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Spi Ouest-France Destination Morbihan

Christophe Gaumont : «C’est un Spi Ouest-France où l’on aura beaucoup navigué»

Si le soleil a été aux abonnés absents, le vent a soufflé, parfois fort, pendant quatre jours et a permis aux 374 équipages de régater de façon intensive. De l’avis de tous, cela restera une édition de haut niveau. Christophe Gaumont, directeur de course, n’a juste eu à déplorer que quelques incidents, finalement sans gravité.
  • Publié le : 04/04/2018 - 15:30

Christophe GaumontMorbihan. La Trinité-sur-Mer. Spi Ouest-France. Portrait : Christophe Gaumont, directeur de course du Spi.Photo @ Thierry Creux
Que restera-t-il de cette édition 2018 ?

Christophe Gaumont : Ce Spi est un Spi d’hiver où on a eu du vent, de la pluie, pas très chaud. En même temps, on n’a pas eu des conditions fortes, mais pas trop dures. Ce qui restera c’est que c’est un Spi où il y a eu beaucoup de courses, beaucoup de temps passé sur l’eau. J’ai compté qu’on a fait 174 courses, en additionnant toutes les séries. Je me suis amusé à faire des calculs qu’il y a eu 3 520 bateaux qui ont pris un départ, un petit moins à l’arrivée. Des courses sportives mais qui se sont toutes bien déroulées et qui ont donné un résultat sportivement très significatif. L’année dernière déjà, ça avait été pas mal avec des conditions nettement plus clémentes. Et là, à part les conditions, c’est au moins aussi positif qu’en 2017.

Vous étiez inquiet avant que cela commence ?
C.G. :
Il y a toujours des inquiétudes avant. En fait, on a eu la chance d’avoir une météo qui allait chaque fois en s’améliorant. Si on regardait les prévisions jeudi pour dimanche, c’était la catastrophe. Cela s’est calmé. Vendredi, cela devait être fort pour aujourd’hui et puis finalement on a eu 10 nœuds. Cela a toujours été dans une tendance qui allait à l’amélioration, pas forcément pour la pluie, mais au moins pour la force de vent et la direction.

Sportivement, ce fut une belle édition néanmoins…
C.G. :
On a quand même dans toutes les catégories de bateaux assez légers entre 12 et 13 courses de courues, cela veut dire que pour arriver premier, il fallait une belle régularité ou pas beaucoup de faiblesses.

Sur les IRC double et les Multis, les IRC 1 et 2, et les Osiris 1, on a renoué avec des grands parcours. On est allé faire un parcours vers l’île Dumet, soit un parcours vers les Cardinaux. On est reparti sur des parcours qui font 50 milles, alors qu’on faisait un peu moins dans les années passées. A priori, les gens ont apprécié. Sur ces gros IRC, il y a eu un peu moins de courses car elles durent plus longtemps. En même temps, ces grands parcours ils ne pouvaient pas le retirer comme plus mauvais score, donc il ne fallait pas se louper.

On a innové cette année, en ayant la possibilité vendredi de faire un départ pour les IRC double où ils ont été jusqu’à Houat, pour donner un deuxième départ, ce qui faisait deux côtiers dans la même journée. Et cela a marché.

Sept équipiers tombés à la mer

Christophe GaumontChristophe Gaumont directeur du comité de course 40e édition du Spi Ouest-France Destination Morbihan. Compétition de voile organisée par la Société nautique de La Trinité-sur-Mer et le quotidien Ouest-France.Photo @ Marc Ollivier
Et sur le plan de la sécurité, y a t-il eu des incidents ?
C.G. : Il y en a eu. On est à deux démâtages, sept hommes, ou femmes, à la mer ; on a eu des petites blessures plus légères malgré une fracture du poignet, des points de suture à la tête. C’est toujours regrettable, mais vu le nombre on n’a pas eu de gros incidents. Le système avec les CROSS A, les SNSM, les médecins et l’organisation ont fait qu’ils ont tous été pris en charge de façon rapide. On ne pourra jamais éviter tous les incidents mais on les a gérés au mieux.

Et des collisions ?
C.G. :
Paradoxalement, en Diam 24, il n’y a eu qu’une coque abîmée, avec pourtant 33 bateaux… Les collisions surviennent plus souvent au-dessus de 25 nœuds. On a eu aussi un Diam qui s’est retourné… En fait le point négatif qu’il faut retenir, c’est qu’on a eu sept hommes ou femmes à la mer. Heureusement, tous avaient leur brassière de sauvetage, et ont pu être récupérés très vite.

De nouvelles séries en 2019 ?

Il serait possible de voir arriver de nouvelles catégories de bateaux dans les éditions futures ?
C.G. :
Je n’en pas idée, mais je l’espère. On ne s’interdit rien. Il faut bien réfléchir aux pratiques des uns et des autres. On ne peut pas faire n’importe quoi. La question pourrait se poser de prendre des GC32 ou des Easy To Fly, mais il y a des contraintes de vitesse. Ou alors on change l’esprit du Spi et on fait un rassemblement de bateaux volants, mais on y est pas encore, ce n’est pas d’actualité.

Si vous gardiez une leçon de ce Spi 2018 ?
C.G. : Je suis content du résultat, avec le travail des bénévoles qui ont tenu la marée, que le matériel que l’on a préparé ait tenu. Tout ça, ce sont des satisfactions.