Actualité à la Hune

La Solitaire Bompard-Le Figaro

Heureux solitaires

La Solitaire Bompard-Le Figaro vient de s’achever sur la victoire d’un Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) transcendé. Si la bagarre a été intense jusqu’aux derniers milles menant à La Rochelle avec Charlie Dalin, son compagnon du Team Macif, les 38 autres concurrents de la reine des courses ont vécu l’épreuve avec passion. Avec des fortunes diverses mais des souvenirs plein la tête. Verbatim avec des skippers heureux.
  • Publié le : 09/07/2016 - 00:01

Nicolas Lunven (Generali)

8e participation

3e au classement général

«Tout le monde m’avait titillé au départ de Deauville sur mes objectifs. Une deuxième victoire, gna gna gna… Mais ce n’est pas simple de gagner la Solitaire. Gagner à nouveau non plus. Mon objectif était une obligation de moyen plus qu’une obligation de résultat. De bien naviguer, de bien faire les choses. De prendre du plaisir sur l’eau, de montrer de belles choses. Je pense que c’est plutôt réussi. En faisant cinquième, deuxième, cinquième et encore deuxième, j’ai démontré que j’étais régulier. Toujours dans les bons coups. A chaque pointage, à n’importe quel moment, je n’ai été à la ramasse. Il y avait deux skippers Macif qui étaient plus forts qu’un Generali tout seul cette année. Ils étaient un cran au-dessus mais pas de beaucoup. Sur la première étape, je suis en tête le long des côtes anglaises et je tombe dans une molle. Ils m’ont vu et ont fait le tour, et là, je prends une heure. Je pense que c’est là que cela s’est joué. Avec des “si”, on gagne toutes les régates et c’est le jeu. Je ne veux rien enlever à leur succès mais je pense que j’étais dans le coup cette année, il a juste manqué un petit brin de réussite. Je suis malgré tout content de ma Solitaire et je sais que trente-six concurrents aimeraient être à ma place. Comme c’est une drogue dure, je reviendrai.»

LunvenLe vainqueur de l’édition 2009 de la Solitaire du Figaro, Nicolas Lunven n’a toujours pas gagné d’étape en huit participations. Photo @ Alexis Courcoux

Xavier Macaire (Chemins d’Océans)

6e participation

9e au classement général

«Je ne suis pas déçu de ma Solitaire. Je termine neuvième et quand on sait combien c’est dur d’être dans le Top 10… Bien évidemment, j’espérais mieux en arrivant, un podium ou une victoire finale, mais je ne regrette rien. J’ai quand même terminé premier de la troisième étape entre Paimpol et La Rochelle (il a été déclassé à la troisième place pour une rupture du plomb de son extincteur, ndlr). Étant donné le fait que j’ai eu une préparation tardive, j’ai eu mon bateau seulement un mois et demi avant le départ, avec très peu de navigation, c’est cela qui a rendu la chose difficile. J’espère revenir l’année prochaine mieux préparé. Mes partenaires sont globalement contents. De toute façon, les sponsors savent que lorsque l’on s’engage, il n’y a qu’un seul vainqueur sur la course. Ils savent que j’ai le potentiel, que je peux la gagner. Comme moi, ils ne sont pas déçus. Les premiers, ceux du podium, ont été brillants. Mais il y avait aussi Erwan Tabarly (Armor Lux) ou Alexis Loison (Groupe FIVA). Très affûtés, ils étaient pratiquement tout le temps aux avant-postes. Il y avait vraiment du niveau. Pour ma part, j’étais sur les départs en milieu de paquet et j’ai rarement réussi à revenir sur les quatre étapes. Par manque de repère, de feeling avec le bateau. Je reviendrai, promis !»

MacaireXavier Macaire, rétrogradé l’an dernier à la troisième place pour une erreur de parcours alors qu’il avait course gagnée, est passé à côté cette saison par manque de préparation.Photo @ Alexis Courcoux

Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance)

3e participation

11e au classement général

«Je suis un peu frustré mais j’ai encore appris beaucoup. Pour ça, je ne regrette pas d’être venu. C’est frustrant et bon à la fois. Il se passe tellement de choses sur cette course. C’est un ascenseur émotionnel à chaque étape, à chaque moment. Une onzième place, ce n’est pas cher payé au vu des efforts que j’ai pu faire tout au long de l’année, de la nav’ que j’ai fournie. C’est vrai que j’ai toujours été décroché du peloton de tête par un petit manque de réussite ou sans doute parce que je ne l’ai pas provoquée. J’ai donc un cap à franchir. Savoir qu’il y a encore une marche de progression, c’est positif. Je me dis que j’ai la chance d’être encore là l’année prochaine avec mes partenaires. Cela me laisse du temps pour me remettre en question, m’entraîner et travailler d’autres points. Cela me permet de relativiser en tout cas. Le niveau était plus homogène et plus élevé que les années passées. L’an dernier, je pense qu’il était plus facile de faire un coup. Cette fois-ci, c’était toujours les mêmes devant. Quand il y avait les Jérémie Beyou ou Yann Eliès qui dominaient, il y avait malgré tout des possibilités de briller. Enfin, du peu que j’en connaisse. Quant aux deux Macif, ils ont été incroyables tout au long de l’année. Je ne sais pas quoi en dire. Yoann est entré dans une dynamique qui lui réussit bien. Il cumule plein de projets et tout fonctionne. C’est peut-être cela qui lui donne plus de plaisir sur l’eau. Comme je pense que nous faisons le plus beau métier du monde, je reviendrai donc sur la Solitaire l’an prochain.»

SimonSébastien Simon sait que la Solitaire du Figaro est l’école de l’humilité. Vainqueur d’une étape l’an dernier, son résultat 2016 n’est pas à la hauteur de son talent en devenir. Photo @ Alexis Courcoux

Alan Roberts (Alan Roberts Racing)

3e participation

16e au classement général

«Je suis ravi d’avoir encore appris beaucoup de choses. C’est une course difficile où il faut avoir de l’expérience. C’était le premier objectif. Il est vrai que je ne peux pas être satisfait de mon résultat. Je souhaitais, au départ de Deauville, finir dans les dix premiers. Dès la première étape, ce n’était plus possible avec l’écart de temps que j’avais. Quand tu prends six à sept heures dans la vue, c’est dur pour le moral. Après, j’ai fait en sorte de bien travailler pour revenir, en constatant que je suis capable de faire de belles choses. Comme sur les départs ou sur la recherche de vitesse. C’est pour cela que je me dis qu’il faut que je revienne. Et puis, c’est un honneur pour moi. J’avais toujours rêvé de course au large et de croiser tous ces grands navigateurs ; d’être sur la ligne de départ à côté d’eux. C’est là aussi que l’on apprend beaucoup. Je suis jeune, je sais que mon sport peut donner des joies et des peines, j’ai donc énormément de respect vis-à-vis de tous les skippers qui sont venus cette année sur la Solitaire.»

RobertsL’Anglais Alan Roberts sera un jour un des grands de la course au large en solitaire. Soucieux de faire encore ses gammes et de bien travailler, il apparaît qu’il faudra compter sur lui dans les prochaines années.Photo @ Alexis Courcoux

Arnaud Godart-Philippe (Faun Environnement)

5e participation

20e au classement général

«Le bilan est qu’il faut continuer à bosser. Il y a du très bien puisqu’il y a des moments où je peux pleinement m’exprimer en faisant des bons coups, notamment sur les deux premières étapes. Dans l’ensemble, mon fond de jeu reste inférieur par rapport à ceux qui sont dans des pôles, des centres d’entraînement. Il faut donc que je bosse la vitesse. Je fais de bons départs mais je perds des places rapidement en n’ayant pas les bonnes sensations pour aller vite. Qui plus est avec la fatigue qui s’accumule. Il faut donc travailler ses gammes, il n’y a pas photo. En plus, sur l’avant-dernière étape, j’étais complètement grillé car je n’avais pas de pilote. C’est cela qui me plante vraiment au classement général. Je ne suis pas déçu car je progresse, avec de bonnes phases. Mon projet se met en place doucement. Comme je suis un garçon qui prend son temps pour arriver à ses fins, je suis confiant. Je ne suis pas né dans le monde de la voile et j’ai commencé tard. Je suis actuellement en train de créer un centre d’entraînement en Martinique en vue du Tour de France à la voile et les épreuves du circuit Figaro Bénéteau. Avec une équipe, un chantier, des Martiniquais : le projet Destination Martinique se met petit à petit en place. C’est à la fois une filière de développement économique par le nautisme et les métiers de la mer, mais aussi un développement d’excellence sportive. C’est pour cela que j’ai été absent pendant trois ans sur la Solitaire. Le résultat des skippers Macif prouve que travailler en équipe fonctionne. C’est la preuve aussi que lorsque l’on n’a pas de problème de budget, tout est plus facile au niveau de l’entraide. C’est la même chose avec l’équipe anglaise d’Artemis. D’ici peu, il y aura un Britannique sur le podium d’une Solitaire.»

GodartArnaud Godart-Philippe sait que seul le travail paye. Il a le sentiment d’avoir fait de belles choses mais a dû constater son manque de vitesse évident. Photo @ Alexis Courcoux

Yves Ravot (Hors la rue)

1re participation

33e au classement général

«J’ai un petit goût de “trop peu”. Je me demandais comment j’allais faire au départ de notre dernière manche après si peu de sommeil. Finalement, sur la ligne, j’étais très heureux. C’était vraiment bon. J’étais venu pour me battre avec mes petits copains dans la cour de récré en prenant des claques. C’est ce qu’il y a eu et j’adore ça. Comme je ne fais pas partie des superbalèzes, je le sais bien, j’ai toujours du bonheur à être avec des gens de valeur. Je connaissais un peu certains coureurs, mais nous n’avons pas eu trop le temps de discuter, les temps de repos sont tellement courts. Vivant à Paris, je me suis entraîné avec le team Vendée en début de saison, mais ces journées ont été trop courtes. Cette équipe m’a bien aidé surtout en Angleterre où mon préparateur n’était pas là. Si je reviens sur la Solitaire, c’est sûr, ce sera avec un entraînement plus conséquent. Sinon, je ne la referai pas.»

RavotIngénieur vivant à Paris, Yves Ravot découvrait la Solitaire cette année. L’ancien ministe y a pris énormément de plaisir. Photo @ Alexis Courcoux

Cécile Laguette (Deauville)

1re participation

38e au classement général

«J’ai beaucoup baigné dans la course au large en équipage. Cette Solitaire était donc un défi sportif pour apprendre. Et cela a dépassé mes espérances. La course est vraiment géniale, l’ambiance à terre, ce que l’on fait sur l’eau : tout est vraiment extra. J’ai donc hâte de revenir l’an prochain. En tant qu’architecte naval, j’ai trouvé notre bateau hypercool. Hyperagréable à naviguer car il répond bien à toutes nos sollicitations sur plein d’allures. Il est nerveux, tient bien la route quand les conditions sont difficiles. J’ai été impressionnée au près, dans 35 nœuds, tu peux vraiment y aller, il ne bouge pas. Cela donne confiance au marin qui peut aller à fond. J’ai appris pendant cette Solitaire Bompard-Le Figaro la vision globale du bateau. Tu dois tout faire et c’est pour cela que je me suis grondée quand je faisais des bêtises. Je suis ravie de la victoire de Yoann Richomme. Je le connaissais puisque nous avons fait la même école d’architecture à Southampton. Pour sa dernière année avec la Macif, c’est la consécration. Pour Charlie Dalin, cela sera son tour l’année prochaine. Je m’entends bien avec eux, comme tous ceux que j’ai côtoyés au Pôle Finistère cet hiver. Maintenant, je vais courir à la recherche de partenaires pour être présente l’an prochain. Cela a été dur cette année car je me suis mise dans le rouge financièrement au niveau personnel. J’espère trouver un budget très vite pour continuer à apprendre en solitaire et être au départ de la course l’an prochain.»

LaguetteCécile Laguette découvrait cette saison le circuit Figaro Bénéteau après avoir connu le large mais en équipage. Ayant mis toutes ses économies et plus dans ce projet, elle souhaite dès à présent partir à la course aux sponsors pour être présente l’an prochain sur la ligne de départ de la Solitaire 2017. Photo @ Alexis Courcoux