Note :
Souvent ventée, mais protégée, la rade de Brest permet aux sportboats d'exprimer toutes leurs qualités de vitesse !
Photo © Martin Coudriet
La neuvième édition du Grand Prix de l'Ecole navale a réuni 170 monotypes en rade de Brest, lors du week-end de l'Ascension. Une épreuve menée à la baguette sur le site de l'Ecole navale de Lanvéoc-Poulmic. Rencontre avec son créateur et commissaire général, Alain Daoulas.
Alain Daoulas est aux manettes du Grand Prix de l'Ecole Navale depuis sa création, en 2002.
Photo © D.R.
voilesetvoiliers.com : Vous avez créé le Grand Prix en 2002. Qu'est-ce qui a inspiré cette épreuve ?
Alain Daoulas : Plusieurs choses. D'abord, le désir de l'Ecole navale de monter une épreuve monotype. La monotypie représente l'égalité des chances, une des valeurs fortes de l'école. Y associer le sportboat, c'était y ajouter une pointe de technologie et de sport. Ensuite, j'étais maître-voilier et j'ai couru en Surprise et en Open 7.50 pendant une quinzaine d'années. A l'époque, en 2002, je dessinais pas mal de voiles pour les Open 7.50 et j'étais très impliqué auprès de la classe. C'était quelque chose d'exceptionnel ! Je ne peux pas l'oublier.
v&v.com : Le succès a été immédiat ?
A.D. : Nous sommes rapidement passés de 40 bateaux à 80, puis nous avons franchi le cap des 100 dès 2004. Certte année, ils étaient 170 monotypes inscrits. Et un joli mur coloré de sportboats qui partent en même temps, ça a du cachet !
v&v.com : Quel est le bilan de cette édition 2010 ?
A.D. : Le niveau global des séries est bon. On l'a vu sur les départs : il n'y avait pas de troisième rideau. C'est une édition particulière parce qu'elle a été labellisée <championnat de France des monotypes habitables>. Le renfort de cette reconnaissance a dopé des séries et en a attiré de nouvelles, comme les emblématiques Corsaire ou 5,50 Mètre JI.
v&v.com : Il y avait autant de championnats de France que de séries inscrites ?
A.D. : Non, car il faut quinze bateaux au départ pour que la compétition compte comme championnat de France. Sur les neuf séries présentes à Brest, quatre titres de champions de France ont été attribués : en J80, en Longtze, en Open 5.70 et en Corsaire - qu'on accueillait pour la première fois ! Ça change un peu, cette série est toujours très vivace et elle a gardé son esprit de monotypie. Malgré tout, l'an prochain, il est possible qu'il y ait des ronds différents pour les spis asymétriques et les spis symétriques.
v&v.com : A ce propos, comment s'annonce l'avenir du Grand Prix ?
A.D. : L'épreuve est maintenant ancrée à l'Ascension. Nous espérons prochainement avoir un circuit français plus clair au niveau de la monotypie, avec d'autres régates. Après le Grand Prix du Crouesty, une nouvelle course est en cours d'organisation au Havre. Crise économique faisant, la monotypie a du succès. Il y a un certain regain vers les séries facilement accessibles, en navigation comme en manutention.
v&v.com : Comment expliquez-vous l'engouement des régatiers pour le Grand Prix ?
A.D. : Je me suis toujours dit qu'en tant que coureur, j'aimerais bien que ce soit comme ça ! Au niveau sportif, nous avons voulu des parcours pas trop grands et des temps d'attente réduits entre les manches. Et, au niveau logistique, nous limitons les contraintes au maximum.
v&v.com : Qui finance cet accueil ?
A.D. : Des partenaires privés et institutionnels. Ce n'est pas la Marine nationale qui finance ce projet, ce sont des partenaires financiers et des sponsors.
v&v.com : Mais l'Ecole navale ouvre tout de même son site aux coureurs, non ?
AD : Bien sûr ! Elle a besoin d'être ancrée dans le paysage nautique, mais aussi départemental et régional. Elle ouvre son site, mais le logement est budgétisé. Rien n'est gratuit ! Pour boucler le Grand Prix, l'oraganisation a besoin d'un budget équivalent à celui d'une saison en Figaro.
Des bateaux gris, des voiles colorées. Plus qu'un choc des cultures, une rencontre insolite et enrichissante.
Photo © Martin Coudriet
v&v.com : Organiser une régate avec des militaires, qu'est-ce que ça change ?
A.D. : C'est sûr qu'on sent qu'on est chez eux ! L'organisation est carrée, avec un timing précis. C'est une bonne chose. Evidemment, il peut toujours y avoir des petits embêtements en ce week-end de l'Ascension, comme cette année la marée basse à 14 heures, au moment où la course se termine.
v&v.com : Accueillir des régatiers ici, c'est quand même une sorte de choc des cultures !
A.D. : C'est vrai que ça surprend toujours ! Tout est carré. Et à l'époque, quand le Grand Prix a été créé, la base n'était pas ouverte au public comme maintenant. Elle était cantonnée aux militaires. La course a participé à cette ouverture. Tant mieux.
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