Actualité à la Hune

Mini-Transat 2013 - Vécu (1)

Le récit d'Arthur, tombé à l'eau lors de la 1ère étape

  • Note :

    12 votes
    4
  • 1 commentaire(s)
  • Publié le : 09/11/2013 - 23:31

Recueilli à bord du PS CormoranRecueilli in extremis à bord du bateau-suiveur, le PSP Cormoran, Arthur doit la vie sauve à son harnais, son gilet, sa combi sèche – et aux secours.Photo @ Jacques Vapillon (Sea & Co)Voici le récit complet fait par Arthur Léopold-Léger, peu après sa chute à la mer et le démâtage de son proto Delcroix-Mécénat Chirurgie Cardiaque, lors de la 1ère étape finalement annulée de la Mini. C'est simple, direct, sans fioritures – et ça se termine bien. Mais il s'en est fallu de peu…
 

«Mardi 29 octobre, 5h45 du matin, Douarnenez. Il fait encore bien noir dehors. J’ouvre le dernier fichier météo. L’accalmie que nous guettons depuis plusieurs jours et qui va enfin nous permettre de prendre le départ de la Mini est bien là. Par contre, elle a l’air d’être encore plus petite que prévue, pour passer le cap Finisterre avant le gros temps il va falloir tout donner dès le début. J’espère que les bateaux de série pourront passer à temps eux aussi.. non en fait ça ne le fera pas pour eux, ils vont prendre cher, ou alors Denis va encore reporter le départ ? On retourne se coucher ? Ne pas y penser, allez c’est parti !

Arthur Léopold-LégerArthur Léopold-Léger (28 ans) navigue en Mini, en J92 et a participé au TFV. Il rêve de Figaro et de Vendée Globe.Photo @ Jacques Vapillon (Sea & Co)7h30. Le jour se lève, il y a du vent, les premiers bateaux sortent du port, avec pas mal de retard, le 709 et moi sommes bloqués dans le fond du port et ne pouvons bouger tant que les autres ne sont pas sortis. Ces derniers instants sont longs, je suis entouré de ma famille, c’est cool, je vois pas mal de coureurs qui sont là seuls, leurs familles n’ont pas pu revenir, ou alors elles les attendent déjà à Lanzarote…

Dire au revoir à mes proches est un moment très fort, on ne parle pas beaucoup mais ce n’est pas utile, nous avons tous attendu ce moment avec beaucoup d’impatience, tant de travail, tant de temps, tant d’aide, je pense à tous ceux qui n’ont pu venir, merci, ce que nous avons réussi est énorme, malgré la petite taille de notre bateau !

8h30. Je quitte le ponton, quelques mètres à l’abri du port, et nous sommes vite dans le sujet, une petite vingtaine de nœuds, un fond de houle et quelques grains qui passent, le départ s’annonce sportif !

9h et quelques. Le départ est donné, je suis à l’extrême droite de la ligne, je pars avec un peu de retard car je veux éviter de voler le départ, éviter de casser le bateau lors d’une collision, et surtout je veux être certain de pouvoir virer de bord dès la ligne franchie. Tout se passe bien, et je suis le seul à partir à droite, en plus d’être du côté que j’avais choisi cela me permet de m’écarter un peu plus du danger des collisions.

Après quelques minutes sur ce bord, je vire et repars vers le milieu du plan d’eau, ça à l’air de bien passer… Ca passera même très bien puisque je suis en tête et que le second croise près de 100 mètres derrière moi ! Un gros grain avec de la pluie et un renfort important de vent arrive tandis que nous tirons des bords vers la sortie de la baie, le second est maintenant Gwénolé et son bateau Logways, son choix de voile est plus adapté dans le vent qui a forci, il me rattrape, mais les autres sont toujours à bonne distance.

Il est environ midi. Nous avons franchi les deux tiers de la baie, Gwénolé et moi sommes au contact, le vent mollit légèrement, je le re-distance un peu. Il est maintenant temps pour moi de virer et de faire cap direct vers la pointe du Raz. Gwénolé et le groupe de poursuivants continuent sur la droite du plan d’eau. Je me retrouve seul de mon côté, cap direct sur le raz de Sein, pour le moment, c’est plutôt positif pour moi, je me demande même pourquoi ils continuent si loin. Ils finissent par virer, je suis toujours content de moi, ils ont l‘air d’avoir fait beaucoup de route en trop. Les minutes passent, ils ont maintenant l’air très rapides, leur progression sur l’horizon est impressionnante, je comprends alors que là où ils sont, le vent a tourné et leur permet d’ouvrir un peu plus les voiles et donc d’accélérer franchement. J’ai une belle avance, mais va-t-elle suffire pour tenir la tête jusqu’à la sortie de la baie ? Eh bien non : un peu avant d’atteindre le Raz, Gwénolé et un autre bateau me doublent, les poursuivants sont quant à eux juste derrière moi. Ce n’est pas si mal !

Le Mini d"Arthur Léopold-LégerArthur Léopold-Léger avait pris le départ de la Mini sur son proto Lombard 2012 «fait maison», Delcroix-Mécénat Chirurgie Cardiaque.Photo @ Jacques Vapillon (Sea & Co)Devant nous s’ouvre l’Atlantique, direction Lanzarote !

A peine passé le raz de Sein, j’envoie le gennaker, cela va vite, une douzaine de nœuds en moyenne ! Notre groupe commence à s’étaler, certains restent hauts tandis que d’autres choisissent de plonger vers le sud, je choisis une option médiane. Pour le moment l’important c’est d’aller vite. Il y a une vingtaine de nœuds, pas mal de mer, des creux d’au moins 5 mètres. Un nouveau grain s’approche de nous, le vent rentre fort, je range finalement le gennak, mais continue d’aller le plus vite possible.

En milieu d’après-midi, le grain est passé, mais j’ai un début de mal de mer, je me force à vomir rapidement mais difficilement, je n’ai rien avalé de la journée, prends une pilule, et renvoie le gennak. J’ai perdu un peu de terrain, pendant que j’étais occupé avec mon estomac, mes plus proches concurrents continuaient à attaquer. Le gennak est de retour, et c’est reparti.

La mer est forte sur fond de ciel de traine avec de bons gros cumulus, derrière nous des arcs-en-ciel apparaissent et disparaissent, le paysage est magique, seul petit bémol, il y a comme un karcher sur le pont et il ne se passe pas 30 secondes sans que les vagues explosent sur nos visages.

En fin de journée, deux ris dans la grand-voile, un ris dans le solent et le gennaker est en place. Le vent mollit légèrement, j’hésite à renvoyer un ris dans la grand-voile. J’opte finalement pour le ris dans le solent.

Avant de partir devant, je choque légèrement la grand-voile pour ralentir un petit peu le bateau, j’accroche une de mes longes sur la ligne de vie qui court sur le rouf, et décroche l’autre du fond du cockpit. Je rampe pour aller sur la plage avant, décroche le ris du solent tant bien que mal, et commence le chemin inverse par la remontée sur le côté du bateau.

A ce moment-là, je suis dos au vent avec une main sur la filière. Je sens le bateau décoller brusquement dans une vague, je décolle avec et suis catapulté vers le haut. Impuissant, je sens que ma main toujours accrochée à la filière est en train de me passer dessous, et je retombe finalement à côté du bateau ; la violence du mouvement du bateau, ajoutée à mon poids, me fait lâcher la filière.

J’arrive quasiment la tête la première dans l’eau, et je sens déjà le harnais qui me tire tandis que le gilet se gonfle. Une fraction de seconde plus tard je suis sur le dos tracté par le bateau qui continue sa folle cavalcade, vite la télécommande pour mettre le bateau face au vent. Merde, elle est coincée sous le gilet ! Je lutte un long moment avec les vagues qui tapent mon dos, je heurte régulièrement la dérive au vent avec mon épaule, le bout pointu me fait mal, je commence à fatiguer et à perdre tout espoir d’y arriver, à chaque fois que j’arrive à passer la main sous le gilet une vague me la ressort…

Après peut-être cinq minutes à tenter d’attraper cette télécommande, je finis par la saisir, ce coup-ci c’est bon je suis sauvé, je presse un bouton et ne le lâche plus, le bateau est censé se mettre face au vent dans ce cas-là (enfin je crois). Il lofe alors très brusquement, je me sens happé sous le bateau, il passe le lit du vent et continue son virage, nous avons viré de bord, toutes les voiles prennent à contre, je suis maintenant en arrière du hauban, le bateau est fortement gité avec les voiles à contre, la quille basculée sous le vent et tout le poids du matériel chargé sous le vent.

Le bateau dérive vite, à tel point que mes jambes sont coincées sous le bateau, je sens les filières sur mon ventre, le harnais me retient toujours vers l’avant – heureusement, à tout instant, le gilet me garde la tête hors de l’eau… ou plus ou moins hors de l’eau !

Bon, la situation n’est pas tellement meilleure, finalement. Impossible de me dégager de l’emprise du bateau… Un espoir, peut-être : même si le bateau dérive surtout latéralement, il avance un peu, je sens de la tension dans le harnais. Je décide alors d’accrocher la seconde longe à la filière contre laquelle je suis et de larguer l’autre, afin de me faire glisser vers l’arrière en espérant me dégager du bateau, cela marche plus ou moins puisque j’arrive après pas mal d’efforts à m’approcher de l’arrière.

Puis je fatigue et ne bouge plus, je perds espoir pendant quelques instants, et réalise qu’à portée de ma main gauche se trouve le coinceur de bastaque. Je l’ouvre en espérant que ça va libérer la GV et peut être remettre le bateau dans une assiette plus cohérente. Dans la seconde qui suit, je sens le bateau se redresser, je crois même être resté accroché à la filière et donc quasiment sorti de l’eau, mais, dans le même instant, je retombe lourdement dans l’eau.

Je réalise alors qu’en ayant largué la bastaque, j’ai fait tomber le mât – gros moment de désespoir. J’en oublierais même un moment que je suis dans l’eau au milieu de creux de 4 ou 5 mètres, que je suis à bout de force et que le froid commence à se faire sentir.

Je suis maintenant en arrière du bateau. Je tente de sortir de l’eau grâce à une sorte de marche que nous avons à l’arrière de nos bateaux, je n’arrive pas à mettre le pied dessus, ça bouge trop, et je suis trop fatigué. Finalement, je décide de rentrer par la trappe de survie, je l’ouvre et extirpe le radeau de survie avec beaucoup de mal, les plombs de jauge refusant de céder et l’effort à faire me paraît énorme. Une fois le radeau sorti je commence à essayer de retirer le gilet de sauvetage pour passer par la trappe (gonflé, il est plus gros que la trappe), impossible d’ouvrir la boucle du gilet en tension. Je réalise après coup que j’avais un couteau flottant à portée de main et que j’aurais pu l’utiliser pour couper le gilet, mais je n’y ai pas pensé à ce moment-là… Je suis dépité, je commence à capituler, mon seul espoir est alors qu’un concurrent passe à proximité rapidement. Ça y est, je tremble.

Quelques minutes plus tard, je réalise que le bateau s’est fortement enfoncé – la trappe n’est pas refermée. Je réalise par la même occasion que le flanc tribord est sous l’eau : je me fais alors glisser dessus et arrive dans le cockpit, j’allume les deux balises, et me dis qu’il serait peut être bien de libérer le gréement pour protéger ce qu’il reste du bateau. A peine coupé le premier hauban, je manque de retomber à l’eau. Je rampe finalement sagement vers le cockpit et n’en bouge plus.

Au même moment, je vois le haut d’une voile de Mini à une cinquantaine de mètres qui arrive droit sur moi derrière les vagues. Il roule son gennaker en catastrophe – c’est Tanguy Le Turquais qui se trouvait alors dans le groupe de tête des bateaux de série. Il ralentit et passe très proche de moi. J’ai appris par la suite qu’en voyant mon regard un peu ébahi, il a vite compris ma détresse, il a appelé les secours par VHF et est resté à mes côtés afin de les aider à me retrouver dans cette mer quelque peu agitée.

Les secours arrivent quelques dizaines de minutes plus tard et, malgré la mer formée, mettent une embarcation à l’eau pour venir me chercher. Il fait nuit. Je suis bien heureux de les voir et de sentir la chaleur en embarquant à bord du PSP Cormoran !

Un énorme merci, donc, à Tanguy, au commandant Lore du PSP Cormoran, ainsi qu’à tout son équipage ! J’ai passé les quelques jours suivants en leur compagnie en accompagnant le reste de la course, ils ont été très attentionnés, et très préoccupés par le reste de la flotte afin d’être le plus disponible possible à la mesure des capacités de leur bateau.

Je suis maintenant de retour à La Rochelle, notre beau bateau m’attend sagement dans un chantier à Loctudy où j’ai rendez-vous avec l’expert…

La suite ? On verra bien !

Les enseignements ? La combinaison sèche m’a préservé du froid en retardant son envahissement. Le harnais m’a gardé accroché au bateau. Le gilet a maintenu ma tête hors de l’eau. Les secours m’ont sorti du pétrin. Si un de ces paramètres avaient manqué, je ne suis pas certain que je serai en train d’écrire ces lignes.»

Postez votre contribution

Connectez-vous pour poster un commentaire sur ce contenu.

Vous êtes abonné(e) ou vous avez déjà posté un commentaire identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?

Pas encore inscrit ? Créez votre pass voilesetvoiliers.com
(indispensable pour poster un commentaire, faire un achat dans la boutique, déposer une annonce...)

Vos derniers commentaires

    • Édifiant. Merci pour cette précision et ce récit méthodique en forme de rapport de mer. Il n'est pas toujours évident de livrer ces histoires accidentelles dans leur survenue comme dans leur déroulement. Le skipper se retrouve à l'eau sans comprendre ce qui lui arrive. On en peut pas dire qu'il s'en soit sorti de manière héroïque et glorieuse, puisqu'une suite de concours de circonstances l'aide finalement à revenir à bord. C'est l'exposé de l'accidentel pure et simple, y compris l'arrivée des secours très rapide. De la malchance dans un premier temps, puis de la chance, et heureusement car sinon, on aurait personne pour le raconter, et une Mini endeuillée. Ce récit prouve à mon sens à quel point même un marin expérimenté et très bien équipé (!!!) est mal préparé à cet accident, et probablement à d'autre. Cela doit nous faire réfléchir sur notre approche de ces situations, sur notre manière de nous préparer, sur nos automatismes, sur nos limites et nos capacités, etc. Il faut s'y préparer, et pour cela il faut accumuler de l'expérience et de l'intelligence, vivre la mer avec humilité (le mini est parfait pour cela), et tenter de se construire des scénarios catastrophes avant qu'ils ne surviennent, pour y trouver des portes de sorties, des schémas de pensée un peu construit à l'avance. Comment savoir de quelle force on dispose réellement après quelques minutes pendu à un harnais dans un sillage? Et comment utiliser efficacement cette force et les quelques outils que l'on a sur soi, dans le meilleur des cas? Il faut probablement s'y entrainer... Si ce n'est de manière militaire, au moins pas jeux. Il faut se confronter au situations dangereuses avant qu'elles ne se présentent accidentellement, sans prévenir. Par exemple, il faut avoir au moins une fois extrait son radeau par l'arrière en mer, il faut être remonté à bord seul, etc. Il faut comprendre que tout cela est en fait quasi impossible si le bateau n'est pas prévu pour, et pire si il est faussement prévu pour... Merci Arthur et bonne continuation.

      Ajouté par stephsea le 12/11/2013 - 11:16

En complément

  1. 06/11/2013 - 13:52 Mini-Transat 2013 Orgaoutai ? Après un départ retardé de plus de deux semaines à cause du mauvais temps, les organisateurs de la Mini ont été contraints d'annuler la 1ère étape Douarnenez-Sada (Espagne) pour éviter qu'un méchant coup de Suroît ne vienne mettre en danger les 84 concurrents... Si les cinq premiers ont pu atteindre la destination prévue, près de La Corogne, les autres ont du se réfugier à Gijon, 150 milles à l'Est. Légèrement déboussolés par l'attente, l'isolement et les nombreux changements imposés à la course, Giancarlo Pedote, Gwénolé Gahinet, Nicolas Boidevezi, Julien Pulvé, Bertrand Delesne et quelques comparses nous ont concocté "Orgaoutai", un clip qui fait fureur chez les ministes !
  2. 05/11/2013 - 10:36 Mini : départ de de Sada pour... Pointe-à-Pitre le 12 novembre Tonnerre ! Une transat, une vraie, en une seule fois, en ligne directe (ou presque) entre l'Europe et les Antilles : pas banal pour les Minis ! L'organisation vient en effet de faire savoir qu'un départ commun sera donné de Sada (Nord-Ouest de l'Espagne), le 12 novembre prochain, à destination de… Pointe-à-Pitre, en une seule étape. Une porte obligatoire serait cependant installée devant Lanzarote, et ceux qui le souhaitent pourraient y effectuer un stop – mais il n'y aurait pas (plus) d'escale prévue aux Canaries. Un convoyage des divers ports espagnols vers Sada devrait être mis en place dès ce mardi soir et les jours suivants. Sacrée édition, que cette Mini 2013 !
  3. vignette mettraux 27/10/2013 - 00:01 Mini-Transat 2013 - Interview Justine Mettraux : «Il y a bien une dizaine de favoris en série !» Alors que le départ de la Mini est toujours retardé après deux semaines d’attente, la Suissesse Justine Mettraux, parmi les favoris en voilier de série, revient sur son parcours entre lac et mer.
  4. une belle tronche de pain 17/10/2013 - 00:01 Mini-Transat 2013 / Douarnenez-Lanzarote-Pointe à Pitre Une belle tronche de pain Sale tronche, ce monstre marin qui démolit tout de Terre-Neuve à l’Irlande. Ça sent les coups, les claques, les pains. Pas question, donc, d’envoyer les petits Minis se faire bouffer tout cru aux abords du cap Finisterre. Retardé, le départ de leur Transat va l’être encore pour «un certain temps»…
  5. illustration itv denis hugues 14/10/2013 - 00:01 Mini-Transat 2013 - Interview du Directeur de course Denis Hugues : «Traverser l'Atlantique en solo, ce n'est pas anodin !» Gravement accidenté à 20 ans, Denis Hugues n’a plus l’usage de ses jambes, mais a traversé l’Atlantique en solo et en course ! Ce marin atypique est à nouveau directeur de course de la Mini. Rencontre.
  6. olivier avram, président de la classe mini 2013 09/01/2013 - 09:34 Mini 6,50 - Interview du président de la Classe Olivier Avram : «Il y a des protos moins chers que des séries !» Président de la Classe Mini, Olivier Avram a été réélu pour l’année 2013. Avec deux objectifs : faire de la Transat 6.50, Douarnenez/Pointe-à-Pitre, une grande réussite. Et (re)valoriser les protos. Entretien.