Note :
Gildas Morvan, 42 ans, gagne l'épreuve méditerranéenne des Figaristes pour la troisième fois de sa carrière, mais après trois semaines de régates démentes, la partie était tellement serrée qu'il s'en est fallu de peu que la Generali Solo lui échappe ! Ravi de ce dénouement, le Géant Vert souligne avec nous l'essentiel à en retenir. Compte-rendu en 7 points + un bonus.
Réécrire trois semaines de course intense et rappeler chaque rebondissement paraît difficile, mais Gildas Morvan (Cercle Vert), qui profite d'une petite après-midi tranquille à la plage avant de rejoindre la Giraglia*, a du temps devant lui et une voix qui ne cache rien de son plaisir gigantesque.
Pour lui qui vient de signer sa troisième victoire sur l'épreuve méditerranéenne des Figaristes, rien de plus facile que de faire le bilan de cette course incroyable et de donner les sept points clés à retenir, plus un bonus !
1. Ce qui a fait la différence
> La polyvalence. La Generali Solo est une épreuve qui mêle les genres, un enchaînement intense de bananes, de côtiers et d'étapes de 250 milles. Ces exercices appellent des qualités bien différentes, qui font qu'<on ne croise pas toujours les mêmes personnes devant.> C'est plus varié qu'une Solitaire du Figaro, l'expérience joue beaucoup et la Méditerranée ne manque pas de piment. Il faut savoir gérer les prises de risques et une expérience olympique de la régate au contact, des départs serrés et des passages de marques chauds - Gildas Morvan a couru les Jeux d'Atlanta en Soling - n'est pas superflue. <Cette course est longue et elle fatigue. Les trois premiers sont des gens qui ont été solides.>
Morvan trouve l'étape entre Leucate et Porquerolles fort longue : Tramontane capricieuse, influence thermique, pétole blanche... Un rythme que Francisco Lobato (Roff) assume parfaitement.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
2. Le bord le plus long
A l'image de ce finish haletant lors de la Generali Solo, le Figaro connaît toujours des arrivées au couteau ! Ici, Francisco Lobato franchit la ligne... 19 secondes devant Jean-Pierre Nicol, un des membres du CEM coaché par Franck Citeau !
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
> La grande course entre Leucate et Porquerolles. Il fallait aller chercher loin dans le Nord la Tramontane qui peinait à descendre. <J'ai trop hésité, après il était trop tard et j'ai morflé.> C'est Francisco Lobato (Roff) qui remporte l'étape... 19 secondes devant Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), talonné de Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), Frédéric Rivet (Vendée 1), Laurent Pellecuer (L'option Sud Club des partenaires) et Nicolas Lunven (Generali). Du grand art !
3. L'angoisse de la Méditerranée
> C'est pas du chiqué. La Méditerranée, c'est vraiment compliqué. En Atlantique, les fichiers météo sont sûrs et les modèles forts, fiables et faciles à sentir et utiliser. En Méditerranée, on a encore du mal à maîtriser tout ça. Les phénomènes sont aléatoires, les échanges thermiques sont importants et toujours à la lutte avec le synoptique. En Atlantique, c'est la rigueur qui prime ; ici, c'est le feeling, les sensations et la réussite. Mieux vaut limiter les extrêmes et rester en contact avec la flotte pour éviter le pire. <Si tu n'es pas dedans, tu te prends un râteau - comme moi sur le Grand Prix de Marseille. Il faut être sans arrêt aux aguets, scruter les cumulus aux jumelles. Mettre le pilote automatique est difficile, parce que le vent twiste et que l'angle avec la girouette est mauvais. Bref, tu ne peux jamais te reposer. C'est dur pour tout le monde et on en voit souvent qui pette les plombs, parce que rien n'est jamais acquis !>
4. L'adversaire le plus coriace
Un seul point sépare Gildas Morvan de Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham) à la veille de la fin de la régate et leur vaut cette adorable mise en scène. Le Normand, adversaire redoutable de Morvan pendant trois semaines, s'effondrera hélas lors de la dernière course.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
> Fabien Delahaye. Il ne fait pas d'étincelles, mais il est super régulier, toujours bien placé. Pour arriver à un tel résultat en Méditerranée, il faut une sacrée bonne gestion ! Il a indéniablement le mode d'emploi pour gagner en Méditerranée. Sur les grandes étapes, il fait 2e et 3e et arrivé à Porquerolles, il s'empare de la tête du classement général et restera menaçant jusqu'aux toutes dernières manches.
Gildas Morvan a eu du mal à se mettre dans le match, à Marseille où il fallait souvent aller chercher la droite, et découvre du même coup Morvan Lagravière (Vendée), un nouveau Figariste qui n'a rien d'un bleu.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
5. La révélation de cette course
Et quand juste après Lagravière s'impose sur l'étape entre Marseille et Leucate, l'intuition que "le p'tit gars est bon" commence à gratter ses adversaires.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
> Morgan Lagravière. Il arrive de nulle part. Enfin, il vient du haut niveau olympique, bien sûr, mais c'est sa deuxième régate de Figaro. Dès Marseille, il remporte l'une des bananes du Grand Prix. Et puis le lendemain, il réitère en remportant la grande étape entre Marseille et Leucate ! <Là tu te dis : Il est bon, le gars ! Impressionnant de vérité.>
6. Celui qui avait la vista
En fin connaisseur de la Med, Laurent Pellecuer (L'option Sud Club des partenaires) s'est hissé sur le podium de cette Generali Solo.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
> Laurent Pellecuer. Pour sa vitesse, sa super connaissance de la Med et sa régularité. Et par moments Morgan Lagravière et Eric Péron, au début de la Generali pour le premier et à Leucate dans la brise, pour le second.
Après une étape entre Marseille et Leucate pétoleuse, l'ambiance du Grand Prix disputé dans le Languedoc sera nettement plus virile.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
7. Le plus rapide
A Leucate, Éric Péron (Macif 2009) fait passer un sale quart d'heure à Gildas Morvan qui doit s'incliner. Hélas, une option ambitieuse lors de la grande étape suivante perdra le coureur Macif qui décroche au général.
Photo © Jean-Marie Liot (Generali Solo)
> Gildas Morvan. Un paquet de manches gagnées, cela parle tout seul. Que ce soit dans le vent à Leucate ou dans la pétole à Porquerolles. Avec des voiles North, comme la majorité de la flotte Figaro et des régatiers en général. <Mais je vais passer chez Delta Voiles pour la Solitaire. Il faut parfois tenter autre chose et les essais faits à la Grande-Motte avec Bertrand Pacé et Laurent Pellecuer ont été concluants.> Et puis Fabien Delahaye et Laurent Pellecuer sont rapides eux aussi !
++ Le pronostic pour la Solitaire
> Impossible à donner. Sur la Generali Solo ne courait que la moitié de la flotte des Figaristes, l'autre étant inscrite à la Transmanche. <Qu'ont fait Frédéric Duthil et Jérémy Beyou, par exemple ?> Difficile de tabler sur les concurrents quand ils ne courent pas en même temps et au même endroit. Et puis il y a ceux qui n'étaient pas dans le coup et le seront peut-être cet été. Nicolas Lunven était en dedans sur cette Generali, mais il a les moyens d'être devant cet été... En revanche, un mec comme Fabien Delahaye, c'est clair qu'il sera là !
...........
* Gildas Morvan doit courir la Giraglia avec Alex Thomson, sur Hugo Boss, pour un dernier test de validation de leur duo pour la transat Jacques Vabre, avant d'enquiller sur le programme d'entraînement officiel, explique l'intéressé.
...........
Classement de la Generali Solo
1. Gildas MORVAN (Cercle Vert), 77 points.
2. Fabien DELAHAYE (Port de Caen Ouistreham), 93 points.
3. Laurent PELLECUER (L'Option Sud Club des partenaires), 97 points.
4. Jean-Pierre NICOL (Bernard Controls), 101,80 points.
5. Francisco LOBATO (Roff), 109 points.
6. Morgan LAGRAVIERE (Vendée), 113 points.
... / 17 classés.
> Classement complet, ici.
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
21/06/2011 - 05:51
Temps de chien, tant de records
Ah ça, il a fait beau ce week-end ! Sur l’eau, c’était même une météo idéale, ventée de la Bretagne à l’Italie, en passant par Marseille et la Suisse ! Alors, les records sont tombés ! Banque Populaire V et Loïck Peyron, Prince de Bretagne et Lionel Lemonchois, Gildas Morvan sur son Figaro, les Finn en Italie, les D35 sur le Lac Léman… Retrouvez tous les résultats sportifs du week-end résumés en quelques lignes.
03/06/2011 - 05:09
Ça va faire mal à la tête
Epreuve longue et physique, pouvant causer quelques migraines aux Figaristes... La Generali Solo n'est certainement pas toxique, mais coriace, ça oui. La deuxième course comptant pour le Championnat de France Solitaire de Course au large est un savant mélange de parcours offshore, de bananes et de petits côtiers. Les Lunven, Delahaye, Morvan, Lobato, Delahaye et autres cadors vont se déchirer.