Actualité à la Hune

Nouvelle Vague : La Copa

La dernière séance

  • Publié le : 24/12/2014 - 00:01

C’est le thriller de la saison, le blockbuster de l’année : toutes les stars du circuit s’étaient données rendez-vous à la Trinité/mer pour le plus monumental show qui clôturait une super production bien remplie et pleine de nouveautés. Et les vedettes du grand écrin bleu se sont prêtées au jeu des questions-réponses face à un public enthousiaste et conséquent : le scénario de la saison passée et le synopsis de l’année à venir…

 

La CopaQuatre Mini J étaient mis à disposition des trente-deux skippers qui se sont prêtés au jeu de la confrontation à armes égales : 55 manches ont été courues en deux jours !Photo @ Eric Quesnel

 

Ils sont venus du monde entier pour le plus grand rassemblement de la saison : après le Festival de Cannes, la Semaine de Deauville, les Oscars, les Victoires et les Césars, les plus belles têtes d’affiche se sont bousculés sur les quais et en rade de La Trinité/mer pour LA COPA ! De La Trinité/mer bien sûr mais aussi de Plérin, d’Auray, d’Abu Dhabi, de La Rochelle, de Port-la-Forêt et même de Crac’h, trente-deux stars ont conquis un public bariolé et pertinent qui a pu côtoyer ces monuments de la voile internationale pendant deux jours : interviews, dédicaces de leur dernier ouvrage, séance d’autographes, discussions à bâtons rompus ont égrené ce dernier week-end avant Noël… Bertrand Castelnérac, le Bruno Coquatrix du Mini J, avait mis les petits plats dans les grands, épaulé par Charlotte Marilley et Jean-Pierre Nicol, ses deux associés pour cette épreuve de haut vol…

 

Bertrand CastelnéracBertrand Castelnérac a débuté la course océanique avec la Mini Transat en voilier de série (Pogo 1) avant de s’orienter sur le Tour de France à la Voile, le Class40 et le GC32, catamaran à foils…Photo @ Bernard Bilzic

 

v&v.com : Troisième édition de LA COPA ! Comment en vient-on à organiser cette épreuve majeure du calendrier ?
Bertrand Castelnérac : Au début, c’était une régate entre copains avant le 1er de l’an… Comme il y avait pas mal de skippers à La Trinité/mer fin décembre, c’était l’occasion de se retrouver en toute convivialité. Depuis trois éditions, le concept est un peu plus événementiel avec des Mini J que j’ai rachetés pour animer les plans d’eau.

 

v&v.com : Les caractéristiques principales du Mini J ?
B.C. : L’architecte est de la région et le bateau est inspiré par les 12mJI : un design à l’ancienne pour un déplacement lourd puisqu’il y a 100 kgs de gueuses par élément de 12 kgs, pour une coque de moins de 50 kgs. C’est un petit quillard de 3,60 mètres de long avec un spinnaker asymétrique. On essaye de les garder strictement identiques en ayant simplifié le plan de pont puisqu’à l’origine, il y avait un tangon avec un spi symétrique, des barbers-haulers, des cunningham, une prise de ris automatique…

 

Coupe La COPAAvec l’aiguière d’argent et le Trophée Jules Verne, LA COPA est devenue le trophée le plus convoité parmi les meilleurs skippers et équipiers du monde entier autour de La Trinité/mer…Photo @ Eric Quesnelv&v.com : Et les Mini J peuvent naviguer jusqu’à quelle force de vent ?
B.C. : En général, ils régatent dans les ports mais jusqu’à 20-25 nœuds de vent, on peut encore jouer ! Au près, ça va toujours avec un petit foc et un ris dans la grand-voile, mais au portant, c’est plus compliqué parce que la carène s’enfonce dans l’eau…

 

v&v.com : Le principe de La COPA ?
B.C. : C’est un format de tournoi par poules de quatre bateaux qui se rencontrent pour trois à quatre manches. Les deux premiers se qualifient pour les éliminatoires suivantes. Trente-deux skippers jouent pour les quarts de finales, puis les demies finales et la finale à quatre qui détermine le meilleur qui remporte la coupe, remise en jeu tous les ans. En une heure, on peut envoyer trois à quatre manches et au total, 55 régates ont été organisées ce week-end…


v&v.com : Et le bateau se dirige par un pédalier…
B.C. : Quand tu pousses à droite, tu tournes à droite ! C’est très simple et les marins s’adaptent rapidement pour trouver leurs repères et les sensations. La difficulté, c’est de se rendre compte que ce n’est pas un petit bateau, mais un quillard qui demande de la relance, qui n’aime pas virer dans les molles : c’est un gros voilier miniature. On peut faire des tout droits une fois qu’il est lancé et bien travailler ses trajectoires.

 

La CopaC’est en plein cœur du vieux port de La trinité/mer que les impétrants se battent comme des chiffonniers pour s’adjuger le plus convoité des trophées, LA COPA !Photo @ Eric Quesnel

 

v&v.com : Et pas mal de réglages finalement !
B.C. : Il y a un pataras et c’est un bateau assez pédagogique parce qu’on sent réellement l’influence d’un réglage : on peut déformer la grand-voile facilement et cela joue sur la gîte et le cap. Il y a deux philosophies : soit régler tout le temps mais on perd en opportunité tactique, soit trouver un réglage moyen et se concentrer sur le plan d’eau. Les parcours en deux tours sont tout de même courts et la lecture des risées n’est pas simple vu la hauteur des yeux ! Et c’est en solitaire : les Figaristes adorent.

 

Mini JLA COPA se déroule en deux temps : une première journée pour les huitièmes de finale par poule de quatre concurrents tirés au sort, puis le dimanche pour les quarts, les demies et la finale à quatre…Photo @ Eric Quesnelv&v.com : Le principe des manches ?
B.C. : Départ sous le vent, une bouée au vent, spinnaker obligatoire ou non selon les desideratas du Comité de Course, une porte sous le vent pour choisir son côté et un deuxième tour avec arrivée en bas. Les règles de priorité ont été un peu adaptées puisqu’on peut toucher les bouées, qu’une faute est sanctionnée par un recul derrière le bateau prioritaire, rarement par un 360° à l’appréciation du Jury sur l’eau.

 

 

v&v.com : La sélection des trente-deux skippers s’effectuent comment ?
B.C. : Certains sont des inconditionnels qui ont leur place, d’autres sont invités en fonction de leur saison. On essaye de s’ouvrir aussi vers d’autres disciplines de la voile (Louis Giard en préparation olympique en planche) et vers des jeunes (Doran Gouron, régatier en Open Bic)… Le but est de rassembler des marins qui aiment le concept, qui n’ont pas peur de se faire éliminer et qui veulent se rencontrer amicalement sur l’eau et à terre…

 

v&v : L’inscription ?
B.C. : 40 €. Et nous avons des partenaires financiers et techniques pour organiser cette épreuve… Je m’en occupe du point de vue technique presque à plein temps pendant un mois avec Charlotte Marilley (communication) et Jean-Pierre Nicol (direction). LA COPA est toujours calée entre le Nautic et Noël.

 

La CopaLe public est venu en masse s’agglutiner sur le quai Tabarly et le môle Caradec pour encourager les trente-deux skippers lors de matches extrêmement serrés.Photo @ Eric Quesnel

 

v&v.com : C’est aussi l’occasion de rencontres…
B.C. : Il y a d’abord le côté convivial de ces matches, mais il y a aussi un réseau de coureurs qui rencontre des fournisseurs. Et les marins pro venus du Figaro, du Mini, du Class40, du cata de sport, des voileries… échangent aussi sur leurs saisons passée et à venir. L’idée est donc de rassembler tous les intervenants de la voile française.

 

Yann ElièsYann Eliès avait fait spécialement le déplacement à La Trinité/mer pour affronter les meilleurs talents du moment, mais la sanction de La Copa est sans pitié !Photo @ Eric Quesnelv&v.com : LA COPA révèle aussi des coureurs !
B.C. : En 2012, Morgan Lagravière a explosé les compteurs et l’an passé, Quentin Delapierre s’est imposé : deux marins qui ont été révélés par leur saison suivante… Cela peut déclencher une confiance en soi importante quand on a battu les meilleurs d’une série ! C’est un moment phare dans la carrière d’un régatier. Parmi les têtes de série qui sont venus précédemment, il y a eu Jérémie Beyou, Alain Gautier, cette fois Yann Eliès, Yves Le Blévec : certains qui ont été éliminés au premier tour, n’ont jamais voulu revenir !

 

v&v.com : L’avenir, c’est l’ouverture à l’international !
B.C. : Bien sûr : on espère Russell Coutts, James Spithill, Torben Grael, Dean Barker, Ben Ainslie un jour ! Mais l’objet reste de conserver un tiers de «rock-stars», un tiers de copains pro et habitués, un tiers du milieu nautique avec des jeunes…

 

La CopaLe podium à quatre, une spécificité de LA COPA puisque les finalistes s’affrontent en quatuor : autour du vainqueur Fred Moreau qui tient la coupe et un bouquet de fleurs, Corentin Horeau, Nicolas Andrieu et Cédric Pouligny… Photo @ Eric Quesnel

 

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Des conditions idéales pour régater pendant deux jours avec plutôt de petits airs (3-8 nœuds) et des coefficients de marée modérés. Le public a pu constater que la reconversion de carrière de certains skippers était assurée à l’image de Corentin Horeau qui devrait rejoindre une chaîne de la télévision française d’ici un demi-siècle grâce à ses commentaires pertinents et incisifs par l’intermédiaire d’une sono digne d’un concert de AC/DC ! Sur l’eau, le spectacle était assuré avec l’enchaînement des poules et le désenchantement de certains éliminés sèchement après trois ou quatre manches… Fred Moreau s’impose avec brio sans vraiment avoir brillé, devant un Cédric Pouligny remonté, un Nicolas Andrieu incisif et un Corentin Horeau percutant… Rendez-vous est pris en 2015 !

 

Fred MoreauSuperbe victoire pour l’outsider de LA COPA car Fred Moreau de la voilerie All Purpose est plutôt spécialiste du Formule 18 !Photo @ Eric Quesnel


Fred Moreau, 37 ans, licencié à la Société des Régates de Vannes :
«Mon métier, c’est voilier chez All Purpose à Carnac… Mais je pratique assidûment le Formule 18 : j’ai fait la Saint-Barth Cata Cup et avec Fred Duthil à la barre, on termine neuvièmes, un peu frustrés. Autrement, je barre le Guépard n°60 dans le golfe du Morbihan, mais j’avais aussi été sparring-partner de Damien Seguin en 2003 pour sa préparation aux Jeux Para-olympiques d’Athènes. Je n’avais pas remis les fesses dans un tout petit bateau comme le Mini J depuis lors ! Alors vainqueur de LA COPA,, ce n’est pas rien même si j’ai eu beaucoup de réussite sur l’épreuve malgré plein de soucis techniques… Le plan d’eau est génial ici ! En 2015, je vais continuer avec Fred Duthil en Formule 18, puis je vais basculer sur un programme Tour de France à la Voile en Diam 24 toujours avec Fred. Je fais aussi le Spi Ouest France avec un client de la voilerie en IRC-2 et je serai équipier pour la Coupe du Monde de 6mJI à La Trinité/mer début juin. J’aime bien la vitesse, mais j’adore aussi les bateaux lents qui permettent de regarder le paysage…»

 

Antoine CarpentierNouveau challenge pour Antoine Carpentier qui passe du rôle d’équipier à bord de Courrier Dunkerque sur le Tour de France à la Voile à skipper d’un Diam 24 pour la saison à venir.Photo @ Bernard Bilzic


Antoine Carpentier, 39 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«2014, c’est la victoire sur le Tour de France à la Voile ! Avec Courrier Dunkerque et l’équipe de Daniel Souben… Devant Franck Cammas et son team qui nous avaient écrasés l’année précédente et que nous sommes bien contents d’avoir battus cette saison. A bord, je suis plutôt dédié aux réglages des voiles d’avant, mais il faut tout de même être polyvalent sur une épreuve comme le Tour. Pour la saison à venir, je vais participer au circuit des Diam 24 comme skipper de Courrier Choc-Ville d’Ixilles avec certains équipiers de Courrier Dunkerque et des marins belges : c’est une nouvelle version pour le Tour de France à la Voile qui change beaucoup le profil des équipages même si on va retrouver quelques régatiers de l’an passé. Normalement, de nouveaux talents vont venir en provenance du Formule 18 ou du catamaran de sport. Pierre-Loïc Berthet sera de la partie, ainsi que Yannick Lefèvre qui vient de l’équipe nationale belge en 49er… Nous avons déjà le bateau avec lequel nous avons participé à des régates en 2014, dont le GP de La Trinité/mer : au programme, entraînements cet hiver et circuit Diam 24 complet. Je ferai aussi de l’IRC avec la Fastnet Race en particulier avec Géry Trentesaux, probablement en JPK 10.10…»

 

Doran GouronEn Open Bic et en Open 5.70, Doran Gouron défend les couleurs de la SNT où il s’est formé ainsi qu’en Mach 6.50 avec son père…Photo @ Bernard Bilzic


Doran Gouron-Le Roch, 14 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«Mon meilleur moment de l’année, c’est le Championnat de France Minime à Quiberon : je termine troisième sur une soixantaine de participants en Laser Bug qui n’est pas mon support de prédilection ! Je pratique aussi l’Open 5.70 à la SNT avec une première saison moyenne plus : je finis cinquième au Grand Prix de Saint Cast. Je fais aussi de l’Open Bic et je suis allé à Travemünde pour le Mondial (7e) en concluant par une manche de deuxième sur 180 coureurs… Je suis premier du championnat du Morbihan et du championnat de Bretagne en Open Bic. Pour la saison prochaine, l’objectif est de terminer dans le top cinq au Spi Ouest France en Open 5.70 et d’accrocher des podiums sur le circuit. Je ferai aussi le Championnat de France Minime en double la première semaine de juillet en RS Feva… Mais je suis preneur de tout autre embarquement !»

 

Anthony MarchandAnthony Marchand, venu expressément d’Abu Dhabi puisque le jeune Figariste est embarqué sur Mapfre pour la Volvo Ocean Race.Photo @ Bernard Bilzic


Anthony Marchand, 29 ans, licencié au Centre Nautique de Plérin :
«J’ai trouvé un partenaire (Ovimpex) pour La Solitaire du Figaro ! J’ai enchaîné quatre années avec le Crédit Mutuel-Bretagne et il fallait que je vole de mes propres ailes : il m’a fallu créer une société, acheter un bateau et trouver un sponsor… J’avais un petit budget, mais j’ai eu une année chargée même si mon résultat est un peu décevant. Le but était d’être présent sur le départ et mon partenaire est content : il renouvelle sa participation, mais comme je suis pris par la Volvo Ocean Race sur Mapfre, je ne pourrais pas participer à La Solitaire du Figaro et c’est Martin Le Pape qui me remplace pour 2015. Je récupère mon bateau fin août pour le Tour de Bretagne avec Martin. En vue d’une saison 2016 avec Ovimpex… Le lendemain de La Solitaire, je suis parti m’entraîner en Espagne : je suis régleur-barreur avec un autre Français à la navigation, Jean-Luc Nélias. Pour la prochaine étape entre Abu Dhabi et Sanya, Iker Martinez ne sera pas là (il s’entraîne en Nacra 17 pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro) et c’est Xabi Fernandez qui prend les commandes. Les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, mais on n’a pas eu de réussite sur pas mal de points. On a tout de même mené la deuxième étape, mais sur une option pour le Pot au Noir, on a perdu beaucoup de terrain (4e). Le bateau est sympa au portant, moins au près et au reaching où il manque de puissance, et tous ceux qui ont fait du VOR70 la dernière fois, trouvent que c’est une "caravane"… Ça mouille beaucoup quand même. On devrait faire des rotations d’équipage sur les prochaines étapes parce que nous ne sommes que huit équipiers à bord et les voiles sont assez lourdes : on arrive crevé et les escales sont plus courtes qu’auparavant !»

 

Maxime PaulMaître-voilier chez North, Maxime Paul est aussi un redoutable régleur de voiles, embarqué à bord de Groupama sur le Tour de France à la Voile pour la saison 2013.Photo @ Eric Quesnel


Maxime Paul, 43 ans, licencié au Cercle d’Organisation du Yachting de Compétition Hyèrois :
«Je suis dessinateur de voiles pour North France, mais je navigue un peu encore. J’ai fait le Tour de France à la Voile l’an passé avec Groupama ainsi que les courses d’avant-saison. C’était très intéressant en tant que régleur de grand-voile. Je fais aussi régulièrement des sorties techniques sur les bateaux que nous voilons comme en IMOCA (Macif). En 2015, je vais faire de l’Open 7,50 avec Jean-Pierre Dick (Spi Ouest, Open Mach Trophy) et je vais aussi naviguer sur le nouveau Safran de Morgan Lagravière que nous équipons…»

 

Cédric PoulignyPendant plusieurs années, Cédric Pouligny a skippé le voilier Oman Sail sur le Tour de France à la Voile et formé de nombreux Omanais à la compétition de haut niveau.Photo @ Bernard Bilzic


Cédric Pouligny, 42 ans, licencié à la Société des Régates Rochelaises :
«Sur le Tour de France à la Voile, nous avons terminé troisième avec Oman Sail. Cette année, je n’étais pas skipper parce que je naviguais aussi en Soto 40 avec un propriétaire marseillais : je n’ai pu faire que la Méditerranée en M34 et les courses d’avant-saison avec Sydney Gavignet comme skipper… Je suis habituellement barreur ou tacticien. Pour la suite, j’ai toujours mon programme en Soto 40, mais le reste est plus incertain (même si j’ai deux-trois pistes) : je fais aussi du coaching pour des Dragon, je ferai une régate corpo comme l’Edhec, et peut-être du Tour de France à la Voile en intégrant un équipage. L’équipe d’Oman Sail ne sait pas encore comment elle va s’organiser même si elle a déjà un Diam 24. J’ai été skipper du M34 pendant trois ans en participant à la formation de jeunes Omanais qui débutaient et qui sont désormais parmi les meilleurs navigants en Extrem 40 ou sur le MOD70…»

 

Simon TroëlLe jeune Figariste Simon Troël n’a pas trouvé les financements suffisants pour effectuer une saison complète en Figaro : après la Transat Ag2r, il est passé préparateur de Gildas Mahé cet été.Photo @ Bernard Bilzic


Simon Troël, 27 ans, licencié au Centre Nautique de Plérin :
«Je n’ai pas fait une super saison puisque je n’ai régaté que sur la Transat Ag2r où on est parti un peu à l’arrache : on finit septième, mais c’est une course chargée d’histoire pour moi et j’étais très content de la refaire avec Ronan Treussard. Autrement, j’ai quand même gagné le Tour du Finistère sur un ILC30 ! Et j’ai préparé le Figaro de Gildas Mahé pour La Solitaire du Figaro… A suivre, je cherche des partenaires pour faire le circuit Figaro en priorité, et il y a le Tour de France à la Voile et la transat Jacques Vabre qui sont attirants cette saison. Mais pour l’instant, je n’ai rien du tout ! Il y a toujours des choses à faire : La Solitaire du Figaro part de Bordeaux et cela a du sens pour moi. Et puis le parcours est costaud cette année, en particulier la dernière manche : que du côtier… Ça va être raide car il y a encore un superbe plateau.»

 

Corentin HoreauCorentin Horeau s’est révélé cette saison sur La Solitaire du Figaro en terminant deuxième juste derrière Jérémie Beyou…Photo @ Bernard Bilzic


Corentin Horeau, 25 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«A part LA COPA, c’est La Solitaire du Figaro qui restera graver dans ma mémoire : terminer deuxième derrière Jérémie (Beyou), c’est top ! J’ai encore une saison avec le Crédit Mutuel-Bretagne Performance pour La Solitaire du Figaro et le Championnat de France : il va falloir s’engager parce que la saison s’annonce rude avec la Solo Maître Coq aux Sables d’Olonne, la Solo Concarneau, la Solo Basse Normandie, et en fin de saison, le Tour de Bretagne, la Generali… Le parcours de La Solitaire du Figaro est plus typé large que l’an passé avec deux traversées du golfe de Gascogne, le Fastnet à aller chercher et une dernière étape à zigzags le long des côtes galloises et anglaises. Et puis des étapes à 600 milles ! Et j’aimerais bien faire la transat Jacques Vabre comme équipier…»

 

Quentin DelapierreQuentin Delapierre a réalisé une saison exceptionnelle en J80 avec son équipe : Champion d’Europe devant les Espagnols qui pourtant dominaient la série depuis des décades et en sus, sur leur terrain de jeu, Barcelone !Photo @ Bernard Bilzic


Quentin Delapierre, 22 ans, licencié à la Cata School de Lamor Baden :
«Le Championnat d’Europe de J80 est mon titre majeur avec une première grosse performance internationale : j’ai monté avec Mathieu Salomon ce projet de bout en bout et terminer vainqueur est une belle consécration. J’ai aussi participé au National J80 en novembre et j’ai régaté en Russie pour le Mondial de Laser SB20 : troisième senior et champion du monde jeune. Une belle expérience avec Kevin Péponnet car on s’est très bien entendu : dans les six premiers, il n’y avait que des médaillés olympiques ! Le dilemme en 2015, c’est de savoir si je refais les sélections Crédit Mutuel-Bretagne aux quelles j’avais participé en 2013, mais en arrêtant aux finales parce que je voulais finir mes études, ou si je continue en équipage. Pour l’instant, le programme tourne autour du Tour de France à la Voile avec Quentin et Arthur Ponroy, Mathieu Salomon, Édouard Marie sous les couleurs de Vannes Agglomération avec Daniel Souben comme coach et manager : ce projet Diam 24 est une aubaine. Pour le Spi Ouest France, on ressort le J80 ainsi que pour le Mondial qui a lieu début juillet à Kiel.»

 

Nicolas AndrieuDétaché exceptionnellement par Vincent Riou pour représenter le team PRB à La Trinité/mer, Nicolas Andrieu s’est très rapidement adapté à ce support exigeant qu’est le Mini J…Photo @ Bernard Bilzic


Nicolas Andrieu, 28 ans, licencié à la Société des Régates de La Rochelle :
«Le point fort en 2014, ce sont les courses en Diam 24 avec le team PRB : on a gagné quelques régates et on va continuer l’an prochain. A bord je suis régleur de grand-voile et tacticien. Autrement, je m’occupe du bureau d’études pour le monocoque IMOCA de Vincent Riou : j’ai une formation d’ingénieur en mécanique de l’INSA de Toulouse. J’étais destiné à l’aéronautique et je me retrouve dans le nautique tout court… Pour PRB, la casse de la Route du Rhum est encore en cours d’expertise mais on commence à savoir pourquoi : une campagne d’études doit nous permettre d’expliquer pourquoi la cloison qui supporte la barre d’écoute de grand-voile s’est décollée du fond de coque. L’an prochain, je vais accompagner Vincent Riou en Diam 24 (Spi Ouest France, GP Guyader à Douarnenez, GP de l’École Navale, Normandie Sailing Week, Tour de France à la Voile) puis préparer son bateau pour la transat Jacques Vabre.»

 

Julien BourgeoisJulien Bourgeois formé à l’école du Laser est passé au J80 depuis trois saisons : il s’oriente vers l’Open 7,50 avec en ligne de mire une saison en Mini Transat.Photo @ Bernard Bilzic


Julien Bourgeois, 23 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«Le Championnat d’Europe à Barcelone en J80 était super ! On termine huitième avec un gros panel de Français dans les dix premiers… Puis j’ai enchaîné sur le Championnat de France Espoir à Martigues en Open 5.70 et en Longtze : quatre semaines non stop de régates. Et LA COPA, le grand rendez-vous de l’année. Je ferai le Spi Ouest France en 2015 en Open 7.50 comme tacticien avec Thomas Normand, Édouard Marie, Antoine Joubert et David Mirabel : il y a pas mal de monde qui revient sur ce support. J’aimerais bien continuer en J80 sur les grosses compétitions comme le National et le Mondial à Kiel. Je voudrais aussi faire du match-racing et me mettre à la course au large, pourquoi pas en Mini Transat ? Fin 2015, il y a les sélections Crédit Mutuel-Bretagne : on va s’essayer.»

 

Renaud MaryDu Mini Transat au Diam 24, il n’y a qu’un pas : Renaud Mary l’a franchi et possède désormais l’avantage d’une saison complète en vu d’un programme chargé en 2015 sur ce trimaran qui a conquis nombre de skippers.Photo @ Bernard Bilzic


Renaud Mary, 32 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«J’ai acheté un Diam 24 cette année et j’ai découvert le multicoque : ce sont de bonnes sensations et ça change pas mal du Mini Transat ! Je cherchai un nouveau circuit et il est en train de se mettre en place avec l’attrait du Tour de France à la Voile. J’en ai profité pour faire tourner pas mal de gens afin qu’ils découvrent aussi le bateau. En 2015, je vais courir sous les couleurs de l’APPC Nantes-Saint Nazaire. Le bateau est vraiment plaisant dans la brise et comme la configuration de voiles va changer, on devrait gagner en performances dans le médium. La plateforme est vraiment saine et ça accélère franchement !»

 

Vincent Busnel, dit EnzoVincent Busnel, dit Enzo, est le préparateur attitré de Yann Eliès sur La Solitaire du Figaro mais il est aussi un Ministe acharné sur l’un des derniers prototypes du cabinet Finot-Conq.Photo @ Bernard Bilzic


Vincent Busnel, dit Enzo, 32 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :
«J’ai préparé le bateau de Yann Eliès pour La Solitaire du Figaro et il y a eu un peu de travail avec le démâtage dans la première étape. Mais ça reste un bon moment. Il n’a pas gagné (mais remporté une étape), et il reviendra avec encore plus d’envie en 2015 ! Du coup avec l’achat de l’ex-Safran par le Groupe Quéguiner, je suis embauché sur le 60 pieds IMOCA en vue de la transat Jacques Vabre : je serai donc préparateur Figaro et responsable accastillage et gréement sur le gros bateau. J’avais travaillé un peu sur Safran parce que je naviguais de temps en temps avec Marc Guillemot. J’ai aussi mon Mini Transat, n°621, l’un des derniers prototypes Finot-Conq, l’ancien d’Erwan Le Roux. Je ne suis pas sûr de pouvoir me libérer pour la transat et les courses d’avant-saison mais je reviendrai sur le circuit en 2017 ! Et puis avec l’ouverture de la jauge Mini, on peut imaginer mettre des foils… On va voir ce que ça donne sur les IMOCA.»

 

Yves Le BlévecLe Multi50 Actual étant mis en vente, Yves Le Blévec a plusieurs dossiers en cours pour rebondir soit avec un trimaran neuf, soit sur d’autres supports, toujours aux côtés de son partenaire titre.Photo @ Bernard Bilzic


Yves Le Blévec, 49 ans, licencié à la Société Nautique de La Trinité/mer :  
«La Route du Rhum était la priorité de la saison : je termine quatrième ! C’était l’évènement majeur du projet Actual et le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances à cause de cet arrêt technique à Cascais : j’ai pris 24 heures, impossible à rattraper… Le Multi50 est à vendre et les discussions avancent bien avec des acheteurs potentiels. C’est un super outil, mais avec Actual qui a envie de persévérer dans le sponsoring voile et avec moi, on réfléchit à d’autres pistes : soit on fait construire un nouveau Multi50 pour 2016, soit on s’engage vers d’autres voies. On va voir tout ça ces prochaines semaines… Dans tous les cas, il y a le Mach 650 pour le Spi Ouest France.»

 

Fred MoreauExplosion de joie pour le vainqueur de LA COPA 2014 : après Morgan Lagravière en 2012 et Quentin Delapierre en l’an passé, Fred Moreau inscrit son nom en lettres d’or au palmarès de cette prestigieuse régate par élimination directe.Photo @ Eric Quesnel