Transat hallucinante ! 3 474 milles entre Bénodet et Fort-de-France parcourus à près de 8,93 noeuds de moyenne, sur des Figaro lancés à pleine balle dans les dépressions et les alizés. Finish dingue, sur le fil et au match-race pour un Nicolas Lunven (Générali) qui démontre une nouvelle fois son exceptionnel talent et une combativité hors norme !
Note :
1. Nicolas Lunven (Générali) en 16 jours 5 heures 13 minutes 5 secondes.
2. Thomas Rouxel (Crédit Mutuel Performance), à 2' 45'' du premier.
3. Erwan Tabarly (Nacarat) à 5' 42'' du premier.
4. Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) à 15' 08'' du premier.
5. Jeanne Grégoire (Banque Populaire) à 23' 49'' du premier.
Lunven, repassé en tête à moins de 200 milles de la Martinique, a subi une grosse pression de ses poursuivants... L'histoire s'est terminée en match-race dans la baie de Fort-de-France !
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet - Martinique)
Quelle transat de dingues ! Quel finish de malades ! Hier, à 75 milles de l'arrivée, les cinq premiers se tenaient dans moins de 6 milles, déboulant à près de 12 noeuds de moyenne dans un alizé d'une vingtaine de noeuds.
En tête, Nicolas Lunven (Générali) tâche de garder la tête froide à l'approche de la Martinique. Le contournement de l'île par le Sud et son casse-tête des dévents promet d'être complexe... Et le vainqueur de la Solitaire 2009, qui a repris la tête de la course suite à une spectaculaire option prise la nuit précédente, est talonné par ses rivaux Thomas Rouxel (Crédit Mutuel Performance) et Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) - décalés dans son Nord -, Erwan Tabarly (Nacarat) - dans son sillage - et Jeanne Grégoire (Banque Populaire) qui plonge dans son Sud.
<Effectivement, pour le moment, je suis en tête. Il faut juste avoir à l'esprit que ça peut ne pas durer, il ne faudra pas être déçu dans ce cas-là. Il va encore se passer des choses. Il y a beaucoup de vent, il va y avoir des manoeuvres à faire le long de l'île. Il ne faut pas s'affoler, le meilleur moyen de faire des bêtises, c'est justement de se mettre la pression et, du coup, de perdre des places. Il faut garder la tête froide, faire des choses simples, comme je sais faire, et puis on verra bien si ça paye.>
A 11h (heure française) mardi, Lunven avait repris les commandes de la flotte... Les dernières heures s'annonçaient chaudes.
Photo © D.R. (Transat Bénodet - Martinique)
La dernière nuit de course a été plus calme que les précédentes et les skippers ont pu un peu récupérer, mais après 16 jours de course monstrueusement intenses, les organismes sont rincés. Les dernières heures sont d'une rare intensité.
En fin de matinée (fin d'après-midi en France), Lunven enroule enfin le Rocher du Diamant. Rouxel s'est accroché et réduit l'écart de minutes en minutes. Moins d'un mille les sépare à quelques encablures de la ligne d'arrivée, mouillée devant Fort-de-France.
Tabarly, Delahaye et Grégoire ne pourront plus revenir sur les deux premiers. C'est entre deux que tout se joue, mais Lunven tient promesse. Pragmatique, il retient ses émotions et marque Rouxel, se replaçant sans cesse entre lui et l'arrivée. La méthode fonctionne. Lunven garde l'avantage jusqu'au bout et franchit en vainqueur la ligne d'arrivée de sa première transat en solitaire ! Enorme !
A 29 ans, Nicolas Lunven, vainqueur de la Solitaire du Figaro 2009, décroche la victoire sur sa première transat en solitaire... En jouant un coup de maître à quelques heures de l'arrivée.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet - Martinique)
Rouxel prend la 2e place quelques 2' 45'' après... Soient 165 secondes ! Pour la petite histoire, 280 secondes séparaient Morvan, vainqueur, de Tabarly, 2e, de la précédente édition. Le même Tabarly prend cette année la 3e place, à quelques minutes, d'une édition qu'il a fervemment animée et souvent menée. Suivent Delahaye et Grégoire... Les Figaristes déboulent comme de la mitraille dans la baie de Fort-de-France, après une transat de 3 474 milles théoriques, comme s'ils revenaient d'une étape de la Solitaire du Figaro ! Ces gars (et cette nana) sont des fous furieux !
Record explosé
A 13 heures (heure locale) passées de quelques secondes, c'est donc le skipper de Générali qui inscrit un nouveau chrono, énorme, hallucinant, au tableau des records de la transat en solitaire en Figaro.16 jours 5 heures 13 minutes 5 secondes ! 8,93 noeuds de moyenne. Quel sprint !
Le précédent temps de référence avait été établi lors de la dernière édition, par Gildas Morvan : 19 jours 14 heures 28 minutes 12 secondes. A l'époque, nous écrivions dans l'article rendant compte de sa victoire : <Moins de trois semaines, pour aller aux Antilles à partir de la Bretagne en solo et sur un monotype de dix mètres, c'est fou, non !?>
Que dire maintenant ?! Le record est réduit de plus de trois jours !!
Tabarly, 2e de la précédente édition de la transat (il était arrivé seulement 280 secondes derrière Morvan), a souvent mené cette édition, mais ne termine que 3e.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet - Martinique)
Oui, la transat entre Bénodet et Fort-de-France a été express, mais au prix de deux dépressions essuyées au cap Finisterre, puis après les Açores, et d'alizés réguliers et puissants. Pour aller chercher ce chrono, les skippers se sont fait mal, très mal. Ont peu dormi et fait beaucoup de barre dans ces conditions dures et ces vagues mal rangées.
La liste des avaries en témoigne : étais, pilotes automatiques, voie d'eau, tableau électrique, hâle bas de tangon et hâle bas de GV, spi, petit spi, bras de spi, écoute de spi, mâchoire de tangon, tangon, poulie, solent... Et un démâtage, chose plutôt exceptionnelle en Figaro !
Le film de la course
En repassant in extremis Gregoire, Delahaye prend la 4e place de sa première transat en solitaire.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet - Martinique)
10 avril. Départ de Bénodet à la mi-journée, dans un vent maniable qui se renforce rapidement. Gildas Morvan (Cercle Vert), le tenant du titre, prend rapidement les commandes. Le vent de secteur Nord-Ouest établi permet à la flotte d'avaler le Golfe de Gascogne en quelques heures et en ligne droite.
12 avril. La flotte se ramasse un premier coup de tabac au passage du cap Finisterre. Un couloir de Nord-Est - force 6 à 7 quand même - passe les Figaristes au bouillon d'une mer mal rangée.
14 avril. Le vent a faibli et une belle dorsale se présente aux concurrents qui font route vers les Açores. Entre l'option Nord menée par Morvan et la Sud animées par Eric Péron (Macif 2009) et Frédéric Rivet (Vendée 1), 170 milles.
16 avril. Le vent est revenu par le Sud et Rivet a pris les commandes de la course, avant que le flux de Nord-Est ne se renforce et que la flotte se regroupe à nouveau avant de plonger sous les Açores. Morvan s'arrête quelques heures à Santa Maria pour réparer son étai qu'il avoue avoir cassé au cap Finisterre.
17 avril. Le vent mollit. Rivet subit la même avarie que Morvan. Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), Eric Péron, Thomas Rouxel (Crédit Mutuel Performance), Erwan Tabarly (Nacarat) et Nicolas Lunven (Générali) prennent les commandes.
Partisane de faire le dos rond, dans les gros coups de tabac, Jeanne Grégoire n'en est pas moins revenue aux avant-postes, à la faveur de jolis coups.
Photo © Alexis Courcoux (Transat Bénodet - Martinique)
18 avril. Une nouvelle dépression qui balaie l'Atlantique Nord génère de forts vents de Nord, s'orientant Nord-Est, qui happent littéralement la flotte. Deuxième coup de tabac à 30-40 noeuds, pimentés de rafales qui font mal. La flotte fait le dos rond et continue de lister les avaries. Drouglazet, qui est revenu en 3e position, démâte et est contraint d'abandonner, comme lors de la précédente édition. Péron se fait une entorse du genou en manoeuvrant et décroche, tandis que Jeanne Grégoire (Banque Populaire) et Romain Attanasio (Savéol) se rapprochent des leaders.
19 avril. Le gros du coup de vent se fond dans un alizé soutenu et régulier. La transat devient course de vitesse. Tabarly prend la tête et se détache, avec Rouxel et Delahaye. Le trio reste groupé, s'échangeant régulièrement les places, tandis que Grégoire et Lunven les coursent pendant plusieurs jours. Les écarts se creusent. La réparation de l'étai de Morvan lâche et le Géant Vert est contraint de lever le pied pour naviguer prudemment.
24 avril. Lunven pointe une quinzaine de milles derrière Tabarly qui a repris la tête. Grégoire est à 30 milles. Le jour, l'alizé souffle toujours entre 17 et 25 noeuds. Chaque fin de nuit, est rythmé par les passages de grains... Et dans celle de dimanche à lundi, le trio de tête s'empétole alors que les deux poursuivants sont décalés dans le Nord.
25 avril. Lunven a pris la tête et Grégoire a recollé au trio ! Les écarts sont terriblement réduits et, alors qu'il reste une grosse centaine de milles à parcourir, les cinq premiers peuvent encore tous gagner.
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20/04/2011 - 04:41
T’as la Gnak ?!
Elle dit «Whaou, les mecs ! Ils envoient quand même !», parce qu’elle aimerait «pouvoir attaquer beaucoup plus»… N’empêche qu’en avançant à son rythme et en gérant au mieux les coups de tabac successifs, Jeanne Grégoire (Banque Populaire) envoie grave aussi !
16/04/2011 - 00:06
La stratégie de la cuillère
Après un début de course carrément viril et un passage du cap Finistere homérique, les dix sept solitaires de la transat Bénodet-Martinique ont franchement ralenti jeudi dans une dorsale anticyclonique. Cette phase de transition se jouait hier à l'avantage des sudistes, Frédéric Rivet et Eric Péron en tête, qui en acceptant de rallonger la route ont réussi à conserver des brises plus soutenues. Prochaine échéance, la négociation d'une dépression orageuse qui se creuse dans le sud des Açores.
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11/04/2011 - 17:43
Transat solo pour 17 Figaro
Dimanche 10 avril, 17 figaristes ont pris le départ de la Transat Bénodet-Martinique. L'ex-Transat BPE se court tous les deux ans sur un parcours de 3 500 milles en solitaire sur Figaro Bénéteau. Comme en 2009, les cadors du monotype vont se mesurer à la nouvelle génération pour une lutte sans merci de trois semaines jusqu'à Fort-de-France. Images en vidéo du départ et analyses de Jean Maurel, directeur de course, et de Jeanne Grégoire et Thomas Rouxel le matin du départ.
10/04/2011 - 06:21
L'Atlantique à armes égales
Traverser l’Atlantique en solitaire et en Figaro – un voilier d’à peine 10,10 mètres, excusez du peu –, ça, c’est un défi qui a de la gueule ! La Transat Bénodet-Martinique est partie dimanche à 14 heures. 3 474 milles sur lesquels 17 Figaristes vont se déchirer pendant trois semaines. Gildas Morvan, Erwan Tabarly, Nicolas Lunven, Francisco Lobato, Fabien Delahaye… Il y a du lourd, ça va être du sport !
22/03/2011 - 05:36
Lunven déboule et double
Quatre participations, deux victoires. Nicolas Lunven s’est offert ce week-end le doublé 2010-2011 dans la Solo Figaro Massif Marine (25 concurrents). Au terme des 320 milles de course aux Sables-d’Olonne via Ré, Yeu et Belle-Ile, le skipper de Generali a dominé Francisco Lobato et Anthony Marchand.
Vos commentaires
Article dynamique et emballant;comme cette transat d'ailleurs . Belles photos .Félicitations.