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Hat-trick tricolore ?

Ils seront 390 équipages à partir dimanche à midi depuis le Solent dans le cadre du 47e Fastnet. Une belle progression et un nouveau record après l’édition 2015 disputée par 365 bateaux ! Et il fallait être prompt à s’inscrire car les 340 places dévolues à la flotte IRC sont parties en 4’ 24” le 9 janvier dernier au moment de l’ouverture des inscriptions en ligne.
  • Publié le : 05/08/2017 - 00:01

Départ Fastnet RaceLe départ du Fastnet, ici en 2013, est tous les deux ans un des grands moments de la course au large internationale.Photo @ Rolex/Kurt Arrigo

Sportivement, la question est de savoir si un bateau français va gagner ce mythe pour la troisième fois de suite et réussir ainsi le hat-trick après les succès, toutes classes IRC confondues, en 2013 de Pascal et Alexis Loison (JPK 10.10, Night and Day) puis de Géry Trentesaux et ses hommes de Courrier du Léon en 2015, là encore en JPK mais 10.80. Le chantier lorientais d’ailleurs plaça voilà deux ans quatre bateaux dans les cinq premiers du général du plus prestigieux trophée ! Trentesaux – qui fête cette année l’anniversaire de sa première participation voilà 40 ans ! - est de retour mais en tant qu’équipier à bord du TS42 Guyader Gastronomie alors que les Loison père et fils font toujours équipe à bord du même bateau au plan de voilure un peu corrigé. Récemment, ils ont gagné en IRC4 la Channel Race, terminant 3e du général toutes classes. Un autre JPK 10.10 peut jouer les premiers rôles : Foggy Dew mené par un équipage complet sous la houlette de Noël Racine.

Night and DayEn 2013, Pascal et Alexis Loison non seulement gagnèrent le Fastnet mais furent aussi les premiers - et seuls jusque-là - à s'imposer en double.Photo @ Rolex/Kurt Arrigo

Autre bateau à suivre en IRC : Bretagne Telecom, le Mach 45 de Nicolas Groleau qui espère de longs bords de reaching. La catégorie «bateaux à quille pivotante» qu’il gagna en 2013 et 2015 ayant été arrêtée faute d’un nombre suffisant de concurrents, il court en IRCZ. Nicolas Groleau a sa petite explication aux récents succès tricolores : «dans le médium, les bateaux de petites séries avec un rating faible et un bon équipage sont les meilleurs. Les JPK sont très bons dans ce cas-là.» Alexis Loison, grand animateur de la classe Figaro, Trentesaux et Groleau se rejoignent aussi sur un point : avec la Solitaire du Figaro et le Tour de France – avant qu’il se déroule en Diam24 – la France possède une école de course au large que n’ont pas les Britanniques. Et des JPK fringants : ils sont 23 au départ cette année sous différents drapeaux dont un 10.80 russe, Bogatyr, acquis par son skipper Igor Rytov dans la foulée de la victoire de Courrier du Léon !

Initiatives CoeurSam Davies et Tanguy de Lamotte mèneront Initiatives Cœur lors de ce Fastnet, un bateau qui n'est autre que l'ancien Maître CoQ, 3e du dernier Vendée Globe.Photo @ Initiatives Coeur

Parmi toutes les catégories en lice, on peut noter la présence de sept VO65 en préparation pour la Volvo Ocean Race, dont Dongfeng Race Team skippé par Charles Caudrelier ; celle de neuf IMOCA à commencer par Alex Thomson qui espère bien battre les Français avec son Hugo Boss ou encore le Malizia (ex-Edmond de Rothschild) de l’allemand Boris Herrmann, Bureau Vallée 2 (l’ancien Banque Populaire vainqueur du Vendée Globe)… 31 Class40 sont au rendez-vous dont le redoutable Phil Sharp (Imerys) mais aussi Carac, le dernier lancé, pour Louis Duc. Pour la victoire en temps réel, le MOD70 Concise 10 est bien placé en l’absence de Spindrift 2, le plus rapide lors des trois dernières éditions (en 2011 sous le nom de Banque Populaire V).

CaracRécemment lancé, le Class40 Carac, construit sur plans Lombard pour Louis Duc, disputera sa première course lors de ce 47e Fastnet.Photo @ Christophe Breschi/Carac

Mais ce sera parmi les plus grands monocoques que la course aux honneurs de la ligne devrait être la plus tendue. Deuxième en 2015 derrière Comanche (absent), le Maxi Rambler 88,  trouvera sur sa route l’incroyable CQS, l’ancien Nicorette, porté à 100 pieds, doté de foils, d’une quille pivotante, d’un gréement plus puissant et qui a récemment battu le record du Tour de l’île de Gotland (Suède)… qu’il détenait dans sa précédente configuration. Skippé par Ludde Ingvall, il y aura 28 hommes à bord dont un certain Chris Dickson, la légende kiwi sortie de sa retraite ! Pour l’anecdote, le plus grand bateau est le maxi-yacht Nikata, plan Judel-Vrolijk de 35 mètres et 33 équipiers et le plus petit est le half-tonner français Sibelius, plan Joubert de 8,97 m.
Sur les 390 engagés, 338 le sont en IRC et les autres se disputeront des classements en temps réel pour les IMOCA, VO65, Class40 et Multicoques. Ils battent pavillon de 25 pays différents, les Britanniques étant les plus nombreux (58 % de la flotte), devant les Français (13 %), les Néerlandais (7 %), les Allemands (5 %) et les Irlandais (4 %). Et pour la première fois un bateau coréen avec le GP42 Sonic.

CQSLudde Ingvall - qui reste le seul skipper ayant emporté le Fastnet en temps réel et temps compensé la même année en 1995 - est de retour avec son ancien maxi Nicorette, revu et corrigé et qui porte le nom de CQS.Photo @ Rolex Fastnet Race/Andrea Francolini

Course du Fastnet
47e édition 

Organisé par le Royal Ocean Racing Club (RORC)
1ere édition en 1925 (sept engagés, vainqueur : Jolie Brise).
Parcours : Cowes – phare du Fastnet – Plymouth, 605 milles.
390 bateaux engagés en 2017 (nouveau record).
Record du parcours en multicoque : Banque Populaire V (Loïck Peyron, 2011), 32 h 48’.
Record du parcours en monocoque : Abu Dhabi (Ian Walker, 2011), 42 h 39'
Vainqueur temps compensé toutes classes confondues 2017 : Courrier du Léon (Géry Trentesaux).
Vainqueur temps réel 2017 : Spindrift 2 (Yann Guichard).
Vainqueurs français depuis 1923 : Pen Duick III (Eric Tabarly, 1969), Whirlpool-Europe 2 (Catherine Chabaud, 1999), Iromiguy (Jean-Yves Château, 2005), Night and Day (Pascal Loison, 2013), Courrier du Léon (Géry Trentesaux, 2015).
Site officiel : http://www.rolexfastnetrace.com