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Enfin des multis !

Paradoxe : La Trinité, un des plans d’eau qui a vu naître les multicoques océaniques dans les années 1980, n’accueillait pas de multicoques habitables pour sa grand-messe de Pâques. Du moins jusqu’à l’édition 2017. Car cette année, 17 catas et trimarans étaient au départ. On en a profité pour embarquer sur Guyader Gastronomie, un TS 42 plutôt affûté.
  • Publié le : 16/04/2017 - 00:01

Guyader GastronomieDessiné par Christophe Barreau et construit au chantier Marsaudon, le TS42 est un catamaran de course-croisière véloce et confortable.Photo @ Didier Ravon

Sur 409 bateaux, ce sont 16 multicoques qui se retrouvent à La Trinité pour le 39e Spi Ouest France - la première édition qui soit ouverte aux multicoques habitables classés en Multi2000 (la jauge de l’AMH, association des multicoques habitables, aussi connue sous le nom de “M2K”). Parmi ces 16 bateaux, 15 tris (sept Dragonfly, mais aussi un plan Farrier, deux Tricat 30, deux plans Newick, un Bandit 800…) et un seul cata : le TS42 version course, tout carbone et à dérives, que Christian Guyader a mis à l’eau il y a un an avec un objectif ambitieux : la Route du Rhum 2018, précédée d’un long programme d’entraînement.

Multi2000Seize multicoques sont engagés au Spi Ouest-France cette année dans la classe Multi2000 dont quinze trimarans et un catamaran.Photo @ Didier Ravon

Ce samedi 15 avril, deuxième jour du Spi Ouest-France, nous étions à bord de ce joli course-croisière construit au chantier Marsaudon et dessiné par Christophe Barreau. En bonne compagnie : à la navigation, le ministe Frédéric Denis, vainqueur de la dernière Mini-Transat en proto et bientôt engagé sur le circuit Figaro (pour les saisons 2018-2019). Et, pour diriger les manœuvres, Gwen Chapalain, fameux Douarneniste et dragoniste, qui gère la flotte Guyader (outre le TS42 il y a aussi un Dragon et un Diam 24) et qui organise par ailleurs le Grand Prix Guyader. Du coup, forcément, le parcours côtier de 39 milles a été bouclé assez vite. Presque jamais en dessous de 10 nœuds, même au près, et parfois à plus de 15. Pour faire simple, au reaching, ce bateau est capable de naviguer à peu près à la vitesse du vent. Et ici, pas question de rester coincé toute la journée dans les filières, chacun est libre de se déplacer à sa guise sur le bateau.

Frédéric DenisFrédéric Denis assure la navigation à bord de Guyader Gastronomie.Photo @ Sébastien Mainguet

Une tout autre vision de la régate… Avec aujourd’hui un long duel opposant notre TS42 au trimaran Acapella-Soreal mené par son (re) constructeur trinitain Charlie Capelle. Le trimaran jaune est resté derrière presque jusqu’à la ligne d’arrivée… Mais sur un ultime bord de près serré, il s’est montré nettement plus à l’aise et il est passé au vent du cata à seulement quelques longueurs de la ligne ! Ce qui, en temps compensé, ne changeait pas grand-chose puisque de toute façon Guyader Gastronomie lui rendait du temps. Au classement général provisoire, après deux jours de course, Acapella-Soreal a d’ailleurs une bonne longueur d’avance. Il l’emportait samedi comme vendredi en temps compensé. Avec s’être classé cinquième hier et deuxième aujourd’hui, Guyader Gastronomie est troisième au classement provisoire, derrière Acapella-Soreal donc et le Dragonfly 920 Aberzen.

A capellaLe magnifique Acapella-Soreal de Charlie Capelle domine la classe Multi2000 lors de ce Spi.Photo @ Sébastien Mainguet

“La décision de faire venir les multis, c’est celle de la SNT [Société Nautique de La Trinité] et de son président Antoine Croyère, précise le directeur de course Christophe Gaumont. De mon côté cela se passe très bien. On a créé une nouvelle zone de départ pour les multis, et on les envoie sur de grands parcours côtiers qui passent à l’extérieur des autres ronds pour que ça ne gêne pas les autres classés.”

Multi SpiLes Dragonfly constituent le gros de la flotte des Multi2000 engagés.Photo @ Didier Ravon

Mais en fait, nous a précisé Philippe Nicolas, skipper du Dragonfly 920 Magic Dragon, ce sont les responsables de l’association des trimarans Dragonfly (dont il est le président) qui ont eux-mêmes sollicité la SNT afin de pouvoir eux aussi participer à cette grande épreuve qui ouvre la saison. “On a contacté la SNT dès le printemps 2016, dans la foulée de notre rassemblement de Dragonfly organisé à Pornic et qui avait tout de même attiré 23 bateaux. Ils ont été un peu réticents au début, mais vers septembre-octobre on s’est engagé à amener au moins dix bateaux, et d’ailleurs pas que des Dragonfly. Antoine Croyère, le nouveau président de la SNT, a fait beaucoup pour que les choses se fassent.” Gildas Ludot, président de l’AMH (Association des Multicoques Habitables) confirme : “en effet, c’est Philippe Nicolas qui nous a prévenus qu’il y avait sans doute une ouverture pour le Spi Ouest-France, à condition que l’AMH se mobilise aussi.” Aujourd’hui, cette intégration est un vrai succès.

A bord Guyader GastronomieBon vent belle mer pour cette manche rondement menée à bord de Guyader Gastronomie.Photo @ Sébastien Mainguet

Ils ont dit…

Christian Guyader, propriétaire, TS42 Guyader Gastronomie
« Le multicoque habitable a fini par avoir une mauvaise image auprès des gens qui régatent en monocoque, parce que les grands chantiers ont fait de plus en plus de catas très lourds. Mais il y a aussi des multis habitables qui avancent ! Avoir les Multi2000 au Spi Ouest France permet de le rappeler. »

Frédéric Denis, navigateur, TS42 Guyader Gastronomie
« C’est bien que les multis soient là. Le plan d’eau est bien adapté pour eux, ça permet de faire de jolis côtiers. Mais aussi de faire des départs à l’anglaise, ce qui ne se faisait pas trop par ici. Et puis l’idée du Spi Ouest-France c’est quand même de faire naviguer tout le monde ! »

Hervé et Jean-Yves Drogou, Dragonfly 920 Aberzen
« Avec la SNT, l’organisation est très carrée, tout est assez rigoureux et c’est appréciable. Les ronds et les zones de départ sont bien séparés de manière à ce que les trajectoires ne se croisent pas. C’est important pour des multicoques qui sont forcément plus rapides mais moins manœuvrant. Du coup il n’y a pas de conflit. Les parcours côtiers sont bien conçus, et suffisamment longs, il n’y a rien à dire. Nous on fait les championnats du monde de Vaurien, on a l’habitude d’avoir un comité de course très au point. On n’était pas dépaysé ici ! »

Retrouvez l’ensemble des résultats sur le site du Spi Ouest-France - Destination Morbihan.

Manoeuvre à bord GuyaderDépart au portant lors du parcours côtier de samedi. Et avant même la ligne, on hisse le spi à bord du TS42. Photo @ Didier Ravon