Actualité à la Hune

La Chronique de Nico (1)

La semaine avant le grand départ

Durant toute la Solitaire URGO Le Figaro 2017, Nicolas Lunven, vainqueur de cette même Solitaire en 2009 et grand animateur de la série, livrera pour voilesetvoiliers.com ses billets sur ce que vit un coureur lors de cette course à part. Premier volet sur la préparation menée par ce navigateur qui fait partie des grands favoris de cette édition.
  • Publié le : 03/06/2017 - 12:00

Nicolas LunvenA 34 ans, Nicolas Lunven est l'un des skippers les plus expérimentés du circuit Figaro. Il a remporté la Solitaire en 2009.Photo @ Jean-Marie Liot/Generali
Demain, je vais prendre le départ de ma neuvième Solitaire du Figaro à Bordeaux. Malgré l’expérience, il reste certains termes que je n’aime pas. A la suite de ma victoire sur la Solo Maître CoQ il y a quelques semaines et ma première place au classement provisoire du championnat de France Elite de course au large, nombre de personnes m’ont dit : «ça doit te mettre en confiance», «tu dois être serein», etc. 

Comment être serein et confiant lorsque l’on prend le départ de la Solitaire du Figaro, même pour sa neuvième participation dont une victoire ? Je mets tout en œuvre depuis des mois pour que ma préparation soit parfaite, mais je suis loin d’être le seul. La concurrence va être extrêmement rude comme toujours sur ce circuit Figaro Bénéteau. Je pense à des marins comme Jérémie Beyou et Yann Eliès, qui viennent de terminer troisième et cinquième du Vendée Globe, qui ont remporté à trois reprises la Solitaire ; à Charlie Dalin, champion de France en titre ; à Sébastien Simon, avec qui je me suis entraîné étroitement et dont je connais l’énorme potentiel ou encore à Thierry Chabagny, Adrien Hardy, Alexis Loison, Xavier Macaire, Erwan Tabarly… Bref, il y a 10 ou 15 navigateurs capables d’aller au bout et pleins d’autres prêts à créer la surprise !

GeneraliNicolas participe cette année à sa 9e Solitaire du Figaro. Autant dire qu'il connaît parfaitement le monotype Figaro 2 !Photo @ Jean-Marie Liot/Generali
Le format de la course permet de nombreux rebondissements. En effet, la Solitaire Urgo le Figaro se joue au cumul du temps sur les quatre étapes et il n’est jamais simple d’être régulier sur les quatre actes dans la longueur. Mon objectif principal est d’être dans le coup, ne pas faire une contre-performance dès la première étape qui me mettrait hors-jeu dès le début.

Ces derniers jours à Bordeaux ont été intenses : derniers préparatifs du bateau, analyse météo, rencontres avec les journalistes, mes partenaires Generali, etc. De la préparation physique aussi pour être au top de ma forme. Quelques footings m’ont permis de connaître un peu mieux cette ville de Bordeaux que j’ai découvert en 2013 lorsque nous sommes venus ici pour la première fois. Nous recevons un accueil fantastique à Bordeaux et la foule est au rendez-vous pour venir saluer nos bateaux. Cela fait plaisir de pouvoir partager notre passion ainsi envers un public plutôt terrien. L’inconvénient de Bordeaux est qu’il n’est pas possible de faire une sortie en mer pour une dernière validation, à part un dernier petit run d’exhibition sur la Garonne. Il faut donc que tout soit parfaitement prêt avant d’arriver sur le fleuve une dizaine de jours avant le départ.

GeneraliGenerali est l'un des plus anciens sponsors dans le monde de la course à la voile. Depuis 1975 !Photo @ Jean-Marie Liot/Generali
Le véritable départ de cette Solitaire Urgo le Figaro de Pauillac est également particulier : un plan d’eau inhabituel pour nous, qui peut réserver quelques pièges et surprises. Par le passé certains coureurs se sont échoués sur des bancs de sable. Le danger est de rester une marée entière avant de pouvoir repartir car nous partons avec le courant descendant. D’autres ont également passé des marques de parcours du mauvais côté. Il est alors très difficile de revenir car le courant est très fort. Cette première section de parcours dans le fleuve peut être physique aussi : si le vent est dans l’axe il va falloir enchaîner les virements de bords et le matossage, le tout en gérant les aspects tactiques de la régate, et notamment les priorités entre les concurrents sur un plan d’eau extrêmement étroit !

Cela sera presque une délivrance d’atteindre le phare de Cordouan, d’être au grand large, en direction de l’Occidentale de Sein ! Il va falloir être capable de changer de registre en termes de type de navigation. Passer d’un fleuve à un océan, ce n’est pas forcément simple. Les premières options stratégiques peuvent se dessiner à ce moment-là.

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