Actualité à la Hune

DOUARNENEZ FASTNET SOLO

La chasse au Lunven est ouverte

Le départ de la Douarnenez Fastnet Solo doit être donné ce dimanche à 16 heures. Dernière épreuve du Championnat de France Élite de Course au Large 2017, elle devrait en principe consacrer Nicolas Lunven (Generali), impressionnant tout au long de la saison. Si son avance au classement provisoire semble confortable, un trio n’a pas l’intention de s’en laisser conter.
  • Publié le : 16/09/2017 - 00:02

Fin Championnat 2017Le rideau va se baisser sur le Championnat de France Élite de Course au Large 2017 avec la Douarnenez Fastnet Solo dont le départ sera donné dimanche.Photo @ Alexis Courcoux

Avec six épreuves au programme cette année, le Championnat de France Élite de Course au Large avait enfin fière allure sur le papier. Certains titres glanés lors d’éditions précédentes, avec seulement trois manches, ne reflétaient pas réellement une mainmise totale des récipiendaires. Quoi qu’il en soit, si la Solitaire Urgo Le Figaro, l’épreuve reine, a fait le plein en juin dernier avec quarante-trois participants, la question était de savoir combien de mordus du circuit Figaro Bénéteau resteraient en lice pour l’ultime épreuve. Ils seront en fait dix-neuf à couper la ligne de départ devant Douarnenez ce dimanche 17 septembre. Une saison longue et parfois des budgets étriqués expliquant d’inévitables désistements. C’est néanmoins un plateau de qualité qui semble prêt à en découdre sur le parcours de 600 milles depuis le pays Penn Sardin proposé par Douarnenez Courses. Un aller-retour au départ des terres finistériennes via les phares de Wolf Rock au Royaume-Uni et du Fastnet en Irlande, avec gymkhanas autour de DST (Dispositif de séparation du trafic, ndlr). Une balade irlandaise devant offrir plaisirs et coups tordus à l’envi. Avec pour tous le désir de déboulonner le leader du classement provisoire.

Nicolas LunvenAvant de quitter le circuit pour d’autres horizons, le titre serait, pour Nicolas Lunven, une fin en apothéose pour son partenariat avec Generali. Photo @ Alexis Courcoux

Nicolas Lunven sera bien évidemment cet homme à abattre tant il a survolé son sujet en 2017. Mis à part sa septième place au terme de la Solo Concarneau, il a trusté les autres podiums sans coup férir. Même si ses vingt-trois points d’avance semblent un gouffre pour son principal adversaire, Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), le Morbihanais refuse de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tannée : «Je vais essayer de terminer l’année avec le même niveau d’efficacité et faire une belle course, explique le skipper de Generali. Mais je sais qu’il y en a un qui n’a pas l’intention de me laisser faire aussi facilement. Et il a bien raison. Je sais aussi que je ne dois pas me regarder le nombril, cela serait le meilleur moyen de me prendre les pieds dans le tapis. L’épreuve ne devrait pas être simple car nous avons une vraie course au large, avec apparemment une météo compliquée. Et différente aussi pour moi, car je n’ai pas barré depuis la Solitaire. Sur le Tour de Bretagne en double que nous avons gagné il y a quinze jours, c’est Gildas Mahé qui en était chargé.»
Pour sa sixième année complète sur le circuit - il compte neuf participations à la Solitaire -, le voici enfin en passe de décrocher la timbale nationale avant de tourner la page : «C’est vrai que je n’ai jamais remporté le titre. Cela serait bien avant de passer à autre chose. Dès l’arrivée à Douarnenez je me sauve sur la Volvo sur le bateau de Dee Cafari. Je vais être en charge de la navigation en alternance avec Brian Thompson.»

Sébastien SimonSébastien Simon sait Nicolas Lunven intouchable. Mais il n’a pas dit son dernier mot. Photo @ Alexis Courcoux

Avec Adrien Hady (Agir Recouvrement) à six points de lui et Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) à dix, avant cette Douarnenez Fastnet Solo, Sébastien Simon, deuxième, souhaite donner le meilleur de lui-même tout en sachant qu’il a atteint le niveau de ses adversaires ayant plus de bouteille sur le circuit. «Cela reste un sport mécanique où il peut arriver tout et n’importe quoi. Mais je ne souhaite aucun malheur à Nicolas, loin de là. Pour que cela se règle à la loyale. Il est à sa place et il n’y a rien à redire. Conserver ma deuxième place me satisferait amplement. Elle serait le reflet de mes quatre années d’investissement. Cette course va être compliquée car nous allons avoir beaucoup de près et les trajectoires ne seront pas droites, en Manche et en mer Celtique. Avec finalement du vent et des transitions génois/solent. Cela veut dire que, pour faire marcher le bateau, il faudra être constamment à la barre», explique la Sablais. 600 milles sans spi, une belle épreuve éprouvante : «Surtout pour manger et se reposer. Avec des courants et ces espèces de DST car les marques de parcours en sont très proches. Le jeu sera même un peu fermé. Cela va simplifier les choses d’un point de vue stratégique mais il faudra rester vigilant, sans faire de bêtises pendant les quatre jours que donnent actuellement les routages. Un rythme d’une bonne étape de Solitaire du Figaro. Gagner va être mon objectif en tous les cas.»

Adrien HardyIl a décidé au dernier moment de jouer les trouble-fête, Adrien Hardy sera évidemment à la bagarre pour la victoire sur cette Douarnenez Fastnet Solo.Photo @ Alexis Courcoux

Couteaux entre les dents

Adrien Hardy, deuxième de la Solitaire Urgo Le Figaro 2017 n’avait pas programmé initialement sa participation à cette dernière épreuve du circuit. Le voici donc présent à Douarnenez pour se battre pour le podium du championnat. Un choix qu’il prend avec une certaine jubilation : «Vendredi dernier, j’ai décidé d’y aller comme un grand. Je suis moins affûté en termes d’entraînements mais le challenge est intéressant. Une belle course avec du beau monde et je vais prendre avec moi le classement actuel du championnat pour voir qui je devrais observer, surtout vers la fin. Finir deuxième comme en 2014 ne va pas être facile même si, sur ce genre d’épreuve à coefficient 2, il peut y avoir des surprises. Surtout avec des conditions aléatoires.» Sa principale attention sera bien évidemment portée sur Charlie Dalin, à deux petits points, donc, de son tableau arrière.

Charlie DalinVainqueur de la Solo Normandie, de la Solo Maître CoQ et de la dernière étape de la Solitaire Urgo Le Figaro, Charlie Dalin fera tout son possible pour être une nouvelle fois sur le podium du championnat.Photo @ Alexis Courcoux

Le champion de France 2016 sera lui aussi le couteau entre les dents : «Cela va être compliqué d’aller chercher la première place, voire impossible. Le podium est juste devant mon étrave. Mais il faut que je me concentre sur l’épreuve sans penser au championnat. Le format me plaît car il est long. Plus qu’une étape de la Solitaire. J’affectionne particulièrement ces navigations hauturières. La différence, c’est qu’en plus les jours seront plus courts. Cela va changer la donne. La nuit, il se passe toujours des choses et il va falloir adapter notre rythme. D’entrée de jeu dans le Four où on va jouer au rase-cailloux. Et peut-être encore à l’arrivée, où souvent il y a des jeux de massacre comme sur la Mini Fastnet avec tous les bateaux tanqués à l’entrée de la baie de Douarnenez. L’objectif sera d’aller chercher une performance en jouant à un moment donné un petit décalage.»
Si le podium de la saison va se jouer entre quatre hommes, la bagarre sera elle aussi intense pour le reste de la flotte souhaitant demeurer dans le Top 10 de ce championnat 2017. Le podium des bizuths devant confirmer des marins comme Julien Pulvé (Team Vendée Formation), Pierre Leboucher (Ardian) et Pierre Rhimbault (Bretagne CMB Espoir).

Generali LunvenLe titre ne semble pas pouvoir échapper à Nicolas Lunven, quasiment impérial toute la saison. Photo @ Alexis Courcoux

Classement provisoire des 10 premiers du Championnat de France

1.    Nicolas Lunven (Generali), 23 points
2.    Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), 46 points
3.    Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 54 points
4.    Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), 56 points
5.    Alexis Loison (Custo Pol), 99 points
6.    Gildas Mahé (Les Perles de St-Barth), 107 points
7.    Xavier Macaire (Groupe SNEF) 124 points
8.    Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir), 127 points
9.    Thierry Chabagny (Gedimat), 135 points
10.  Justine Mettraux (TeamWork), 146 points