Actualité à la Hune

Rolex Fastnet Race

Au ralenti...

Il y a sans doute les voiliers hauturiers les plus rapides au monde ; mais ils ont pris l’un des départs les plus lents d’une course au large. Car c’est dans un Solent sans vent que les 356 bateaux engagés dans cette 46e Rolex Fastnet Race – qui fête aussi son 90e anniversaire - se sont élancés en ce dimanche midi.
  • Publié le : 16/08/2015 - 18:59

Départ Rolex Fastnet Race 2015C"est dans de tous petits airs que le départ de la 46e édition de la Rolex Fastnet Race fut donné, les grands monocoques étant les derniers à être libérés par le canon du Royal Yacht Squadron.Photo @ Rolex / Kurt Arrigo

Samedi soir les rues et pubs de Cowes résonnaient de la joie des équipages des quelques 800 bateaux qui venaient d’en finir avec la Semaine de Cowes 2015. Et l’on reconnaissait les vainqueurs des différentes catégories à leurs déambulations joyeuses, parfois alcoolisés, trophées sous le bras. La fête était à peine terminée, que les premiers concurrents de la 46e Rolex Fastnet Race quittaient, en ce dimanche matin, le port et les marinas du Solent pour se rendre au départ. 356 bateaux (nouveau record, le précédant étant de 336), à une, deux ou trois coques, les plus petits mesurant 32 pieds et le plus grand – le trimaran Spindrift 2 -  40 mètres ; menés en double ou en équipage par des marins totalement amateurs jusqu’aux professionnels les plus aguerris ; des plus anciens tel le sublime Dorade vainqueur en 1931 et 1933 aux plus récents à l’image du maxi Comanche ou de Banque Populaire VIII mis à l’eau en juin dernier. Un magnifique et vivifiant mélange des genres.

Procédures particulières

Départ Rolex Fastnet Race 2015Génial Fastnet, épreuve unique où croisent bords à bords le plus récent des engagés, Banque Populaire VIII et Dorade, l"un des plus anciens, vainqueur de l"épreuve en 1931 et 1933.Photo @ Philippe Joubin Mais avant les premiers coups de canon, tirés bien sûr depuis le vénérable Royal Yacht Squadron, club qui fête cette année ses 200 ans, les concurrents devaient satisfaire aux ultimes mesures de sécurité. C’est ainsi que, un à un, tous les bateaux sous tourmentin et voile suédoise oranges (à l’exception de certains tels que les IMOCA pour cette dernière voile), dotés d’un cagnard avec leur numéro sur les filières bâbord, empruntaient, moteur en marche, une porte d’identification mise en place par le comité de course.

Restait ensuite à estimer la ligne de départ, matérialisée ici par l’alignement de la hampe de drapeau du Royal Yacht Squadron avec l'imposante marque orange, en forme de diamant, installée sur le bâtiment. Mais, pour être visible de loin, cet alignement est aussi accompagné de deux rampes verticales de feux, à aligner elles aussi. Certes, une bouée est bien mouillée dans le Solent à environ deux milles du petit château du club, mais la violence des courants locaux entraînerait une trop grande approximation de la ligne pour qu’elle soit utilisable.

Les premiers à être lâchés étaient les multicoques, à midi soit à l’heure de la renverse de courant. Et c’est celui-ci, plus que le vent, qui entraînait les bateaux vers la sortie du Solent, aux Needles. Dix minutes plus tard, IMOCA 60, Class40 et Figaro Bénéteau avaient eux aussi l’honneur de partir puis IRC 4, IRC 3, IRC 2, IRC 1 toutes les dix minutes, l’ultime coup de canon libérant les plus grands monocoques.

Le MOD 70, Phaedo 3, premier aux Needles

Départ Fastnet 2015De la flotte des IMOCA 60, PRB était le premier à couper la ligne.Photo @ Philippe Joubin La course était d’une lenteur extrême, au gré des quelques risées balayant à l’occasion le plan d’eau mais surtout de la bonne négociation des veines de courant, des deux côtés du Solent tout d’abord, là où s’effectue la renverse puis en son centre ensuite où il devient peu à peu le plus fort. Bien vite, à l’exception des multicoques, rattrapés un bref instant par les plus rapides IMOCA tels que PRB, SMA et Le Souffle du Nord, toute la flotte s’entremêlait malgré les départs espacés. Et c’est une forêt de voiles et de mâts que le tapis roulant du courant brinquebalait vers la haute mer au-delà des majestueuses Needles.

Le MOD 70 Phaedo était le premier à les franchir, toutes classes confondues alors que PRB menait la danse des IMOCA 60, l’américain Dragon pour les Class 40 et l’inévitable Comanche en Maxi.
Une vérité bien temporaire... et qui devrait souvent varier au gré de la dorsale qui accompagne la flotte. De bien meilleurs comptes seront à faire au passage du Fastnet, lundi soir 
pour les plus rapides si tout va bien ; mardi matin si le vent continue à se faire désirer.

Il faudra en tous cas de la patience pour savoir qui succèdera à Pascal et Alexis Loison, premiers vainqueurs de l'histoire de la course en double, et tenants du titre à bord de leur JPK 1010, Night and Day. A moins que les deux hommes, quatrième équipage français à gagner la course en 90 ans d'histoire, réussissent l'exploit de conserver l'un des plus prestigieux trophée, une fois arrivés à Plymouth, au terme des 603 milles du parcours.

Départ Rolex Fastnet Race 2015Vainqueurs en 2013, Pascal et Alexis Loison tentent de rééditer leur exploit toujours à bord de Night and Day, un JPK 1010.Photo @ Rolex / Daniel Forster