Actualité à la Hune

Extreme Sailing Series 2011 – Nice

«J’ai régaté avec Ben Ainslie en Extreme 40 !»

A l'occasion de la septième des neuf étapes des Extreme Sailing Series, disputée la semaine dernière à Nice, j'ai eu la chance d'embarquer comme cinquième homme à bord d'un des onze Extreme 40 en lice, Oman Air, mené par Ben Ainslie himself ! Récit d'une navigation inoubliable, au coeur de l'action.

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  • Publié le : 04/10/2011 - 00:01

Extreme 40 : du beau monde à Nice !

Sur le premier bord de près, nous régatons au contact d'Emirates Team New Zealand, mené par une autre pointure de la voile, Dean Barker. (Cliquez sur les illustrations pour les agrandir).Photo © Olivier BourbonBen Ainslie à la barre d’Oman AirTriple champion olympique en Laser et en Finn, Ben Ainslie (au centre) a pris la barre de l'Extreme 40 Oman Air pour trois étapes des Extreme Sailing Series - à Trapani, Nice et Almeria. Il remplace Sidney Gavignet, parti sur le projet d'Oman Sail en MOD70.Photo © Mark Lloyd (www.lloydimages.com)<Hi, I'm Ben !> Lorsque Ben Ainslie se présente, je lui réponds la seule chose qui me vient à l'esprit : <I know !> Et pour cause. Triple champion olympique en Laser et en Finn (Sydney 2000, Athènes 2004, Pékin 2008), médaillé d'argent en Laser (Atlanta 1996), le Britannique est une figure de la voile olympique - pour ne pas dire une légende. Sans compter sa flopée de sacres mondiaux et européens, trois titres de <Marin ISAF de l'Année> (1999, 2002, 2008) et des expériences en match-race, America's Cup et maintenant Extreme 40, avec Oman Air !

C'est justement à bord de l'un de ces catas surpuissants que je viens d'embarquer en tant que <cinquième homme>, invité. Accueilli par le Britannique David Carr, qui occupe le poste de régleur, je fais la connaissance d'un équipage international par ailleurs composé du Néo-Zélandais Kinley Fowler, tacticien, de l'Omanais Nasser Al Mashari, numéro 1, et de Ben Ainslie, donc, skipper et barreur. Tous sont anglophones - une chance pour la communication avec le <fifth man> que je suis.

Me voilà donc au coeur d'un plateau exceptionnel, en ce premier jour des courses en <stade> à Nice, sur des parcours mouillés à quelques mètres à peine de la Promenade des Anglais. Après deux jours de régates disputées plus au large, Oman Air est 8e du classement général provisoire.

 

Un Extreme 40 à la loupe
 

Côté météo, les conditions sont très légères, le vent faible et irrégulier. Mais la petite brise thermique qui sévit sur le plan d'eau est suffisante pour lancer les manches. <Les Extreme 40 peuvent évoluer avec 2-3 noeuds de vent, m'avait (r)assuré Gilles Chiorri, directeur d'OC Events (société organisatrice des Extreme Sailing Series), le matin même. Dans le tout petit temps, les régates sont moins spectaculaires, mais elles sont quand même lancées. Depuis le lancement des Extreme Sailing Series, en 2007, et en 29 événements, nous n'avons jamais annulé une journée par manque de vent>. Ouf !

 

Ambiance détendue - au début !

On m'avait prévenu : les équipages peuvent parfois montrer de l'indifférence, voire de l'agacement, au moment d'accueillir le <fifth man> à bord. En ce qui me concerne, c'est loin d'être le cas, au contraire ! L'équipage d'Oman Air est ouvert, avenant et visiblement pas réticent à <promener> un cinquième homme - ils n'ont de toute façon pas le choix, et les 11 équipages en lice sont tous logés à la même enseigne. A la vue de mon bracelet rouge estampillé <Extreme Sailing Series - Media 2011>, David me demande même pour qui je travaille. <Voiles and Voiliers ? Great !> Troisième de la première manche du jour, Oman Air a réalisé un joli coup. Ce qui explique peut-être l'ambiance détendue à quelques minutes de cette deuxième manche à laquelle je vais prendre part...

Après ces présentations rapides, David et Nasser m'indiquent ma place, à l'avant du trampoline, au niveau du pied de mât. <Il faut que tu restes assis ici. Vu les conditions météo, je pense que tu n'auras malheureusement pas l'occasion de beaucoup bouger !> m'explique David. En habitué du F18 et du Hobie Cat 16, je suis frappé par la taille de l'engin. Pour vous représenter la chose, prenez un Tornado et multipliez par deux ses mensurations - ça n'a l'air de rien, mais ça change tout, surtout avec une perche de 20 mètres au-dessus de la tête !

Extreme 40 : I am the fifth manOn ne peut pas le louper ! Le cinquième homme (ou <fifth man>) se distingue par son gilet, son casque et son inactivité à bord - il n'a pas le droit de participer à la marche du bateau -, qui contraste avec les efforts déployés par l'équipage.Photo © Mark Lloyd (www.lloydimages.com)En tant que cinquième homme, trois éléments me distinguent de mes <hôtes> : le gilet de sauvetage rouge marqué d'un grand <5>, le casque antichoc et... la carrure ! Kinley est pour le moins costaud ; Ben, Nasser et David affichent carrément des physiques de rugbymen. Il faut dire que les Extreme 40 sont des bateaux exigeants, et le rythme des Extreme Sailing Series est soutenu - jusqu'à huit manches par jours ! Assis à l'avant du trampoline, je rêve forcément de prendre la barre de machine. Mais le règlement est strict : le <fifth man> n'a en aucun cas le droit de participer à la marche du bateau. Y prétendre serait de toute façon bien présomptueux, au regard de l'expérience et de la maîtrise des quatre hommes qui composent l'équipage d'Oman Air. Mes seuls objectifs sont donc de ne pas les gêner et de profiter de ces précieux instants au coeur de la régate.

En Extreme 40, les parcours évoluent d'une course à l'autre, ce qui permet de s'adapter au mieux aux conditions météo rencontrées. Le Comité de course dévoile donc la forme de la régate quelques minutes seulement avant le départ de la manche. L'équipage d'Oman Air écoute attentivement les consignes indiquées à la VHF et repère les marques à franchir. Ce sera une banane classique : une marque au vent, l'autre sous le vent, deux allers-retours.

Nice 2011 : une flotte homogèneRégates au large et courses en <stade>, disputées tout près de la Promenade des Anglais, ont ponctué les cinq jours de compétitions à Nice. Le tout sous un soleil radieux et dans du petit temps.Photo © Mark Lloyd (www.lloydimages.com)<Sit down fifth man !>

Nous entrons alors dans une phase de pré-départ de quatre minutes. Les visages se tendent, la concentration s'installe. Prendre un mauvais départ est le plus souvent rédhibitoire en Extreme 40, qui plus est dans des conditions si légères. L'instant est donc crucial. Nasser fait le décompte du temps restant avant le départ : <Three minutes>, <two minutes>, <one minute>... A ce stade, nous nous retrouvons au contact des dix autres équipages. La tension monte.

Situé à gauche de la flotte, Oman Air réalise un bon départ. C'est parti pour une première remontée au vent, à la recherche de la moindre risée. Légers et toilés, les Extreme 40 progressent vite malgré la faible brise. Dans ces conditions, la répartition des poids est cruciale : comme en cata de sport, Nasser s'allonge tout à l'avant du flotteur sous le vent. Je me retourne : Ben Ainslie est à l'autre bout du trampoline, et Emirates Team New Zealand, mené par le grand Dean Barker, est à quelques mètres à peine. Je me sens comme privilégié !

Nasser Al Mashari, numéro 1Par petit temps, le positionnement des équipiers est crucial : les bateaux sont légers et les équipiers sont souvent de beaux bébés ! A l'image de Nasser Al Mashari, numéro 1 d'Oman Air, ici allongé à l'avant de la coque sous le vent.Photo © Olivier BourbonCalme et concentré, l'équipage ne cesse de communiquer. Kinley, David et Nasser informent constamment Ben sur l'état du plan d'eau, les éventuelles risées, le positionnement des autres équipages, leurs stratégies et leurs manoeuvres... De mon côté, j'ai tout le loisir de prendre des photos pour immortaliser l'expérience. A la recherche du meilleur angle pour photographier Ben Ainslie à la barre, je m'accroupis. Erreur. Je suis immédiatement rappelé à l'ordre par David Carr : <Sit down, fifth man !> Au coeur de l'action, je n'ai plus de prénom, je redeviens le cinquième homme !

Oman Air a opté pour le côté gauche du plan d'eau pour cette première remontée au vent, ponctuée d'un unique virement de bord. Une stratégie qui semble judicieuse : nous franchissons la marque au vent en troisième position, non sans avoir croisé à quelques centimètres d'Artemis, mené par Terry Hutchinson, un autre gros client - impressionnant !

Extreme 40 : des bateaux physiquesLes Extreme 40 sont des bateaux exigeants et physiques, y compris dans le petit temps. Il suffit d'observer David Carr, régleur à bord d'Oman Air, pour s'en convaincre...Photo © Olivier BourbonImpact physique, calme olympien

L'équipage, rapide et réactif, enroule la bouée de manière fluide avant d'envoyer l'imposant gennaker de 78 mètres carrés pour ce premier bord de portant. Mêmes dans ces petits airs, l'impact physique est important. Les équipiers s'activent sans cesse et suent à grosses gouttes. Quant à Ben Ainslie - la barre dans une main et la pompe hydraulique de l'écoute de grand-voile dans l'autre -, il ne se départit pas d'un calme très... olympien !

Je suis toujours à ma place - assis, donc -, alors que l'équipage s'active pour effectuer un premier empannage. C'est décidément une drôle de sensation que de se retrouver au coeur d'une régate sans y participer... Nous nous approchons du rivage, toujours dans le paquet de tête. <Good pressure ! Good pressure !> s'enthousiasme David quand nous attrapons des risées. Mais notre positionnement nous oblige à effectuer un second empannage. Résultat : une légère perte de temps et une place de perdue au passage de la marque sous le vent, située à quelques mètres de la Promenade des Anglais. La moindre erreur coûte au minimum une place. Tension.

Le second bord de près est avalé rapidement, car la brise est un peu montée. Oman Air contrôle ses adversaires et garde sa quatrième place à la bouée au vent. J'observe Nasser préparer l'envoi du gennaker. Sa vitesse d'exécution est bluffante. Il ne reste plus qu'un bord de portant. Après un dernier empannage, nous franchissons la ligne d'arrivée en quatrième position derrière ArtemisNiceforyou et Emirates-Team New Zealand.

Sur un patin, entre ciel et merLever une coque : une sensation que je n'aurai pas connu en Extreme 40. Mais naviguer à bord d'Oman Air avec Ben Ainslie à la barre reste une expérience unique, même dans les petits airs.Photo © Mark Lloyd (www.lloydimages.com)<Nice race guys !> s'exclame David. Au regard du haut niveau de compétition et de l'homogénéité de la flotte, une place dans le Top 5 est effectivement une performance. A défaut d'y avoir contribué, j'y aurais au moins participé ! Cette navigation en Extreme 40, trop courte, constitue malgré tout une expérience marquante. Je ne peux qu'imaginer les sensations que l'on doit ressentir dans la brise et, la ligne à peine franchie, j'ai déjà hâte de m'y frotter à nouveau. En attendant, je félicite et remercie l'équipage, puis cède ma place à un nouvel invité, pour la manche suivante. Et je l'envie...


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L'équipage d'Oman Air

Ben Ainslie : barreur
Kinley Fowler : tacticien
David Carr : régleur
Nasser Al Mashari : numéro 1


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Nice : Groupe Edmond de Rothschild fait coup double !

En remportant la septième des neuf étapes des Extreme Sailing Series 2011, à Nice, les Français de Groupe Edmond de Rothschild ont réalisé une très bonne opération puisqu'ils s'emparent du même coup de la tête du classement général du circuit des Extreme 40. Retour sur cinq jours de courses disputées dans les petits airs de la baie des Anges, et où tout s'est joué à un petit point pour la victoire finale !

Jour 1 : Bonne et mauvaise surprises
Au terme de quatre manches disputées au large, Roman Hagara (Red Bull Extreme Sailing) s'empare de la tête du classement devant Pierre Pennec (Groupe Edmond de Rothschild) et Jean-Pierre Dick (Team Extreme Nice Côte d'Azur), le local de l'étape, qui surprend pour sa première expérience en Extreme 40. Autre surprise, la méforme de Dean Barker (Emirates Team New Zealand) qui occupe la dernière place pour son retour après son absence à Cowes et Trapani.

Jour 2 : Redistribution des cartes
Grosse journée pour les onze Extreme 40 en lice qui disputent deux manches le matin et six l'après-midi ! Max Sirena (Luna Rossa), leader du classement général des Extreme Sailing Series avant cette étape niçoise, fait un retour en force à la faveur de trois victoires de manches. L'équipage prend ainsi la 3e place d'un classement provisoire dominé par Red Bull Extreme Sailing devant Groupe Edmond de Rothschild. Tanguy Cariou (Alinghi) et Terry Hutchinson (Artemis Racing) sont respectivement 4e et 5e. Mis à part Leigh McMillan (The Wave, Muscat) - 8e -, les ténors du circuit 2011 sont déjà aux avant-postes.

Jour 3 : Début des courses en <stade>
Concilier sport et spectacle. Telle est la philosophie des organisateurs des Extreme Sailing Series. Qui proposent donc des courses en <stade>, disputées à quelques mètres à peine du rivage - en l'occurrence la promenade des Anglais - sur des parcours simples et compréhensibles par tous, mais pas toujours faciles à négocier pour les équipages. En ce vendredi, c'est Artemis Racing qui s'en sort le mieux dans des conditions légères, tortueuses et usantes nerveusement. En remportant quatre des six manches du jour, Terry Hutchinson et ses hommes s'emparent logiquement des commandes du classement général. Journée à oublier en revanche pour Red Bull Extreme Sailing qui dégringole en 5e position. Quant à Groupe Edmond de Rothschild, il réalise des performances en demi-teinte - ses deux victoires étant compensées par trois mauvaises manches - mais garde la 2e place du classement devant Alinghi.

Groupe Edmond de Rothschild, vainqueur à NiceThierry Fouchier, Christophe Espagnon, Pierre Pennec et Hervé Cunningham ont remporté la septième des neuf étapes des Extreme Sailing Series 2011 à bord de Groupe Edmond de Rothschild, avec... un point d'avance sur Artemis Racing (Terry Hutchinson) !Photo © Mark Lloyd (www.lloydimages.com)Jour 4 : Groupe Edmond de Rothschild prend les devants
Quatre manches sont organisées lors de cet avant-dernier jour de course : trois régates matinales disputées au large et une course en stade est lancée l'après-midi, avant que la brise thermique ne s'essouffle définitivement. La bonne opération de la journée est à mettre au crédit de Groupe Edmond de Rothschild qui reprend la tête du classement devant Alinghi - vainqueur de deux manches - et Artemis Racing. Les trois équipages se tiennent en quatre points.

Jour 5 : Groupe Edmond de Rothschild pour un point !
Comme souvent sur les Extreme Sailing Series, le dernier jour de compétition est donc crucial. Pierre Pennec et ses équipiers (Christophe Espagnon, Thierry Fouchier et Hervé Cunningham) ne flanchent pas dans les courses matinales, bien au contraire : vainqueurs des deux premières manches et 2e de la troisième, ils prennent une sérieuse option sur la victoire finale avec 15 points d'avance sur Artemis Racing. Mais les Français vont se faire peur lors des courses en stade de l'après-midi, courue dans un vent quasi inexistant, puisque Terry Hutchinson remporte les manches 4 et 5 alors que Pierre Pennec est à la peine - deux fois 7e. Il n'a plus que 3 points d'avance avant la dernière manche, qui compte double... A l'issue d'une course sous haute tension, Groupe Edmond de Rothschild termine 3e et Artemis Racing d 4e. Ce sont donc les Français qui remportent l'étape niçoise d'un petit point ! L'équipage d'Alinghi complète le podium, tandis que Luna Rossa et Oman Air terminent respectivement 4e et 5e. Vainqueur des deux précédents événements, à Cowes puis Trapani, The Wave, Muscat s'empare de la 9e place.
Au classement général des Extreme Sailing Series 2011, Groupe Edmond de Rothschild devance Luna Rossa et Emirates Team New Zealand. Il reste désormais deux étapes, à Almeria (12-16 octobre) et Singapour (7-11 décembre), pour faire la différence...

Classement général de l'étape de Nice 2011
1. Groupe Edmond de Rothschild - 229 points
2. Artemis Racing - 228 points
3. Alinghi - 215.5 points
4. Luna Rossa - 209 points
5. Oman Air - 185 points
6. Red Bull Extreme Sailing - 179.5 points
7. Emirates Team New Zealand - 163 points
8. Team GAC Pindar - 160 points
9. The Wave Muscat - 156 points
10. Team Extreme Nice Côte d'Azur - 119 points
11. Niceforyou - 118 points

Classement général des Extreme Sailing Series (après 7 étapes)
1. Groupe Edmond de Rothschild - 61 points
2. Luna Rossa - 59 points
3. Emirates Team New Zealand - 54 points
4. The Wave Muscat - 52 points
5. Red Bull Extreme Sailing - 49 points
6. Artemis Racing - 48 points
7. Alinghi - 48 points
8. Oman Air - 38 points
9. Team GAC Pindar - 21 points
10. Niceforyou - 16 points
11. Team Extreme - 15 points

> Le site des Extreme Sailing Series est ici
> Le site d'Oman Sail est là

 

 

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