Non, non, non ! Alors que vous êtes sur un multi de 40 pieds lancé à plus de 30 noeuds, ce n'est pas le moment de s'emmêler les pinceaux ! A bord, si l'on veut être dans le coup, la com' doit être claire et concise, comme nous l'explique en détail l'équipage de Franck Cammas, de Groupama 40. Bienvenue sur la troisième saison des Extreme 40, le circuit européen s'ouvre aujourd'hui, à Sète !
Note :
Groupama 40, barré par son skipper emblématique Franck Cammas, revient sur le circuit des Extreme 40 pour la seconde saison consécutive. En 2009, l'équipage avait terminé 4e.
Photo © Yvan Zedda (Groupama)
Des manches comme des sprints, qui durent quelques dizaines de minutes. Des multis de 40 pieds calqués sur le Tornado qui déboulent pleine balle aux bouées. Les meilleurs barreurs, sur les dents, qui s'arrachent le moindre point. De l'adrénaline, de l'adrénaline, de l'adrénaline pure.
Les Extreme Sailing Series, c'est ça.
De la régate, oui, mais à une autre allure. D'un genre supersonique. <Si on est dans la meute, c'est la guerre>, confie Devan Le Bihan, la dernière recrue de l'équipage de Groupama 40.
Le Bihan radicalise même : <Le format de ces courses est pensé pour le public et veut que l'on navigue près de terre, là où le vent est souvent perturbé et complexe.> Résultat, on est en plein dans le royaume de la réactivité et de l'immédiateté. A ce rythme infernal, a-t-on vraiment le temps de discuter sur les trampos ?
A bord, toute l'info converge vers Franck Cammas, le barreur, qui prend instantanément les décisions. Les manoeuvres sont alors réglées comme du papier à musique.
Photo © Thierry Martinez (Sea and Co / Extreme Sailing Series)
Pas vraiment, non.
Franck Cammas, le barreur de Groupama 40 : <Les courses sont tellement courtes que la communication n'est jamais très poussée. Au final, dans la plupart des situations, je me retrouve seul à décider.>
Tanguy Cariou, le tacticien, se charge du réglage du chariot et surveille les laylines.
A l'avant, les équipiers ont tellement la tête dans le guidon qu'ils ne voient pas grand chose. Mais Christophe Espagnon participe quand même du mieux qu'il peut, annonçant les risées et donnant ses impressions. Cammas : <Christophe tâche de me donner des indications sur la vitesse et la marche du bateau - il a une grosse expérience du Tornado et son avis est pointu.>
Puis le barreur nuance : <Mais on n'est rarement en train de faire de la vitesse. On n'a pas le temps.>
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A bord de Groupama 40 |
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Franck Cammas : barreur. En 2009, Groupama 40 a terminé 4e du circuit Extreme 40. |
<De toute façon, reprend Cammas, quand une décision est prise, la mise en pratique est quasiment instantanée. Tout le jeu de l'entrainement est de faire que les équipiers suivent... En même temps, quand tu navigues au près, que veux-tu qu'on fasse d'autre que virer ?> Cynisme ?
En 2008, Christophe Espagnon était sélectionné olympique en Tornado. Tanguy Cariou a lui aussi été aux Jeux en 470, en 2000, avant de passer par la case Coupe de l'America. Quant à Devan Le Bihan, il a été formé au match-race... L'équipage Extreme 40 de Cammas est évidement une dream team !
Photo © Yvan Zedda (Groupama)
Pas vraiment. Les échanges a minima implique une mécanique bien huilée. Les gars sont rodés et ils n'ont pas besoin de se mettre dans la tête de leur barreur pour comprendre ce qu'il se passe.
Espagnon : <Tout va tellement vite qu'à l'avant, on ne fait qu'enchainer les manoeuvres, répondant automatiquement à la demande.>
Une précaution du barreur (quand même) : <D'une manière générale, on essaie d'annoncer ce que l'on va faire le plus tôt possible pour que tout le monde soit prêt... Mais on se réserve la possibilité de changer d'avis jusqu'au dernier moment.>
Dans le genre, les passages sous le vent sont particulièrement chauds.
En phase de préparation de départ, les échanges sont en revanche plus nombreux et l'ambiance (légèrement) plus détendue. Cammas : <J'ai besoin que le n°1 m'annonce le chrono, la distance à la ligne et le timing de lancement.>
Au coeur du combat et à quelques centimètres des adversaires, pas le temps de tergiverser ni besoin de longs discours : les gars de Groupama 40 savent ce qu'ils ont à faire.
Photo © Yvan Zedda (Groupama)
Alors Espagnon y va : <Je balance de l'info en continu, sachant que les éléments que j'annonce évoluent en permanence. Franck est en mode réception complet. En fonction de ce que je lui dis, il place le bateau et gère notre vitesse par rapport à celle des autres.>
Le tacticien quant à lui renseigne sur ce que font les concurrents.
Le régleur, enfin, ne parle pas du tout. Le Bihan s'en accommode sans frustration : <Quand on a quelque chose à dire, mieux vaut le faire. Sinon, mieux vaut s'abstenir.>
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Programme 2010 |
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Espagnon cerne bien la problématique des échanges à bord : <En réalité, la communication est un problème planétaire. Le but est de se faire comprendre de l'autre et de comprendre ce qu'il dit. La difficulté à bord de machines comme les Extreme 40 est double : on est pressés par le temps et la contrainte physique est loin d'être négligeable. Il faut donc savoir limiter l'info et être clair.>
Les équipiers ne semblent pourtant pas avoir de problème à s'adapter ni à trouver un langage commun. Personne ne se demande s'il emploie le terme <ado> dans la même acception que son équipier.
Cammas : <La mise en place de la comm' à bord n'est pas très compliquée : à ce niveau-là, tous les équipiers savent où ils vont et les mots utilisés sont les mêmes pour tous.>
Espagnon acquiesce : <Quand on navigue tous les jours, on sait de quoi il retourne.>
Avant de conclure que <la communication en mer, c'est comme les langues étrangères : il faut la pratiquer tous les jours pour être bon.>
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La première étape du circuit européen des Extreme Series 2010 a lieu à Sète, à compter d'aujourd'hui, jeudi 27 mai, et jusqu'à dimanche.
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18/05/2010 - 13:18
Action !
Sur le circuit des Extreme 40, il y a toujours de l'action ! Et plus particulièrement quand les équipages ont à naviguer au-delà des "conditions de confort" ! Ce jour-là, à Cowes, en 2008, l'ensemble de la flotte a chaviré !
26/04/2010 - 06:02
Jolie prise !
Pour les Extreme 40, les régates ne reprennent que fin mai, à Sète. Du coup, à l’image de Wave Muscat, les entraînements demandent parfois un peu de légèreté. Comme cette séance de pêche au gros, où l’équipage sort brillamment de l’eau une belle prise – son propre skipper, l’Anglais Chris Draper.
13/10/2009 - 08:38
Fin de corrida
Les manches s’enchainent. Les secondes s’égrainent sur la ligne de départ. Les coques des Extreme 40 se frôlent et les dix skippers engagés à Almeria cherchent la position favorable au quai. C’est que le classement final de l’iShares Cup 2009 se joue au point près, sur la sixième et dernière étape du circuit… Et à la fin, c’est un Anglais qui domine pour le sultanat d'Oman.
10/10/2009 - 08:17
La chevauchée finale
Oui, il va devoir cravacher, Franck Cammas ! Car, avec Groupama, il n’est que 4e à l’orée de la dernière étape de l’iShares Cup 2009, disputée à Almeria, Espagne. Devant lui, un joli tiercé : Pete Cumming (Oman Sail Masirah), Yann Guichard (Gitana Extreme) et Loïck Peyron (Oman Sail Renaissance).
28/08/2009 - 13:56
Extreme 40 : le show continue à Kiel
La 4ème étape de l’iShares Cup 2009 a eu lieu à Kiel du 28 au 30 Août 2009. Depuis 2007, ce circuit européen réunit des marins de très haut niveau et d’origines différentes sur des catamarans monotypes de 40 pieds : les Extreme 40. Les régates, très spectaculaires ont lieu au plus près du public. Explications de Loïck Peyron (skipper de Renaissance – Oman sails) et retour en vidéo sur les 4 étapes courues jusqu’à présent.