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Transat Jacques Vabre : L'analyse

Dernier jour de course

Plus la terre approche, plus la tension monte, plus le risque de tout perdre devient insupportable… Cette dernière journée en mer ne sera pas la plus reposante ni la moins stressante pour Gabart et Bidégorry, à bord de Macif, qui ne pourront souffler qu’une fois la ligne d’arrivée franchie.
  • Publié le : 06/11/2015 - 07:00

Dernier jour de courseÀ 600 miles de l'arrivée, MACIF dispose d"une avance confortable sur Sodebo Ultim.Photo @ Vincent Curutchet DPPI MACIF

Faux écart !

Mercredi soir, au large de Salvador de Bahia, Macif (Gabart/Bidégorry) possédait 259 milles d’avance sur Sodebo Ultim’ (Coville/Nélias) – le plus large écart depuis le départ. Au pointage de 4 h 30 ce vendredi matin, cette avance était retombée à 118 milles. Mais pas de panique ! Ce calcul à vol d’oiseau vers Itajai, ne prend pas en compte le contournement du triangle sans vent au large de Rio. A moins de tenter son va-tout en coupant la route – au risque plus que probable d’y rester planté des heures durant – Sodebo devrait emprunter la même trajectoire que Macif. Dans ce cas, le véritable écart entre les deux concurrents est de 215 milles.
A 600 nautiques de l’arrivée, posséder une avance supérieure au tiers du parcours restant est plus que confortable pour le tandem leader.
Reste néanmoins un dernier obstacle sur le chemin de François Gabart et Pascal Bidégorry. Ce vendredi matin (en pleine nuit pour eux), ils vont devoir traverser un front transitoire dans une mer chaotique pour passer des alizés de Nord-Ouest à des vents de Sud-Est… Soit 180° de rotation !
Mais comme la chance semble leur sourire, ce front orageux devrait se déplacer vers le Nord, ce qui accélérerait pour eux la transition et minimiserait le risque de se retrouver englués sous un gros orage.

Derrière, les deux compères pourront à nouveau faire parler la poudre en accélérant au portant à 25-30 nœuds, voire plus, grâce à leur unique foil, à tribord, pour engloutir les 500 derniers milles en une vingtaine d’heures. Leur arrivée est donc prévue à Itajai entre 2 heures et 8 heures samedi matin. Mais en course au large, on sait qu’il faut toujours parler au conditionnel. Et que des retournements de situation de dernière minute, même rares, sont toujours possibles. La seule chose de sûre, c’est qu’ils ne battront pas le record de l’épreuve établi en 2013 par le MOD 70 Edmond de Rothschild (Josse/Caudrelier) en 11 jours 05 heures. Le vainqueur de cette année, quel qu’il soit, mettra plus de 12 jours pour rallier le port brésilien.

Cette victoire qui tend les bras au tout nouveau maxi-trimaran Macif de François Gabart récompensera le travail de toute une équipe d’architectes (VPLP), de constructeurs (CDK) et de préparateurs. Mais aussi et surtout des deux marins qui auront réalisé une course parfaite.
La différence s’est faite en deux fois. D’abord au Nord des Canaries, avec quelques empannages judicieux pour se décaler sous le vent de Sodebo et dessiner une plus belle trajectoire.
Ensuite dans le Pot-au-Noir en insistant vers le Sud pour créer un nouveau décalage (Est-Ouest cette fois-ci) qui permettra de démultiplier leur avance de 45 à 260 milles de la sortie du Pot jusqu’à la pointe du Nordeste. Une première course pleine d’enseignements pour son skipper – notamment au niveau des foils – en vue de sa tentative de record en solo autour du monde dans un an.

IMOCA : PRB creuse l’écart

Dernier jour de courseEn queue de flotte, une belle régate oppose quatre monocoques 60 pieds dans un mouchoir de poche. MACSF (de Broc/Guillemot), 6e IMOCA, ne compte que 15 milles d’avance sur le dernier. Photo @ Th. Martinez/ Sea&CoAprès avoir franchi l’équateur hier après-midi, le trio de tête des monocoques 60 pieds débordera par l’Ouest aujourd’hui le bel archipel de Fernando de Noronha, connue des plongeurs pour sa faune préservée et notamment ses tortues et ses milliers de dauphins. Une journée encore au près serré afin de déborder la corne brésilienne avant de pouvoir accélérer grâce à la rotation des alizés.
Cette régate à trois tourne pour l’instant à l’avantage de PRB (Riou/Col) qui compte désormais 24 et 33 milles d’avance sur Queguiner – Leucémie Espoir (Eliès/Dalin) et Banque Populaire VIII (Le Cléac’h/Tabarly).
Ce dernier, le nouveau de la bande, est le seul doté des fameuses dérives foils à moustache. Si on a pu constater le gain de vitesse au portant dans les alizés de l’Atlantique Nord, à l’inverse on assiste au point faible de ces appendices au près. Depuis la sortie du Pot, Banque Pop' fait moins de cap que ses deux prédécesseurs, sans pour autant être plus rapide. Le retard qui ne cesse d’augmenter pourra-t-il être repris lorsqu’ils navigueront travers au vent demain matin ?

Multi50 – Class40 : RAS

Les deux leaders de ces deux classes, chacun dans son hémisphère, filent dans les alizés avec plus de 300 milles d’avance sur leurs premiers poursuivants. Derrière eux, loin derrière, le Cap-Vert s’est transformé en voie des stands pour leurs poursuivants. Après le Multi50 Ciela Village (Bouchard/Krauss) c’est au tour du Class40 Solidaires en Peloton ARSEP (Vauchel-Camus/Erussard) d’y mouiller pour échanger son safran tribord endommagé, par celui de bâbord, afin de terminer au mieux la course qui se dispute désormais à 90 % bâbord amures.

Dernier jour de courseAvant le départ, Thibaut Vauchel-Camus s’amuse à faire du rappel sur le franc-bord de son Class 40 (une pratique évidemment interdite en course). Aujourd’hui, les deux garçons bricolent au Cap-Vert pour inverser les deux safrans et finir avec un seul valide.Photo @ Pierrick Contin

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