Note :
> Le fait du jour
Entre l'Ouest et le Sud... la voie du juste milieu ?
Aucun round d'observation. Dès la première nuit, puis la première journée, la bagarre, la régate au contact - et le choix majeur de ce début de course, qui va sans doute marquer de son empreinte la suite de cette neuvième Route du Rhum : gagner dans l'Ouest pour trouver du vent établi, mais en tirant des bords, ou plonger vers le Sud pour essayer de passer en bordure d'un anticyclone qui gonfle inexorablement vers l'Est. D'autres ont une troisième idée : rester - pour l'instant - sur une route médiane.
Regardez le sillage de Thomas Coville (Sodebo, trimaran rouge sur la carte, trace bleue), jusqu'à ce matin leader des Ultimes et de la flotte : c'est le dernier des centristes. Ni franchement Ouest (comme Sidney Gavignet, Lionel Lemonchois et une bonne partie des IMOCA), ni carrément Sud (comme Franck Cammas, qui vient de passer en tête de la flotte, Francis Joyon ou Yann Guichard), il semble vouloir chercher la vérité ailleurs - en fait, simplement à retarder un choix qu'il sait inéluctable : la bulle anticyclonique est devant lui... Peut-être espère-t-il une évolution plus nette de la situation avant de se décider, le risque étant de se faire piéger par la glue de vents mous qui s'étale peu à peu devant ses étraves.
Thomas Coville, hier soir, alors qu'il était encore en tête de la course : <Ma position me permet de choisir jusqu'au dernier moment. Quand on regarde les fichiers météo, on n'arrive pas à croire à la position Sud, donc je ne m'y engage pas. J'ai fait du gain Sud et Ouest ; je suis content car je suis assez bien positionné par rapport au prochain anticyclone...> Thomas pourrait ainsi choisir une voie Ouest moins chaotique que Gavignet, et moins risquée que l'option Sud de Cammas. Moins risquée ? Moins pertinente, aussi, peut-être ?
Car aller dans l'Ouest (comme la majorité des IMOCA, mais aussi Lionel Lemonchois), c'est chercher une route plus directe et surtout des vents soutenus, mais pointus, voire contraires. Inversement, plonger au Sud, (comme de nombreux trimarans, Ultime ou Multi 50, mais aussi Desjoyeaux et Boissières), c'est profiter de vents portants établis (hier soir, Cammas avoinait à plus de 25 noeuds aux abords du cap Finisterre, tandis que Coville ne progressait qu'à 17 et, ce matin encore, le différentiel de vitesse était impressionnant : 22 noeuds contre 13), mais qui pourraient peu à peu s'essouffler - sauf à cravacher assez pour accrocher les alizés avant que le porte se referme - et en rallongeant la route. Sacré pari ! S'il devait le gagner - ce que semblent indiquer les prévis météo des 48 heures à venir -, le skipper de Groupama 3 pourrait distancer ses camarades de jeu...
Quoi qu'il en soit, la partie d'échecs est déjà bien entamée. Et, d'une certaine façon, les jeux sont faits. Ce qui ne veut pas dire que le vainqueur soit déjà connu, loin de là. Mais que les grands choix stratégiques de ce début de course sont maintenant établis.
Verdict de cette cruciale passe d'arme dans trois ou quatre jours au plus. En sachant qu'au moment du départ, certains routages météo donnaient finalement quasiment à égalité les options Ouest et Sud. Ce qui promettrait un regroupement des concurrents et une course haletante jusqu'au bout.
Deuxième de la flotte sur sa route médiane, Thomas Coville (Sodebo) attend avant de décider comment contourner l'anticyclone qui barre sa route. Mais, aux vacations, l'option Sud n'avait pas l'air de lui plaire...
Photo © Gilles Martin-Raget (Sea & Co)
> Les classements du jour (2 novembre, 07h40)
Ultime
1. Franck Cammas, Groupama 3.
2. Thomas Coville, Sodebo.
3. Sidney Gavignet, Oman Air.
60 IMOCA
1. Armel le Cléac'h, BritAir
2. Roland Jourdain, Veolia Environnement.
3. Jean-Pierre Dick, Virbac-Paprec 3.
Multi 50
1. Lionel Lemonchois, Prince de Bretagne
2. Franck-Yves Escoffier, Crêpes Whaou 3
3. Yves Le Blevec, Actual.
Class40
1. Bernard Stamm, Cheminées Poujoulat.
2. Thomas Ruyant, Destination Dunkerque.
3. Samuel Manuard, Vecteur Plus NC.
Classe Rhum
1. Andrea Mura, Vento Di Sardegna.
2. Luc Coquelin, Pour le Rire Médecin.
3. Pierre-Yves Chatelin, Destination Calais.
> La phrase du jour
Etienne Giroire, ATNinc.com (trimaran Walter Greene 1985) , 3e de la Classe Rhum : <J'ai vécu il y a quelques heures une émotion très forte pour un marin : j'ai failli me trouver sur les coques retournée de Formule Tag, qui a chaviré il y a quelques jours alors qu'il faisait route vers l'Angleterre. J'avais fait une transat avec Mike Birch sur ce cata géant. Ça procure chez moi un drôle de sentiment...>
> Le chiffre du jour
En fait, ils sont deux :
. 120 000 joueurs sont inscrits au jeu virtuel de la Route du Rhum (ils étaient 320 000 pour le dernier Vendée Globe).
. et 20 000 d'entre eux se sont connectés au moment même du départ, engendrant le blocage momentané des serveurs !
Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)
01/11/2010 - 06:25
Un départ hallucinant !
Le vent n’était pas si fort. La mer, pas méchante. La lumière maussade, uniformément automnale, sans trouées magiques pour sublimer les images. Mais le sublime était ailleurs. Une folie, une euphorie et une fête hallucinante. Celles des 84 skippers engagés en solitaires sur des multicoques gigantesques, des Multi 50, des IMOCA, des Class 40, des voiliers de série ou construits en amateur, qui ont gagné la pointe du Grouin, à l’Est des remparts malouins, pour prendre le départ de Route du Rhum, hier, et des milliers de spectateurs qui étaient là pour eux. Récit.
01/11/2010 - 00:21
Départ en douceur pour les 85 solitaires
Dimanche 31 octobre, 13h02 : c'est par un vent irrégulier de sud est d'une dizaine de noeuds que les 85 concurrents de la Route du Rhum ont coupé l'immense ligne de départ au large de Saint Malo, devant un public très nombreux à terre et une nuée de bateaux accompagnateurs en mer. Sans surprise, les favoris se sont rapidement détaché, mais avec des conditions météos changeantes, la vigilance sera de mise tout au long des 3540 milles à parcourir pour arriver à Pointe à Pitre.
30/10/2010 - 23:24
La météo du Rhum
En Class 40, le routage est interdit et les skippers doivent consacrer une partie importante de leur temps à la prévision météo. La veille du départ, Sam Manuard, skipper du classe 40 "Vecteur Plus", explique en détail à Pierre-Marie Bourguinat les conditions des premiers jours de course et ses méthodes pour tirer le meilleur profit des fichiers météo.