Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
Note :
Les Anglais Thompson et Caffari réduisent l'écart avec le duo qui les devance. Desjoyeaux grapille quelques milles sur Jourdain.
Photo © D.R.
<C'est un Pot au Noir dont je me souviendrais. Il m'a fait un sacré tour de cochon...>, siffle Jourdain (Veolia Environement) qui est retombé quelques heures durant dans l'instabilité intertropicale. <Avant-hier, c'était la bonne nouvelle : j'étais au frais dans du vent de Nord-Ouest. Ça avançait bien, mais le gros nuage noir que je venais de passer s'est reposé devant moi en fin de journée. Puis il y a eut un grain, mais alors un grain XXL ! Je ne voyais même pas a 50 cm : holala... c'était l'enfer ! Entre autres questions, on se dit, mais qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ?>
Jourdain finit par prendre de la vitesse : onze noeuds de moyenne, 12, 14. Au contact de l'Atlantique Nord, il retrouve son enthousiasme et sa verve délurée. <Bon, il reste un grain pour Armel ou j'ai tout pris ?>
24/01 à 5h. 3.Le Cléac'h : beige. 4.Guillemot : gris. 5.Davies : rose. 6.Thompson : bleu clair. 7.Caffari : jaune. 8.Boissières : noir.
Photo © Actinext / Vendée Globe
L'écart de 500 milles s'est stabilisé entre les deux skippers. Le Cléac'h (Brit Air) doit entrer à son tour dans la marmite. <Je ne suis pas encore en plein dans le Pot au Noir, mais on s'en rapproche. [...] Mais pour l'instant, j'ai encore cet alizé qui me rapproche de Fernando de Noronha. [...] Je regarde les cartes en ce moment pour trouver le meilleur passage pour le Pot au Noir.> Au jugé des moyennes de Brit Air - entre huit et dix noeuds -, il semblerait que le skipper échappe aux vents erratiques.
A une trentaine de milles des côtes brésiliennes, Guillemot (Safran) perd du terrain sur Le Cléac'h. <La zone n'est pas simple, mais en se rapprochant de la côte, le vent est monté à 23 ou 24 noeuds, et il a fallu empanner de temps en temps. Si j'avais eu le choix, je serais plus au large, mais c'est la complexité du modèle météo qui fait que je suis là.>
Plus au large, l'opportunité n'était pas sensationnelle. Davies (Roxy) affiche encore des progressions à deux noeuds dans l'après-midi ! <Après un autre jour d'agonie dans les calmes, j'espère vraiment pouvoir enfin attraper les alizés d'Est. Le vent n'est pas conforme à ce que dit la météo : au lieu d'avoir 10 à 15 noeuds de vent, je me suis retrouvée toute la journée avec 2 à 4 noeuds.>
A ses trousses, l'Anglais Thompson (Team Pindar) devient menaçant. Déboulant à plus de 15 noeuds, il se trouve à moins de 350 milles de la princesse rose. Caffari (Aviva) est à peine 100 milles derrière.
Alors, certes Davies bénéficie de sa remise de temps - elle s'est déroutée pour assister Guillemot lors de l'accident d'Eliès -, mais elle a de quoi s'inquiéter.
Si ce n'est que miss Davies est d'un autre tempérament. <Pour oublier ma frustration...[...] Je pense que je vais embarquer du matériel de karaoké pour mon prochain Vendée Globe.>
Boissières (Akena Vérandas) est au plus mal, empêtré dans son option Ouest pétoleuse, il perd près de 300 milles sur Caffari et voit White (Toe in the water) montrer les crocs. Après avoir étrenné le près dans 30 noeuds de vent, le skipper se gave. <Maintenant, nous sommes au largue. Il y a de gros nuages, qui perturbent la brise, mais au moins on va dans la bonne direction ! Il semblerait qu'une dépression se forme au large du Brésil et cela devrait m'offrir plus de vent.>
24/01 à 5h. 1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge.
Photo © Actinext / Vendée Globe
En tête de l'Atlantique, c'est toujours Desjoyeaux (Foncia) qui mène.
A 15 noeuds au largue, il fait route au Nord-Nord-Est, contournant largement les Açores et tentant de contrer une mer qu'il décrit comme extrêmement pénible. <On reste sinon bien secoué, la houle principale est à gauche du vent. Le vent est au 70°/90° et la houle autour de 60°. Le bateau saute pas mal. Là je navigue à 90° du vent, donc c'est agréable même si c'est pas super confortable car ça tape. Mais comme il faut passer vite dans les passages dangereux, autant accélérer un peu !>
La moyenne de Foncia tombe de 16 noeuds à 15. Entrée dans la zone des Açores.
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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures, n'est pas toujours le premier !
Davies et Boissières luttent chacun dans une zone sans vent. Desjoyeaux ralentit imperceptiblement à l'approche des Açores.
Photo © D.R.
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Voiles et Voiliers (février 2009), pages 46 à 61.
Vendée Globe : Le Sud à vif
Texte Julie Bourgois. Photos des skippers.
Il y a ceux qui parlent de la météo ou de leur état de santé. Il y a ceux qui se lâchent et ceux qui se cachent, ceux qui flippent et qui le disent, ceux qui ne le disent pas, ceux qui bluffent, ceux qui blaguent et ceux qui désespèrent... Les coureurs du Vendée Globe gèrent leur âme comme un plan d'eau : submergés, surpris, frondant, à la rigolade... Entre les murs du Sud, Balzac trouverait là-bas la comédie humaine.
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23/01/2009 - 15:03
Quand Roxy passe le mur du son
Bruyant, un voilier, surtout de course et en carbone ! Sam Davies : «La dérive a un son assez haut qui change de tonalité au-delà de 18 nœuds. La sous-barbe vibre avec un son grave dès que le nez de Roxy heurte la vague. Les haubans textiles du jockey-pole sont des cordes de guitare…»
23/01/2009 - 10:46
Desjoyeaux, l’animal d’eau salée
Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.