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La matinale du Vendée Globe (57)

Desjoyeaux au Horn : «Ça, c’est fait !»

Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.

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  • Publié le : 05/01/2009 - 09:54

Vendée Globe 2008-09 : relevé du 05/01 à 05 heures (2) 05/01 à 05h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. Photo © D.R. Il est passé à moins de deux milles. Pas pour le voir : <Temps à grains avec 35-40 noeuds, rafales à 45 noeuds, il faisait nuit comme un lundi !> Non, après un petit contre-bord, raser le cap comme une marque de parcours, temps permettant, au plus court. A 3 heures 10 UTC, cette nuit, Michel Desjoyeaux a franchi la longitude du Horn. Retour en Atlantique. <Ça y est, comme on dit chez les Broken Arms : "Ça, c'est fait !">

Oui, c'est fait. Et de quelle manière : 120 milles d'avance sur Roland Jourdain, près de 500 sur Jean Le Cam, plus de 700 sur Vincent Riou et Armel Le Cléac'h. Rappelez-moi son surnom ? <Le Professeur>. Belle leçon. Parti avec plus de 40 heures de retard des Sables, comptant jusqu'à 600 milles d'écart avec les premiers, Desjoyeaux double donc le Horn en tête en 56 jours 15 heures 08 minutes. Soit mieux que Le Cam, en tête au Cap voici quatre ans. Mais avec 1 200 milles de plus à parcourir en raison des portes des glaces !

Oui, c'est fait. Et, forcément, ça soulage. <La mer est enfin plate, confirme le skipper de Foncia. Le vent est enfin raisonnable : 23 noeuds, du petit temps, direz-vous ! En route pour de nouvelles aventures vers le haut>.

Oui, c'est fait. Et alors ? C'est fini ? Horn viré, Vendée bâché ? Y a plus qu'à rentrer ? On remonte l'Atlantique et on est à la maison ? Plaisanterie... Demandez donc à Michel Desjoyeaux, justement ! Demandez à Christophe Auguin : lors de sa victoire, en 1996-97, entre Horn et Vendée, l'un de ses derniers messages était titré : <L'éternité, c'est très long, surtout à la fin...> Demandez à Jean le Cam, qui aurait pu gagner en 2004-05. Demandez à Ellen MacArthur, en pleurs devant sa dérive cassée. Demandez à Bertrand de Broc ou Catherine Chabaud, qui ont connu le pire juste avant l'arrivée. Et demandez à tous ceux qui ont bouclé ce dernier tiers de course, vécu cet ultime mois de mer, remonté ces fichus 7 000 milles jusqu'aux Sables.

Ils vous diront ces interminables bords de près, vagues courtes, bateau qui cogne, tape, résonne, lui qui a déjà tant donné, tant pris, tant souffert. Et l'île des Etats, et les îles Malouines, par l'Est ou par l'Ouest ? Et les coups de pampero qui dégringolent sans signe annonciateur des côtes patagonnes ? Et les pétoles molles de l'anticyclone géant de Sainte-Hélène ? Et les cétacés ? Et le pot au noir ? Et les OFNIS, conteneurs ou billes de bois ? Et les facéties de l'anticyclone des Açores ou les dépressions hivernales de l'Atlantique Nord à l'approche des Sables-d'Olonne ?

C'est vrai, retrouver l'Atlantique, des côtes familières à bâbord et à tribord, les grandes routes maritimes, une mer moins monstrueuse, moins de froid, a priori moins de vent, quitter <le territoire de l'ombre>, comme l'a appelé Titouan Lamazou, vainqueur en 1989-90 de ce qui s'appelait alors le Globe Challenge, est toujours un soulagement... Mais les pièges qui jalonnent le parcours de retour sont nombreux, variés, parfois imprévisibles.
C'est fait, oui. Mais rien n'est fait.

Vendée Globe 2008-09 : relevé du 05/01 à 05 heures (1) 05/01 à 05h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cam : fuchsia. 4.Riou : orange. 5.Le Cléac'h : beige. Photo © D.R. Car Jourdain (Veolia Environnement) devrait arriver en Atlantique à midi. Le Cam (VM Matériaux) sans doute la nuit prochaine, à la faveur d'un flux de Nord-Ouest qui pourrait se montrer plus maniable. Et les deux compères de Port-Laf' n'ont aucunement l'intention de laisser filer leur pote. C'est grand, l'Atlantique. C'est beau, comme terrain de jeu. Comme un grand Figaro. Une nouvelle course commence. Une nouvelle page s'ouvre. Et si Foncia a déjà commencé à y écrire son sillage, ses poursuivants - y compris Riou et Le Cléac'h - comptent bien rajouter leur grain de sel !

<Je fais route assez directe vers le Horn, explique le skipper de PRB. Je devrais y être avec en gros deux jours de retard sur Michel.> Et après le Horn ? <C'est un peu la foire, donc je n'ai aucune idée de ce qui va se passer. Il y a peut-être déjà moyen de recoller un peu sur Jean Le Cam.> Et Vincent Riou de le répéter une fois de plus : <Ensuite, la remontée de l'Atlantique est pleine de difficultés qui rendent tout possible...>

<Je me rapproche du passage mythique du cap Horn ! s'exclame de son côté Le Cléac'h. C'est la première fois pour moi et les conditions sont vraiment agréables.> Mais lui aussi pense à l'après : <J'en profite pour me reposer un peu, car il y aura pas mal de stratégies et de tactiques à gérer dans l'Atlantique...>

Dans le tableau de Foncia, ce matin, ils ne sont en tout cas plus que treize : Jonny Malbon (Artemis), laminé par sa grand-voile en lambeaux, sa dérive cassée et ses problèmes de charge de batteries, a préféré se dérouter hier vers la Nouvelle-Zélande, plutôt que de défier le Pacifique Sud avec un bateau à ce point mal en point. Triste, mais sage décision.

Car, derrière, on sent la lassitude, la fatigue, le stress - tant de milles, encore, à parcourir dans l'océan Austral... Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), 8e : <Je n'ai eu que cinq minutes de soleil depuis la Nouvelle-Zélande. La plupart du temps, il fait bien morne par ici...> Dee Caffari (Aviva), 9e : <Les 24 dernières heures ont été difficiles. Il y a eu des rafales de vent à 47 noeuds ; la mer a été énorme ayant un gros impact sur la vitesse du bateau. [...] C'est donc un peu inconfortable et ça veut dire une nuit sans repos pour moi>. Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), 13e : <Le problème avec le génois, c'est que je peux l'utiliser, je peux l'enrouler, mais je ne peux pas le garder sur l'étai. Après chaque utilisation, il faut l'affaler, sinon, il se déroule tout seul. [...] J'ai aussi quelques petits trous où l'eau entre tout le temps. Tout est humide et il faut faire gaffe avec la bouffe et l'électronique. Le pont travaille sous la pression du gréement. Si je vois une fissure, je la bouche avec de l'époxy mais, le lendemain, je retrouve un nouveau trou ailleurs.>

Pour lui, pour Raphaël Dinelli ou pour Rich Wilson - qui viennent, eux, d'entrer en Pacifique -, il faudra compter trois semaines au moins avant que se profile le cap de la Délivrance...



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Temps compensé pour Marc et Sam

Sam Davies et, surtout, Marc Guillemot, ont assisté Yann Eliès après sa fracture de la jambe à bord de Generali. Après délibération, le Jury international a décidé que Marc Guillemot (Safran) recevait une bonification de 82 heures qui devra être retranchée de son temps de course, et que Samantha Davies (Roxy) bénéficiait de 32 heures de débours. Au vu des écarts (plus de 1 300 milles pour Sam, plus de 1 700 milles pour Marc) par rapport à leurs concurrents directs, cette bonification ne devrait pas changer la hiérarchie dans l'immédiat. Sauf si Marc Guillemot décide de faire un nouvel arrêt technique au Horn pour réparer son rail de grand-voile arraché...

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Distance : 1 160 milles de plus

Les portes des glaces du Pacifique ayant été remontées vers le Nord pour des raisons de sécurité, la distance totale - et définitive - de ce sixième Vendée Globe est de 24 840 milles, soit 1 160 milles de plus que l'édition précédente.

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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures n'est pas toujours le premier !


Vendée Globe 2008-09 : les meilleures perf’ au 05/01 à 05 heures Desjoyeaux, encore, toujours. Trois de ses poursuivants derrière, Steve White mieux que comme l'appelle Mich'Desj'. Et Sam, cette fois, s'est un peu calmée. Photo © D.R.
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Suivi des avaries


En course
Dee Caffari (Aviva) connaît les mêmes problèmes que Jonny Malbon avec sa GV qui se délamine : elle est contrainte de bricoler sa voile avec de la résine et du Sikaflex. Mais elle continue.

Hors course
Jonny Malbon (Artemis), qui connaît des avaries en série depuis le départ (dérive cassée par un cétacé, panne de recharge des batteries, GV totalement délaminée), a préféré renoncer avant de s'engager dans le Pacifique. Il fait route vers la Nouvelle-Zélande, à 600 milles dans son Nord.
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), qui a explosé son safran bâbord le 31 décembre, fait lentement route vers la Nouvelle-Zélande, avec son seul safran tribord, lui aussi endommagé le 15 décembre par un OFNI.
Seb Josse (BT), qui a abandonné la course le 29 décembre au matin, approche lentement de la Nouvelle-Zélande (sans doute Auckland), safran bâbord irréparable.

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