Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
Note :
Dans la dép' subie depuis hier apès-midi, Desjoyeaux et Jourdain ont encore un peu creusé l'écart avec les suivants. Sixième, Sam Davies fonce pour maintenir Marc Guillemot à distance.
Photo © D.R.
<C'est un dur à cuire, ce Bilou>. L'aveu, l'hommage, est signé Michel Desjoyeaux. Lequel semble bien placé pour apprécier la performance... <Il est beaucoup moins sensible que d'autres à la dureté des phénomènes météo. Il est très constant, il ne va pas cravacher à l'avant de la dépression et s'écrouler derrière. Il est plus linéaire... Moi, je suis arrivé de derrière avec de la vitesse, et je ne me suis pas arrêté. Bilou fait partie de ceux qui ont emboîté le pas. Mais ça ne m'étonne pas de lui>.
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Le Cléac'h : beige. 5.Riou : orange.
Photo © D.R.
Vitesse de Foncia hier après-midi : 19,1 noeuds sur une heure. Veolia Environnement : 19,4 noeuds. Par 51° Sud, à 1 000 milles du Horn. Cap au 120, piqué façon avion de chasse. Viser un étroit corridor, entre les glaces du Sud et la côte chilienne. Mais Desjoyeaux le pilote ne s'affole pas. Un oeil aux instruments : <Le vent vient du 322° et je dois avoir 28-30 noeuds. Le bateau marche à 18 noeuds et nous sommes à 12° de la route directe qui est aux alentours de 120°>. Technique, précis, calme. <Là, la mer c'est du gazon>. Et c'est drôle, parce qu'à ce moment-là, on a quand même un doute sur la définition même du mot <gazon>. Surtout avec ce qui suit : <De temps en temps, le bateau part en surf à 25-27 noeuds.> Il doit onduler un peu, quand même, le gazon, non ? <Il y a une mer normale, plutôt calme pour ici.> Alors...
Et la grosse dépression imminente qui arrive ? Météo France parle de 40-45 noeuds établis, rafales à 55, mer forte et croisée de 7 à 9 mètres. Réponse de Mich'Desj' : <Ici, quand il y a 25 noeuds, il y a petit temps. Et quand il y a 20 noeuds, il y a pétole. Et quand tu vas au bon endroit, il y a toujours du vent. Donc, tu as toujours au moins 25 noeuds de vent... Dès fois, tu as envie de calme, tu as envie que ça s'arrête. Maintenant, ce n'est pas comme cela que tu restes en tête du Vendée Globe. Faut supporter cela 24 heures sur 24, 7 jours sur 7... Ce n'est pas insupportable, mais c'est vrai que ça pèse un peu>.
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Riou : orange. 5.Le Cléac'h : beige.
Photo © D.R.
Roland Jourdain, deuxième à 75 milles ce matin, ne disait pas autre chose hier midi : <Ça fait plaisir de revenir vers chez vous. Là, ça commence à être un peu chaotique. Cet après-midi, ça risque d'être musclé. Quand je vois ce qu'on a pris hier : c'est monté à pratiquement 50 noeuds. Comme il y avait des variations d'angles de vent, la mer changeait beaucoup. Le spectacle était magnifique, la mer superbe, mais c'était dur de faire avancer le bateau.>
Dur à cuire, Bilou, c'est sûr. Surtout qu'en plus, il doit manoeuvrer à la main sa quille basculante, dont le moteur de vérin a lâché. <C'est un peu folklorique. Tu tournes à la manivelle, et puis, tu te la fais à la Shadock ! Je vais revenir aux Sables tout joli avec de gros biceps !>
Reste que, dans le vent fort et la mer croisée, les deux compères ont encore distancé leurs poursuivants : Le Cam pointe ce matin à plus de 400 milles, Riou et Le Cléac'h - qui ont une nouvelle fois échangé leur rang - à près de 700.
Il est vrai que le skipper de Brit Air a dû faire face à une grosse frayeur. <J'ai tapé quelque chose avec le safran sous le vent et, du coup, la pelle s'est relevée - et j'ai fait un beau vrac ! Le bateau est parti à l'abattée, et tu te retrouves avec la quille sous le vent, le bateau matossé pareil, couché sur l'eau. Tu fais l'acrobate pour redresser le bateau. Le principal, c'est que je n'ai rien cassé... Ça m'a pris trois quart d'heure pour remettre le bateau à l'endroit. C'était un peu galère.> On imagine la scène, bateau couché, à l'abattée, en vrac, vent fort, mer forte. Trois quarts d'heure de boulot. Et ces mots, pour conclure : <Un peu galère>. Il semblerait qu'il y ait pas mal de durs à cuire dans ce Vendée Globe.
Et Le Cléac'h, ce matin à une vingtaine de milles derrière l'inséparable PRB de Vincent Riou, d'ajouter : <A part cette petite sortie de route, le bonhomme va bien. On gère le quotidien. Je suis surtout content de me rapprocher du Cap Horn et de quitter les portes des glaces.>
1.Desjoyeaux : blanc. 2.Jourdain : rouge . 3.Le Cam : fuchsia. 4.Riou : orange. 5.Le Cléac'h : beige.
Photo © D.R.
Il n'est pas le seul. Car la dernière tempête qui a secoué la tête de la course est venue abraser un peu plus le matériel et les hommes. Desjoyeaux : <Je vais vivre le Horn comme je l'ai vécu il y a huit ans : comme une délivrance. J'étais tombé dans la pétole juste après mon passage du Horn. Eh bien, j'étais content d'être tombé dans la pétole... Tu as tout le corps qui se vide par les pieds. Tu as besoin de t'appuyer... C'est le vide>.
Il n'en est pas encore là. Il n'en sont pas encore là. Si les cinq hommes de tête naviguent dans des vents de Nord-Ouest forts, le reste de la flotte connaît des conditions un peu plus maniables. A commencer par Sam Davies, qui a reçu un bien joli coup de fil, avant-hier : <Après son avarie de safran, Jean-Pierre Dick m'a appelée pour me dire qu'il m'offrait sa sixième place pour le Nouvel an. J'étais trop malheureuse pour lui...> La nuit dernière, en tout cas, elle a prouvé qu'elle n'était pas à la sixème place par hasard, puisqu'elle a signé la meilleure moyenne de la flotte : 18 noeuds tout rond !
Plus loin encore, à l'image d'Armel Le Cléac'h et Vincent Riou, un autre tandem s'est formé : Dee Caffari, 9e, et Arnaud Boissières, 10e, se passent et se repassent, changent de place - et s'échangent des mails. <Avec Dee, vu qu'on se bagarre, c'est plutôt rigolo, ça crée des liens, raconte le skipper d'Akena Vérandas. On communique bien. L'autre jour, elle me disait qu'elle avait des soucis avec sa grand-voile. Je lui ai parlé de mes problèmes de lattes. Il n'y a pas d'intox entre nous. Je lui écris moitié français, moitié anglais, mais elle a l'air de comprendre. Ses réponses sont en anglais, mais elle a appris des mots en français, des expressions comme : "aux petits oignons" ou "ça roule ma poule" !>
Indeed, le Vendée Globe ne sera jamais une course comme les autres.
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Distance : 1 160 milles de plus
Les portes des glaces du Pacifique ayant été remontées vers le Nord pour des raisons de sécurité, la distance totale - et définitive - de ce sixième Vendée Globe est de 24 840 milles, soit 1 160 milles de plus que l'édition précédente.
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v&v.com présente le classement général provisoire du Vendée Globe (relevé du jour, à 5h00, en tête d'article) et analyse les performances des skippers (ci-dessous)... car celui qui avale le plus de milles en 24 heures n'est pas toujours le premier !
Les chiffres ont quelque peu calmé leurs folles variations et retrouvé de l'exactitude. Notez que Sam Davies a fait mieux que Desjoyeaux cette nuit. Et que, en 24 heures, les deux derniers ont exactement parcouru la moitié de la distance réalisée par les premiers...
Photo © D.R.
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Suivi des avaries
En course
Steve White (Toe in the Water) a quasiment terminé la réparation de son vît-de-mulet.
Jonny Malbon (Artemis) connaît toujours des problèmes de GV : celle-ci se délamine et se déchire malgré les réparations effectuées (adhésif).
Hors course
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), qui a explosé son safran bâbord le 31 décembre, fait route encore vers le Nord, attendant les vents d'Est qui lui permettront de gagner la Nouvelle-Zélande, avec son seul safran tribord, lui aussi endommagé le 15 décembre par un OFNI.
Seb Josse (BT), qui a abandonné la course le 29 décembre au matin, approche lentement de la Nouvelle-Zélande (sans doute Auckland), safran bâbord irréparable.
Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), qui a abandonné le 29 décembre, après avoir cassé ses deux barres de flèche bâbord dans un chavirage survenu le 28, devrait rallier Hobart (Tasmanie) dans la journée.
Unaï Basurko (Pakea Bizkaia) approche du Portugal.
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02/01/2009 - 20:42
Paprec-Virbac 2 : honnis soient les OFNIS
Périlleux retour que celui qu’a entrepris Jean-Pierre Dick depuis que son safran bâbord a été arraché par un OFNI. Plus de 1 800 milles à courir jusqu’en Nouvelle-Zélande avec une seule pelle – abîmée par un autre choc, mi-décembre –, est un exercice délicat, surtout dans les latitudes Sud.
02/01/2009 - 09:52
On plante le bâton, flexion, extension !
Options météo, coups de théâtre dans le classement, bons et mauvais VMG, arrêts au stand... Tous les matins, revivez l'essentiel des 24 dernières heures du Vendée Globe analysées et commentées par notre rédaction.
01/01/2009 - 18:07
Desjoyeaux toujours brillant !
Oui, il est au grand portant – il suffit de regarder l’angle de l’espar, le choqué des écoutes, la direction du souffle du vent sur l’eau. Oui, il y a de la brise. Oui, il y a de la mer. Oui, il allume. Encore et toujours. Desjoyeaux brillant. Reste à négocier cette folle descente vers le Horn.