Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
Note :
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Le Cléac'h : beige. 5.Riou : orange.
Photo © D.R.
Michel Desjoyeaux a décidé de terminer l'année en beauté. Hier, dimanche, il a habillé Foncia avec sa plus belle garde-robe pour filer entre 17 et 20 noeuds - soit deux de plus que la concurrence. Mais comment fait-il ? D'accord, le vent d'Ouest soufflait alors à une trentaine de noeuds - maniable, donc, après les raclées subies la semaine dernière. Et, c'est vrai aussi, la mer était un peu mieux organisée. Mais tout de même...
Tangentant la porte Pacifique, Mich'Desj' a aussi pris la tangente tout court. Serein, mais prudent, plus réservé : <Je n'ai pas trop touché à la caisse à outils, mais je reste studieux pour prévenir tout problème. Ah si ! J'ai eu un petit souci avec le calculateur, un compas amélioré qui a été aspergé avec de l'eau de mer, je l'ai rincé et il est en train de sécher.> Et puis, cette concession, à peine un aveu : <J'ai eu mon lot d'emmerdes, mais j'arrive à passer entre les mailles du filet. On a parfois le bateau qui part en surf dans la pente de la vague, et, une fois en bas, on arrive durement, alors on sert les fesses. Soyez sûr que je ne fais pas trop le malin...> Et d'ajouter ce matin : <J'ai affalé la grand-voile pour changer une latte, la dernière. C'est la première fois que ça m'arrive sur ce bateau...> Dont acte. Desjoyeaux est humain, lui et son bateau connaisent aussi des problèmes. Mais ce n'est pas cela qui fait chuter sa moyenne...
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Le Cléac'h : beige. 5.Riou : orange. 6.Josse : violet.
Photo © D.R.
Juste derrière, un poil plus Sud, <Bilou> fait mieux que de la résistance. Les presque 90 milles de retard qu'il accuse ce matin ne représentent qu'une goutte de Pacifique. Reste juste à veiller que la fuite n'augmente pas. C'est que doit commencer à craindre Jean Le Cam : près de 300 milles, ce n'est pas rien. <Revenir sur le duo de tête va être difficile, affirme Jean, car ça va partir par-devant. Après, pour la dernière porte au cap Horn, on verra...> Un peu désabusé, Le Cam ? <Le passage de l'Indien au Pacifique est toujours décevant, j'imagine qu'il faut aller en Polynésie pour se faire plaisir. Nous, on ne va voir que des portes ! Un point à droite, un point à gauche et on passe au milieu, on est un peu idiots... Je vous dis à bientôt dans les îles, moi, je vais passer ma petite portounette.>
Il va effectivement être difficile de revenir dans les prochains jours : la dernière porte de l'Est Pacifique ayant été remontée à 44° Sud (soit plus haut que ce que montrent les cartes d'hier, présentées ci-contre), et le vent étant annoncé au Nord-Ouest, le bord suivant va ressembler à une descente de plus de 1 000 milles proche du grand-largue, course <de chevaux de bois> où s'exprime la vitesse pure - exercice dans lequel excelle Foncia.
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Le Cléac'h : beige. 5.Riou : orange. 6.Josse : violet.
Photo © D.R.
Derrière Le Cam, deux coureurs se marquent, se reniflent, se croisent et régatent comme des forcenés : Armel Le Cléac'h et Vincent Riou ne se quittent plus, course dans la course, duel, piment, aiguillon - et moindre sentiment de solitude qu'un Roi Jean quelque peu esseulé entre la tête et ces deux furieux. Le Cléac'h (Brit Air) semblait jusqu'à ce matin tenir un léger avantage en vitesse. Peut-être à cause de problèmes mécaniques sur PRB ? <Un de mes deux moteurs est tombé en panne, expliquait Vincent Riou, et je viens à peine de ressortir la tête de la cale, c'est à peu près réparé...> Ou par prudence, voire par fatigue ? <Je n'avais jamais rien rencontré de mer aussi extrême, continue Riou. Maintenant, tout le monde panse un peu ses plaies et attend le passage du cap Horn. Quand la tempête est vraiment grosse, l'idée, c'est de faire le dos rond, d'oublier la course et d'essayer de naviguer en bon marin>.
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Le Cléac'h : beige. 5.Riou : orange. 6.Josse : violet.
Photo © D.R.
Au chapitre des mauvaises nouvelles, Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) a chaviré dimanche matin. Avec ses deux barres de flèche bâbord cassées, le Canadien, alors 16e, était contraint de se détourner sous voilure réduite vers la Tasmanie, à environ 1 000 milles de sa position. Une escale qui devrait être synonyme d'abandon...
Par ailleurs, on a appris ce matin tôt la perte de Generali. Le 60 pieds de Yann Eliès, abandonné à 700 milles au Sud de l'Australie, a vu sa balise de positionnement cesser d'émettre le 23 décembre, la balise de détresse se déclencher, puis s'arrêter vendredi dernier. Face aux conditions météo et en l'absence de position récente du bateau, l'équipe partie récupérer le monocoque a renoncé dimanche soir à poursuivre les recherches...
Quant à Seb' Josse (BT), il continue à faire route vers le Nord, vers le coeur de l'anticyclone, en vue de trouver des conditions plus calmes lui permettant d'essayer de réparer son safran endommagé. Aujourd'hui sera sans doute décisif pour lui : continue, abandonne ?
Mise à jour 12h19 : Seb' Josse vient finalement d'annoncer qu'il mettait le cap sur Auckland, Nouvelle-Zélande, safrans irréparables. Le skipper de BT est ainsi le 13e coureur à abandonner.
Dans la nuit de samedi, Marc Guillemot, lui, est reparti de la crique néo-zélandaise de l'île Enderby (Auckland Islands), où il avait mouillé Safran pour réparer, seul et sans assistance, son rail de mât. Sam Davies (Roxy), remarquable huitième, toujours émerveillée, toujours heureuse - et filant à plus de 17 noeuds -, le précède d'environ 500 milles. Souriante, mais déterminée : elle a été la plus rapide des dernières 24 heures ! Et elle profite des travaux de Jean-Pierre Dick sur son système de barre pour fondre sur Paprec-Virbac 2...
Distance : 1 160 milles de plus
Les portes des glaces du Pacifique ayant été remontées vers le Nord pour des raisons de sécurité, la distance totale - et définitive - de ce sixième Vendée Globe est de 24 840 milles, soit 1 160 milles de plus que l'édition précédente.
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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures n'est pas toujours le premier !
Well done, Sam ! La preuve par le sourire qu'on peut bouffer du mille mieux que personne ! Derrière, Mich'Desj' déroule, tandis que Derek Hatfield remonte lentement vers la Tasmanie.
Photo © D.R.
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Suivi des avaries
Seb Josse (BT) fait toujours route vers le Nord en vue d'essayer de réparer son safran tribord.
Derek Hatfield (Aligimouss-Spirit of Canada) fait route sous voilure réduite vers la Tasmanie ou l'Australie du Sud en vue de réparer ses deux barres de flèche bâbord cassées dans un chavirage survenu le dimanche 28 décembre au matin.
Marc Guillemot (Safran) est reparti en course de l'île Enderby (Auckland Islands) le samedi 27 décembre vers 21 heures 30 (heures françaises), après avoir réparé, seul, son rail de mât.
Dominique Wavre (Temenos 2) a rallié Fremantle (Australie) le dimanche 28 décembre à 0 heure 30 (heure française). Il a été accueilli par Mike Golding (Ecover), arrivé la veille...
Generali (Yann Eliès) est considéré comme perdu. La dernière balise (celle de détresse) du 60 pieds de Yann a cessé d'émettre le vendredi 26 décembre et l'équipe partie récupérer le bateau à 700 milles au Sud de l'Australie a dû suspendre ses recherches.
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29/12/2008 - 12:19
Sébastien Josse abandonne
Sébastien Josse vient d’annoncer qu’il ralliait Auckland (Nouvelle-Zélande, à 1 250 milles), jugeant ses safrans irréparables. Le skipper de BT faisait route vers un anticyclone depuis plusieurs jours, espérant pouvoir réparer son système de barre, endommagé lors de son chavirage, le 26 décembre…
29/12/2008 - 09:34
Generali perdu en mer
La balise de positionnement de Generali s’est arrêtée le 23 décembre. La balise de détresse a pris le relais. Et, le 26 décembre, elle a à son tour cessé d’émettre… L’équipe partie pour ramener le 60 pieds de Yann Eliès, abandonné à 700 milles au Sud de l’Australie, a dû suspendre ses recherches.
28/12/2008 - 17:19
Hatfield chavire et casse deux barres de flèche
Tout comme Seb Josse, Derek Hatfield a chaviré sous une déferlante. Quand il s’est redressé, son Algimouss-Spirit of Canada avait deux barres de flèche bâbord brisées. Irréparable. Alors 16e au Sud de l’Australie, le Canadien a dû se résoudre à mettre le cap sur la Tasmanie, à 1000 milles de là.