Note :
C'est sur les pontons d'Horta, peu avant le départ de la seconde étape, que nous avons rencontré Yannick Bestaven, Stéphane Le Diraison et Jean-Edouard Criquioche.
Photo © Olivier Bourbon
Ils ont marqué la première étape des Sables-Horta-Les Sables de leur empreinte (voir notre article ici). Pour voilesetvoiliers.com, Yannick Bestaven (Aquarelle.com), Stéphane Le Diraison (Bureau Veritas) et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty) sont revenus sur les moments-clés de ce premier acte, sur l'escale aux Açores et sur les enjeux de la seconde étape, qui s'est élancée mercredi dans la soirée.
Yannick Bestaven
vainqueur de la première étape aux côtés de Christophe Bouvet (Aquarelle.com)
Vainqueurs de la première étape, Yannick Bestaven (à droite) et Christophe Bouvet sont bien placés pour succéder à Giovanni Soldini et Karine Fauconnier, vainqueurs de l'édition 2009. Mais pas question de contrôler pour autant !
Photo © Christophe Breschi
> Les moments-clés de la première étape
Yannick Bestaven : <Les deux-trois premiers jours ont été très importants, car il y avait un phénomène à aller chercher et les options se sont vite dessinées. Certains ont choisi de glisser sous spi à des vitesses rapides et d'autres, comme nous, ont décidé de gagner dans l'Ouest à des allures plus serrées. Cet investissement s'est avéré payant par la suite...
L'autre moment-clé a bien sûr été l'approche des Açores. Nous avions une petite avance sur nos poursuivants et il fallait donc les contrôler. Pour arriver à Horta, nous avons choisi de passer au Nord des îles - et nous avons encore creusé l'écart. Au cours de cette première étape, nous avons beaucoup navigué aux près. Ce n'est pas le plus agréable, car les Class40 sont des bateaux qui tapent beaucoup. Mais c'était une très bonne expérience pour préparer la deuxième étape - et la Transat Jacques Vabre !>
> L'escale aux Açores
Y.B. : <Le programme était chargé ! Il a d'abord fallu nettoyer le bateau, effectuer quelques réparations et faire des mises au point pour que la deuxième étape soit plus confortable (nous avions très peu navigué avant le départ). Il était aussi important de se reposer et de rattraper le retard de sommeil accumulé. Puis nous avons analysé la météo pour calculer la meilleure route pour rallier Les Sables-d'Olonne. Enfin, nous avons pris un peu de temps de nous balader sur cette île que je ne connaissais pas. Elle est charmante, calme et les gens sont accueillants. Une très belle escale !>
> Les enjeux de la seconde étape
Y.B. : <Nous allons continuer à attaquer et faire notre route sans nous soucier du classement de la première étape et des options choisies par les autres. Nous partons avec un avantage, mais rien n'est joués. Dans notre tête, nous repartons de zéro.>
Stéphane Le Diraison
2e aux côtés de Vincent Barnaud (Bureau Veritas)
Malgré une option Sud qu'il qualifie de
Stéphane Le Diraison : <Il y a eu trois phases importantes. Le positionnement dans le golfe de Gascogne, d'abord. Avec Vincent (Barnaud, ndlr), nous avons opté pour l'option Sud. C'était une grossière erreur (rires) ! La deuxième phase-clé, ça a été ce très long bord de près jusqu'aux abords des Açores. Il a fallu assumer notre option - se recaler au Nord était trop risqué. Nous sommes toutefois parvenus à ne pas perdre trop de temps. Enfin, le dernier moment important a été l'approche des Açores. L'idée était de ne rien lâcher et nous étions donc très attentifs aux effets de sites et je passais dix heures par jour sur le PC pour essayer de repérer une petite fenêtre météo ! Nous y sommes parvenus, ce qui nous a permis de passer par le Sud des îles et ainsi d'assurer la deuxième place, mais aussi de limiter les pertes sur Yannick Bestaven et Christophe Bouvet.>
> L'escale aux Açores
S.L.D. : <Le programme a été un peu frustrant pour nous. Nous pensions qu'une journée serait suffisante pour vérifier le matériel et que nous pourrions donc ensuite nous reposer et nous reconcentrer sur la suite de la course. Mais nous avons décelé d'importants problèmes de safrans - les réparer est devenu la priorité absolue. Le temps dédié à la découverte de l'île a donc été limité. Dommage ! D'autant que ces moements-là permettent de sortir un peu de la course, de se changer les idées et de repartir dans de bonnes dispositions.>
> Les enjeux de la seconde étape
S.L.D. : <Nous sommes entre deux eaux, car nous devons à la fois attaquer les premiers et surveiller les troisièmes et quatrièmes qui ne sont pas loin derrière. Nous pourrions choisir de les marquer et d'assurer notre deuxième place, mais j'ai du mal à nous imaginer dans un tel registre. Nous allons donc regarder devant et attaquer pour aller chercher la première place ! Tout dépendra bien sûr des opportunités météo mais, cette fois, nous aimerions rester au contact des concurrents directs pour pouvoir vraiment nous mesurer à eux. Sur la première étape, notre décalage au Sud était frustrant.>
Jean-Edouard Criquioche
3e aux côtés de Jacques Fournier (Groupe Picoty)
Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche, tout sourires à l'intérieur de Groupe Picoty. Et pour cause, ils ont réalisé un sacré coup en décrochant in extremis une place sur le podium !
Photo © Olivier Bourbon
> Les moments-clés de la première étape
Jean-Edouard Criquioche : <Partir le soir est particulier, car rapidement, on ne voit plus les autres concurrents ! Chacun choisit son option et le résultat tombe le lendemain matin. Dans le golfe de Gascogne, nous avons d'abord cherché à gagner dans le Sud pour avoir de la pression. Puis nous avons profité du passage d'un front pour nous recaler au Nord, ce qui nous a permis de prendre la tête. Ça a été le premier grand moment-clé.
Nous avons ensuite fait de la vitesse pendant presque 800 milles, au près. Le dernier gros noeud a été l'approche d'Horta. Nous avons alors opté pour un contournement des îles par le Nord : j'étais passé par le Sud, voici deux ans et je m'étais promis de ne plus jamais refaire ça ! Il a tout de même fallu jouer avec le dévent, les effets de site et le courant. Nous avons passé une dernière nuit compliquée, à imaginer que nous étions les seuls à galérer pendant que les autres s'en sortaient (rires) !
Enfin, il y a eu cette bagarre avec Jörg Riechers et Etienne David. Au petit matin, nous sommes restés bloqués sous un grain et ils nous ont doublés. A un mille de l'arrivée, nous pensions que c'était perdu. Mais Jörg et Etienne se sont fait bloquer à leur tour près de la ligne. Nous avons déboulé pleine balle : ils ont essayé de nous prendre le vent ; ils ont plongé, nous avons plongé et hop... une seconde d'avance (rires) ! Cela fait toujours plaisir d'accrocher une place sur le podium, même si d'un point de vue sportif cela ne change rien pour la deuxième étape - le classement se fait en temps compensé, et non au cumul des points.>
> L'escale aux Açores
J.E.C. : <Dans ce type d'escale, pour nous, il est hors de question de sortir du mode course. Nous avons donc suivi la météo tous les jours, comme si nous étions en mer. Sur la fin de la première étape, nous nous sommes mis dans le rouge car nous manquions de nourriture et d'eau. Aux Açores, il a donc fallu bien manger, s'hydrater et se reposer, mais en faisant attention de ne pas non plus trop dormir pour rester dans le rythme. Côté matériel, nous avons eu la chance de ne rien casser. C'est important car d'autres équipages ont passé beaucoup de temps à réparer pendant que nous nous reposions. Au-delà de cette dimension purement sportive, il est toujours agréable de se retrouver ici avec les autres concurrents pour débriefer. D'autant que nous sommes toujours autant fascinés par l'accueil et la joie de vivre des Açoriens.>
> Les enjeux de la seconde étape
J.E.C. : <Notre philosophie est de toujours naviguer à fond ! Sauf casse, je pense que Yannick Bestaven et Christophe Bouvet seront difficiles à battre. Par contre, il va y avoir du jeu entre les quatre autres bateaux qui peuvent prétendre au podium (Bureau Veritas, Groupe Picoty, Mare.de2 et l'Express Sapmer, ndlr). Cela va se jouer à très de choses, car ces bateaux sont équivalents en termes de vitesse. Nous n'aurons donc pas le droit à l'erreur. C'est une pression nouvelle pour nous : avant, nous n'avions pas un bateau si performant et un tel budget et nous visions davantage le milieu de classement. Mais nous restons naturellement outsiders, puisque nous sommes les seuls non professionnels. Nous n'avons donc rien à perdre !>
Les trois premiers équipages côte à côte lors de la remise des prix à Horta. Heureux. Tout en sachant que rien n'est joué pour la victoire finale !
Photo © Christophe Breschi
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Voir notre compte-rendu de la première étape ici.
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Vos commentaires
Tous tellement sympas, ça y est je suis accro aux voileux