Note :
Les dix de Groupama. Debout de gauche à droite : Bruno Jeanjean, Franck Cammas, Fredéric Le Peutrec, Jacques Caraës, Steve Ravussin, Ronan Le Goff, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Loïc Le Mignon et Stan Honey.
Photo © Yvan Zedda (Groupama)
Après son abandon au large de l'Afrique du Sud suite à une avarie, Groupama 3 a été partiellement réparé à Capetown, puis convoyé vers Lorient. Le trimaran y est arrivé après 16 jours de mer, l'avant-veille du réveillon. Toute l'équipe s'est ensuite remise au boulot, afin que le géant vert puisse repartir dès que possible dans sa conquête du Trophée Jules Verne. Le point avec son skipper Franck Cammas le 5 janvier au soir, à quelques jours d'un probable nouveau départ - et de celui de Banque Populaire V ?
Après deux tentatives avortées, Franck Cammas, skipper de Groupama 3, espère avoir conjuré le sort, et attend la bonne fenêtre météo pour repartir autour du monde.
Photo © D.R. (Groupama)
v&v.com : Quelles leçons as-tu tirées de cette avarie vous contraignant à l'abandon alors que vous étiez dans les temps du record ?
Franck Cammas : Pour pouvoir battre les 50 jours d'Orange II, il faut pouvoir aller très vite, même si les conditions de mer ne sont pas bonnes. Lorsque l'avarie s'est produite - la cloison du bras arrière sur le flotteur bâbord s'est cassée -, nous avions une mer courte et cassante avec des vagues de face de 1,50 mètre. Pour pouvoir rester dans le bon système météo, c'est-à-dire en avant de la dépression qui devait nous emmener jusqu'en Australie, il faut pouvoir marcher à 30 noeuds. Sinon, le front te dépasse et part sans toi. Donc, on devait attaquer malgré les conditions. Et ça n'a pas tenu. De toute façon, pour espérer pouvoir battre le record, on se doit d'aller à ces vitesses et, du coup, la structure est très sollicitée.
v&v.com : Et qu'avez-vous décidé ou modifié depuis ?
F.C. : Pendant que Groupama 3 rentrait en convoyage de Capetown, nous avons eu le temps de revoir les choses et de travailler avec Vincent Lauriot-Prévost, l'architecte, et Hervé Devaux, en charge des calculs de structure. Outre la réparation effectuée à Capetown, nous avons décidé de renforcer les cloisons arrière, ainsi que le fond du flotteur derrière le bras, car nous avons aussi découvert des fissures en fond de coque.
v&v.com : Avec la météo qui règne en France en ce moment, ça n'a pas dû être simple de stratifier ?
F.C. : Pas simple, en effet ! Nous avons installé une tente autour du flotteur. D'autant que pour immobiliser Groupama le moins longtemps possible, nous avons choisi de ne pas le sortir de l'eau. L'équipe technique a beaucoup bossé.
v&v.com : Quels autres travaux ont été effectués ?
F.C. : Groupama 3 ayant déjà effectué plus de 15 000 milles - un aller-retour France Afrique du Sud -, et afin de ne pas prendre de risques, nous avons aussi décidé de changer tout le gréement dormant. Mais comme nous n'avons pas voulu démâter, ça n'a pas été une opération facile. Enfin, c'est fait et tout est ok.
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F.C. : Oui, juste avant de repartir pour la Bretagne, une nuit, on a volé tous nos effets personnels - cirés, bottes, combinaisons de survie - ainsi qu'un écran d'ordinateur. Si l'on ajoute que le générateur était HS, et qu'il a fallu en faire venir un d'Europe, on peut dire qu'on a eu notre dose de malchance. J'espère qu'on a mangé notre pain noir (rires)...
v&v.com : En ce 5 janvier au soir, tout est rentré dans l'ordre ?
F.C. : Oui, nous venons juste de recevoir les vêtements techniques aujourd'hui. Ce ne sont pas des ensembles que tu trouves chez le ship du coin, et il fallait aussi les marquer.
v&v.com : Vous êtes donc prêts ?
F.C. : On le sera vraiment en milieu de semaine prochaine, mercredi 13 à Lorient, notre base. L'avitaillement est fait, mais il doit être chargé à bord. On pourra débuter notre stand-by. Si le vent souffle du Nord au Sud-Ouest, on pourra facilement gagner Brest et Ouesssant. J'espère être à Brest dès que possible, car si on a du vent de Nord-Ouest fort comme la dernière fois, on ne pourra pas <monter> sereinement. Et puis, une fois là-bas, on peut être plus réactif si une fenêtre météo se présente.
v&v.com : Justement, tu regardes déjà la météo, j'imagine ?
F.C. : Bien sûr. On fait un point quotidien par mail avec Sylvain Mondon de Météo France, notre routeur, et l'on se passe un coup de fil.
v&v.com : Et alors ?
F.C. : Il y a une bonne fenêtre samedi 9... mais, nous, on ne sera pas prêts. Les routages donnent une petite semaine pour l'équateur. C'est donc assez rapide.
v&v.com : C'est quoi, une bonne fenêtre ?
F.C. : C'est de pouvoir partir vite, donc avec des vents portants, afin d'atteindre l'équateur au plus vite - en moins d'une semaine -, et de viser un point qui permette de bien se positionner par rapport à l'anticyclone de Sainte-Hélène.
v&v.com : Il y a donc une prise de risque ?
F.C. : Absolument. Soit tu pars avec du gros temps portant - ce que nous avons fait en novembre - et il ne faut pas casser dès le début dans le golfe de Gascogne. Soit tu pars avec un flux de Nord à Nord-Est, et il faut pouvoir franchir la dorsale (anticyclonique) au niveau des îles Canaries. Ça peut se jouer à deux heures près. La porte peut se refermer et tu peux rester coincé dans la pétole, donc perdre d'entrée de jeu près de deux jours. C'est l'un des risques, car le routage une semaine avant n'a pas cette précision-là.
v&v.com : Banque Populaire V, qui est en stand-by depuis plusieurs semaines, pourrait donc partir samedi sans vous attendre ?
F.C. : J'ai entendu dire qu'ils pourraient donc bien prendre cette fenêtre et y aller. Les opportunités n'ont pas été si nombreuses jusqu'ici.
Groupama 3 a d'abord été partiellement réparé dans le port du Cap - surplombé par la fameuse montagne de la Table - avant d'être convoyé vers son port d'attache à Lorient.
Photo © Alain Paulhac (Groupama)
v&v.com : Si tel est le cas, tu regretteras de ne pas partir avec eux ?
F.C. : Nous regardons tous les deux de notre côté ce qui se passe, mais on fait chacun notre truc. Nous n'avons pas d'obligations mutuelles. Si Banque Pop' n'y va pas ce samedi, il y a des chances que nous partions plus tard ensemble, car ensuite, il y a peu de probabilités avant plusieurs jours. Nous verrons bien...
v&v.com : Quelle est la date limite pour repartir ?
F.C. : Début février.
v&v.com : L'équipage est disséminé, avec notamment Ronan Le Goff qui vit au Brésil ou Stan Honey aux Etats-Unis. Comment ça se passe si la météo est ok ?
F.C. : Nous déclenchons le code vert 96 heures avant le départ. Ça laisse quatre jours à l'équipage pour regagner le bateau. Les gars ont l'habitude. La dernière fois, Ronan est arrivé le jour du départ à une heure du matin. Ensuite, c'est moi qui décide de l'heure où nous quittons le quai. De toute façon, tout est prêt à bord, et l'équipage n'a pratiquement rien à apporter. Sauf Steve Ravussin, qui est chargé des vivres frais.
v&v.com : Tu n'as pas participé au convoyage retour de Groupama 3. Tu as pris des vacances ?
F.C. : Pas vraiment (rires) ! J'ai bossé d'abord avec les architectes afin de préparer le chantier à Lorient et les réparations, puis ensuite jusqu'au 22 décembre sur notre projet Volvo 70, et notamment la mise en place de l'équipe. Ça avance bien ! J'ai juste fait un break à la montagne pour Noël, avant de venir accueillir l'équipage à Lorient le 29 décembre.
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17/11/2009 - 18:01
Réparation de fortune à bord de Groupama 3
Retour en vidéo et explications détaillées de l’abandon de Groupama 3 survenue lundi 16 novembre lors de la seconde tentative de trophée Jules Verne de Franck Cammas et ses hommes. Des images impressionnantes de fuite à sec de toile du maxi trimaran qui fait route vers Le Cap pour réparer.
16/11/2009 - 19:56
Abandon de Groupama 3 : Franck Cammas raconte
Lundi 16 novembre vers 13h00 : alors que Groupama 3 navigue au débridé dans une mer formée, le collage entre le bras de liaison arrière et le flotteur bâbord se fissure. Son trimaran menaçant de se disloquer, Franck Cammas informe son équipe qu’il abandonne la course pour tenter de rallier Le Cap à 1700 milles du lieu de l’avarie. Grosse déception pour cette seconde tentative de trophée Jules Verne, alors que Groupama 3 avait une demi journée d’avance sur Orange 2, actuel détenteur du record.
16/11/2009 - 17:20
Groupama 3 abandonne sur avarie
"Cloison de bras arrière bâbord cassée entrainant une importante avarie sur le flotteur." Le mal a frappé Groupama 3, le Maxi trimaran skippé par Franck Cammas, ce matin, alors qu’en pleine tentative de battre le record du Trophée Jules Vernes, l’équipage avoinait pour rester dans un puissant flux dépressionnaire de Nord-Nord-Est qui les conduirait au cap de Bonne Espérance. En début d’après-midi, les dix hommes ont donc pris la décision d’abandonner la partie.
11/11/2009 - 00:36
Bruno Jeanjean, Groupama 3 : «On a eu le droit à un kilo d’affaires perso !»
Groupama 3 a passé l'équateur ce matin, à 8h13 françaises - nouveau temps de référence ! A bord, on l'a dit, un équipage de pros. Et un seul bizuth du large, qui n'a jamais passé la ligne : Bruno Jeanjean, 47 ans. Régatier professionnel, spécialiste du match-racing, trois Coupe de l'America avec Marc Pajot, champion du monde avec Bertrand Pacé. Aujourd'hui directeur du port de Palavas-Les Flots, sa ville natale. Franck Cammas le voulait à bord pour le Trophée Jules Verne... Quelques jours avant le départ, entretien exclusif avec !
10/11/2009 - 17:43
Le Bar des Sports de Groupama 3 est ouvert…
Manifestement, l’ambiance n’est pas morose à bord de Groupama 3 : alors que le trimaran dévore les milles à près de 30 nœuds de moyenne, l’équipage se rassembler quotidiennement pour un apéro sympathique, d’où les produits lyophilisés sont exclus ! Une tradition bien de chez nous, à des années-lumière de ce que nous avons vu sur les dernières éditions de la Volvo... que s’apprêtent pourtant à disputer Franck Cammas et ses hommes, dans moins de deux ans…
07/11/2009 - 18:30
Départ «viril» pour Groupama 3
Le jeudi 5 novembre à 15h50 UTC, Groupama 3 s’est élancé dans des conditions musclées pour tenter de reprendre le Trophée Jules Verne à Orange 2. Dès le lendemain, Franck Cammas et son équipage sont au large du Portugal, mais la grosse mer du golfe de Gascogne leur a fait prendre 90 milles de retard. Images en vidéo et réactions de l’équipage.