Française, 28 ans, 1ère au classement mondial de match-race féminin. Depuis mai 2005.
Note :
Claire Leroy, 28 ans - ici photographiée pour la Giraglia 2008 -, s'apprête à épouser l'olympisme alors que sa discipline, le match-race, sera présente à Londres dans quatre ans.
Photo © Carlo Borlenghi (Rolex)
Claire Leroy. Le 4 mai 2005, cette jeune femme de tout juste 25 ans a accédé à la première place du classement mondial de match-race féminin - établi par l'ISAF (Fédération internationale). Depuis ce mercredi, il y a plus de trois ans, 28 mises à jour en ont été faites. Et pas une seule fois Claire Leroy n'a quitté sa place !
Dans sa discipline, la miss de Saint-Quay-Portrieux a tout gagné - y compris le titre de marin de l'année ISAF 2003 -, devenant l'icône de cette discipline, mais est restée d'une étonnante humilité. Elle avait encore le rêve de voir sa discipline devenir olympique : en 2012 à Londres, elle sera exaucée. Raison pour laquelle le 14 novembre dernier, pressée par les demandes des coureurs, la Fédération internationale précisait les modalités de cette accession olympique. Claire Leroy les commente pour nous avec enthousiasme, spontanéité... et en gardant la tête froide !
v&v.com : Que t'inspire l'Elliott 6M, le quillard néo-zélandais choisi comme support olympique, sur lequel tu as été sacrée championne du monde au printemps dernier ?
CL : Compte tenu des neuf quillards proposés et des exigences de l'ISAF, c'est le meilleur choix ! Pour ma part, j'avais deux chouchous. En premier, le J80. Mais il se navigue à quatre quand la décision est celle d'un équipage de trois personnes. Puis l'Elliott 6M parce qu'il a un spi symétrique qui, je trouve, est mieux adapté que l'asymétrique au match-race. Il ferme moins le jeu au portant, c'est donc plus intéressant. Et puis, L'Elliott 6M n'a pas de cabine, ce qui facilite la manoeuvre. Il ressemble d'ailleurs beaucoup à un dériveur. Il est ergonomique, facile à mener... et plutôt sport ! Il va falloir que je me (re)mette au rappel ! Initialement, il a été commandé par le club d'Auckland (Nouvelle-Zélande) où le match-race est beaucoup pratiqué et dessiné pour un équipage de trois jeunes garçons. Au dernier championnat du monde, nous étions certes quatre à bord, mais le bateau va être adapté pour une navigation à trois. La surface de voile va être réduite et la quille modifiée de manière à ce qu'il soit transportable en container.
| Qui est Claire Leroy ? |
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| Dans sa famille de la côte Nord de la Bretagne, on navigue par passion depuis trois générations ! Alors la première fois que Claire s'est retrouvée sur un bateau, elle ne savait même pas encore marcher ! Cette admiratrice inconditionnée de Peter Blake a donc appris à tirer des bords avec ses cousins et s'est mise à la compétition à 10 ans, en Equipe. Après être passée par le 420, le 470 le Melges 24, le Mumm 30 et le Yngling, elle arrive au match-race, discipline dans laquelle elle brille depuis 2003. Palmarès de Claire Leroy 2003. 7e au classement mondial féminin de match-race. Tacticienne de l'équipe Marie Fauré. 12e au Tour de France à la voile. 2004. 2e au classement mondial de match-race, 3e au Mondial et 3e à l'Euro. 9e au Tour de France à la voile. 2005. 1re au classement mondial de match-race, 3e au Mondial. 12e à l'Euro Melges 24. 2006. 1re au classement mondial de match-race, 8e au Mondial, 3e à l'Euro, 1re à la Nations Cup. 5e à l'Euro Mumm 30, 6e au Tour de France à la voile. 2007. 1re au classement mondial de match-race. 1re au Mondial, 1re à l'Euro. 5e au Tour de France à la voile. Elue <Marin de l'année ISAF>. 2008. 1re au classement mondial de match-race. 1re au Mondial. |
v&v.com : Mais ton équipage compte beaucoup plus de trois personnes, comment pouvez-vous vous adapter ?
CL : Oui, nous sommes six dans l'équipe : Marie Riou, Elodie Bertrand, Claire Pruvot, Morgane Gautier et Ophélie Théron. Auxquelles se sont parfois ajoutées Ingrid Cerrato, Dorothée Martin d'Auray et des remplaçantes exceptionnelles comme Julie Bossard ou Sophie de Turckheim. Les choses ne vont pas se compliquer pour autant. D'abord, je ne trouve pas qu'il soit idiot de pouvoir compter sur des surnuméraires, ne serait-ce qu'en cas de blessure de l'une des filles. Ensuite, je ne suis pas certaine que toutes dans mon équipe soient tentées par l'aventure olympique. Nous avons toutes déjà un travail. Certaines sont mamans. Dans l'olympisme, ni les enjeux ni le rythme ne sont les mêmes que ce que nous vivons aujourd'hui et il va falloir que nous trouvions comment nous y adapter. Enfin, nous n'avons pas du tout l'intention d'abandonner le circuit match-race classique. Dans ce calendrier, les épreuves ne se courent pas comme dans l'olympisme : le support change et exige tantôt d'être trois, tantôt quatre, tantôt six... Pour ce qui est de l'Elliott 6M, j'en achèterai probablement un dans un an.
v&v.com : Ne crains-tu pas de prendre du retard dans ce cas ? A partir du moment où le match-race devient olympique, il entre dans un rythme différent qui peut vite s'emballer... d'autant que les filles des autres séries olympiques pourraient se mettre au match-race !
CL : J'espère bien qu'elles viendront nombreuses des autres séries olympiques, car on l'a fait pour ça ! Toutes les Shirley Robertson (NDLR : Anglaise double médaillée d'or, en Moth Europe à Sidney, puis en Yngling à Athènes) et les Dorte Jensen (NDLR : Danoise, vainqueur du championnat du monde de match-race féminin en 2006, médaillée de bronze à Athènes en Yngling et 5e à Barcelone en Moth Europe) ! Les filles sont beaucoup à dire qu'elles vont s'y mettre, mais je ne sais combien le feront véritablement. J'imagine qu'une partie va tenter le coup, puis laisser tomber... Pour l'heure, je préfère attendre un peu que le système se rode. Je crois aussi que l'olympisme - son professionnalisme dédié à un seul support en particulier, son genre stakhanoviste - et le match-race qui multiplie les supports de toutes tailles sont des visions plutôt divergentes de la pratique. Pour ma part, je considère que pour décrocher une médaille aux Jeux, il faut savoir aller chercher les connaissances partout, sur tous les supports, dans toutes les situations - y compris en matchant contre les garçons. Moi, mon plus, c'est matcher ! C'est ça que je dois cultiver absolument ! (Du reste, j'ai encore beaucoup à apprendre...) La culture de l'olympisme, par contre, je ne l'ai pas. Il va falloir que l'on nous donne le mode d'emploi d'une PO, que l'on trouve les bons interlocuteurs pour créer une émulation, que je m'imprègne de toute cette expérience et que je me mette à la préparation physique !
Découvrez l'Elliott 6M dans la rubrique chantier de notre site.
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Quillards proposés à l'ISAF comme support du match-race féminin olympique :
Elliott 6M (version modifiée)
J22
J24
J80
Laser SB3 (version Match)
Sonar
Star
Ultimate 20
Yngling
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21/11/2008 - 17:19
Un quillard kiwi pour Londres 2012
Le 14 novembre dernier, l’ISAF retenait l’Elliott 6M comme support olympique du match-race féminin pour les Jeux de Londres 2012. Ce quillard sportif de 6,20 mètres, qui déboule de l’hémisphère Sud, reste peu connu en Europe. A découvrir, donc !
14/11/2008 - 18:02
On prend les mêmes séries (plus l’Elliott 6M) et on recommence…
Pas de changement parmi les supports retenus comme olympiques pour Londres 2012 ! Après avoir statué tout cet après-midi, le conseil de l'ISAF ne s'est finalement pas laissé séduire par les arguments médiatiques et spectaculaires. Seule nouveauté au tableau : l'Elliott 6M dans une version modifiée est choisi comme quillard pour le match-race féminin... à la place du Yngling. Ouf ! Quand même...