Note :
Yvan Griboval, concepteur et organisateur de la SolOcéane.
Photo © Agathe Armand
Une course océanique muée en expédition scientifique : la SolOcéane change de cap. Annoncée en 2006 par Yvan Griboval comme <la première compétition autour du monde en solitaire à armes égales>, elle devait partir de Caen le 25 octobre 2009 pour un tour du monde par les trois caps avec escale à Wellington (Nouvelle-Zélande) et retour à Cherbourg.
Support officiel : le monocoque Veolia Oceans, un monotype en carbone de 16 mètres de long. Coque et pont sont construits par le chantier cherbourgeois JMV, et les finitions réalisées par le chantier caennais V1D2 : un projet normand, fort du soutien financier des villes de Caen (62 000 euros) et Cherbourg (32 000 euros) et de la région Basse-Normandie (480 000 euros sur 4 ans).
L'arrivée en 2007 du partenaire privé Veolia amène un développement supplémentaire : une opération scientifique intégrée à la course. Le programme OceanoScientific Veolia prévoit, en parallèle de la course, la collecte de données scientifiques par la flotte dans l'hémisphère Sud, grâce à des capteurs embarqués. L'aspect sportif est alors encore prioritaire.
Aujourd'hui, à moins d'un an du départ initialement prévu, un seul Veolia Oceans navigue : Bostik, skippé par Charles Caudrelier. Faute de concurrents, la SolOcéane doit revoir son cahier des charges. Yvan Griboval nous explique les changements prévus avec un optimisme singulier - des propos à mettre en perspective avec ceux des partenaires publics et de Charles Caudrelier, rencontrés peu après.
v&v.com : En 2006, vous annonciez le départ de la SolOcéane en octobre prochain. Aujourd'hui, quelles sont les échéances réelles de la course ?
YG : On n'a pas changé notre planning : on est toujours parti pour un départ de SolOcéane le 25 octobre 2009. Par contre, la crise économique a retardé les décisions d'achats d'un certain nombre de concurrents potentiels. Mais on a deux cordes à notre arc : celle purement sportive - un tour du monde à égalité de chance sur les mêmes bateaux - et une corde scientifique avec le programme OceanoScientific Veolia prévu depuis l'origine. On souhaite utiliser la saison 2009/2010 pour l'axer plutôt sur la partie OceanoScientific que sur la partie compétition. Ce qui ne nous empêchera pas de voir si les quelques skippers qui seront au départ ...
v&v.com : Justement, combien y-en aurait-il ?
YG : On a un premier bateau qui navigue, un en finition au chantier V1D2, un troisième quasiment en phase de pontage et on peut raisonnablement en construire un quatrième pour être prêt le 25 octobre. On a donc potentiellement quatre bateaux. Si ces quatre bateaux, engagés sur une expédition OceanoScientifc Veolia, nous disent : <C'est plus rigolo si il y a une ligne de départ et une ligne d'arrivée>, on fera une course.
v&v.com : La plupart des instruments de mesure scientifique sont automatisés, mis à part le lancement d'une balise. Alors à bord, quel rôle pour les skippers ?
YG : Ils auront déjà le rôle de promener les capteurs là où il faut ! Et qu'ils soient en course ou non, ils auront un rôle de contrôle des matériels.
v&v.com : L'aspect sportif passe au second plan. Comment les skippers réagissent-ils ? Ils sont partants ? (*)
YG : Un, ils réagissent bien. Deux, ils ont bien compris que plus on insistait sur l'aspect scientifique, plus ça leur permettait de sortir du contexte exclusivement sportif. Aujourd'hui, trouver un sponsor pour faire quelque chose qui a uniquement un objet sportif est très difficile, alors que se déplacer sur le côté scientifique renforce les chances d'aboutir.
v&v.com : Et vos partenaires ? Publics, privés ? (**)
YG : Ils nous suivent. Les partenaires publics nous ont confirmé leur soutien. Et Veolia, le principal partenaire privé, est surtout venu à nos côtés pour la partie scientifique. Il n'y a pas de souci particulier à ce niveau.
v&v.com : Parcours, programme, monotypie : envisagez-vous de modifier le concept de la SolOcéane ?
YG : Non. Que ce soit 2009 ou 2011, le retour de Bostik marque la fin de nos tests et on ne voit pas l'intérêt de changer quoi que ce soit.
v&v.com : Vous annonciez la participation des Veolia Oceans à des courses open et transatlantiques. Qu'en est-il ?
YG : La classe des Veolia Oceans pourra participer à d'autres compétitions que celle qu'on organise, et nous-mêmes allons en annoncer une nouvelle au Salon Nautique.
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(*) Selon Charles Caudrelier, le skipper du monotype Bostik que nous avons interrogé dans la même journée, seule la compétition l'intéresse. Il ne participera pas à l'expédition scientifique en 2009/2010 : <J'ai d'autres projets. Pour l'instant, l'aventure est terminée sur ce bateau.>
(**) Si les villes de Caen et Cherbourg ont confirmé leurs engagements, le constat est plus mitigé pour le Conseil régional de Basse-Normandie. Le projet est toujours soutenu par la région, qui souhaite cependant entamer des discussions avec la SolOcéane pour adapter la convention aux changements de programme.
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