C'est dans le cadre idyllique des Bouches de Bonifacio qu'a débuté hier la troisième étape du Louis Vuitton Trophy. Avec l'annonce récente de BMW Oracle Racing, le nouveau détenteur de la Coupe de l'America, que ce circuit servira d'éliminatoire pour les challengers, la confrontation entre les dix équipes prend une nouvelle saveur. Azzurra et Team New Zealand, vainqueurs des deux premiers rendez-vous à Nice et Auckland, auront fort à faire à La Maddalena face Mascalzone Latino, Team Origin, les français d'All4One et d'Aleph et les retours de Luna Rossa et BMW Oracle Racing, sans oublier les Suédois d'Artemis et les Russes de Synergy... Bref, ça promet du grand spectacle !
Note :
Difficile de rêver décor plus enchanteur que l'archipel de La Maddalena pour accueillir des Class America. Eaux turquoises et rochers ocres ont forgé la réputation de la Costa Smeralda, la célèbre côte d'Emeraude de Sardaigne. C'est ici qu'a commencé hier la troisième épreuve du Louis Vuitton Trophy, après Nice en novembre et Auckland en mars. Contrairement aux deux premiers rendez-vous, ce sont dix équipes et non plus huit qui s'affrontent pendant plus de deux semaines à bord des quatre Class America prêtés pour l'occasion par Mascalzone Latino (ITA-90 et ITA-99) et BMW Oracle Racing (USA-87 et USA-98). Petit tour d'horizon des forces en présence.
Spectacle garanti dès que le vent s'invite dans l'archipel sarde.
Photo © Gilles Martin-Raget (Sea&Co)
Emirates Team New Zealand
Finalistes à Nice et vainqueurs à domicile, les Kiwis de Dean Barker restent les indéboulonnables favoris de toutes les épreuves auxquels ils participent. Pour preuve leur très récente victoire le week-end dernier lors de la première étape de l'Audi MedCup à Cascais (Portugal). C'est l'équipe à battre. Néanmoins, à Auckland, les hommes de Grant Dalton ont montré quelques signes de fébrilité en demi-finale face à Azzurra et n'ont validé leur qualification en finale qu'en décrochant une victoire sur le fil avec seulement 1 seconde d'avance sur les Italiens !
Azzurra
Vainqueurs à Nice et malheureux demi-finalistes à Auckland, l'équipe 100% italienne s'est confortablement installée en haut de la hiérarchie des futurs challengers de la Coupe de l'America. Francesco Bruni et Tommaso Chieffi maîtrisent leur sujet et auront à coeur de remporter la bataille interne entre les trois équipes italiennes devant leur public.
Mascalzone Latino Audi Team
Le Challenger of Record de la prochaine Coupe de l'America a fait une entrée fracassante sur le Louis Vuitton Trophy d'Auckland, se hissant en finale dès sa première participation. Ancien barreur d'Oracle, Gavin Brady aura l'avantage de bien connaître l'une des deux paires de Class America sur laquelle il s'est entraîné pendant plusieurs années.
Team Origin
On ne plaisante pas avec les objectifs chez les British ! Face à des résultats décevants - 4e à Nice, 6e à Auckland et 5e le week-end dernier de l'Audi MedCup - Sir Keith Mills a tranché dans le vif et viré mardi dernier le patron de l'équipe, le Néo-Zélandais Mike Sanderson. Visiblement, le vainqueur de la Volvo Ocean Race 2005-06 n'était plus en phase avec son équipage - dont il faisait partie - et notamment avec l'hyper talentueux barreur Ben Ainslie, triple champion olympique. L'objectif du syndicat britannique reste clair : rapporter l'aiguière d'argent à la maison !
Vainqueur de la 33e Coupe en trimaran, James Spithill signe son grand retour en monocoque.
Photo © Franck Socha (Sea&Co)
BMW Oracle Racing
Venu avec l'équipe B à Nice pendant que la "première" s'entraînait sur le trimaran, BMW Oracle Racing en était reparti à la sixième place sur huit. Indigne d'une telle équipe, ce résultat avait poussé les Américains à faire l'impasse sur Auckland pour se concentrer sur la 33e Coupe de l'America disputée quelques semaines plus tôt. Bien leur en a pris au vu du résultat. Le nouveau détenteur de la Coupe signe donc son grand retour avec son barreur vedette, l'Australien James Spithill, secondé à la tactique par l'Américain John Kostecki. Et maintenant, ils ont un statut à défendre...
All4One
Cinquième à Nice et à Auckland, l'équipe franco-allemande a le mérite de la régularité. Malheureusement, elle a échoué par deux fois aux portes des demi-finales, son objectif cette saison. Mais Sébastien Col et Jochen Schümann savent que l'équipe a bien progressé et que les deux classements, bien qu'identiques, n'ont pas été obtenus de la même manière. A Nice, All4One s'était sauvé sur les deux derniers matchs ce qui lui avait permis de grappiller deux places au classement final. A Auckland, ils ont terminé le Round Robin à la troisième place en rivalisant avec les meilleures équipes. Dernier encouragement et non des moindres : leur très belle deuxième place le week-end dernier en TP52 juste derrière Team New Zealand à Cascais sur un bateau découvert quelques semaines plus tôt. Décrocher un des quatre tickets pour les demi-finales serait la confirmation de cette constante progression.
Aleph Sailing Team
L'autre équipe française aussi a progressé entre Nice et Auckland. Déjà d'un point de vue comptable en terminant avant-dernier en Nouvelle-Zélande et non dernier comme à Nice. Montée à la dernière minute, l'équipe de Bertrand Pacé n'avait pu s'entraîner avant l'épreuve niçoise. La qualité des manoeuvres et le retour des automatismes a permis aux tricolores de rivaliser régulièrement avec les ténors. L'absence du tacticien Mathieu Richard, retenu par le World Match Racing Tour, a entraîné un petit réajustement de la cellule arrière qui enregistre le retour d'Erwan Israël au poste de stratège à la place de Fred Guilmin passé tacticien. Jeff Cuzon reste le navigateur de cette équipe à 90% tricolore.
Artemis
Cette équipe n'a de suédoise que le patron, Torbjorn Tornqvist. Pour le reste, on ne compte que des Néo-Zélandais, des Américains ou des Australiens dans l'équipage mené par le Magnum de la voile, le célèbre Paul Cayard. Stratège à Nice, Cayard était redescendu du mât à Auckland pour diriger la cellule arrière en tant que tacticien. Une réorganisation qui a permis à l'équipe "suédoise" de remonter au classement en terminant 4e en Nouvelle-Zélande après une très décevante 7e place en France. Mais la concurrence est de plus en plus rude et les quatre premières places seront très dures à décrocher en Sardaigne.
Luna Rossa
Attention, gros client ! L'équipe italienne aux trois Coupes de l'america revient avec un nouveau barreur et non des moindres puisqu'il s'agit d'Ed Baird, vainqueur de la 32e Coupe de l'America à la barre d'Alinghi. Seule constante depuis trois campagnes italiennes, le tacticien brésilien Torben Grael sévira de nouveau à bord avec tout son talent et son incroyable sens du vent.
Synergy Russian Sailing Team
Surprenants troisièmes à Nice, l'équipe du Polonais Karol Jablonski s'est effondrée en Nouvelle-Zélande en ne remportant pas le moindre match. Logiques derniers, les Russes déploraient leur manque d'entraînement avant l'épreuve d'Auckland. A ce niveau de compétition, difficile de rivaliser sans un gros travail en amont.
Après un Round Robin où chaque équipe affronte une fois chacun de ses neuf adversaires, les deux derniers classés sont éliminés du Louis Vuitton Trophy. Comme à Auckland, les huit autres se rencontrent dans une deuxième phase selon le principe du 1er contre le 8e, le 2e face au 7e, le 3e contre le 6e et le 4e avec le 5e. Ces matchs en deux victoires permettent de former deux groupes. D'un côté les quatre vainqueurs, dont les deux meilleurs classés à l'issue du Round Robin accèdent directement aux demi-finales. De l'autre les perdants, dont les deux moins bien classés à l'issue du Round Robin sont éliminés de la compétition. Reste donc quatre équipes, deux vainqueurs et deux perdants qui se retrouvent en quart de final repêchage pour l'obtention des deux derniers tickets pour les demis. Seule la finale se disputera les 5 et 6 juin au meilleur des cinq matchs.
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