Actualité à la Hune

La chronique de Nico

Champion !

La semaine dernière, Nicolas Lunven terminait deuxième de la Douarnenez-Fastnet Solo, classement lui permettant d’empocher le titre de Champion de France Élite de Course au Large 2017. Dans sa dernière chronique en tant que Figariste, notre chroniqueur de luxe revient sur le déroulement stratégique de cette belle épreuve avant de se projeter sur la suite de ses pérégrinations nautiques qu’il nous fera partager.
  • Publié le : 27/09/2017 - 00:01

GeneraliL'enjeu de la dernière course pour Nicolas Lunven était double : faire du mieux possible mais aussi conserver sa place de leader au classement.Photo @ Alexander Champy-McLean/Generali
L’ultime épreuve

La Douarnenez-Fastnet Solo a clos le Championnat de France de Course au Large la semaine dernière. Le principe de cette course est très simple : départ de Douarnenez le dimanche 17 septembre, Wolf Rock et l’archipel des Scilly à bâbord, puis le célèbre phare du Fastnet à bâbord et retour à Douarnenez. Soit environ 600 milles nautiques à travers la mer d’Iroise, la Manche et la mer Celtique.

Pour ma part, à bord de Generali, l’enjeu de cette dernière course fut double : essayer de faire du mieux possible bien évidemment, mais aussi conserver ma place de leader au classement du Championnat de France de Course au Large. Au départ, je possède 23 points d’avance sur Sébastien Simon, mais la course compte pour un coefficient 2, ce qui représente onze places. La contre-performance peut vite arriver sur une telle course : même s’il n’y a «que» 19 bateaux au départ, ce sont quasiment les meilleurs de la série qui sont là ! Malgré tout, je pars sans pression particulière et je me dis que je vais faire ma course sans trop regarder Sébastien.

Carte 1 LunvenPhoto @ N. Lunven
La montée vers le Fastnet s’est faite dans des conditions très intéressantes stratégiquement et tactiquement : un vent compris entre 7 et 15 nœuds de Nord-Nord-Ouest, le long d’une dorsale anticyclonique à la masse d’air assez instable et fraîche (très fraîche la nuit !). Cela a donné une montée au louvoyage vers le rocher irlandais avec pas mal de bascules de vent, une flotte assez compacte et de beaux coups à jouer. Nous avons traversé la dorsale anticyclonique un peu avant d’arriver au Fastnet ce qui nous a permis de «spier» pendant quelques heures au largue serré en bâbord amure. À ce petit jeu, nous sommes trois bateaux à nous en sortir un peu mieux que les autres : Custo Pol (cela devient une habitude chez Alexis Loison d’être en tête dès qu’il s’agit de Fastnet !), Generali et Macif. La descente s’est faite à nouveau au près en direction de Douarnenez, puisque nous étions de l’autre côté de la dorsale, dans un flux de Sud à proximité d’un système dépressionnaire de l’Atlantique Nord. Il a fallu profiter des quelques virements de bords pour contourner le DST du Fastnet (zone interdite) pour tendre le gréement en prévision du vent qui n’allait que forcir – d’une bonne vingtaine de nœuds à l’enroulée du phare jusqu’à 25-30 nœuds établis avec rafales et une mer très chaotique lorsque nous enroulions le DST d’Ouessant juste avant que le front froid de cette dépression ne nous passe dessus. Cela nous a valu du saute-vagues incroyable : derrière le front froid, nous avons eu 25 nœuds de vent de Nord-Ouest au portant sous spi, avec la mer qui, elle, était toujours de Sud, donc quasiment de face ! Heureusement, tout cela s’est vite calmé lorsque nous sommes entrés en mer d’Iroise pour rejoindre la baie de Douarnenez. Et sur 600 milles de course, nous avons dû faire 500 milles de près !

À l’arrivée, Macif coupe la ligne d’arrivée en tête, suivi de Generali et de Custo Pol. Au Championnat de France, je reste donc en tête, mais Macif passe devant CMB Performance (Sébastien Simon).

GeneraliC'est au terme d"une remarquable saison que s'est achevé le partenariat entre Generali et son skipper de Figaro Bénéteau.Photo @ Alexander Champy-McLean/All Rights Reserved
Une page qui se tourne

Pour ma part, cette dernière course de la saison tourne une page. J’ai commencé le Figaro en 2007, il y a dix ans, et c’est probablement ma dernière course en Figaro 2, puisque je n’ai pas prévu d’en faire en 2018. Generali, mon fidèle partenaire depuis 2009, change ses orientations stratégiques et c’était également la dernière fois que je portais leurs couleurs. Ils m’ont permis, pendant huit ans, de vivre de ma passion et d’être dans les meilleures dispositions pour atteindre la performance sportive. Je ne les remercierai jamais assez pour tout ce qu’ils m’ont offert.

Mon Figaro est normalement vendu pour se voir offrir une retraite bien méritée. Impossible pour moi de savoir combien de journées j’ai passé dessus à naviguer ou à bricoler, combien de milles avalés… Mais évidemment j’ai un pincement au cœur en pensant à tous les bons moments passés à son bord. Le Figaro Bénéteau 2 est un bateau fantastique et je tire mon chapeau à l’architecte Marc Lombard et au chantier Bénéteau d’avoir conçu il y a une quinzaine d’années ce magnifique bateau !

Mais il ne faut jamais dire «jamais» ! Alors peut-être que je reviendrai goûter aux joies du Figaro sur le nouveau Figaro 3 !

Nicolas LunvenTitre national 2017 en poche, notre chroniqueur vise désormais le Vendée Globe 2020 avec un détour dès le mois prochain par la Volvo Ocean Race.Photo @ Alexander Champy-McLean/All Rights Reserved
Cap sur la Volvo Ocean Race

À court terme, le calendrier est très chargé pour moi. J’ai participé au mois d’août dernier à la Leg Zero de la Volvo Ocean Race sur le bateau Turn The Tide On Plastic skippé par Dee Caffari. Ensuite, tout s’est enchaîné puisqu’elle m’a proposé d’intégrer l’équipe en vue de la prochaine Volvo Ocean Race qui part au mois d’octobre. A peine mis le pied à terre, me voilà donc reparti pour une aventure bien différente autour du monde.

En parallèle, je vais continuer à travailler à l’objectif que je me suis fixé : être au départ du Vendée Globe 2020 !