Escale aux Açores

Horta envoûte la Class40

Une série dynamique, une destination de rêve : la recette est facile et le cocktail enivrant. Lors de l'escale de la course en double Les Sables-Horta, les skippers de Class40 découvrent ou redécouvrent un paradis de marins. Ambiance de pontons et carnet de voyage.

  • Note :

    7 votes
  • 0 commentaire(s)
  • 3855 consultation(s)
  • Publié le : 17/07/2009 - 11:24

Les Class40 envahissent Horta 24 Class40 se sont amarrés aux pontons de la marina Sud du port d'Horta, du 12 au 15 juillet, durant l'escale de la course en double en deux étapes, départ et arrivée aux Sables-d'Olonne. Photo © Flavien Bascoul <C'est vrai, on ne s'attendait pas à ça ! s'enthousiasme Jean-Claude Turpin, équipier à bord d'EDF Energies Nouvelles. Après sept jours de mer, tu te dis : "Ils ont pas pu mettre une île ici c'est pas possible", puis tu aperçois ces falaises verdoyantes... On peine à le croire, c'est magique !>

Un sentiment visiblement partagé par chacun des 24 duos de coureurs qui ont fait escale aux Açores, du 12 au 15 juillet, sur l'île de Faial, entre les deux étapes de la course Les Sables-Horta en Class40.

Comment ne pas tomber sous le charme d'un tel archipel ? Quatrième port de passage au monde pour la grande croisière, Horta est un haut-lieu de la plaisance, intime repère de marins et authentique havre de paix, encore préservé du tourisme de masse. De ses trottoirs pavés façon mosaïques maritimes à ses laboratoires d'océanographie, Horta est tout entière tournée vers la mer. Une culture maritime qui semble enracinée jusqu'au dernier petit recoin de celle que ces habitants qualifient comme <la plus petite des grandes villes du monde>. Voilà sans doute pourquoi, à peine arrivés, les coureurs se sentent déjà un peu chez eux.

Sorti des eaux Sur la côte Ouest de Faial, le volcan Capelinhos est né d'une l'éruption sous-marine qui a duré de septembre 1957 à octobre 58. D'abord détectée par les guetteurs de baleines, l'activité volcanique n'a causé aucune perte humaine mais a entièrement enseveli un village de pêcheur. Photo © Flavien Bascoul <Les skippers de Class40 sont de grands enfants>, s'étonne un des organisateurs de la course, le regard tourné vers les pontons. Si l'ambiance y est si détendue, c'est que la Class40 reste une bande de copains qui cultivent un esprit simple, d'amitié et de partage. Un credo entretenu par le noyau dur de la flotte, les pionniers de la série, ceux qui ont couru la première édition de Skippers d'Islande en 2006 et se sont surnommés <les tontons>. <On pourrait faire un bouquin rien qu'avec les bêtises qu'on s'envoie sur l'eau !> plaisante le président de la classe, Jacques Fournier.

Chez les nouveaux venus aussi, on apprécie l'ambiance. A l'instar des autres habitués de la classe Mini, Didier Le Vourch, équipier à bord de Zed 4, est enchanté par <un climat pro-am d'entraide et d'honnêteté, très enrichissant. Ici, les discutions sont ouvertes. Pas de prise de tête, personne ne se prend pour un champion.>

La flotte se compose pour une bonne partie d'amateurs, mais pas d'amalgame : <La Class40, qui est née comme une série de "course-croisière orienté course", est aujourd'hui pleinement tournée vers la compétition>, rappellent Jean Saucet et Benoît Parnaudeau (Entreprendre en Coopérative). Sur l'eau, la bagarre est intense. <Et à terre, pendant l'escale, mieux vaut ne pas perdre le rythme de la course>, ajoute Yvan Noblet (Appart City).

Peter Café Sport : ambassadeur de toute une l’île Connu dans le monde entier, le a pour slogan : Photo © Flavien Bascoul Si les coureurs doivent donc rester concentrés sur la régate, il ne faut pas oublier que, comme tout navigateur qui débarque à Horta, ils ont deux impératifs à remplir.

Le premier, c'est de commander un gin tonic <Chez Peter>. Elu parmi les dix meilleurs bars du monde par Newsweek, le <Peter Café Sport> n'a certes plus tout à fait le même esprit qu'à l'époque où les marins des compagnies baleinières de Nouvelle-Angleterre venaient y déposer leur courrier, mais l'endroit, chargé d'histoire, reste mythique.

Et aucun concurrent n'a eu à se faire prier pour se prêter au jeu. <Au bar, on passe beaucoup de temps à refaire la régate, raconte Karine Fauconnier, équipière de Giovanni Soldini sur Telecom Italia. On ne parle que de bateaux... (elle réfléchit puis esquisse une sourire), enfin, disons, surtout de bateaux.>

Les fresques du port d’Horta Les autorités estiment à environ un millier le nombre de nouvelles peintures réalisées chaque année sur les quais d'Horta. Sur l'île voisine, le mont Pico culmine à 2 351 mètres, ce qui en fait le point le plus haut du Portugal. Photo © Flavien Bascoul La seconde tradition est de laisser une peinture sur les quais pour conjurer le sort en mer. L'enceinte du port en compte des dizaines de milliers ! Les nouvelles recouvrent les anciennes qui s'étendent à perte de vue. Elles étonnent d'abord par leur nombre, ensuite par leur qualité. Les oeuvres, plus originales les unes que les autres, traduisent l'imagination débordante des marins de tous horizons (peut-être un peu aidés par leur séjour chez Peter...). Tout au long de l'escale, les skippers, qui ont choisi une oeuvre collective, se sont donc succédé au pinceau pour réaliser et signer, en grand format, le logo de la course.

Les hortensias de l’île bleue L'île de Faial compte 15 000 habitants, 30 000 vaches, et des millions d'hortensias ! Photo © Flavien Bascoul Malgré les nombreuses heures passés à ranger les bateaux, réparer les petites avaries et analyser les fichiers météos pour la seconde étape, la plupart des navigateurs ont pu trouver le temps de visiter, ensemble, l'île de Faial.

Ils ont ainsi pu se rendre au Musée du phare des Capelinhos, partiellement enseveli par les cendres de l'éruption sous-marine de 1957-58, qui a fait émerger le plus jeune volcan des Açores et agrandi l'île de près de 2,5 kilomètres carrés. Les concurrents ont ensuite longé les dizaines de kilomètres de baies d'hortensias qui bordent les routes, délimitent les champs et ont valu à Faial le surnom de <l'île bleue>. Certains ont même grimpé au sommet de la Caldeira (cratère de deux kilomètres de diamètre et 400 mètres de profondeur), ou sur le belvédère d'Espalamaca, qui offre une vue imprenable sur Horta et quatre des neuf îles de l'archipel.

<C'est génial d'être ici, car ce n'est pas un endroit où l'on vient spontanément, expliquent Christian Chardonnal et Christophe Eyssartier (Neurodon.fr). On découvre avec bonheur un pays fantastique. L'accueil a été extraordinaire. Les gens sont tous là pour te rendre service, mais ne se stressent pas pour autant. Si tu as besoin d'une bidouille sur le bateau, ils te disent : "Vas prendre une bière, quand tu reviendras ce sera réglé !" Et puis, les paysages sont bouleversants. Le plus surprenant, c'est le contraste entre cette douceur à terre et la rudesse des premières roches volcaniques qu'on aperçoit en arrivant.>

Horta-Les Sables : les Class40 sur la route du retour 22 bateaux se sont élancés le 15 juillet pour parcourir les 1270 milles qui séparent Horta des Sables-d'Olonne. Vale Inco Nouvelle Calédonie et Thales n'ont pas pris le départ : blessure pour le premier, avarie de safran pour le second. Photo © Flavien Bascoul <Paisibles>, <adorables>, <un coeur gros comme ça> : les marins n'ont pas été avares de compliments à l'égard de la population locale. Symbole à lui seul de la chaleur de l'accueil portugais, le directeur du port de plaisance, Armando, a fait l'unanimité. Ce dernier s'est d'ailleurs ému aux larmes lorsqu'il eu droit à une standing ovation pendant la remise des prix de la première étape.

A l'heure de quitter le port pour reprendre le large vers Les Sables-d'Olonne, les navigateurs ont exprimé leur émotion de quitter <l'île où les escales sont toujours trop courtes> - sans cacher pour autant leur impatience de partir régater. Les marins sont comme ça. Horta y est habituée : les <au revoir>, elle les connaît bien.


...........
Les Sables-d'Olonne-Horta, classement de la 1ère étape

1. Giovanni Soldini - Karine Fauconier (Ita, Telecom Italia), 6 jours 11 heures 55' (moyenne 8,15 noeuds).
2. Gérald Bibot - Didier Le Vourch (Bel, Zed 4), 6j 16 h 28'.
3. Denis Lazat - Rémi Aubrun (Fra, Plan Les Enfants changeront le Monde), 6j 19 h 27'.
4. Wilfrid Clerton - Loïc Lehelley (Fra, Cegemer), 6 j 19 h 30 '.
5. Nicholas Brennan - Oliver Bond (GB, Palanad 2), 6 j 19 h 53'.
6. Gonzalo Botin - Alvaro Lopez Doriga (ESP, Tales), 6j 22h 42'.
7. David Consorte - Arnaud Aubry (FRA, Courrier de l'Odet), 7j 00h 07'.
8. Benoît Parnaudeau - Jean Saucet (FRA, Entreprendre en Coopérative), 7j 00h 33'.
9. Axel Strauss - Juerg Burger (ALL, Tzu-Hang), 7j 00h 36'.
10. Christophe Coatnoan - Sébastien Figue (FRA, Groupe Partouche), 7j 00h 43'.
11. David Augeix - Jean-Claude Turpin (FRA, EDF Energies Nouvelles Vestas), 7j 01h 51'.
12. Pierre-Yves Chatelin - Lionel Regnier (FRA, Destination Calais), 7j 02h 14'.
13. Olivier Grassi - Eric Galmard (FRA, Grassi Bateaux), 7j 02h 24'.
14. Christian Chardonnal - Christophe Eyssartier (FRA, Neurodon.fr - Espoir en tête), 7j 06h 31'.
15. Paul Woeswick - Mike West (GB, Keysource), 7j 06h 31'.
16. Yvan Noblet - Damien Guillou (FRA, Appart City), 7j 09h 39'.
17. Jean-Edouard Criquioche - Jean-Christophe Caso (FRA, Domainedelabourie.fr), 7h 09h 46'.
18. Marc Joly - Jérémie Briand (FRA, Voiles Sans Frontières), 7j 10h 42'.
19. Gilles Dutoit - Arnaud Daval (FRA, Techneau), 7j 10h 42'.
20. Pierre-Marie Bazin - Alain Grinda (FRA, Rev'86 Fantasy Forest), 7j 17h 47'.
21. Philippe Vallée - Eric Caiveau (FRA, Groupe Sefico), 7j 21h 02'.
22. Yves Ecarlat - Romain Gabriel (FRA, Vale Inco Nouvelle-Calédonie), 7j 21h 38'.
23. Yann Delplace - Joël Villacampa (FRA, Elsa), 7j 21h 38'.
24. Richard Tolkien - Neal Brewer (GB, Orca), 8j 13h 31'.

Ajoutez votre commentaire

Connectez-vous pour publier un commentaire.

Vous êtes abonné(e) ou vous avez déjà posté un commentaire identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?

Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)