Actualité à la Hune

VENDÉE GLOBE

Eric Bellion : «J’ai pensé abandonner plusieurs fois !»

Après son arrivée aux Sables-d’Olonne à la neuvième place et 99 jours de course, le premier bizuth du Vendée Globe nous a accordé un long entretien. Eric Bellion est revenu sur sa course, abordant toutes les questions sans détour, avec la sincérité qui le caractérise et une pointe de philosophie.
  • Publié le : 28/02/2017 - 15:45

BellionLe formateur en management a effectué une démonstration d’éloquence lors de sa conférence de presse d'après-course.Photo @ Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe
Voilesetvoiliers.com : Comment te sens tu après cette incroyable expérience ?
Eric Bellion :
Je suis fatigué mais super heureux ! J’ai tout mis. Si j’étais arrivé sans les problèmes de la dernière semaine, j’aurais été en forme. J’étais tellement cuit qu’imaginer devoir faire une manœuvre avant le passage de la ligne d’arrivée m’angoissait… même si on trouve toujours des ressources. Heureusement, je n’ai pas eu besoin car le vent a tourné au bon moment… C’est un peu surréaliste ce qui m’arrive. J’ai l’impression que tout ça concerne une autre personne. C’est un peu ça quand tu réalises un rêve.

Voilesetvoiliers.com : Tu t’attendais à un tel accueil ?
E. B. :
Non ! Je n’avais jamais vécu ni de départ ni d’arrivée de Vendée Globe, sauf à la télé. Les bateaux venant à ma rencontre, le chenal, la fête… C’est un truc qu’on fantasme beaucoup pendant la course, car on ne pense pas à l’arrivée, c’est tellement loin… Mais il y a un moment où tu te dis que ça va peut-être le faire, et là tu te prends à rêver. L’arrivée, c’est un truc de dingue, un truc qui te marque à vie !

Voilesetvoiliers.com : Tu as dit que la course avait été encore plus dure que ce que tu avais pu imaginer. En quoi ?
E. B. :
Tout est plus dur ! C’est dur physiquement, c’est dur moralement. La solitude est dure. Ce n’est pas le fait d’être seul à bord, car j’aime bien être avec les gens mais j’ai aussi besoin d’être seul. Me retrouver durant trois mois en solitaire, je l’ai pris comme un cadeau précieux qu’on a du mal à faire dans la vie de tous les jours. Ce qui m’a pesé, c’est de faire des choix seul tous les jours. J’avais tellement peu de repères et d’expérience en solitaire que tout était découverte ; chaque choix était donc difficile.

Voilesetvoiliers.com : Par exemple ?
E. B. :
Il y a cette tempête à l’Ouest du Portugal et tu te dis je passe par où ? Tu as des choix à faire et il n’y a jamais quelqu’un qui va te dire : «Ça c’est le bon choix.» Pareil pour le réglage des voiles. Qu’est-ce que tu choisis comme configuration de voilure ? Ça, je ne savais pas faire au début, et chaque fois tu sais que ton choix va porter à conséquence pour ta sécurité.

Voilesetvoiliers.com : Si tu devais établir le ratio bonheur/souffrance, ce serait quoi ?
E. B. :
Je dirais 80 % de bonheur et 20 % de souffrance. Mais c’est parce que c’est hyper dur que le plaisir est si fort.

Eric BellionIl n’y a pas que physiquement qu’Eric Bellion s’est transformé lors de son tour du monde.Photo @ D. Ravon
Voilesetvoiliers.com : Tu as pensé à abandonner ?
E. B. :
Oui, plusieurs fois ! Il y a des moments où j’ai été assailli par le doute. Je voyais les fichiers météo du Sud et me suis souvent demandé si je n’avais pas mis la barre trop haute ? Mais c’est dans ma nature de la monter, la barre. Je dois avouer qu’après la descente de l’Atlantique j’ai même fait un routage sur Le Cap, me disant que c’était une solution. Je n’avais aucun problème technique pourtant. J’avais beau être sur un gros bateau – gage de sécurité –, tu te mets dans des situations super scabreuses. La première nuit, je me suis retrouvé à creuser un sillon à 30 nœuds dans la mer car j’étais trop toilé ! Ensuite, mon bateau s’est violemment fait coucher au cap Finisterre… Plus tard, quand j’ai vu la longueur du tour de l’Antarctique, je me suis demandé ce que je faisais là et si je serai capable d’affronter un mois durant des dépressions entre 40 et 60 nœuds. Enfin, quand trois jours avant l’arrivée au Nord de l’Espagne je n’avais plus de grand-voile, plus de moteur, donc plus d’énergie ni possibilité de basculer la quille, j’ai été à deux doigts d’abandonner. J’ai appelé mon équipe technique pour leur dire que si je ne renvoyais pas ma grand-voile et que le vent ne tournait pas, c’était plié. Je n’allais pas mettre ma vie en jeu. J’ai fait mes calculs. Je pleurais sans larme et j’étais comme un fou. Il me restait dix heures d’énergie. Je n’avais pas de solution. Je n’avançais pas assez vite pour que l’hydrogénérateur charge, et il n’était même pas pensable que je barre trente heures dans 40 nœuds au près sans quiller… Ce sont des bateaux ingérables sans électricité. On veut nous faire croire que les héros d’aujourd’hui, ce sont ceux qui n’ont pas peur, ne sentent jamais rien, font des trucs de folie sans s’écouter, sans se préserver. Pour moi, c’est tout le contraire ! Ma priorité a toujours été de mettre la sécurité du bateau et la mienne au premier plan.

Voilesetvoiliers.com : Mais ton entourage t’a rassuré avant que tu n’abordes le grand Sud, non ?
E. B. :
Absolument. C’est là aussi que j’ai vu que j’étais bien entouré, avec beaucoup de gens qui ont su trouver les bons mots pour me rassurer, comme Michel Desjoyeaux ou Sam Goodchild. Là, je me suis dit que si je n’allais pas voir j’allais le regretter toute ma vie. J’étais fatigué, anxieux, à cinq jours de mer de l’Afrique du Sud et ça me permettait d’échapper à cette première grosse dépression en passant très Nord. Et puis j’ai décidé d’y aller. J’ai empanné et suis parti plein Sud. Bref, je voulais voir et j’ai vu ! Je me suis pris 40 nœuds sous MDTK. Le bateau filait comme un avion et c’était génial !

Voilesetvoiliers.com : C’est quoi cette "MDTK" dont tu n’as pas parlé durant la course ?
E. B. :
C’est une voile de brise extraordinaire inventée par Michel Desjoyeaux en 2008, qui est en Cuben Fiber, d’où son nom de code qui veut dire «Michel Desjoyeaux Trinquette». J’ai racheté cette voile magique à François Gabart, le vainqueur du Vendée Globe en 2013. C’est une arme redoutable ! Un jour, alors que j’étais à la table à cartes, j’ai reçu un appel de Rich Wilson qui me disait de regarder dehors et que nous naviguions à vue ! Il était juste devant sous grand-voile 2 ris et J2, et moi sous grand-voile 2 ris aussi et MDTK. Je l’ai déposé !

Voilesetvoiliers.com : Tu as eu beaucoup de mal au début. Qu’as-tu changé pour parvenir à récupérer ?
E. B. :
Je ne savais pas dormir ! J’étais stressé mais je n’allais pas me «médicaliser» pendant deux mois. Il n’a jamais été question de faire le Vendée Globe avec des anxiolytiques. Mon médecin m’a dit que si je ne me sentais pas de continuer, je devais arrêter et que déjà être au départ du Vendée Globe était en soi une victoire. Ça a été un moment super important et ça fait partie de ces étapes où je me suis libéré. J’ai décidé de faire confiance au bateau. Au début, j’étais hyper crispé. Le chenal au départ, ça a été difficile. Tu te rends compte qu’il y a 300 000 personnes en train de te regarder et qui vont te juger. Tu es dans une arène. Je me suis demandé ce que j’étais venu faire là ! J’étais rentré dans un tunnel et là j’en sortais et me disais que s’il y avait autant de gens à suivre ça, c’est que je faisais un truc de malade ! J’ai mis cinq jours à m’en remettre de cette sortie de chenal ! Je me référais à ce que les autres marins faisaient mais j’étais dans l’inconnu. J’avais observé Sam Goodchild ou Samantha Davies, et j’essayais de les imiter, eux qui s’endormaient en quelques instants. J’avais parlé avec Marc Guillemot qui m’avait dit qu’il faisait des sessions de quarante minutes de sommeil. Je me suis dit que j’allais faire la même chose, mais ça ne me convenait pas. Et j’ai fait tout le début de la course avec mon écran d’ordinateur allumé devant mon pouf, avec mon minuteur d’alarme réglé sur quarante minutes plus une sonnerie horrible. Je m’assoupissais mais j’avais toujours un œil sur l’ordinateur avec mon réveil qui ne respectait pas mon cycle. Je me réveillais au bout de quarante minutes mais en fait tout allait bien, CommeUnSeulHomme traçait sa route sous pilote.

Voilesetvoiliers.com : Et alors, qu’as-tu décidé en rentrant dans les mers du Sud ?
E. B. :
Je me suis dit : «tu arrêtes tes conneries !» Ma première décision a été d’éteindre l’écran de l’ordinateur et ma deuxième de déconnecter l’alarme. A partir du moment où j’ai «oublié» le bateau, tout a changé. Pendant la Transat Jacques Vabre en 2015, j’avais tellement de mal à dormir que j’ai eu des hallucinations. Là, rien ! Je partais dans des phases de vrai sommeil récupérateur. Je savais enfin dormir par tous les temps…

Eric Bellion publicLe Vendée Globe est une course unique du départ à l’arrivée au ponton puis sur le podium !Photo @ Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe
Voilesetvoiliers.com : Tu as dit que la Lune et le Soleil avaient été toujours bienveillants avec toi ?
E. B. :
C’est vrai ! La Lune m’a montré la sortie de la dépression du Portugal il y a quelques jours. J’ai eu un vrai rapport avec elle. Quand elle arrivait, je lui disais bonjour. Quand le soleil se couchait, je le remerciais pour cette super journée, je lui parlais. C’était juste extraordinaire de vivre ça avec les astres.

Voilesetvoiliers.com : Comment juges-tu ta progression, notamment en termes de météo ?
E. B. :
En fait, j’ai appliqué ce que j’ai appris, entre autres avec Jean-Yves Bernot. J’ai bien préparé ma course car à partir du moment où j’ai décidé de faire le Vendée Globe, j’ai, je crois, franchi les étapes correctement en m’entourant bien, en montant une équipe, en ayant un bon bateau, des bonnes voiles, en prenant du temps pour me former à la météo. Tout a été fait comme si on était le team Banque Populaire, mais à notre niveau. On ne pouvait pas faire plus professionnel bien que je sois un amateur. De toute façon, je ne me voyais pas faire le Vendée Globe à l’arrache !

Voilesetvoiliers.com : Si tu devais refaire le Vendée Globe aujourd’hui, tu changerais quoi ?
E. B. :
Déjà, je n’ai pas l’intention de le refaire, mais je pense que j’irai un peu plus loin dans les détails de la préparation du bateau. Mais c’est compliqué, car encore une fois je n’avais pas de repères. Il y a des endroits du bateau où l’eau s’infiltrait, car je n’avais pas imaginé que ça puisse passer. Au début, il était sec, et puis il a pris l’eau qui arrivait par les tunnels et suivait les câbles électriques jusqu’à la table à cartes où j’avais toutes les connexions. Du coup, je pompais et j’asséchais tous les jours. C’est seulement au ponton le lendemain de l’arrivée que nous avons découvert que le moteur, en panne depuis plusieurs semaines, était gorgé d’eau… Aujourd’hui, je ferais différemment car j’ai appris des trucs. Ce qui est certain, c’est que nous avons été au maximum de nos possibilités. Donc, je n’ai aucun regret, encore moins de remords, car on a utilisé de manière optimale le temps et l’argent qu’on avait.

Voilesetvoiliers.com : Tu as été satisfait des modifications que tu avais apportées à ta cellule de vie ?
E. B. :
Par rapport à ce qu’il y avait avant, il n’y a pas photo, mais les conditions de vie sur ces bateaux sont horribles ! Avec les deux cockpits, j’en ai vraiment pris plein la gueule, et je rêvais d’avoir un truc fermé comme un cabriolet. La dernière semaine, je l’ai vécue en combinaison de survie 24 heures sur 24. Je pense que les gens ne se rendent pas compte à quel point on a une vie misérable ! On est dans notre jus, on est trempé. Dès que j’avais la moindre manœuvre à faire, je devais m’habiller de pied en cap. Le seul répit, c’était d’aller dans un pouf trempé avec une couverture trempée, dans une boîte bougeant dans tous les sens et hyper bruyante.

Voilesetvoiliers.com : Justement, tu as souffert du bruit ?
E. B. :
Clairement. Il faut que j’aille voir un ORL, car depuis que j’ai mis pied à terre, j’ai un sifflement dans une oreille. Ta voix est hyper métallique… J’avais des bouchons d’oreille, mais tu ne peux pas les porter tout le temps.

CommeUnSeulHommeCommeUnSeulHomme à quelques milles du but sous J2 et grand-voile au bas ris.Photo @ Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

Voilesetvoiliers.com : Tu sembles avoir toujours eu une entière confiance dans CommeUnSeulHomme ?
E. B. :
Complètement ! Une confiance totale. Je n’ai pas connu le moindre problème structurel, pas un souci de quille ou de pilote. J’avais une quille neuve et c’était un bon choix. Plus ça allait et plus j’avais confiance dans mon bateau.

Voilesetvoiliers.com : Tu as eu peur ?
E. B. :
Oui ! Ce sont des étapes normales qu’on a dans la vie. Quand on fait quelque chose de nouveau qui demande un engagement fort, tout le monde a peur. Le courage ce n’est pas le manque de peur. Je suis content d’être allé au-delà de la peur, d’avoir pris ce départ, d’être monté crescendo. La peur du départ, celle d’aller dans le Sud, d’affronter la première dépression, je pense qu’il fallait que j’accepte de passer par là. C’était indispensable. Il y a un moment où tu franchis des étapes, tu prends confiance. Et puis il y a un moment où j’ai décidé de rentrer dans l’aventure. C’est un moment clé d’accepter que tous tes repères, il faut les mettre de côté et faire quelque chose de tout nouveau.

Voilesetvoiliers.com : Et ce moment, tu t’en souviens précisément ?
E. B. :
Oui, très précisément. C’était au large des Kerguelen où la ZEA (que je considère comme une côte) descendait très Sud. Il y avait une dépression qui arrivait et était très Nord. Il y avait alors deux scénarios possibles : soit de subir en descendant le long de la ZEA et se cacher au Sud de la dépression – qui pour moi était dénué de sens marin –, soit me servir de la dépression, comme faisaient les leaders, en me plaçant sur son dos pour qu’elle m’emmène. Là, j’ai décidé d’arrêter de me cacher. J’ai bombé le torse et action ! Et je suis monté chercher cette dépression. J’ai empanné, renvoyé de la toile et suis parti pleine balle au reaching cap au Nord. Et j’ai découvert que CommeUnSeulHomme était un engin fantastique. Je retrouvais le sourire. C’était génial ! Ce n’était plus le temps qui pilotait mais moi. C’est ce moment qui a tout changé.

Voilesetvoiliers.com : Pourtant, ce n’était pas forcément le bon choix tactique ?
E. B. :
Non, en effet. J’ai pris une branlée mémorable, et les gars qui sont passés par le Sud m’ont mis 200 milles, mais ça a tout changé dans ma façon d’aborder le Vendée Globe. J’ai été le maître de ma vie, j’ai pris les rênes de l’aventure, j’ai changé mon rapport au bateau… J’ai vu à quel point j’avais évolué par rapport aux autres marins avec qui je naviguais. On s’échangeait pas mal de mails entre nous quand il y avait des dépressions. Et comme dans ces moments-là on est seul dans nos décisions, on aime bien avoir les avis des autres. Je voyais que les autres skippers, dès qu’il y avait une dépression qui arrivait, se demandaient comment ils allaient faire, comment ils allaient se préserver et se protéger. Et c’est là que j’ai compris que j’avais complètement viré. Je voyais mon option comme une opportunité, pas comme une catastrophe.

Voilesetvoiliers.com : A ce moment-là, le risque n’était pas de se faire griser ?
E. B. :
Non, car je ne suis pas du tout une tête brûlée. Je n’ai jamais eu peur de rentrer dans ce délire car je suis quelqu’un d’assez raisonnable et j’ai mis du temps à comprendre jusqu’où je pouvais aller. Je n’ai jamais «envoyé les Watts» en me disant qu’on verrait. Je lâchais la bride, certes, mais le bateau faisait ses preuves. Je le sentais de mieux en mieux, je lui parlais.

Eric Bellion - remontée chenalLa remontée du chenal : un truc de dingue, dixit Eric Bellion.Photo @ Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe
Voilesetvoiliers.com : Tu as aussi changé ta manière de régler ton bateau ?
E. B. :
Carrément. Tout le début de course, je naviguais à plat. Je le bridais. Dès qu’il partait, qu’il gîtait, soit je mettais du ballast, soit je réduisais. Puis à ce moment-là, je l’ai laissé partir et vivre sa vie de bateau. C’était extraordinaire !

Voilesetvoiliers.com : Le Vendée Globe a changé ta vie en quoi ?
E. B. :
Je ne peux pas répondre à cette question maintenant. Il me faut du temps pour digérer tout ça. Il va me falloir des mois pour savoir en quoi j’ai changé. En fait, je me suis délesté de tas de choses ! La vie, on se la complexifie tout seul, on se donne des obligations, on veut plaire, on cherche des approbations… Il y a plein de choses qui nous empoisonnent et nous empêchent d’être nous. Lors de mon Vendée Globe, j’ai l’impression que ces choses sont parties, comme une sorte de nettoyage par le vide.

Voilesetvoiliers.com : Tu te sens plus fort ?
E. B. :
Oui ! Je me sens fort. Je reviens d’une initiation. Quand tu es initié, tu as beaucoup moins peur, tu as beaucoup plus confiance en toi. Je pense que la suite de ma vie va être assez passionnante car je vais m’interdire beaucoup moins de choses.

Voilesetvoiliers.com : Franchement, tu pensais parvenir à rentrer dans le top neuf et finir premier bizuth ?
E. B. :
Je n’ai jamais cherché à viser une performance, je voulais aller le plus loin possible et essayer de boucler ce tour du monde. Quand j’ai pris le départ, je ne savais pas si j’allais réussir. Je ne savais pas si j’allais avoir les épaules pour le faire. Et puis je les ai eu. Plus il y avait de problèmes et plus je trouvais de solutions. Lorsque je suis parvenu à renvoyer ma grand-voile à quelques jours de l’arrivée après avoir arraché un bout de rail sur le mât, j’ai eu la conviction que mes ressources étaient infinies… Mais il ne faut pas rêver, si Paul (Meilhat), Morgan (Lagravière) ou Thomas (Ruyant) n’avaient pas cassé, je ne serais pas à cette place !

Voilesetvoiliers.com : Un mot sur Armel Le Cléac’h ?
E. B. :
C’est un extraterrestre ! Il avait une énorme pression et a assumé son statut de favori. Il a fait une course sublime, tout comme Alex (Thomson). Ces mecs-là naviguent sur une autre planète. Je ne sais pas comment ils font. Je n’ai qu’un mot : respect.

Equipe BellionEric Bellion entouré de son équipe et de ses mécènes.Photo @ Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe