Henri Bacchini, vice-président de la Fédération française de voile, a conduit le projet du Classement national individuel fédéral (CNIF) aux côtés d'Henri Giraud, pendant les deux années nécessaires à sa mise en place. Pour sa première publication début octobre, nous l'avons contacté... mais il ne nous a répondu que deux semaines plus tard. Voir notre précédent article à ce sujet.
Note :
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v&v.com : Il a du succès, cet OVNI qu'est le CNIF ?
HB : Certains le regardent comme anecdotique, mais d'autres le prennent au sérieux. Cela dépend de la culture des gens : le figariste Gildas Morvan trouve par exemple que cela ne sert strictement à rien... L'idée est de prendre en compte tous les licenciés. Que le dimanche, après sa régate, un môme puisse dire à son père : <T'as vu, t'es derrière moi !>
v&v.com : Pourquoi aucun coureur n'a-t-il participé au développement du système d'attribution des points ?
HB : La partie la plus complexe a été de grader les épreuves. Nous avons été plusieurs à y réfléchir : notre président Jean-Pierre Champion, le bureau de la FFV, Eric Coquerel - notre chargé de communication -, des gens qui s'intéressent à notre activité... Nous avons aussi travaillé avec nos jeunes cadres fédéraux qui sont souvent d'anciens coureurs... mais effectivement, avec aucun des coureurs actuels. Nous souhaitions être efficaces et éviter ces interminables consultations qui ne mènent à rien.
v&v.com : Du coup, ce sont les athlètes olympiques qui sont les meilleurs... Ils occupent les sept premières places !
HB : Cela ne va pas forcément durer ! Typiquement, les points du match-race masculin tombent en fin d'année, au moment des dernières épreuves majeures et de l'édition du classement final du World Tour. Et dans tous les cas, le CNIF est remis à zéro le 1er janvier.
v&v.com : Est-ce à dire que Julien Bontemps - qui mène le classement après avoir pris la médaille d'argent aux jeux de Pékin - redeviendra un licencié lambda dès le 1er janvier ?
HB : (Rires.) En quelque sorte... L'année prochaine sera celle du Vendée Globe.
v&v.com : Et du match-race féminin ! Les filles vont tirer le gros lot en jouant sur deux tableaux : circuit match-race traditionnel et circuit olympique dans lequel elles entrent...
HB : Pour l'heure, l'ISAF (NDLR : Fédération internationale de voile) ne s'est pas encore prononcée sur la manière de marier les deux circuits. Nous aviserons en temps et en heure.
v&v.com : Pourquoi certains événements ne comptent-ils pas, comme la Route du Rhum en 2010 ?
HB : Bien évidemment qu'elle comptera ! Si nous n'en avons pas parlé pour 2008, c'est qu'elle n'était pas d'actualité. Mais pour la suite, nous continuons à travailler : la gradation des épreuves est à réétalonner pour chaque saison.
v&v.com : Ce sera quand même trop tard pour nos médaillés aux Jeux paralympiques de Qingdao ?
HB : Très bonne remarque. Le problème des handisports est très complexe : toutes les disciplines sont regroupées au sein de la Fédération handisport. La FFV n'a tout simplement pas le droit d'utiliser les résultats des handisports.
v&v.com : Seguin, Jourdren, Vimont-Vicary et Larhant - ceux qui ont ramené les médailles des Jeux - ont pourtant marqué leurs points pour ce qui est de la Semaine olympique française...
HB : Oui, parce que la SOF est inscrite au calendrier fédéral. Les Jeux paralympiques, non.
v&v.com : C'est absurde ! Avez-vous contacté la Fédération handisport au sujet du CNIF ?
HB : Honnêtement, non, pas cette fois-ci. Mais si nous avons édité une année zéro pour le CNIF, c'est aussi dans l'intention de le perfectionner.
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