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Jean-Pierre Dick : «Je trouve le MOD70 très excitant !»

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  • Publié le : 25/10/2011 - 06:57

Jean-Pierre Dick, nouveau skipper en MOD70A quelques jours du départ de la Transat Jacques Vabre, qu"il va prendre en IMOCA aux côtés de Jérémie Beyou, Jean-Pierre Dick annonce qu"il sera du circuit des MOD 70.Photo @ Yvan Zedda Virbac-Paprec Sailing TeamSkipper de Virbac-Paprec 3, Jean-Pierre Dick partira dimanche du Havre avec Jérémie Beyou sur la 10e Transat Jacques Vabre Le Havre-Puerto Limon (Costa Rica).
Il doit annoncer aujourd’hui son avenir post Vendée Globe. Après douze ans en monocoque Imoca, il se lancera dans une nouvelle aventure en multicoque sur le circuit des MOD 70.

Interview exclusive pour voilesetvoiliers.com.


voilesetvoiliers.com : Jean-Pierre, après le prochain Vendée Globe, tu vas donc te lancer dans une nouvelle aventure en MOD 70. Pourquoi ce choix ?
Jean-Pierre Dick :
Pour moi, c’est un nouveau challenge excitant. C’est quelque chose de nouveau. Il y a un côté aventure. Le Vendée est une course très dense. En faire un quatrième successif, cela me paraissait trop. J’ai donc réfléchi à ce qu’on pouvait faire ensuite. Le MOD est intéressant, avec un aspect plus international, grâce au tour du monde lancé tous les trois ans. Revenir à l’équipage est aussi un aspect qui me plaît bien. Savoir s’entourer. Et j’aime la monotypie, que j’ai beaucoup pratiquée en Mumm et en Melges, avant l’Imoca. C’est aussi intéressant d’axer la performance sur l’équipage pur, plutôt que sur les innovations sur le bateau. Il va y avoir un plateau très imposant. Rester au top sera un beau challenge.

v&v.com : L’autre challenge, qui sera aussi une grande nouveauté pour toi, c’est de naviguer en multicoque !
J-P.D. :
Oui, effectivement. Je pense que ça va plaire aux sponsors parce que c’est une super plateforme pour emmener les partenaires et les clients à la journée. On prend beaucoup de plaisir sur ces bateaux. On va grimper en vitesse. Je trouve ça très excitant. Certes, il va y avoir une période d’apprentissage. C’est logique. Il faudra bien s’entourer. En Imoca aussi, il y avait beaucoup de choses à apprendre. Je les ai apprises les unes après les autres. Là, ça va être un peu pareil, mais on va essayer d’apprendre vite pour être dans le coup dès la première grande course du bateau, qui sera le tour du monde par l’équateur en 2013.

v&v.com : Pour pallier ton manque d’expérience en multicoque, vas-tu t’entraîner en Extreme 40, comme tu l’as fait récemment à Nice sur l’étape de l’Extreme Sailing Series ?
J-P.D. :
Oui, pourquoi pas. L’année 2012 sera surtout orientée sur le Vendée Globe. C’est quand même douze ans de ma vie professionnelle ! Je vais essayer de mener à bien ce travail dont le point final sera le Vendée Globe. En ligne de fond, je regarderai aussi ce qui se fait sur le circuit MOD 70, de manière à aligner un équipage percutant dès le début. Mais pourquoi pas faire une épreuve ou deux en cata comme je l’ai fait cette année. C’est forcément très instructif.

La folie est à la MOD !Dick et Virbac-Paprec rejoignent ainsi l"un des circuits les plus en vogues du moment. Au Krys Match couru à La Trinité début octobre, Ravussin, Jourdain, Desjoyeaux et Josse étaient déjà dans les starts", tandis que Guichard et Gavignet se sont déjà annoncés.Photo @ Thierry Martinez Sea & Co / MOD S.A.
v&v.com : Quel numéro de MOD auras-tu et quand sera-t-il mis à l’eau ?
J-P.D. :
Ce sera normalement le numéro 8, sachant qu’aujourd’hui, il y a déjà six bateaux fermes qui ont été commandés avant moi. Pour ma part, je souhaite une livraison proche du Vendée Globe pour ne pas avoir un bateau à rien faire. Voilà, donc cela devrait être le numéro 8, sachant que le 7 n’a pas encore été annoncé. Mais ça pourrait être aussi le numéro 9, si une autre équipe souhaite avoir un bateau au plus vite. Moi, mon objectif est de naviguer dès mon retour du Vendée Globe. Donc, si je reçois le numéro 8, il devrait être mis à l’eau en septembre 2012, soit deux mois avant le Vendée Globe.

v&v.com : Comment penses-tu pouvoir rattraper l’année et demie de retard que tu auras sur la concurrence ?
J-P.D :
Déjà, en essayant de regarder ce qu’il se fait. Puis en s’entourant d’une bonne équipe. C’est l’équipe qui fera la différence. Va falloir apprendre rapidement. Et puis quelque part, peut-être, mon talent de skipper. De fédérer les forces autour de moi pour apprendre rapidement. Ce sont des monotypes. Ça peut aller assez vite malgré tout. Mais il va falloir miser beaucoup sur l’équipe. J’apporterai de mon côté mon expérience de navigateur, pour la stratégie, l’analyse météo. Aujourd’hui, c’est ça, mon domaine d’expertise.

v&v.com : Justement, tu as déjà une petite idée de ton équipage ?
J-P.D. :
Non. Pour l’instant, c’est difficile d’engager des gens un an et demi avant de commencer à naviguer. L’an prochain, je pourrai déjà avoir une idée un peu plus précise. Aujourd’hui, c’est trop prématuré pour engager des gens.

MOD 70, 8e du nomLe MOD 70 de Paprec-Virbac sera donc le 8e de ces trimarans à monotypie stricte à sortir du chantier, Dick ayant toujours le projet du Vendée Globe 2012-13 à courir avant de passer au multi... Tandis que l"on ne sait pas encore à qui sera attribué le n°7.Photo @ Yvan Zedda MOD S.A.v&v.com : Tu as toujours anticipé sur l’avenir avant la fin d’un projet. Ton 60 pieds Imoca Virbac Paprec 3 est-il déjà en vente pour l’après Vendée ? 

J-P.D. : C’est sûr qu’il va falloir qu’on trouve une solution pour ce bateau. Après le Vendée Globe, ce n’est plus moi qui le mènerais. S’il pouvait rester dans notre écurie avec un autre skipper, ce serait la solution la plus élégante. Celle qui me satisferait le plus. Ou sinon de le vendre, effectivement. Ce sera certainement un bateau encore compétitif pour quelques années, notamment pour la future Barcelona World Race qui arrive assez vite après le Vendée.

v&v.com : Le budget est-il beaucoup plus conséquent en MOD 70 qu’en Imoca ?
J-P.D. :
Oh ! Là, pour les chiffres, vaudrait mieux demander nos sources officielles à Luc (Talbourdet, directeur de l’écurie de Jean-Pierre, Absolute Dreamer, ndlr). Je n’ai pas la tête aux chiffres, je suis plus dans la préparation du départ de la Transat Jacques Vabre. Le prix de construction du MOD 70 est connu. Je sais qu’avec les 400 000 euros de la licence, il faut mettre 3,4 millions sur la table. Ce n’est pas rien. Et pour le budget annuel, c’est forcément plus important qu’en Imoca puisqu’on va faire un tour du monde en équipage avec des escales. Mais demande à Luc pour avoir un chiffre précis. Moi, maintenant, je ne fais plus que border les écoutes… (Rires)*

v&v.com : Vous devrez donc augmenter votre budget pour les prochaines saisons.
J-P.D. :
Oui, c’est un budget en augmentation, c’est sûr. C’est un peu notre créneau d’amener des sponsors à la voile et de les faire monter petit à petit. Finalement, notre grande chance, c’est qu’à la fois Virbac et Paprec soient des sociétés en croissance. Un budget qui aurait pu paraître démesuré pour ces sociétés il y a dix ans, lorsqu’ils ont commencé dans le sponsoring voile, ne l’est plus aujourd’hui.

Virbac en couleur et en 3DEt une fois peint, voilà ce que devrait donner le MOD 70 de Virbac Paprec... Excepté qu"il s"agirait du n°8 (et non pas du n°6 comme inscrit sur la GV).Photo @ D.R. Leroy Tremblot / Virbac-Paprec Sailing Teamv&v.com : L’un des problèmes de l’Orma était d’être le Championnat du Monde de Bretagne Sud. Sur les sept premiers MOD 70, il y a certes des armateurs étrangers avec Oman, mais six skippers sont français et le septième est suisse. Tu n’as pas peur que les mêmes erreurs se reproduisent ?
J-P.D. :
Ecoute, je pense qu’il va y avoir un attrait international pour ce circuit. J’en ai la sensation. C’est vrai que depuis le début, il y a beaucoup d’intérêts pour ce circuit chez les Français. Mais je pense qu’il y a d’autres projets étrangers dans les tuyaux. Et puis, normalement, je suis le dernier projet français, puisque c’est limité à quatre par pays (Veolia Environnement, Foncia, Groupe Edmond de Rothschild et Virbac Paprec, ndlr) sur les douze MOD 70 maximum. Donc, il ne devrait plus y avoir de projet français… Mais le plus important, c’est déjà qu’il y ait au moins sept bateaux.

v&v.com : Le calendrier du circuit MOD 70 étant libre aux dates de la Route du Rhum 2014, comptes-tu disputer la Reine des Transats en solitaire sur ton trimaran ?
J-P.D. :
A priori, non. Je ne me suis pas mis cette contrainte, mais je ne me l’interdis pas non plus. On verra si je m’en sens capable. Pour moi, le travail doit se faire sur l’équipage. On verra après le tour du monde en équipage. J’ai beau avoir une culture de solitaire, je n’ai pas beaucoup d’expérience en multicoque. Beaucoup de gens disent que c’est assez chaud de régater en solo sur des grands trimarans.

v&v.com : Pour finir, comment s’appellera ton futur trimaran ? Paprec Virbac 4 ?
J-P.D. :
Non, ce sera Paprec-Virbac 70 !

………..
*
L’équipe de Jean-Pierre Dick ne souhaite pas communiquer le budget de fonctionnement. D’après nos calculs, il faut tabler sur un budget de 2,2 millions par an pendant cinq ans, y compris l’amortissement de l’achat du bateau. Sachant qu’avec un maximum de douze MOD 70, les trimarans devraient conserver une bonne cote à la revente.

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