Actualité à la Hune

Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015

La classe Mini vit avec son époque

Creuset de l’évolution technique des bateaux de course au large tout au long de sa belle histoire, la Mini Transat - Îles de Guadeloupe est toujours tournée vers le futur. Grâce à une nouvelle jauge définie dernièrement, les champs du possible sont une nouvelle fois ouverts. Renaud Mary, président par intérim de la classe, en est ravi.
  • Publié le : 18/11/2015 - 15:30

La Classe Mini vit avec son époqueRenaud Mary, président par intérim de la classe Mini, est ravi de l’évolution de la jauge, Proto et Série restant toujours des laboratoires de la course au large. Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015

Voilesetvoiliers.com : Tout d’abord, "l’Esprit Mini" est-il toujours là au terme de cette 20e édition ?

Renaud Mary : Ces arrivées à Pointe-à-Pitre en sont encore une fois une belle démonstration. À chaque fois qu’un skipper met pied à terre, les copains sont présents ; qu’ils soient premiers en Série ou en Proto, qu'ils aient navigué ou non dans les mêmes groupes pendant la traversée depuis Lanzarote. La tradition est respectée. Ils se font même des bises entre eux avant d’embrasser Miss Pointe-à-Pitre, c’est dire ! C’est génial.

La Classe Mini vit avec son époqueLa tradition est respectée, chaque nouvel arrivant a droit à son plongeon dans le port avec ses amis ministes. Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015Voilesetvoiliers.com : On déplore malgré tout vingt-neuf abandons sur cette édition 2015. Trois en Série et surtout douze Proto sur vingt-six au départ de Douarnenez ?

R.M. : Nous restons un sport mécanique. A bord des Proto, il y a souvent un peu de bricolage mais je dois rappeler qu’ils ont eu des conditions assez difficiles. Cependant, ceux à l’arrivée ont rencontré aussi des petits problèmes. Pour tenir leur moyenne, ils ont vraiment bourriné. Et cela ne se passe jamais sans souci. Je tiens également à souligner que la grande majorité des concurrents sont des amateurs, avec leurs propres moyens. Et puis, sur d’autres courses, il y a aussi de la casse…

Voilesetvoiliers.com : En bateau de Série, les Ofcet ont marqué de leur empreinte cette édition ?

R.M. : En faisant le doublé, on voit qu’il y a un gap dans cette catégorie. Quelque chose qui était apparu avec les Argo. Là, c’est aussi une belle démonstration. Il y avait les Ofcet, les Argo, et le reste du monde. Mais, à bord des Pogo 3, ils ont eu pas mal de problèmes comme Charly Fernbach (Le Fauffiffon Henaff) ou Benoît Hantzperg (Yca-Dhumeau-Secours Populaire). Ces engins ont malgré tout un bon potentiel. Ce nouveau bateau demande apparemment un peu plus de mise au point, les Ofcet ayant été optimisés plus tôt. Et puis, et c’est là où notre Classe est encore vivante, un Pogo 2, Les Enfants du Canal, mené par Édouard Golbery, a terminé quatrième de la seconde étape.

La Classe Mini vit avec son époqueRenaud Mary (à droite), président par intérim de la classe Mini, est bien évidemment à l’arrivée de tous les concurrents comme ici avec Olivier Taillard (Alternative Sailing).Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015

Voilesetvoiliers.com : Une nouvelle ère se précise-t-elle dans la classe Mini ?

R.M. : Nous n’avons pas pris le virage du plan porteur très vite car notre rythme est calé sur deux années, en vue de la Mini-Transat. Mais des foils ont été testés sur le vieux Mini 6.50 de Sébastien Picault pour l’IMOCA Banque Populaire VIII. En vue de la saison 2016, la jauge s’ouvre pour les Proto. Jusqu’à présent, les bateaux devaient passer dans un cadre. 6,50 mètres de longueur, 3 mètres de largeur, 2 mètres de tirant d’eau et 11 mètres de tirant d’air. Ceci hors appendices. L’an prochain, les appendices vont pouvoir sortir également de ce cadre mais uniquement en navigation, dans une limite de 6,50 mètres en largeur. L’idée est de faire des plans porteurs. Dès maintenant, un bateau est en construction mais nous n’avons pas beaucoup de retours à son sujet de la part des architectes qui ne nous ont pas trop questionnés. Et il y a d’autres projets qui se dessinent comme un plan Lombard, paraît-il. À l’image du bateau de Simon Koster (Eight Cube) qui a déjà anticipé la nouvelle jauge.

La Classe Mini vit avec son époqueInnovant, le prototype de Simon Koster (Eight Cube) dont on aperçoit le plan porteur tribord remonté sous la coque, sera bientôt rejoint sur le circuit Mini par d’autres ''foilers'', grâce à l’évolution de la jauge. Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015

Voilesetvoiliers.com : Quid des anciens Proto ?

R.M. : L’idée, évidemment, est de ne pas rendre tous les anciens bateaux « has-been ». Je pense que certains existants vont pouvoir évoluer comme celui du vainqueur de cette année, Frédéric Denis (Nautipark), un jeune homme qui a de la suite dans les idées. Notre classe reste donc un superbe laboratoire.

La Classe Mini vit avec son époqueLe Guadeloupéen Carl Chipotel (Gwadloop !!!) a été félicité par le vainqueur de l’épreuve en Proto, Frédéric Denis (Nautipark). Photo @ Jacques Vapillon/Mini Transat – Îles de Guadeloupe 2015Voilesetvoiliers.com : Le conseil d’administration de la classe Mini se réunit au Nautic de Paris prochainement. Serez-vous encore du bureau ?

R.M. : J’ai assuré l’intérim de Stan Maslard à la présidence car il était pris sur la Transat Jacques Vabre. Arrivant en fin de mandat, et comme j’ai assuré pas mal le dossier Mini-Transat – Îles de Guadeloupe 2015, je ne pense pas continuer. J’ai d’autres activités à côté et surtout hâte de retourner naviguer au large.

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