d'une sérénité déconcertante - limite planante -, voyant les choses résolument à sa manière...
  8. morvan, 12e de la bpe 2007 02/04/2009 - 17:42 5e Transat BPE Les Figaristes attaquent fort La BPE, seule course transatlantique en solitaire et en monotype, partira dimanche prochain de Belle-Île-en-Mer pour rallier Marie-Galante. Les 14 figaristes engagés devraient franchir la ligne d'arrivée d'ici trois semaines... Temps de référence de Nicolas Troussel : 21j 09h 11min et 45sec. Samedi dernier, c'est Gildas Morvan qui remportait le prologue. Il nous fait faire le tour d'horizon de la course.