Les trois caps en Mini. Oups ! Alessandro di Benedetto, qui n'est pas un nouveau venu dans la voile extrême, prépare aux Sables-d'Olonne un Mini 6,50
Note :
Alessandro le Grand... aventurier, marin, rêveur, fonceur. Après deux traversées de l'Atlantique et du Pacifique en solo sur un cata de sport, le skipper italien s'attaque au tour du monde en Mini 6,50. Pas de doute, il fait tout en grand ! Photo © Fabio Muzzolini Si le monde est petit, alors celui de la voile est un village. La scène se passe la semaine dernière à Port-Olonna. Confortablement installé dans le cockpit de l'Océanis 58, je discute avec Bruno Belmont et Romain Lucas du dernier-né Bénéteau. Régulièrement, mon oeil se pose sur un drôle de petitt bateau, plus loin sur le quai. Posé sur son ber, le cul rebondi par ce qui est de toute évidence un bricolage de seconde main, la coque jaune vif est coiffée de deux bulles en Plexi. Un grand gaillard torse nu s'affaire sur le pont, monte et descend à l'échelle, et fait le va-et-vient entre l'engin et son break, dont le coffre ouvert lui sert d'atelier.
- <C'est quoi, le truc derrière ?
Romain Lucas :
- C'est le bateau d'Alessandro di Benedetto.
- Le gars qui a fait l'Atlantique et le Pacifique en cata de sport et en solo ?
- Oui, il a bricolé un Mini et il veut faire le tour du monde par les trois caps !
- Tu plaisantes, c'est un Mini ça ?
- Ouais, c'est Hakuna Matata. Je le connais bien, mon frère a couru la Mini avec en 2007.>
Vite, mes sels ! Je manque de m'évanouir sur les banquettes de l'Océanis. Je repars dix ans en arrière, à l'époque où j'embarquais moi-même sur Hakuna Matata - il s'appelait alors Loi et Vin, et c'était sa première Mini ! Le monde est décidément bien petit ! J'achève de verser ma larme et ne résiste bien sûr pas à aller retrouver ce beau plan Rolland en contreplaqué - ou plutôt, ce qu'en a fait Alessandro !
L'arrière du cockpit du Mini a été transformé en cellule de survie étanche, avec barre intérieure, bulle et arceau. Cette excroissance doit aussi apporter de l'instabilité à l'envers, en cas de chavirage. Photo © D.R. Ce marin italien - qui est tout sauf un illuminé - a déjà derrière lui la traversée de l'Atlantique en cata de sport (2002), puis celle du Pacifique (2006) - et en solitaire ! Le genre de navigation qui vous posent son homme. La première chose qui surprend chez lui, c'est son débit vocal. Alessandro, qui aime en baver, est un grand bavard. Quelle tchatche ! Charisme de l'accent italien à l'appui, il brosse les grandes lignes de son projet : <L'idée m'est venue pendant la traversée du Pacifique en cata. Mais le cata en solo océanique, on te l'interdit aujourd'hui. Alors, j'ai pensé au Mini. Après Suhaili de Knox-Johnston, je voudrais devenir le premier à boucler ça sur un si petit bateau. Même si je fais escale, ce sera une première>.
Alessandro l'aventurier a aussi la tête sur les épaules. Il a transformé en catimini son bateau en Italie, mais c'est aux Sables-d'Olonne qu'il est venu prendre son envol. Son Vendée Globe à lui. <Le WSSRC va venir prendre mon temps. J'ai le même parcours que le Vendée, mais moi, je n'ai pas de portes dans le Sud. Je fais ce que je veux !>, rigole-t-il.
A une quinzaine de jours du grand départ, Hakuna Matata accueille peu à peu les centaines de kilos nécesaire à dix mois d'autonomie. Notez le gréement raccourci et l'arrière surélevé. Photo © D.R. En jetant un oeil à Hakuna Matata, on frémit quand même ! Certes, l'ensemble de la coque a été restratifié avec du Kevlar et du carbone - <Tape sour la coque, tou té blesses !> Certes, le mât a été raccourci. Mais tout de même. Un voilier de 6,50 mètres dans des eaux froides, c'est l'assurance de se faire mal. Cela dit, Alessandro a pris la moitié arrière du cockpit et réhaussé le tableau pour créer une cellule étanche avec bulle et barre intérieure. Cette excroissance est aussi sensée apporter de l'instabilité à l'envers. <Je sais que je vais mé retourner. Maignan, il l'a fait sept fois je crois. Alors...>
L'ensemble du fond de coque a été recloisonné pour créer des caissons étanches. Même s'il règne un joyeux bordel à bord à une quinzaine de jours du départ, Alessandro semble avoir bien préparé son affaire.
La liste du matériel embarqué est impressionnante. Y figurent 250 kilos de lyophilisés et 600 kilos d'équipement de secours pour dix mois d'autonomie, même si l'ambition est d'en mettre moins de six pour tourner autour de la planète.
Dubitatif sur le poids final de son Mini customisé, Alessandro a remonté jusqu'au premier bouchain la ligne de flottaison. Hakuna Matata devrait s'élancer des Sables mi-octobre. Equipé d'une balise, son parcours pourra être suivi sur son site Internet.
Au fait, Hakuna Matata, ça veut dire <Ça va le faire !> en swahili. Un nom de baptême ad hoc.
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www.alessandrodibenedetto.net
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Vos commentaires
Vu Alessandro sur le ponton du Vendée Globe cet après-midi ... Les derniers préparatifs, il pourrait prendre le large ce week-end si Eole et Neptune lui sont favorables. Et mon voilier est en carène ... il ne me sera pas possible de l'accompagner sur le départ. Qques photos ... http://publicom85.com/Alessandro/
Le départ est pour demain matin (lundi 28 octobre) à 08.00 ... J'y serai.
L'aventure maritime a commencé ce matin comme prévu ... arrivée sur le ponton un peu avant 08.00, le temps de charger encore quelques nourritures "fraiches" pour les premiers jours, de vérifier les drisses, la météo ... peu de vent, une brume à couper au couteau ... on retarde un peu le départ. 10.30, il faut bien prendre une décision ... et bien que la météo ne se soit pas vraiment améliorée, les amarres sont larguées et le chenal descendu ... Bons vents ... Que Neptune et Eole te soient favorables Alessandro. http://publicom85.com/Alessandro_2/