Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
Note :
19/01 à 11h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cléac'h : beige.
Photo © Actinext / Vendée Globe
White (Toe in the water) enroule le cap Horn en neuvième position.
L'Anglais, Cap-Hornier frais émoulu, raconte sobrement : <J'ai 43 noeuds de vent avec des pointes à 58, mais cela a molli un peu. Sur la remontée du plateau continental, c'était incroyable. Des murs d'eau. On remonte une vague et on se heurte contre la suivante tout de suite après. Il y a un sentiment désolant de solitude.>
980 milles derrière ses adversaires, le skipper vise leurs tableaux arrière. Sans complexe, il compte sur le coup de pompe du Pot au Noir.
20/01 à 5h. 4.Davies : rose. 5.Guillemot : gris. 6.Thompson : bleu clair. 7.Caffari : jaune. 8.Boissières : noir.
Photo © Actinext / Vendée Globe
Pour l'heure, ses adversaires - Boissières (Akena Vérandas), Caffari (Aviva) et Thompson (Team Pindar) - profitent de leurs derniers milles dans le flux de Nord-Ouest qui les entraînent à plus de 14 noeuds de moyenne.
Caffari joue son va-tout en dépassant Boissières : <J'ai payé le prix pour avoir essayé de rester en contact avec les gars, car j'ai perdu une autre partie du taffetas, et ma grand-voile est encore plus trouée.> L'Anglaise n'en affiche pas moins la meilleure journée : plus de 340 milles en 24 heures. Stratégique, elle réserve sa réparation à plus tard, lorsque le trio se trouvera dans le système orageux qui lui barre la route.
Davies (Roxy) est en plein dedans. Sept noeuds, trois noeuds de moyenne. Elle stoppe net, tentant désespérément de s'arracher de cette zone argentine turbulente. <Ça va doucement, sur Roxy... Je ne suis pas trop contente. C'est un peu frustrant, mais je ne peux pas faire mieux. Il y a une grosse bulle sans vent et je ne peux passer ni à gauche, ni à droite.>
Dans son Ouest, Guillemot (Safran) la remonte. Plus de 14 noeuds de moyenne. La veille, l'Anglaise avait plus de 100 milles d'avance sur lui - ce matin, il ne lui en reste que 30. <Marc arrive avec du vent : je n'ai plus rien ici, mais j'essaye de naviguer au mieux. Je n'ai plus beaucoup d'avance sur lui, ça va être la course.>, se plaint-elle.
Hélas, virtuellement Davies peut déjà être considérée comme dépassée par Guillemot : il bénéficie de ses 50 heures de report (correspondant au dédommagement de son assistance à Eliès).
Et Guillemot compte sur ses heures. Il ne s'en cache pas : <Il y a une bonne pression depuis ce week-end, du coup ça permet à Safran de bien glisser et de réduire l'écart entre Samantha et moi. Ça fait du bien au moral et, vu la situation météo assez compliquée, je suis dans une position plus favorable qu'elle. Je me casse la tête pour trouver le petit trou de souris et grimper plus au Nord, mais ce n'est pas évident. J'ai des objectifs un peu plus ambitieux que d'arriver quatrième. C'est peut-être un peu prétentieux, mais après Roxy, l'objectif, c'est Brit Air.>
Le Cléac'h (Brit Air) navigue au près, 900 milles devant. Réservé, il résume : <J'attends un vent qui commence à adonner et je devrais rester tribord amures un petit bout de chemin. [...] Pour la météo et le Pot au Noir, je ne regarde pas encore, de toutes les façons, je n'ai pas trop le choix.>
20/01 à 5h. 1.Desjoyaux : blanc. 2.Jourdain : rouge. 3.Le Cléac'h : beige.
Photo © Actinext / Vendée Globe
Le Pot au Noir attise le suspens. Zone instable, orageuse, trop au Sud par rapport à ses habitudes.
Desjoyeaux (Foncia) tombe dedans et se traîne entre deux et cinq noeuds de moyenne. Jourdain (Veolia Environnement) en profite inévitablement : il se rapproche de Foncia de 160 milles.
Mais n'en déplaise aux âmes sensibles, ni la météo ni le sport n'ont d'ambition romantique. Ni plus de conscience. Ni plus de morale.
Ainsi, le Pot au Noir ne menace-t-il pas davantage le skipper de Foncia dans sa remontée de l'Atlantique, sous prétexte qu'il a été clément lors de sa descente. Au relevé de 5h00, Desjoyeaux affiche une moyenne de 6,8 noeuds.
A ceux qui le bassinent - à ce sujet, lisez ici l'interview exclusive du skipper -, Desjoyeaux, qui franchit l'équateur dans la nuit, écrit : <Bon, ben ça, c'est fait ! Ce n'est plus à faire, puisque c'est fait ! 6H14'10" ce mardi 20 janvier 2009, Foncia coupe l'équateur pour la deuxième fois dans ce Vendée Globe, et à vive allure, en plus ! Je crois que j'avais pas payé le péage à la descente, normal, y avait personne dans la guérite ! Là, y m'ont pas raté, j'ai cotisé, pour deux ! A vos calculettes ! Je relève les copies à 11H15.>
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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures, n'est pas toujours le premier !
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Suivi des avaries
Dee Caffari (Aviva) : la GV de l'Anglaise continue de partir en lambeaux - son skipper espère la réparer d'ici quelques heures, lorsqu'elle entrera dans les hautes pressions pétoleuses.
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Voiles et Voiliers (février 2009), pages 46 à 61.
Vendée Globe : Le Sud à vif
Texte Julie Bourgois. Photos des skippers.
Il y a ceux qui parlent de la météo ou de leur état de santé. Il y a ceux qui se lâchent et ceux qui se cachent, ceux qui flippent et qui le disent, ceux qui ne le disent pas, ceux qui bluffent, ceux qui blaguent et ceux qui désespèrent... Les coureurs du Vendée Globe gèrent leur âme comme un plan d'eau : submergés, surpris, frondant, à la rigolade... Entre les murs du Sud, Balzac trouverait là-bas la comédie humaine.
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19/01/2009 - 20:02
Questions impertinentes à Michel Desjoyeaux
Neuf heures du matin au large de Récife, quatorze heures à Paris. Par 1° 53 Sud et 32° 03 Ouest, il vient d'entrer dans le Pot au Noir... se traîne dans la pétole, prend le temps d'appeler par Iridium, s'excuse pour le léger retard. On entend ses voiles claquer. Lui ne s'énerve même pas. La voix parfaitement claire en dépit de quelques distorsions, Michel Desjoyeaux - largement en tête du Vendée Globe - est en forme. Après 71 jours de mer et à une petite quinzaine de jours de l'arrivée, le skipper de Foncia - plus détendu et serein que jamais - nous explique sa manière de communiquer. Sans états d'âme. Sans langue de bois... Parce que Desj' s'en fout !
19/01/2009 - 10:39
Alizés amers
Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.