La première transat en double dédiée aux Class40 s'élance cet après-midi à 17 heures pour près de 5 000 milles entre Saint-Nazaire et Progreso, dans le Yucatan, au Mexique. A quelques heures du départ, l'occasion de faire le point sur le caractère solidaire très engagé de cette course qui, avec 24 bateaux, n'est pas qu'une vitrine. La preuve.
Note :
Depuis Nantes, emmenés per le Belem, les 24 Class40 de la Solidaire du Chocolat ont rallié les pontons de Saint-Nazaire - et fièrement exhibé les couleurs des associations qu'ils soutiennent ! Photo © Yvan Zedda (Sea & Co) Après une semaine sur les quais, ils ont hâte de retrouver les embruns du large. En fin d'après-midi, aujourd'hui à 17 heures, 24 tandems de 10 nationalités s'élanceront dans le sillage de Federico Cortes. En 1519, le conquistador avait rapporté du Yucatan vers l'Europe une précieuse marchandise - le cacao. Les 24 bateaux de la première Solidaire du Chocolat, eux, vont faire la route en sens inverse : une transat en double de 5 000 milles entre Saint-Nazaire et Progreso, au Mexique. Avec un beau plateau de talents issus du 60 pieds Open, du Mini ou du Figaro : Giovanni Soldini, Miranda Merron, Bernard Stamm, Adrien Hardy, Armel Tripon - entre autres !
<Sportive, solidaire et événementielle>, tel est le slogan de cette nouvelle course. Le principe est simple : un bateau, un sponsor... et un mécène qui reverse 25 000 euros à une association caritative de son choix. Yves Gillet, le patron de l'épreuve, est à l'origine du volet solidaire de la transat. <En tant qu'ancien dirigeant de PME, je me suis dit qu'une entreprise pouvait s'ouvrir au monde sociétal et faire un don de 25 000 euros>. D'autant que la charge réelle pour le mécène (qui peut se confondre avec le sponsor du bateau) ne représente que 10 000 euros, grâce à une réduction d'impôts de 60 %.
Reste à savoir si cette dimension sociale n'est pas qu'une vitrine... Damien Grimont, ancien skipper et créateur de l'événement, tranche : <Dès le départ, on ne voulait pas d'une solidarité estampillée marketing>. Qu'on se le dise, derrière tout ça, il y a du concret. Au total, ce sont près de 600 000 euros qui ont été levés au profit de 25 associations. Yves Gillet : <On souhaitait que cette somme finance des projets et pas simplement les frais de fonctionnement d'une association.>
Ainsi, <Toit à Moi>, associé à Thierry Bouchard et Olivier Krauss (Mistral Loisirs-Pôle Santé Elior), s'apprête à reloger plusieurs SDF à Nantes. De son côté, <Toiles Enchantées> (association soutenue par Jean-Edouard Criquioche et Jacques Fournier) va permettre d'organiser une cinquantaine de séances de cinéma en milieu hospitalier dans le grand Ouest.
<Ce que je faisais à l'échelle individuelle se décline désormais à l'échelle d'une course !> s'enthousiasme Benoît Parnaudeau, qui a toujours <profité de la médiatisation pour faire passer un truc>, notamment lors du Vendée Globe 2004-2005 avec le label Max Haavelar. Cette fois, toujours avec le soutien de Max Haavelar et de Jardin Bio, il court sous les couleurs d'<Ingénieurs Sans Frontières>, qui financera la production de café équitable vendu au Mexique.
Il sait de quoi il parle Damien Seguin, quand il soutient l’association Des Pieds et Des Mains : athlète de haut niveau, il est né sans sa main gauche.Photo @ D D.R. Pourtant, <raisonnablement>, Benoît Parnaudeau ne devrait pas courir la Solidaire. L'explication tient en un mot : budget. Il dispose seulement de 48 000 euros, somme à peine suffisante pour finir de payer son bateau, alors que d'autres skippers ont deux à quatre fois plus d'argent... Mais, par rapport à la dernière Transat Jacques Vabre et à la communication faite autour du développement durable, Benoît estime que <cela n'a rien à voir ; là, il y a quelque chose derrière !> Le skipper participe donc à cette première édition plus par conviction que par raison.
Des skippers engagés, il y en a bien d'autres. Comme Tanguy de Lamotte avec <Mécénat Chirurgie Cardiaque>, l'association du docteur Francine Lecat. Ou Damien Seguin, qui se bat pour l'intégration des personnes handicapées en milieu sportif - en toute connaissance de cause : lui-même est né sans main gauche, mais régate au plus haut niveau. Damien part aux côtés de l'association <Des Pieds et Des Mains>, qu'il a créée en 2005 en Loire-Atlantique, son département d'origine. Ses sponsors, Cargill et MTTM - qui sont aussi les mécènes -, étaient très intéressés par le départ de Saint-Nazaire, puisque ces entreprises sont basées dans la région.
Pour Yvan Noblet (Appart City), en revanche, la réponse est plus nuancée. Selon lui, cette première édition est certes une réussite en terme de solidarité - il court pour <ANEF-Ferrer>. Mais il regrette un problème de calendrier : faute de participants en 40 pieds, la Transat Jaques Vabre, plus médiatique a priori, se courra sans cette classe, le 8 novembre prochain. Solidarité, retombées : là sans doute se jouera l'avenir de la Solidaire du Chocolat...
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18/10/2009 - 08:02
Gio au piano, fortissimo la météo !
A quelques heures du départ de la première Solidaire du Chocolat, il a de faux airs du pianiste Glenn Gould. Penché sur son clavier dans le cockpit de Telecom Italia, Giovanni Soldini, l’un des grands favoris, ne joue pas du Bach, mais consulte les fichiers météo…
17/09/2009 - 08:02
Les Class 40 ne seront pas chocolat
Dans un mois, le 18 octobre, les 24 tandems inscrits sur Class 40 à la Solidaire du Chocolat ne seront déçus ni par le parcours - qui les conduira de Saint-Nazaire à Progreso sur la presqu'île du Yucatán (Mexique), - ni par le plateau, qui est de grande qualité. Dans une nouvelle course en... solidaire.